MOYENS DE FAIRE VARIER L HELIOTROPISME
observé le même fait chez des Algues. Il conviendra de tenir compte de ces faits pour établir la théorie des réactions héliotropiques.
Enfin, il était intéressant de rechercher si au changement de sens de Théliotropisme ne sont pas associées certaines différences dans l'exécution des mouvements.
Dans ces expériences sur Théliotropisme des animaux marins, j'employais de petites cuvettes plates, où les animauîç se déplaçaient dans un plan horizontal en se rapprochant de la lumière ou en s'en éloignant. Or, j'ai toujours remarqué, dans les expériences sur les larves de Limulus, que les individus positivement héliotropiques nage^^ient vers la fenêtre, en exécutant des mouvements vifs et élégants, tandis que ceux qui se trouvaient être négatifs rampaient gaucheme^nt au fond du vase. J'ai observé quelque chose d'analogue chez les larves de Polygordius et chez les Copépodes. — On a ainai l'impression que la lumière influe sur la facilité ou sur la rapidité des transformations de l'énergie. Il semblerait que, chez les animaux positivement héliotropiques, la lumière augmente l'énergie des mouvements de natation, et que le contraire ait lieu chez les animaux négativement hélio tropiques. Mais cette vue ne doit pas être généralisée. Je constate, en effet, que des larves de Balanus, négativement héliotropiques, nagent avec la même vitesse que celles qui sont positives. Je me suis demandé si, dans la chambre noire, on pouvait encore déceler une différence entre animaux positifs et négatifs : j'ai trouvé que, dans ces conditions^ les larves de Polygordius, positives, se rassemblent en haut d'un tube à essais placé verticalement, les larves négatives au fond. S'agit-il ici d'une différence dans le poids spécifique des larves ? ou n'est-ce qu'une conséquence de l'énergie supérieure des mouvements de natation à l'état positif? on ne saurait encore le dire.
Nous avons traité avec un certain détail des phénomènes d'héliotropisme, parce qu'on voit ressortir ici nettement le caractère machinal de processus proprement biologiques. Ces phénomènes sont extrêmement répandus dans tout l'ensemble du règne animal. Depuis, j'ai examiné tous ceux des animaux nageant à la surface de l'Océan qu'il m'a été possible de me procurer, au point de vue de leurs réactions à la lumière, et j'ai t/ouvé que presque tous, au moins durant certaines périodes de leur évolution, sont positivement héliotropiques. J'ai même trouvé de jeunes poissons récemment éclos (je n'ai pu déterminer l'espèce) dontl'héliotropisme positif était aussi prononcé que celui des larves de Porthesia.
Aussi suis-je porté à considérer l'héliotropisme positif comme un des facteurs qui maintiennent à la surface des mers les animaux capables de nager activement (1). — La lumière peut avoir également une importance décisive dans les changements de niveau périodiques de ces animaux (2). Beaucoup d'animaux marins exécutent, en effet, des migrations périodiques en profondeur, s'éloignent de la surface pendant le jour, s'en rapprochent pendant la nuit. Ce phénomène pose un double problème : pourquoi les animaux descendent-ils pendant le jour ? pourquoi remontent-ils pendant la nuit? Groom et moi, nous avons fait remarquer que, chez les nauplius de Balanes, la relation qui existe entre l'intensité de la lumière et le sens de l'héliotropisme permet de répondre à ces questions. A la lumière du jour, les nauplius deviennent rapidement négatifs et descendent. Mais, à un moment donné, ils
(1) En ce qui concerne les animaux qui ne se déplacent pas activement et qui flottent à un niveau constant (plankton proprement dit), je reconnais pleinement l'importance des facteurs purement physiques signalés par Wolfgand Ostwald {Pfïùgers Archiv, vol. XCV, p. 23, 1903).
(2) Groom et Loeb, Biologisches Centralblaft, vol. X,p. 160, 1890. — Loeb PJlûgers Archiv, vol. LUI, p. 81, 1893, et dans les publications de l'Université de Californie. Voir, aussi, les observations de G. H. Parker dans les Comptes rendus de VU. S. Fish Commission.