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HÉLIOTBOPISME DES ORGANISMES FIXÉS

robscurité complète ou à une lumière trop faible, il n'apparaît pas de nouveaux polypes. Il semble que la croissance des racines puisse, au contraire, se poursuivre à l'obscurité. — Les différentes parties du spectre n'agissent pas également. Derrière des écrans de verre rouge, la formation des nouveaux polype» se produit moins bien que derrière des écrans de verre bleu (en supposant, naturellement, que les deux teintes soient à peu près également « claires » pour notre œil).

IIL — HÉLIOTROPISME DES ORGANISMES FIXES.

Les machines que nous construisons sont toutes disposées ^e manière à ce que l'énergie qu'elles transforment leur soit fournie continuellement par les soins de l'homme. S'il est vrai, comme nous l'admettons, que le jeu aveugle des forces naturelles aboutit, dans certaines circonstances, à la* production de machines, ces machines ne peuvent avoir de durée que si les mêmes forces qui les produisent leur assurent un apport continu d'énergie. C'est ce qui a lieu, par exemple, pour une chute d'eau. La chute d'eau peut être considérée comme une machine dans laquelle de l'énergie de position esi transformée en énergie cinétique et en chaleur. La durée de la chute d'eau est garantie par les montagnes qui l'entourent, les courants de l'atmosphère, etc., toutes conditions qui font que de nouvelles masses d'eau se ra&semblent continuellement au point de départ de la chute.

De même, les plantes vertes sont des machines dans lesquelles l'énergie rayonnante de certaines ondes est transformée en énergie chimique (formation d'hydrates de carbone). La durée de ces machines est garantie parée fait que les tiges des plantes croissent vers la lumière : en effet, c'est grâce à ce fait que la lumière solaire directe ou la lumière diffuse reflétée dans l'atmosphère peuvent parvenir continuellement, pendant le jour, aux parties vertes des plantes.

C'est cette tendance impérieuse de la tige de beaucoup de plantes à croître vers la lumière qu'on désigne sous le nom d'kéliotropisme et qu'il nous faut maintenant analyser d'un peu plus près. Le phénomène, en lui-même, est familier à tout le monde : les tiges qui croissent en plein air, et qui sont exposées à la lumière également de tous les côtés, s'élèvent suivant la verticale; les tiges qu'on fait grandir dans une pièce où la lumière leur parvient d'un seul côté, par une fenêtre, se courbent vers la fenêtre. Les racines, dont la contribution à la vie de la plante consiste à puiser dans le sol l'eau et les ions qu'elle contient, NH4, NO3, PO4, etc., se comportent souvent, mais non toujours, de la façon inverse ; c'est-à-dire qu'elles s'éloignent de la lumière.

Ce phénomène n'est provoqué que par les rayons du spectre ayant une longueur d'onde déterminée, peut-être aussi par les rayons ultra- violets. Une source de chaleur non lumineuse, un poêle, par exemple, ne produit pas trace du même effet. — Quelles sont les parties du spectre qui exercent cette action sur la direction des tiges et des racines ? L'activité relative des différents rayons, à cet égard, n'a pas encore été déterminée aussi nettement qu'en ce qui regarde l'assimilation. Pourtant on peut dire, d'après les expériences qui ont été faites jusqu'ici, que les rayons les plus actifs ne sont pas les mêmes dans les deux cas. Les rayons les plus actifs au point (Je vue de l'assimilation sont compris entre les raies B et C du spectre ; ils appartiennent donc à la partie la moins réfrangible du spectre. Les rayons les plus actifs au point de vue héliotropique appartiennent, au contraire, à la partie la plus réfrangible du spectre : ils sont compris dans le bleu, le violet, peut-être l'ultra-violet (1).

(1) Peut-être, cependant, existe-t-il une zone d'activité secondaire, au point de vue héliotropique, dans la partie la moins réfrangible du spectre.

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