VIII PREFACE
Savighy la complète indépendance du travailleur, si nous proclamons avec Lœb le droit d'aborder tout problème biologique sans souci du trouble que la solution attendue pourra apporter aux esprits conservateurs, nous croyons aussi qu'on ne saurait attacher trop d'importance aux conceptions fondamentales sur lesquelles nous étayons nos expériences et, à ce point de vue, je voudrais, après avoir dit tout le bien que je pense du livre de mon savant collègue de l'Université de Berkeley, me permettre certaines réserves qui dégagent nettement la différence de nos attitudes en face de quelques grandes questions de philosophie naturelle.
Lorsque Lœb affirme que tous les êtres vivants peuvent être assimilés à des machines chimiques se composant essentiellement de matières colloïdales et que les processus physico-chimiques de Torganisme n'échap-pent à aucune des lois qui régissent les mêmes phénomènes quand ils s'accomplissent dans la nature inanimée, tous les biologistes dégagés du préjugé dualistique ne peuvent qu'accepter cette manière de voir.
Mais convient-il de se borner à cette conception exclusivement physiologique? Vouloir appliquer strictement à la matière vivante les principes ordinaires de la mécanique actuelle, n'est-ce pas exagérer la valeur explicative de ce qui n'est au fond qu'une comparaison et une première approximatioii de la réalité?
Une machine neuve ressemble à une autre machine neuve construite avec des matériaux de même nature semblablement disposés et, dans des conditions identiques de fonctionnement, ces deux machines se comporteront absolument de la même manière, de telle sorte qu'on pourra généraliser les observations faites sur lune d'elles et les traduire immédiatement en lois qui convien-