LA PRESSION OSMOTIQUE ET LES ÉCHANGES DE LIQUIDES
tance de ces membranes pour la vie des cellules tient à ce que le contenu des cellules est principalement liquide et à <îe qu'il se produit un échange continu de substances dis- . «outes entre les cellules et le liquide qui les baigne. Ce liquide a, chez les animaux, une composition voisine de <3elle de Veau de mer : sa pression osmotique, cependant, -est souvent moins élevée. D'autre part, il contient en solution des substances organiques que la cellule doit absorber, en échange d'autres substances, qu'elle doit éliminer. (]et échange de substances entre la cellule et son milieu est déterminé principalement par la pression osmotique de ces substances en solution.
Etant donné que les cellules ne se nourrissent pas seulement d'eau, mais empruntent encore à leur milieu des sels, et dans certains cas, des sucres, desalbuminoïdes,etc., il est évident que toutes ces substances doivent pouvoir diffuser du milieu extérieur à l'intérieur des cellules. Il est donc faux de se représenter les cellules comme entourées de membranes perméables à Teau et aux substances solubles dans les graisses, imperméables pour toutes les autres — idée qu'Overton a encore émise récemment. Ce qui est probable, c'est que la vitesse de diffusion des sels est très lente, de sorte que, dans des expériences de courte durée, les cellules se comportent comme si elles étaient impénétrables aux sels, et pénétrables à Teau seulement. Si nous mettons des cellules dans une solution d'un sel ou d'un sucre ayant une pression osmotique supérieure à celle du liquide intracellulaire, la cellule perd de l'eau, et il se produit, dans le cas des cellules végétales, un ensemble de phénomènes caractérisés par la rétraction du protoplasma, qui se sépare de la paroi de cellulose : c'est ce qu'on appelle la plasmolyse. Cependant les cellules ne sont pas impénétrables aux sels. Ce qui suffît à le prouver, c'est que les cellules végétales empruntent au sol les sels nécessaires à leur croissance; on peut montrer, d'ailleurs, que les mêmes phénomènes se produisent chez les animaux.
Un muscle ordinaire, aussi bien que le muscle cardiaque, perd son excitabilité en peu de temps, quand il est mis dan» une solution quelconque (de NaCl, par exemple) contenant des sels de K en concentration suffisante. Si on retire le muscle à temps et qu'on le remette dans une solution de NaCl pur, il redevient excitable. La vitesse avec laquelle les sels de K déterminent la cessation de l'excitabilité dépend de leur concentration dans la solution. Il est donc certain que les sels de K entrent et sortent assez facilement par diffusion de la cellule musculaire. On peut montrer qu'il en est de même des sels de Na, Ca, etc.. Si on met le muscle dans une solution d'un sel de Na, il se produit bientôt des contractions rythmiques du muscle, et cela d'autant plus rapidement que la concentration du sel dans la solution est plus élevée. Il en est de même avec des solutions de sels de Ba. La concentration minimum à partir de laquelle les sels de Na déterminent ces contractions varie avec la nature de Panion du sel. Si on ajoute à la solution du sel de Na une petite quantité d'un sel de Ca, les contractions s'arrêtent. Si ensuite on remet le muscle dans une solution du sel de Na contenant moins de Ca ou n'en contenant pas du tout, les contractions recommencent. Ces faits ne se comprennent que si nous admettons que les cellules musculaires sont perméables aux sels^ de Na^ Ca, Ba. Mais elles le sont encore aux sels de Li, Ce, Ru; car, dans leurs solutions, les muscles commencent bientôt à se cont rater (1), — et la même chose est vraie des sels toxiques, par exemple des sels de Hg.
Mais la diffusion de tous ces sels est bien plus lente que celle de Teau. Si on met des muscles dans des solutions salines de différentes concentrations, on remarque que,
(1) LoEB, Festsschrift fur Prof. Fick, 1899. — P/lugers Archiu, vol. IXC, p. 248, 1902. — Voir également, sur ces questions, les nombreux travaux de Ringer.
(2) LcEB, Pfîugers Archiv, vol. LXIX, p. 1, 1897.— E. Cooke, Journal of Physiology, vol. XXIII, p. 137, 1898.