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DES ANIMAUX ET CELLES DES VEGETAUX

Depuis les travaux de Liebig, tout le inonde sait que les animaux et les champignons vivent aux dépens des plantes à chlorophylle : ce sont elles qui leur fournissent les matériaux de leur organisme, et aussi, — exception faite de l'oxygène, — l'énergie nécessaire à l'entretien de leur métabolisme. Les plantes vertes, au contraire, doivent se construire elle-mémes à partir de leur graine. Les matériaux nécessaires leur sont fournis par l'acide carbonique de l'air, par certains sels du sol et par l'oxygène de l'air. Au sol, elles empruntent des nitrates, des phosphates, des sulfates de NH4, ainsi que des sels de K, Ca, Mg, pour ne mentionner que les substances les plus généralement nécessaires à l'édification de la substance vivante. Ainsi donc, la chlorophylle forme, à partir de l'acide carbonique de l'air, et sous l'influence de la lumière, du sucre et d'autres hydrates de carbone ; puis elle combine ces derniers à des nitrates ou à des sels de NH4 et forme ainsi des albuminoïdes. La formation des nucléines est rendue possible par les ions PO4. Les graisses peuvent se former aussi à partir des hydrates de carbone ; mais il n'est pas

interdit de penser que la chlorophylle est capable de produire de la graisse plus directement, à partir de 1 acide

carbonique. , , .

La réalité de ces conceptions est prouvée par le fait que les plantes vertes peuvent croître,- cest-à-dire augmenter plusieurs fois leur masse, dans des solutions salines déterminées. La solution suivante, par exemple, suUit pour les phanérogames :

Ca (N03)s ...•••• \ SV^^'S

KNO3. • • ]

MgS04 + 7H20 J -

KCl «g-^-^

Le tout dissous dans 3 à 7 litres d'«au. On ajoute à cette solution quelques gouttes de chlorure de fer (1). Les parties constituantes de la solution nutritive peuvent varier entre certaines limites, d'ailleurs étroites.

Nous arrivons de suite, ici, à l'un des problèmes capitaux du sujet qui nous occupe ; quel rôle jouent les cations? La nécessité des anions ressort clairement du fait que ÎSUs, bU„ PO servent à la constitution des nucléines et albumines. Mais jusqu'à présent, nous ne pouvons pas soutenir qu'il en soit de même pour les cations K, Ca, Mg. Vraisemb ablement, le potassium doit exister chez les plantes et les aïiimâux à l'état de combinaison non dissociable ; on sait, en effet que malgré la très faible teneur en potassium de l'eau courante, les plantes d'eau douce sont capables d en retenir de grandes quantités dans leurs tissus. Ce fait ne peut se comprendre qu'en admettant que ces plantes chmincnt les ions K, en les faisant entrer dans des combinaisons organiques, de sorte que la pression osmotique des ions K à l'intérieur tle la plante, reste constamment pins basse que celle qu'ils ont dans l'eau de rivière.

(1) Solution de Knop ; cilé d'après Pfeffer : Pflanzenphgsiologie. 2« édit., vol. I, p. 1^3, 1893.

Hoppe-Seyler avait déjà attiré Tattention là-dessus (1).

Pour Ga et Mg, les choses ne paraissent pas être aussi claires ; c'est du moins ce qui ressort du travail fondamental de Raulin sur les sels nécessaires à la nutrition des champignons (2).

Les recherches de Raulin sur V Aspergillus niger ont été faites dans le but de répondre à la question suivante : quelles sont les substances que doit contenir une solution nutritive, pour donner chaque fois une récolte d' Aspergillus maximale et de valeur constante, dans un temps et à une température donnés, et pour un matériel initial (spores) également donné ?

Raulin a trouvé que la solution nutritive optimale devait avoir la constitution suivante :

Eau 4. SOO grammes

Saccharose 70 —

Acide tartrique 4 —

NH4NO3 i -

(NH4)3P04 Ogr. 60

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