CHANT HUITIEME. IQI
Fréron , certain du châtiment sinistre
Que d'Apollon lui gardait le ministre,
Se mit a, braire avec plus de fureur.
A ce signal, ô surprise ! ô terreur !
L'ambassadeur voit sa suite inridelle
Fuir du côté de la sotte immortelle.
De tant d'amis , d'un parti si nombreux.
Il ne lui reste, en ce désordre affreux,
Que son grison plus estimable qu'eux.
O des grisons rare et parfait modèle!
Il vient s'offrir à l'envoyé confus,
Qui prend sou temps pour remonter dessus,
Un peu plus tard la perfide séquelle ,
Le général, Diderot et Saurin ,
Sur le grand homme allaient porter la main.
Ainsi, dit-on, le vainqueur de Pavie,
Au droit des gens se fiant un peu trop,
Pour éviter pareille iguominic
Fut obligé de s'enfuir au galop.
Tous entouraient Voltaire avec audace ,
Tous lui fermaient le chemin du Parnasse :
Mais il leur jette un coup-d'œil qui les glace ;
Tel Coliguy , d'assassins entouré ,
Semblait un roi par son peuple adoré.
L'âne intrépide et docile à son maitic ,
Se rappelant l'ardeur qu'il fit paraître Lorsque Milan, témoin de ses exploits, Le vit sauver, des attentats d'un prêtre , Et Dorotbe'e , et lui-même, et Dunois; L'âue indigne' poursuit, atteint, renverse Tous ces félons que la frayeur disperse , Lance à Fre'ron un regard de mépris, Et prend son vol aux célestes lambris.
Taudis qu'au Piude il recouduit Voltaire, Emerveillé de la fureur des sots , Stupidité, qui redevient plus fière , De sou parti voyant grossir les flots , Fait dans les rangs de sa suite guerrière Distribuer la troupe auxiliaire ; Et, déployant son superbe éteudart , Elle donna le signal du départ.