‹ La DunciadeChapitre 25 sur 26 · ANECDOTE DE L'EDITEUR · texte numérisé non relu

ANECDOTE DE L'EDITEUR

JLe hasard m'introduisit, il y a quelques jours, dans une société de gens de lettres, où l'on parlait beaucoup d'une édition de la Dunciade f que l'on annonçait comme prochaine , et qui devait , disait-on , être remplie de nouvelles méchancetés. L'un de ces gens de lettres , qui n'ignore pas que j'ai d'anciennes liaisons avec L'auteur , et dont l'intention était de m'embarrasser, m'adressa la parole, eu m'observant d'un œil qui voulait être malin , et rne dit en ricauaut :

Palissot veut donc mourir dans l'impénitence finale. Ou espérait que l'âge éteindrait en lui cette fureur qu'il a d'attaquer tout le monde, et le voilà qui prépare, à ce qu'on m'assure, une nouvelle édition de sa Dunciade t dans laquelle il se propose de tourner en ridicule, un savant astronome, qui se croyait du moins à l'abri de ses atteintes : car, je vous le demande , quel démêlé peut avoir Palissot avec l'astronomie ?

Je connais Palissot, lui répondis -je, et d'assez longue date pour être parfaitement

ît)2 ANECDOTE

sûr qu'il u'a jamais été l'agresseur daus aucune querelle, même littéraire. Je lui ai fait par écrit précisément la même question que vous faites sur l'astronome dont il s'agit, et comme il n'a rien à dissimuler , et qu'il ne craint pas de s'expliquer avec franchise , voici ce qu'il m'a répondu sans aucuue trace d'humeur , et avec ce ton de bonhomie que je lui ai toujours connu. On sourit , mais ou m'écouta : car j'ai souvent remarqué que ceux-mémes qui haïssent Palissot, ne sont pas fâchés de l'entendre.

« Vous étiez en Italie, mon cher D ,

« et par conséquent vous avez pu ignorer « que je m'étais mis sur les rangs pour obte- « nir une place vacante à l'Institut national. « Ce n'était point un brevet d'honneur ou « de célébrité que je sollicitais; je sais trop « que ce ne sont pas ces brevets qui houoren t « les hommes, mais que ce sont les hommes « qui Les honorent quaud ils en sont digues. « Cependant ayant perdu , par les malheurs « du temps , presque toute ma fortune, le « modique traitement que l'on accorde aux « membres de cette compagnie savante , pou-

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