‹ La durée et l'étendue du voyage d'Hérodote en ÉgypteChapitre 73 sur 93 · II, 58. — (3) II · texte numérisé non relu

II, 58. — (3) II

(4) Voir à ce sujet A. H. Sayce, Some greek graffiti from Abydos, dans les Proceedings of the Society of Biblical Archaeology, X (1887), p. 377- 388. D'après M. Sayce, les graffiti du temple de Séti Ier dans Abydos permettent de voir « comment l'oracle s'établit dans une chambre abandonnée du temple de Séti lfir presque aussitôt que des mercenaires grecs eurent fait leur apparition dans la vallée du Nil; comment ses réponses étaient révélées aux prêtres grecs par l'intermédiaire de songes, comment il était consulté exclusivement par des étrangers, Grecs, Cariens, Phéniciens et Romains, ou aux temps postérieurs par des Égyptiens qui avaient adopté les modes étrangères; et comment Osiris, l'ancien dieu d'Abydos, eut à faire place d'abord à Sérapis, puis à Bès. Nulle part ailleurs nous ne

rodote : c'est parce qu'il y avait à Thèbes un oracle grec que l'historien y a signalé un mantéion de Zeus ; c'est parce que le procédé de divination était grec qu' « il se trouvait à peu près le môme qu'à Dodone » ; c'est parce que la légende était grecque qu'elle attribuait à des prêtresses thébaines la fondation des oracles de Zeas dodonéen et de Zeus Ammon ; enfin c'est parce qu'à cet oracle d'une divinité en apparence égyptienne était attaché une sorte de sacerdoce en réalité grec d'origine, qu'Hérodote a invoqué le témoignage des prêtres de Zeus thébain : prêtres avec qui il a pu réellement converser, qui ont pu lui donner ces renseignements d'allure grecque, mais qui ne pouvaient à aucun degré être des prêtres authentiquement égyptiens (1).

pouvons tracer avec autant de détails l'histoire d'un oracle grec » (p. 386). Cf. id., ibid., p, 378 : « Les plus anciennes inscriptions grecques que j'ai trouvées dans Abydos et auxquelles une date positive peut être attribuée sont au nombre de deux, écrites l'une au-dessus de l'autre [toutes deux en dialecte ionien]... Par les inscriptions milésiennes on voit que l'écriture n'en est pas postérieure à 55o avant J.-G. La forme du gamma diffère de celle qu'on a trouvée soit à Milet soit à Abou-Simbel (590 av. J.-G. ), elle est identique à celle des inscriptions primitives de Thêra... J'assignerais à ces inscriptions la date de 600 av. J.-C. plutôt que celle de 56o... »

(1) L'interprétation admise depuis Kenrick et Lepsius diffère trop de celle queje propose ci-dessus, et dont je ne puis ici parler avec plus d'ampleur, pour que je ne dise pas quelques mots dès maintenant à ce sujet. Reprenant la théorie de Kenrick (The Egypt of Herodotus , Londres, 1841, p. lvii-lviii), Lepsius (Chronologie der Aegypter, Berlin, 1849, p. 245 sqq.), après avoir montré que d'une part (p. 245-246) les prêtres dont parle Hérodote ne peuvent avoir figuré dans « la partie instruite du sacerdoce », et que d'autre part (p. 246-247) les Grecs étaient fort nombreux en Egypte à l'époque de notre historien, ajoute (p. 247-248): e II ne pouvait manquer, dans les ports et les places de commerce où les Grecs étaient admis, comme à Memphis et dans d'autres chefs-lieux du pays, de se former bientôt une nombreuse catégorie de gens entreprenant de servir d'intermédiaires, notamment au point de vue de la langue, entre les Grecs et les Égyptiens, et en faisant métier ». Ce sont les interprètes dont parle Hérodote (II, i54, 164). « Naturellement ces interprètes ne devaient pas manquer surtout dans les endroits où des voyageurs curieux avaient coutume de se rendre, en particulier à Memphis et à Thèbes, dont les merveilleux ouvrages avaient besoin d'être expliqués aux étrangers; vraisemblablement c'est dans la classe même des prêtres inférieurs et à demi instruits que se recrutèrent ceux qui assumèrent cet office de drogmans. D'un autre côté les colons grecs, d'esprit si mobile et volontiers conteurs, ne tardèrent pas. . . à transformer les propos sérieux des prêtres bien informés en futile légende. Une preuve significative du rang et des connaissances de ces ciceroni

Page 1