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FIN DES NOTES DU CHANT IV

Ainsi qu'on voit un essaim bourdonnant.

Comparaison imitée de Y Iliade , et peut - être appliquée ici plus convenablement.

On boit , on rit , on chante , on se récrie : C'était vraiment le paradis des sots.

Allusion au Paradise of fools de Milton.

La déité , complaisante à leurs jeux , Veut à l'instant que Beaumarchais publie.

Auteur du Barbier de Séville, du Mariage de Figaro , de Tarare } etc. fort gai , disait-on , dans la société , mais bien affligeant pour ses lecteurs.

Vous présidiez à la savante liste , Peintre galant des Bijoux indiscrets.

Les Bijoux indiscrets , roman très-ordurier , dont l'idée est prise d'un vieux conte gaulois. Ces Bijoux parlent ordinairement français; mais on leur fait dire en latin, en anglais, en italien et en espagnol , des obscénités plus révoltantes que celles de YAloisia et du Portier des Chartreux.

IJO

Ce livre se trouve pourtant dans la collection d'un philosophe célèbre ; et, pour confirmer ce que nous en avions toujours pensé pendant sa vie , on s'est avisé d'y joindre, après sa mort, la Religieuse y et ce qui est bien pis , Jacques le Fataliste.

Et vous , Saurin , de qui le drame anglais.

Beverley, ou le Joueur. C'est un des plus monstrueux drames que nous avions dérobés aux Anglais.

La docte lice est ouverte à Sedaine , Qui tour-à-tour pathétique et bouffon.

Pathétique dans sa comédie du Philosophe sans h savoir, et plus encore dans son opéra-comique du Déserteur ; bouffon dans Biaise le Savetier , etc.

Il en soupire , et voit l'abbé Le Blanc.

Auteur d'une tragédie d' Aben-Saïd , et de quelques Lettres non françaises sur les Anglais. On disait , il V a plus de trente ans , qu'il serait peut-être un jour de l'Académie.

Mais la déesse , en ses profonds desseins , Lui réservait de plus nobles destins.

Voyez la fin du sixième Chant.

« Eh ! quel lecteur , armé contre l'ennui , <c Put achever ton Aveugle Tartare ?

Que ceux qui ont le plus admiré Diderot sur parole, lisent en effet, s'ils le peuvent, sa rapsodie de X Aveugle Tartare, servant d'introduction à une autre rapsodie bien plus étrange, intitulée l'Humanité , ou le Tableau de l'Indigence , triste drame. On ne connaît rien de plus mauvais en aucune langue.

« Du Nord en vain tu mendias l'appui.

Allusion au voyage de Diderot en Russie. Oiv prétend que ce voyage n'eut pas le succès qu'on en espérait pour l'honneur de la philosophie.

On applaudit ; car , chez le peuple sot , L'injure plaît, et tient lieu de bon mot.

Témoin quelques libelles répandus depuis quelque temps par de soi-disans philosophes , et quelques vers du genre de ceux-ci :

Vermisseau né du eu de Desfontaines , Lâche Zoile , autrefois laid giton , etc.

On allait voir le festin des Lapithes.

Voyez le XII. e livre des Métamorphoses.

Quand tout-à-coup Baculard , leur Nestor.

Tout ce qui suit est exactement imité du premier livre de l'Iliade.

« Pradon , Boyer , le célèbre Coras.

Noms obscurs , devenus immortels par les satires de Boileau. Tout le monde connaît cette jolie épigramme de Racine :

Entre le Clerc et son ami Coras , etc.

Ce Coras avait fait le poème épique de Jouas , ou Nïnive pénitente.

a Je me souviens d'avoir connu Linière.

Ecrivain du même ordre que les précédents. On a dit qu'il n'avait de l'esprit que contre Dieu ; mais ce n'était point alors une recommandation.

« Qui , contre Dieu justement irrité.

Il y aurait de l'humeur à lui reprocher sa colère. Supposons en effet que par un caprice de la nature , peu vraisemblable , mais non impossible , elle eut rassemblé quelque part une peuplade assez malheureuse, et qu'elle aurait assez disgraciée pour lui donner les traits de Mathieu-Lansberg , sans aucun adoucissement , et dans toute leur difformité, ne serait-ce pas ajouter à la rigueur de son sort que de lui interdire la vengeance du blasphème, ou la consolation de l'athéisme ?

ce A la déesse il promet la victoire.

Rien n'a pu corriger notre astronome de la ma-

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nie de pre'clire toujours ce qui n'arrive jamais. C'est ainsi qu'en 1764, il avait menacé la terre du choc d'une Comète qui devait en morceaux la briser comme verre : prédiction qu'il renouvela avec le même succès en 1773. C'est encore ainsi que , pour l'année qui vient de finir, il nous avait promis l'hiver le plus doux.

c< Le Scorpion qui m'attend dans les cieux.

On voit que , par la sympathie secrète qu'il suppose entre le Scorpion et lui , il se flatte d'être un jour appelé à lui servir de pendant parmi les signes du Zodiaque , et qu'il s'applique à luimême , comme un présage de sa destinée future, ce vers de Virgile :

. . . Ipse miki]am brachia porrigit ardens Scoipius.

C'était peut-être pour accélérer ce beau moment, qu'il avait entrepris sa fameuse caravane céleste , pour laquelle il s'était armé de passeports, et de tous les préparatifs qui auraient pu suffire à la navigation la plus lointaine. Le résultat de ce magnifique appareil fut de traverser dans les airs, en moins de six minutes , et non sans quelquej accès de peur assez violents , dit-on , pour déshonorer la nacelle , un espace de quelques décamètres , et d'arriver à bon port de Tivoli à Bagatelle.

<c Savant Mongès. . .

Ce savant , par un tour de force dont lui seul peut-être était capable , est descendu de sa haute érudition au style ïe plus humble dans une édition qu'il a donnée des Fables de La Fontaine , avec des notes à l'usage des petits enfants. On admire l'art avec lequel il a su se proportionner à leur faible intelligence , se mettre enfin si heureusement à leur niveau qu'on le croirait lui-même tombé en enfance. C'est un avantage qu'il doit sans doute à la robe monacale qu'il a portée longtemps; et cette précieuse simplicité, qui est encore un secret pour les gens du monde , n'est qu'une grâce d'état pour le Révérend Père Mongès.

Intrépide Naigeon.

C'est un de nos esprits forts les plus décidés, et qui ne reconnaît pour philosophes que ceux dont la philosophie transcendante ne capitule avec aucun préjugé. C'est moins à l'école de Socrate et de Platon qu'il paraît avoir puisé son enthousiasme qu'à celle de Mézence ou deCapanée. Selon lui, Voltaire, qui n'avait jamais pu s'affranchir des préjugés du théisme, ne différait gu ères d'un superstitieux capucin. L'honneur d'atteindre à ce haut degré de philosophie n'était réserve qu'à de certains adeptes , te!s que Mathieu-Lansberg et l'intrépide Naigeon. Cette force d'esprit se

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manifeste surtout dans >on style. Tout ce qui n'est qu'ornement , correction , élégance , lui semble puéril ou déplacé. Ce qui le caractérise essentiellement, c'est une énergie , une vigueur d'expression qu'il ne doit qu'à lui , et dont on ne connaît pas de modèle : un seul échantillon en fera juger. Voyez comment, à l'article VANINI , dans l'Encvclopédie méthodique , il gourmande l'historien Gramond , qui avait accusé d'hypocrisie ce même Vanini, pour avoir dissimulé son athéisme lorsqu'il comparut devant ses juges : « D'où le sais-tu ? « Qui te l'a dit ? béte féroce que tu es ! » On sent que rien ne peut résister à cette puissante manière de raisonner : c'est la mâchoire de Samson dans les mains d'un philosophe.

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