‹ La DunciadeChapitre 9 sur 26 · LAD U 11 C · texte numérisé non relu

LAD U 11 C

« Allons, amis,, remettons-nous à table ;

« Que i'ou s'embrasse , et qu'un refrain joyeux

« Ramène enfin la concorde en ces lieux. »

A ce discours du vieillard vénérable , La paix revient , les esprits sont calme's : Ainsi jadis les animaux charmés Des chants d'Orphée ont recouuu l'empire , Et les lious , les tigres désarmés , Obéissaient aux accords de sa Ivre.

Mais la déesse, habile à tout prévoir, Veut à-la-fois enflammer le courage "De ses guerriers, les euivrer d'espoir, Et leur donner , par un brillant présage , De leur triomphe ira infaillible gage.

Impatiente, elle appelle à grands cris, Dans tous les rangs de la stupide bande , Sou favori ALathicii-Lansbcrg Lalande , Le plus hideux , mais le plus cher des fils Hue de son lait l'immortelle ait nourris, Et qu'elle-même a fait son astronome.

Cil cri de joie annonce le vieux gnome , Qui , contre Dieu justement irrité , Quand une glace où l'onde transparente Lui réfléchit son image cffravante ,

Pour se venger de sa difformité , N'offre d'encens qu'à la Stupidité.

« Viens, lui dit-elle, appui de mou empire, * Viens , ô mou fils ! tu peux seul nous prédire « De ce grand jour quel sera le destin. »

Bonnet en pointe , et baguette à la main , Le Negromant consulte sou grimoire :

Un vieux tonneau lui sert d'observatoire : Son œil parcourt l'horizon ; et soudain A la déesse il promet la victoire.

« Oui , l'avenir se dc'voile à mes yeux, « S'écria-t-il. Tu vaincras ; j'en atteste « Le Scorpion qui m'attend dans les cieux , « Le Capricorne , et la Cruche céleste , « De mon génie emblème radieux :

« Signe chéri , le jour de ma naissance «< De tes faveurs épuisa l'influence !

« Je te salue , ô reine d'Hélicon !

« Cet heureux jour, nous livrant le Pcrmesse, « Va te placer au trône d'Apollon, « Et des beaux arts tu seras la déesse. « Sa vaut Mougès , intrépide Naigeon , « Mêlez vos chants à nos chants d'allégresse,

« Et proclamons notre auguste maîtresse « Reine du Piude et du sacré vallon. »

Ainsi parla le sapajou prophète, Des lois du sort infaillible interprète : A sou oracle on applaudit en chœur.

Stupidité, de plaisir transportée, Sur l'Hélicon se croit déjà portée ; Et Marmontel, certain d'être vainqueur, Sent redoubler sa bouillante valeur.

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