Sais
Sais, — dont les énormes murailles s'aperçoivent encore en partie aujourd'hui près de Sa el-hagar, à un kilomètre à l'est de la branche occidentale du Nil (branche de Rosette), — était la capitale d'un nome (3). Hérodote affirme y avoir
(i) Voir Wiedemann, 1. 1., p. i q3 . (2) II, ii2. — (3) II, i05.
séjourné (l) : on peut, semble-t-il, déterminer approximatiinativement l'importance de ce séjour.
Ce qui à Sais frappa surtout sa vue c'en fut le temple, dont faisait sans doute partie le palais du roi (2). Ce temple était consacré à la déesse Athèna (3). Il était précédé de « propylées admirables » qu'avait élevés Amasis, et qui surpassaient de beaucoup tous les ouvrages analogues par leur hauteur, leur étendue, la qualité et la grosseur des matériaux employés. Auprès (4) se voyaient des « statues colossales », des « androsphinx énormes » (5), et un colosse de soixante-quinze pieds de haut couché sur le sol (6). Mais ce qui jeta l'historien dans l'admiration la plus profonde, ce fut, gisant à l'entrée du lieu saint, une chapelle formée d'un seul bloc de pierre, que deux mille bateliers avaient mis trois ans à transporter d'Éléphantine ; il en a indiqué toutes les dimensions, intérieures et extérieures, avec une précision telle qu'on en a pu évaluer le poids : cette chapelle monolithe devait peser 476,076 kilogrammes (7). Amasis, effrayé par un présage, aurait renoncé à la faire pousser plus avant (8).
(i) Voir notamment II, i3o, i3i, 170, 175.
(2) Hérodote nous apprend que Gambyse, « arrivé au palais d'Amasis », ordonna qu'on violât son tombeau (III, 16, où Hérodote appelle ofocia ce palais qu'il nomme ailleurs fiaaiXrjia [II, i3o, i63, 169]; mais, comme le remarque Stein, les deux mots ont chez notre auteur un sens identique ; cf. I, 35, 98; III, i4o) ; or l'historien décrit ce tombeau comme situé « dans la cour du temple » (II, 169). Voir à ce sujet, Stein, ad Herod,, III, 16. !\. Au reste la génisse de bois qui se trouvait « dans une salle richement ornée du palais » (II, i3o), et qu'on exposait une fois par an hors de cette salle lors de la fête d'un dieu au nom ineffable (Osiris mort) (II, i32), faisait sûrement partie du matériel du temple. Voir G. Sourdille, Hérodote et la religion de l'Egypte : comparaison des données..., p. 95-96.
(3) II, 28, 59, 169, 170, 175. — (4) Hérodote n'indique pas la place de ces statues ni de ces sphinx ; mais les statues colossales flanquaient sûrement, suivant l'usage, le pylône (propylées) d'entrée, au devant duquel les sphinx dessinaient une avenue. — (5) II, 175. — (6)11, 176.
(7) Gette évaluation se trouve dans la Description de V Egypte, Anli~ qui tés .'Descriptions, II (in-folio), ch. 25, p. 10. Le bloc non excavé aurait pesé 914. 832 kilogrammes (ibid). Malgré leur précision apparente, ces chiffres ne sont qu'approximatifs, car ils dépendent de la valeur attribuée par les auteurs du calcul aux mesures d'HÉRODOTE. — (8) II, 175.