FIS DU C H A > T CINQUIEME
L E B OU DOIR.
O que l'amour sur nos sens a d'empire ! Dans ses filets tout mortel e'garé Fuirait en vain le charme qui l'attire. D'un feu secret jour et nuit dévoré, Il se consume, il ne vit, ne respire Que pour l'objet dont il est enivre' : Un faible enfant produit tout ce délire !
Ainsi que moi , sans doute , cher lecteur, Vous connaissez cet aimable enchanteur.
Est-il besoin qu'avec plus d'énergie J'expose ici ses prestiges divers?
Il n'est recoin,, dans ce vaste univers, Inaccessible à sa douce magie , Et son nom seul en dit plus que mes vers. C'est au milieu de la stupide orgie, Parmi la joie et les cris des buveurs , Que maintenant il répand ses faveurs.
Tandis qu'au gré de leur verve imbécille ,
63 LADUNCIADE,
Ils détournaient un bruyant vaudeville,
D'un autre soin Marmontel occupe'
Prenait alors peu de part au soupe.
L'œil allumé de plaisir et d'ivresse,
Il contemplait la stupide de'esse.
Il soupirait. Une vive rougeur
De ses désirs manifestait l'ardeur.
Stupidité', qui se sentait confondre ,
Dissimulant sa douce éniotiou,
Jouait le trouble et la distraction,
Et commençait pourtant à lui re'pondre.
Du ge'ne'ral le regard amoureux
Etait si tendre , annonçait tant de feux ,
Qu'on oublia qu'il était téméraire :
C'était la force unie à l'art de plaire
Notre héros aurait déconcerté
Dans ses rigueurs la prude la plus fière ;
Pouvait-il moins sur la Stupidité 2
Sexe charmant, osez être sincère.
Sans doute il est plus d'un moment par jour Où votre orgueil a peine à se défendre , Où la raison ne se fait plus entendre, Où tout conspire en faveur de l'amour.
Ce trouble heureux que lui-même a fait naitre, Ce doux transport est facile a connaître.
CkantVe