‹ La durée et l'étendue du voyage d'Hérodote en ÉgypteChapitre 40 sur 93 · Daphnœ pélusienne. Les Camps (Stratopeda · texte numérisé non relu

Daphnœ pélusienne. Les Camps (Stratopeda

De Daphnae pélusienne (1) Hérodote raconte que Psammétichos y avait mis une garnison contre les Arabes et les Assyriens, mais que les soldats, mécontents de n'avoir pas été relevés depuis trois ans, s'étaient enfuis en Ethiopie de concert avec ceux des autres garnisons frontières. Du temps de l'historien les Perses y avaient aussi des troupes (2). D'après les prêtres memphites, la ville avait été le théâtre d'une scène tragique. Sésostris, revenant d'expéditions, lointaines avec de nombreux prisonniers, y avait reçu l'hospitalité de son frère, auquel il avait conféré la régence du royaume ; mais celui-ci avait fait mettre le feu au palais, et Sésostris n'avait pu échapper aux flammes qu'en se faisant un pont des corps de deux de ses six enfants (3).

Nous n'avons rien là qui nous apprenne si Hérodote a visité Daphnae. Quant à la situation de la ville, il nous informe seulement, par la qualification qu'il lui donne, qu'elle se trouvait dans la même région que Péluse, et c'est insuffisant. Des recherches assez récentes nous permettent d'éclaircir ces deux points.

Dans les mêmes parages, suivant les indications de notre auteur, se rencontraient « les Camps ». Ce nom désignaitles emplacements concédés autrefois par Psammétichos aux Ioniens et aux Cariens qui lui avaient assuré le pouvoir. Les Camps se faisaient face l'un à l'autre de chaque côté de la branche pélusienne, un peu au-dessous de Bubastis. Amasis, voulant s'assurer l'appui de ces étrangers contre ses propres sujets, les avait par la suite établis à Memphis. Hérodote déclare que de son temps on voyait encore leur ancien port et les ruines de leurs habitations (4). Il a parlé ici en témoin oculaire, comme il ressort non-seulement de sa description

(i) Daphnae /je'/ws/e/me et non de Péluse; on montrera ci-dessous (p. o3-q4) que l'adjectif employé ici par Hérodote ne dérive pas du nom de la ville de Péluse.

(2) II, 3o. — (3) II, 107. — (4) II, i54.

des lieux, mais encore de ce qu'il s'est rendu à Péluse par la branche orientale du Nil (1). Or des fouilles ont fait reconnaître à Tell Defenneh, à trente-deux kilomètres au sud-est de Tanis (San), le site de Daphnae et, y attenant, celui du Camp des Ioniens (2). Puisque Hérodote a vu « les Camps », il a nécessairement vu Daphnae Toutefois il a remarqué que « les Camps » étaient abandonnés, et d'autre part Daphnae, à en juger d'après les fouilles, avait alors beaucoup perdu de son ancienne importance : cet état de chose confirme l'impression laissée par les données du voyageur, à savoir qu'il n'a pas dû recueillir là de bien nombreuses informations, et qu'il n'a guère fait qu'y passer.

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