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CHAPITRE DIXIEME

Mlle de Beaumcsnil, en rentrant dans la salle de bal, aperçut, non loin de la place qu'elle venait de quitter, Gerald de Sennelerre debout, appuyé contre l'embrasure d'une porte; il était fort pûle, et paraissait profondément triste.

A la vue du duc de Sennelerre, Ernestine se rappela le désespoir de son amie, et se demanda comment, malgré son amour pour Herminie et l'offre qu'on lui avait laite de l'épouser, Gerald \cnait à ce bal, où une rencontre avec elle, Erneslinc, lui avait été ménagée par Mme de la Rochaiguë.

En reconduisant a sa place la plus riche hérilière de France, Mme de Senncterre lui dit avec la plus charmanie affabilité:

— Mademoiselle... je suis chargée de vous demander une grâce de la part de mon (ils...

— Et laquelle, Madame?

— Il vous prie de lui accorder la première contredanse... quoiqu'il ni- danse pas ce soir... car il était... et il est encore horriblement souffrant . . . aussi lui a-l-il

fallu un courage surhumain pour venir à ce bal . . . mais il espérait avoir l'honneur de vous y rencontrer... Mademoiselle, et un pareil espoir accomplit des prodiges. •

— Mais, Madame... si Monsieur de Senneterre ne danse pas... à quoi lui sert-il de m'engager?

— C'est un secret qu'il va vous dire . . . lorsque la foule des ambitieux danseurs qui vontvous assaillird'invitations sera écoulée. ..Veuillezseulementvous rappeler ...que la première contredanse appartient à mon lils... si toutefois vous voulez bien lui accorder cette faveur.

— Avec le plus grand plaisir. Madame.

— Gardez-moi une place auprès de vous, ma chère,

— dit la duchesse à Mme de la Rochaiguë en la quittant,

— je vais prévenir Gerald.

En attendant M. de Senneterre, Mlle de Beaumesnil songeait avec la candide satisfaction d'un cœur honnête, que M. de Macreuse avait trompé ses craintes ; plus elle y réfléchissait, plus la conduite du pieux jeune homme lui plaisait par sa rudesse même ; elle mettait cette austère franchise presque au niveau du sentiment qu'elle croyait avoir deviné chez Olivier, lorsque celui-ci, apprenant inopinément qu'il était nommé officier, avait jeté sur la jeune fille un regard... dont elle avait compris la généreuse signification.

— ■ Ce sont deux nobles et belles araes, — se disaitelle.

Mais bientôt Mlle de Beaumesnil fut distraite de ces douces et consolantes pensées : h peine assise, elle fut assaillie d'invitations, ainsi que le lui avait dit Mme de Senneterre-, décidée à observer et à écouter beaucoup, l'héritière les accepta toutes, et entre autres celle de M.

de Mormand, qui venait en suite de cette promesse à Gerald.

Très-impatiente de connaître les intentions de ce dernier, et de savoir pourquoi, ne dansant pas, il l'avait engagé, Ernestine attendait, avec autant d'intérêt que de curiosité, l'instant où Gerald allait se rapprocher d'elle. Enfin elle le vit quitter sa place , après avoir dit quelques mots à l'oreille de M. de Maillefort, qu'Ernestine retrouvait pour la première fois depuis leur mystérieuse rencontre chez Herminie.

A l'aspect du bossu, l'orpheline ne put s'émpécher de rougir ; mais s'étant hasardée à lever les yeux sur lui, elle fut touchée de l'expression de tendre sollicitudeavec laquelle il la contemplait, et à un sourire d'intelligence qu'il lui adressa, elle se sentit complètement rassurée sur la discrétion du marquis.

Le moment de prendre ses places pour la contredanse étant arrivé, Gerald s'approcha de Mlle de Beaumesnil, et lui dit:

— Je viens. Mademoiselle, vous remercier de la promesse que vous avez bien voulu faire à ma mère...

— Et je suis disposée à la remplir. Monsieur, lorsque je saurai...

— Comment, ne dansant pas, je vous ai engagée pour celte contredanse...

— Oui, Monsieur.

— Mon Dieu, Mademoiselle, — dit Gerald, en souriant malgré sa tristesse, — il s'agit d'une innovation... qui, j'en suis certain, aurait beaucoup de succès si elle était adoptée.

— Et cette innovation, Monsieur?

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— Pour beaucoup de personnes, et je vous avoue que je suis du nombre . . . une contredanse n'est qu'un ^ prétexte de conversation à deux qui dure un quart d'heure... Eh bien! pourquoi tout simplement ne pas dire : Madame ou Mademoiselle... voulez-vous me faire l'honneur de causer avec moi pendant le prochain quart d'heure?

— En effet. Monsieur, cela vaudrait quelquefois beaucoup mieux... pour ceux ou pour celles qui savent causer, — reprit Ernestine en souriant.

— Aussi ne vous parlais-Je que de ceux-là. Mademoiselle, et comme pour causer l'on est infiniment plus à son aise sur un sopha que debout... l'on s'assoirait pour celte contredanse... causée.

— Vraiment, Monsieur, je trouve l'idée très-heureuse...

— Et vous acceptez?

— Sans doute... — répondit Ernestine en se rapprochant un peu de Mme de la Rochaiguë et faisant à Gerald une place à côté d'elle.

Les danseurs et les danseuses ayant alors pris leurs places, une grande partie des sièges resta vide.

Gerald, n'ayant de son côté aucun voisin, put ainsi parler à Ernestine sans crainte d'être entendu, tandis que Mme de la Rochaiguë, afin de laisser plus de liberté à son protégé, s'éloigna quelque peu de Mlle de Beaumesnil et se rapprocha ainsi de Mme de Senneterre.

Toutes deux alors paraissant complètement étrangères et indifférentes à la conversation de Gerald eld'Ernestine, leur donnèrent ainsi la plus grande facilité pour leur tôle-à-tête.

Jusqu'alors M. de Senneterre, quoiqu'il eut paru prendre beaucoup sur lui, avait parlé avec une sorte d'assurance enjouée; mais lorsqu'il fut pour ainsi dire seul avec Mile de Beaumesnil, ses traits, son accent, exprimèrent le plus sérieux et le plus touchant intérêt. :

— Mademoiselle, — dit Gerald à l'orpheline d'un ton pénétré dont elle fui tout d'abord frappée — quoique | bien souffrant ce soir, j'ai voulu venir à cette fête... pour ' accomplir auprès de vous un devoir d'honnête homme, i

A ces mots, un pressentiment d'une douceur ineffable épanouit le cœur de Mlle de Beaumesnil. Gerald ne i voulait pas tromper Herminie; sans doute il allait lui ; apprendre, à elle, Ernestine, pourquoi il paraissait con- \ server des prétentions sur sa main. ,

— Mademoiselle, — reprit Gerald, — savez-vous '■ comment l'on marie une héritière? i

Et comme Mlle de Beaumesnil le regardait avec surprise, Gerald continua:

— Je vais vous l'apprendre, Mademoiselle, et puisse , cet enseignement vous sauvegarder de bien des pièges... '\ Une mère... ma mère, par exemple .. . la meilleure, la plus digne des femmes... cependant... apprend que la plus riche héritière de France est à marier . . . Ma mère, éblouie des avantages qu'une telle union peut m'apporler... ne s'inquiète en rien ni du caractère, ni de la personne de celte héritière... Elle ne l'a jamais vue, car la riche orpheline est encore en pays étranger... Il n'im- I porte, il s'agit de m'asssurer, s'il se peut... une fortune énorme... et, pour cela, tous les moyens sont bons... Ma mère, cédant à une aberration de l'amour maternel, court chez la tutrice de l'orpheline; là, il est entendu

qu'à son arrivée, l'héritière, pnuvre enfant de seize ans, faible, sans défense, ignorant les intrigues du monde, sera entourée, dominée, influencée, de telle sorte que son choix tombe presque infailliblement sur moi. Cette espèce d'odieux marché est conclu, tout est convenu... tout, Mademoiselle... jusqu'à la manière dont je lui serai présenté... par hasard!... tout... jusqu'au costume plus ou moins avantageux que je dois porter ce jour-là... C'est puéril, mais c'est triste! Tout est conclu enfin... et je ne suis instruit de rien... Et Ihérilière encore à cent lieues de Paris, ne me connaît pas plus que je ne la connais!...Enfin elle arrive... Alors ma mère mç failpart de ses projets, ne doutant pas que je n'accepte avec joie de courir la chance inespérée qui s'offre à moi ! Pourtant je refuse... d'abord, disant, ce qui était vrai, que je n'avais aucun goût pour le mariage, que je ferais sans doute un très-mauvais mari... QiiUmporle, — dit ma mère, — épousez toujours : elle est si riclic !

Et à un mouvement d'Ernestine, Gerald ajouta :

— Et ma mère, cependant, est aussi honorée... aussi honorable que personne. Mais si vous saviez la fatale inHuence de l'argent...

— Ma chère, — dit tout bas la duchesse de Senneterre à Mme de la Rochaiguë, pendant que Gerald parlait ainsi à Ernestine, qui l'ccoulait avec un bonheur croissant, — ■ ma chère . . . entendez-vous quelque chose?...

— Non, — reprit tout aussi bas Mme de la Rochaiguë, — mais il me semble que la peiite écoute Gerald avec le plus grand intérêt; je viens de la regarder sans

qu'elle me voie... sa figure m'a semblé à la fois émue et radieuse.

— J'étais sûre de Gcrald: lorsqu'il le veut, il est irrésistible, — dit la duchesse ra\ie, — la petite est à nous!... et j'étais assez sotte pour me courroucer de ce que ce misérable Macreuse avait eu l'audace de rin\iter à danser.

— Je vous l'ai dit, Mademoiselle, d'abord je refusai de songer à ce mariage, — reprit (ierald... — el j'avais agi en honnôtehomme... Malheureusement les instances de ma mère, la crainte de la chagriner, l'impatience d'une rivalité odieuse, et que Siiis-je? peut-éire môme à mon insu l'appût de cette fortune immense... me firent dévier de la droiture de nnn premier refus... alors... je me résolus de tâcher d'épouser crtle héiiiicre... au risque de la rendre la plus malheureuse des créatures . . . car un mariage basé sur la cupidité est toujours funeste.

— Eh bien! Monsieur, cette résolution, l'avcz-vous poursuivie?

— L'entretien de deux amis, gens de cœur, m'a ouvert les yeux ; j'ai vu que j'étais dans une voie mauvaise, indigne de moi et de ceux qui m'aimaient; seulement il a été convenu que, pour donner quelque satisfaction aux désirs de ma mère, je me rencontrerais avec celle riche héritière, et que si, en la voyant, en la counaissant, je t'aimais enfin comme j'eusse aimé une jeune fille sans fortune et sans nom, je pourrais à mon tour tenter de me faire distinguer par elle.

— Eh bien! Monsieur... celte héritière? l'avez-vous ■vue?

1— Oui, Mademoiselle... mais alors il était trop tard.

— Trop tard?...

— Une affeclion aussi soudaine qu'honorable et sincère pour une personne qui le mérilait, qui le mérite à tous égards... ne me pcrmeltait plus d'apprécier, ainsi qu'elle le mérilait... j'en suis certain... la personne que ma mère désirait tant me faire épouser.

A cet aveu rempli de loyauté et de délicatesse , car il ménageait l'amour-propre de Mlle de Beaumesnil, celleci ne put contenir un mouvement de joie profonde.

Gerald aimait Herminie comme elle était digne d'ôtre aimée! et il donnait une nouvelle preuve de l'élévation de son caractère par la générosité môme de sa conduite envers Erncsline.

Le joyeux tressaillement de l'orpheline n'avait pas échappé à l'observation attentive et intéressée de Mme de la Rochaiguë-, elle dit tout bas à la duchesse de Senneterre :

— Cela va de mieux en mieux... regardez donc Mlle de Beaumesnil, comme son teint est animé! ses yeux brillants!... sa figure enchantée!...

En vérité, — dit la duchesse, en s'avançant un peu pour regarder Ernestine, — cette pauvre petite devient presque jolie en écoutant Gerald.

• — C'est le plus beau triomphe de l'amour, que de transfigurer l'objet que l'on séduit, ma chère duchesse, — répondit Mme de la Rochaiguë en souriant, — je suis sûre que votre fils sera sensible à ce triomphe...

— Monsieur de Sennelerre, — dit Erncsline à Gerald,— je vous remercie... de votre franchise... et de vos conseils . . . déjà plus justifiés peut-être que vous ne le pensez . . . mais quoique je sois trop heureuse de votre

présence ici pour m'en étonner... cependant pourrai-je savoir?...

— Pourquoi, maigre ma résolution, je suis ici ce soir, Mademoiselle?... Eh mon Dieu! parce ce que je voulais profiler de celte occasion... la seule peut-être qui pouvait me rapprocher de vous, et me permetlre de vous entretenir avec quelque secret... Aussi , en laissant jusqu'à ce jour ma mère dans l'erreur, j'aurais pu pcut-élre \ous mettre en garde contre bien des projets semblables à celui... dont j'ai failli un momentme rendre complice... et peu de gens seront, je le crains, aussi scrupuleux que moi. Votre tuteur et sa famille se prêteront à toutes les intrigues qui serviront leurs intérêts... Quant à votre bonheur, à la sûreté de votre avenir, ils s'en soucient peu!... Cela est pénible. Mademoiselle, bien pénible, et il m'eût été doublement cruel de jeter dans voire cœur la déGance et l'alarme, si, en même temps, je n'avais pu vous signaler un cœur noble, élevé... un homme autant redouté des méchants et des lâches, qu'il est aimé des gens de bien!... En cet homme. Mademoiselle, ayez confiance!... toute confiance!... On l'a, je crois, calomnié à vos yeux...

— Vous voulez parler de M. de Maillefort?

— Oui, Mademoiselle... Croyez-moi, vous ne trouverez jamais d'ami plussûr,plusdévoué!..Dans ledoute, adressez-vous à lui . . . 11 n'est pas d'esprit plus juste, plus pénétrant que le sien... Guidée par lui... vous serez sauvegardée de tous les pièges que l'on pourra vous tendre, ctqin', peut-être, vous entourent déjà.

— Monsieur de Scnneterre, je n'oublierai pas vos avis ... un sentiment de vive sympathie pour M. de

Maillefort avait succédé chez moi à un éloignement dont je suis aux regrets, et que d'indignes calomnies avaient seules causé.

— Voici notre contredanse à son terme, Mademoiselle, — dit Gerald en tâchant de sourire, — j'ai profité de l'heureuse circonstance qui m'était offerte. Demain, quoiqu'il m'en coûte de chagriner ma mère... elle saura ma résolution.

Ernestine eut le cœur navré en songeant que le lendemain sans doute Gerald ferait à sa mère l'aveu de son amour pour Herminie.

Quel serait alors le courroux deMme deSenneterre!.. Son lils préférer une orpheline sans nom, sans fortune, à lapins riche héritière de France...

Et quoiqu'elle ignorât la condition que l'orgueilleuse Herminie avait mise à son mariage avec Gerald, Mlle de Beaumesnil sentait de combien de difficultés était entourée cette union ; aussi répondit-elle tristement à Gerald:

— Croyez bien, Monsieur de Senneterre, qu'en retour du généreux intérêt que vous me témoignez , je fais les vœux les plus fervents... les plus sincères pour votre bonheur... et pour celui de la personne que vous aimez ...Adieu, Monsieur de Senneterre; j'espère un jour vous prouver combien j'ai été touchée de la générosité de votre conduite envers moi.

La contredanse étant terminée, plusieurs femmes revinrent prendre leurs places auprès de Mlle de Beaumesnil.

Gerald salua l'orpheline, et, se sentant très-souffrant et très-fatigué, il se disposa à quitter le bal.

Mme de Sennelerre, enchantée des symptômes favorables qu'elle avait cru, ainsi que Mme de la Rochaiguë, remarquer sur le visage d'Ernestine, dit tous bas à la baronne:

— Tâchez donc, ma chère, de savoir l'effet qu'a produit Gerald.

Mme de la Rochaiguë, se [penchant alors à l'oreille de Mlle de Beaumesnil, lui dit:

— Eh bien! ma chère belle, n'est-ce pas qu'il est charmant?

— Oh! Madame, il est impossible d'être plus aimable, de montrer des sentiments plus délicats, plus élevés.

— Alors, ma chère belle, vous voilà duchesse de Seiineierre. Cela ne dépend plus que de vous,., voyons, dites-moi vite... un bon oui!

— Madame... vous m'embarrassez beaucoup, — répondit Ernestinc en baissant les yeux.

— Bien... bien, je comprends, — reprit Mme de la Rochaiguë, enchantée, croyant qu'une chaste réserve empêchait seule Ernestinc d'avouer tout d'abord qu'elle voulait épouser Gerald.

— Eh bien! ma chère, — dit Mme de Senneterre à la baronne, en la poussant légèrement du coude, — il lui a tourné la tète, n'est-ce pas?

— Complètement, ma chère duchesse; mais donnez-moi votre bras, et allons vite retrouver M. de Senneterre pour lui annoncer... son succès.

— Ah!... enfin!... ce n'est pas sans peine!... nous la tenons... celte chère enfant! Voici Gerald le plus riche propriétaire de France... Quant à nos petites conventions

particulières, ma chère baronne, — ajouta tout bas Mme de Senneterre, — je n'ai pas besoin de vous dire avec quelle exactitude, avec quelle loyauté elles seront exécutées... Je n'en ai rien dit à mon fils... bien entendu! mais je réponds de lui!

— Ne parlons pas de cela, ma chère duchesse ; seulement comme Mme de Mirecour à été vraiment parfaite... dans tout ceci... ne trouvez-vous pas qu'il serait de bon goût de lui...

— Mais c'est entendu, — dit vivement Mme de Senneterre, en interrompant la baronne, — rien de plus juste... et nous en causerons... Allons vite retrouver Gerald... le voyez-vous?

— Non, ma chère duchesse; mais il est sans doute dans la galerie, venez!

Puis s'adressant àErnestine, Mme de la Rochaigue lui dit:

— Nous vous laissons seule un instant, ma chère belle... Nous allons tout simplement rendre quelqu'un fou de joie.

Et sans attendre la réponse d'Ernestine, Mme de la Rochaigue donna son bras à Mme de Senneterre, et toutes deux se dirigèrent vers la galerie d'un pas assez précipité.

M. de Maillefort, qui semblait avoir épié le départ des deux femmes, s'approcha de Mile de Reaumesnil qu'il salua, et usant du privilège de son âge, il prit auprès de la jeune fille la place laissée vacante par Mme de la Rochaigue.

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