‹ La durée et l'étendue du voyage d'Hérodote en ÉgypteChapitre 69 sur 93 · La religion et le culte à Thèbes · texte numérisé non relu

La religion et le culte à Thèbes

Distinction entre Zeus thébain et Zeus Ammon. — Hérodote a distingué avec un soin minutieux Zeus thébain de Zeus Ammon (1). Pour lui, le premier seul appartenait à l'Egypte; le second devait être attribué exclusivement à la Libye, bien que les Ammoniens eussent emprunté des Egyptiens leur nom, la manière de représenter leur dieu et les rites de leur religion (2). Cette distinction n'est pas le résultat du voyage de l'historien grec à Thèbes : la mention de Zeus thébain dans une inscription grecque archaïque, apparemment de Naucratis et du vie siècle (3), nous assure que l'assimilation de Zeus à l'Amoun égyptien, comme la distinction établie entre celui-ci et le dieu lybien, étaient choses connues dans le Delta bien avant le séjour d'Hérodote en Egypte.

La légende et le culte de Zeus thébain. — « Les Thébains et tous ceux qui, à leur imitation, s'abstiennent de l'espèce ovine (4) donnent de cette coutume la raison suivante. Héraklès tenait absolument à voir Zeus, mais ce dieu ne voulait pas être vu de lui. Enfin, harcelé d'instantes prières, Zeus imagina ce moyen : il dépouilla un bélier, en coupa la tête, la tint devant lui, et, s'étant revêtu de la toison, se fit voir en cet état à Héraklès. C'est pourquoi les Egyptiens donnent à la statue de Zeus une tète de bélier; sur ce point, ils sont imités par les Ammoniens... qui, à ce qu'il me semble, s'appellent ainsi parce que les Egyptiens donnent à Zeus le nom à'Amoun. Un seuk jour de l'année, celui de la fête de Zeus, ils immolent un bélier, le dépouillent, revêtent de sa peau la statue du dieu comme Zeus s'en était revêtu lui-même, et

(i) Sur cette distinction voir C. Sourdille, Hérodote et la religion de l'Egypte : comparaison des données. .., p. i52-i53, i63. (2)11, 42; IV, 181.

(3) [Me]),àv6i6ç [xe àvé6y)xe toi Zrp/t ©Yjêau.n à'y.a)>[j.a [sic]. Voir Mallet, Les premiers établissements des Grecs en Egypte, p. 447 448, d'après C. Smith et L. Griffith, Classical Review, janv. 1891.

(4) On sait que le mot <uç désigne aussi bien le bélier que la brebis. ïlest particulièrement question du bélier à la fin du même chapitre d'HÉRODOTE.

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