‹ La durée et l'étendue du voyage d'Hérodote en ÉgypteChapitre 42 sur 93 · VILLES MENTIONNÉES AU MOYEN D'ADJECTIFS · texte numérisé non relu

VILLES MENTIONNÉES AU MOYEN D'ADJECTIFS

raon Phéron aurait fait brûler toutes les femmes qui, à cause de leur conduite légère, n'avaient pu porter remède à sa cécité (1). Diodore, qui raconte la même histoire, déclare que le « bourg » du supplice fut appelé Hiéra Bôlos en raison du supplice même (2). Le caractère légendaire de tout ce récit n'est pas douteux, et il est permis de penser que le nom d'Érythré Bôlos, «la terre rouge », comme celui de Hiéra Bôlos, « la terre sacrée », qui ne se rencontrent nulle part ailleurs, représentent simplement une cité de fantaisie, imaginée, comme il arrive souvent, pour les besoins d'un conte (3).

Il est d'autres villes qui n'apparaissent dans l'œuvre de notre auteur qu'à travers les adjectifs dérivés de leurs noms. Les qualifications de « sébenny tique » et de « bolbitine », données à deux branches du Nil (4), manifestent qu'Hérodote n'ignorait pas l'existence de Sébennytos et de Bolbitine (5). De même les nomes appelés « aphthite, tanite, athribite, pharbaïthite, thmouite, onuphite, myekphorite » (6) supposent les métropoles Aphthis, Tanis, Athribis, Pharbaïthis, Thmouis, Onuphis, Myekphoris(7), villes qui ne sontpas autrement citées

(i) II, m.

(2) Diodore, II, 59. Le fond du récit est le même chez Hérodote et Diodork. Les différences sont les suivantes : chez Diodore, la ville d'où vint l'oracle n'est pas désignée; — cet oracle aurait ordonné à Phéron non-seulement certaine lustration, mais encore d'adorer le dieu d'Héliopolis; — la guérison aurait été provoquée par la femme d'un jardinier; — enfin la ville du supplice se serait appelée non Erythré Bôlos, mais Hiéra Bôlos.

(3) Cf. Gutschmid, De rerum Aegyptiacaram scriptoribus Graecis ante Alejcandrum magnum, dans le Philologus, X (i855), p. G5o : Non raro traditionibus usus est quae per populum oribus hominum ferebantur. In his nisi fallimur est quod II, ni narratur Phéron regem mulieres adulterii reas in oppido cui nomen sit 'Epuôpr) (3<oXoç, cremauisse. Nomen oppidi quod sanguinem et caedem sonare putabatur, huic fabulae ansam dédisse uidetur ; Diodorus qui idem narrât,... locum lepàv ft^Xov nominat, i. e. glebam sacram, inferis deuotam (I, 59) ».

[!\) II, 17. Le nome « sébennyte » est mentionné II, 166.

(5) Sébennytos est aujourd'hui Semennoûd, au centre du Delta, sur la rive gauche de la branche de Damiette. Le site de Bolbitine se trouve au Tell Abou Mandoùr, à moins d'une lieue au sud de Rosette.

(6) II, 166. Je ne parle ici que des villes dont le nom ne se trouve pas ailleurs dans l'ouvrage d'HÉRODOTE.

(7) Les ruines de Tanis sont à San el Hagar, un peu au sud du lac Men-

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