‹ La dynamique des phénomènes de la vieChapitre 50 sur 127 · INTENSITÉ DES RÉACTIONS HÉLIOTROPIQUES · texte numérisé non relu

INTENSITÉ DES RÉACTIONS HÉLIOTROPIQUES

pourront, de temps à autre, s'écarter notablement de la direction des rayons lumineux, avant que reparaiss.e la tendance à reprendre l'orientation normale, et c'est en effet ce que l'on constate. Si l'éclairage est latéral, il s'écoulera un certain temps, étant donné son peu d'intensité, avant que la différence de l'effet photo-chimique dans les points symétriques atteigne la grandeur nécessaire pour élever le tonus des muscles d'un côté au-dessus de celui des antagonistes et produire ainsi un mouvement latéral de la tète. Enfin, on peut obtenir une intensité assez faible pour qu'il n'y ait plus du tout de mouvement dirigé suivant les rayons lumineux. Les animaux cessent d^être héliotropiques, — ou du moins ce n'est que très lentement (au bout d'une heure) qu'ils se rassemblent du côté de la source lumineuse (s'il s'agit d'animaux positivement .héliotropiques) ou du côté opposé (s'il s'agit d^animaux négativement héliotropiques).

Nous comprenons aussi, maintenant, rinfluence de la température. En général, plus la température est élevée, plus le mouvement héliotropique est rectiligne, parce que la vitesse des réactions augmente avec la température. En abaissant la température, nous diminuons la précision des réactions héliotropiques, parce qu'il faut plus longtemps pour que la différence entre les produits formés de part et d'autre atteigne la valeur qui constitue le seuil de ces réactions. L'expérience vérifie parfaitement ces déductions, — jusque dans certains cas spéciaux, que nous avons déjà indiqués, et sur lesquels nous reviendrons. Naturellement, la vitesse des contractions musculaires augmente aussi avec la température (jusqu'à une certaine limite) et cela contribue aussi à augmenter la précision des mouvements de progression héliotropiques. Pour la plupart des animaux, il y a une limite inférieure de température, audessous de laquelle ils cessent de réagir à la lumière. Cette limite ne coïncide pas toujours avec celle à laquelle ils cessent d'exécuter des mouvements spontanés.

Entre ces deux extrêmes, les animaux à héliotropisme intense, qui se meuvent avec une exactitude mathématique (autant que le-permettent les conditions mécaniques de leur locomotion) suivant la direction des rayons lumineux, et les formes qui ne montrent pas d'iiéliotropisme à la lumière solaire, il existe toutes sortes d'intermédiaires Nous admettons que, chez ces animaux, la lumière produit eacore des effets chimiques qui conduisent à des augmentations du tonus musculaire, mais que la vitesse de ces réactions n'est pas très grande. Par conséquent, ils peuvent s'écarter pendant un temps relativement long de la direction des rayons lumineux et rester soumis à un éclairage unilatéral, avant de ramener leur tête vers la source lumineuse. De ce nombre sont, peut-être, les papillons de nuit, et tant d'autres animaux qui se comportent comme eux : ils volent pendant quelques secondes vers la lumière, puis s'écartent, et ce n'est que lentement que la différence des effets photo-chimiques produits dans les deux yeux devient assez grande pour qu'un mouvement de rotation du corps ramène la tête vers la lumière. Sij'ai cité les papillons comme exemple d'animaux faiblement héliotropiques, c'est précisément parce qu'il y a chez eux une circonstance qui complique le problème et pourrait facilement conduire à des erreurs. De même qu'il y a des animaux fixés, comme les polypes ou certains vers tubicoles, il y a des animaux qui sont en une agitation continuelle. On dirait qu'à l'intérieur de ces animaux ont lieu, sans règle apparente, des processus qui provoquent des mouvements ou changent la direction des mouvements. Il se peut qu'une analyse ultérieure de ces faits montre qu'ils sont dus, en partie, à l'action de certaines circonstances -extérieures ; mais il se peut aussi qu'il s'agisse, au moins en partie, de processus purement internes. J'ai l'impression que les papillons appartiennent à ce groupe. Pourtant ces animaux finissent par arriver, eux aussi, à la lampe électrique ou à la fenêtre.

Celui qui veut s'adonner à l'étude des phénomènes hélio-

MOYENS DE FAIRE VARIER l'hÉLIOTROPISME 239

tropiques fera bien d'expérimenter, au moins en passant, sur des animaux ou des plantes qui présentent un hélioiropisme prononcée Je ne donnerais pas ce conseil, s'il n'arrivait trop souvent que des auteurs écrivent sur cette question sans avoir jamais eu sous les yeux un seul animal doué d'un héliotropisme accentué.

On s'expose également à des erreurs en négligeant le facteur temps. Ainsi, le fait que certains animaux peuvent s'écarter pendant plus ou moins longtemps de la direction héliotropique normale devrait faire penser à une vitesse de réaction trop faible ; mais les auteurs imbus d'anthropomorphisme préfèrent de prétendues explications psychologiques : par exemple, que l'animal « tâtonne de tous côtés », de lui jusqu'à ce qu'il ait trouvé la « bonne » direction.

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