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LA DÉTERMINATION DU SEXE DE L*EMBRYON S»S

Lenhossok et d'autres ont cherché à généraliser cette observation de Korschelt. Mais je crois que le petit nombre des faits dont nous disposons nous interdit de le faire. Tout ce que nous pouvons dire, c'est que, chez certaines formes, comme chez Dinophilus apatris, le sexe est déterminé dans Tovule non encore fécondé.

Chez certains insectes, — Hémiptères et Orthoptères, — on a découvert que chaque mâle possède deux espèces de spermatozoïdes, en nQmbreégal. Ces deux espèces de spermatozoïdes se distinguent par le caractère suivant : ou bien Tune contient un chromosome de plus que l'autre, — ou bien le chromosome en question est présent chez les deux espèces de spermatozoïdes, mais il est plus gros chez Tune que chez Tautre.

Comme ces animaux ne possèdent qu'une seule espèce d'ovules, on peut se demander si le sexe de l'embryon n'est pas déterminé, ici, par le spermatozoïde.

L'existence de ces deux espèces de spermatozoïdes a été découvert par Henking. Jl a observé qu'une moitié des spermatozoïdes de Pyrrhocoris (Hémiptères) possède un élément qui manque à l'autre moitié, et qu'il a considéré comme un nucléole. Montgomery a montré plus tard que ce soi-disant nucléole est un chromosome. Enfin, Mac Clung a montré que ce chromosome accessoire se retrouve dans la moitié des spermatozoïdes de tous les individus mâles, chez certains Orthoptères, et il a émis le premier l'idée que ce phénomène pouvait être en rapport avec la détermination du sexe. Etant donnée l'importance de la question, il peut être intéressant de citer textuellement le raisonnement par lequel il arrive à cette conclusion. « C'est un fait important, et sur lequel tous les observateurs sont d'accord, que la présence du chromosome accessoire chez la moitié des spermatozoïdes seulement. Si nous admettons que la substance chromatique joue un rôle essentiel au point de vue de l'hérédité, nous devons nous attendre à

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trouver, parmi les descendants, deux espèces d'individus, en nombre égal, et présentant des différences de structure accentuées. Or, il n'y a que les caractères sexuels qui répartissent ainsi les individus d'une génération en deux groupes égaux et bien définis : nous sommes donc amenés à conclure que le chromosome accessoire est en rapport avec la détermination du sexe (1). »

Mac Clung inclinait à penser que les spermatozoïdes qui possèdent le chromosome accessoire donnent naissance à des mâles. Ses observations ont été reprises récemment par E. B. Wilson (2), et il semble, d*après les travaux de ce dernier, qu'il y ait de bonnes raisons de croire, au contraire, que les œufs fécondés par ces spermatozoïdes produisent des femelles.

Si nous considérons l'ensemble des faits connus relativement à la détermination du sexe, on voit se distinguer trois types.

1° Chez certains animaux, il y a deux sortes d'ovules : les uns donnent des mâles, les autres des femelles. C'est le cas des animaux parthénogénétiques tels que les pucerons.

2** Chez d'autres, il n'y a qu'une sorte d'ovules, mais il y a deux sortes de spermatozoïdes, dont l'une produit des mâles et l'autre des femelles. C'est le cas des Hémiptères et des Orthoptères.

3® Enfin, chez un troisième groupe d'animaux, il semble n'y avoir qu'une seule espèce d'ovules et une seule espèce de spermatozoïdes. Les ovules qui se développent parthénogénétiquement produisent l'un des deux sexes ; ceux qui sont fécondés produisent l'autre. C'est ce qui se produit chez les abeilles, les fourmis et les guêpes sociales. Les œufs non fécondés, — par exemple, ceux des jeunes

(1) Mac Clung, The accessory Chromosom: Sex déterminant 1 Biological Bulletin, vol. III, p. 43, 1902.

(2) E. B. Wilson, Science, vol. XXII, p. 500, 1905.

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