‹ La durée et l'étendue du voyage d'Hérodote en ÉgypteChapitre 3 sur 93 · LES CIRCONSTANCES POLITIQUES · texte numérisé non relu

LES CIRCONSTANCES POLITIQUES

fiée : suivant son propre témoignage, les révoltes dont il vient d'être parlé étaient alors apaisées, sans doute depuis quelque temps déjà (1) ; les Perses occupaient Memphis (2) ; ils tenaient garnison à Daphnœ à l'est, à Eléphantine au sud (3), et ne craignaient rien à l'ouest du côté de la Libye (4) ;

établit sa puissance (III, 12) ; et cependant ce voyage ne saurait avoir eu lieu bien longtemps après ; autrement Hérodote n'aurait sans doute pas été reçu avec une si grande bienveillance, il n'aurait pas eu un aussi libre accès auxtemples et aux archives des Égyptiens. C'est autant de raisons de conclure que son voyage tomba dans la période de six années (de 4^o à 455 inclus) pendant laquelle les armées athéniennes furent en possession du pays : les Égyptiens, par reconnaissance envers leurs sauveurs, ont dû alors recevoir à bras ouverts tous les Grecs qui leur faisaient visite. » En réalité l'œuvre d'HÉRODOTE ne laisse rien paraître d'une particulière bienveillance des Égyptiens à son égard ; et l'on aura l'occasion de montrer plus loin qu'il n'eut libre accès ni à leurs temples ni à leurs archives.

(1) Hérodote parle (III, 12) des « ossements de ceux qui furent vaincus avec Achœménès, fils de Darios, par Inaros, roi de Libye » (cf. VII, 7); II, i4o, d'Amyrtée dans les marais (l'île d'Elbo) ; III, i5, de « Thannyras, fils d'inaros, roi de Libye, à qui les Perses rendirent le royaume possédé par son père », et de « Pausiris, fils d'Amyrtée, qui rentra aussi en possession du gouvernement paternel ».

(2) II, 99. - (3) II, 3o.

(4) Parlant des Égyptiens qui passèrent en Ethiopie, Hérodote s'exprime en ces termes (II, 00) : « Sous le règne de Psammétichos, ils avaient été mis en garnison dans la ville à' Eléphantine contre les Éthiopiens, à Daphnœ pélusienne contre les Arabes et les Assyriens, enfin à Maréa contre la Libye. Encore maintenant les Perses ont des garnisons dans les mêmes places où il y en avait sous Psammétichos, car il y a garnison perse à Eléphantine et à Daphnœ. » Évidemment les paroles d'HÉRODOTE manquent un peu de cohérence : si les Perses tenaient garnison dans les mêmes places qu'avaient occupées les troupes de Psammétichos, ils devaient être établis non-seulement à Eléphantine et à Daphnae, mais aussi à Maréa. Pourquoi omet-il cette dernière ville? C'est que, répond Stein, d'après III, i3, 91, et [V, 1G7, « les Libyens limitrophes de l'Egypte jusqu'à Cyrène étaient soumis aux Perses, tandis que les Arabes et les Éthiopiens ne dépendaient d'eux que dans une faible mesure. » En effet Hérodote affirme ailleurs que « les Arabes ne furent jamais esclaves des Perses, mais qu'ils furent leurs hôtes pour avoir donné à Cambyse passage vers l'Egypte (II, 88) », et que les Éthiopiens voisins de l'Egypte étaient soumis au même régime que les Perses eux-mêmes, c'est-à-dire étaient exempts d'impôts et n'offraient que des dons gratuits (III, 97). Il était donc nécessaire de couvrir la frontière contre ceux-ci et ceux-là, non contre lesLybiens. Mais pour Kkai.i. (Zn <ler âgypt. Reise Herodots, dans lesSitzungsberichte der philos. histor. Classe der Kaiserl. Akad. der Wissensch . , Wien, vol. 116 [1888], j). 696), « l'explication usuelle que les Libyens étaient soumis aux Perses et que par suite une garnison à Maréa [Krall dit par erreur à Daphnae] était inutile, ne paraîtpas acceptable, car les garnisons n'avaient pas seulement

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