LA DETERMINATION DU SEXE DE L EMBRYON
ouvrières, — donnent des mâles ; les œufs fécondés donnent des femelles. Il semble que, chez ces animaux, Tinfluence du spermatozoïde l'emporte sur la prédisposition de l'ovule.
D'une façon générale, la recherche des conditions déterminantes du sexe est entrée maintenant dans la période scientifique. La quasi-égalité numérique des mâles et des femelles dans beaucoup d'espèces, — notamment dansTes-^ pèce humaine, — a donné lieu à toutes sortes de considérations mystiques. Or, nous voyons que chez les Hémiptères et les Orthoptères, la série de divisions cellulaires qui constitue la spermatogénèse aboutit à la production d'un nombre égal de spermatozoïdes « mâles » et « femelles ». Si maintenant nous supposons que ces deux espèces de spermatozoïdes, — étant en nombre égal, — rencontrent une seule espèce d'ovules (ou invepsement), nous comprendrons qu'il suffise de considérer une quantité suffisante des produits de cette fécondation pour trouver les deux sexes également représentés.
D'après ce que nous venons de dire, on doit s'attendre à ce que toutes les tentatives pour déterminer le sexe d'un embryon en agissant sur rembryon lui-même donnent un résultat négatif. Les faits connus jusqu'ici semblent bien montrer qu'il en est réellement ainsi. Born et d'autres ont bien avancé qu'on pouvait, en alimentant convenablement des têtards ou des larves de mouche, déterminer le sexe des grenouilles ou des mouches ; mais ces assertions ont été reconnues fausses. Ici encore, le sexe est déterminé entièrement dansToeuf oupeu après la fécondation.
Maupas et Nussbaum ont essayé de déterminer le sexe en agissant non plus sur le développement de l'embryon lui-même, mais sur celui de la mère. Ces expériences ont porté sur un Rotifère, Hydatina senta. — D'après Nussbaum, la femelle de cette espèce pond deux, sortes d'œufs, de taille inégale. Les plus volumineux donnent uniquement
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des femelles, les plus petits donnent des mâles et des femelles. Nussbaum a trouvé que la même femelle ne pond jamais que des œufs exclusivement mâles ou exclusivement femelles et que le mode de nutrition de la jeune femelle immédiatement après son éclosion détermine le sexe des œufs qu'elle pondra (1). — Maupas avait déjà trouvé qu'à une température élevée (26** à 28**) on obtient des mâles ; à une température relativement basse (14** à 15®), des femelles. Il admettait que la température agit d'une manière indirecte, en modifiant la nutrition (les températures élevées étant les moins favorables). — Peut-être le cas des pucerons, dont nous avons parlé plus haut, doit-il être rapproché de ces observations.
Les deux sexes ne se distinguent pas seulement par la structure de leurs organes sexuels, mais aussi par leurs (c caractères sexuels secondaires ». Par exemple, chez les papillons, les antennes des mâles et celles des femelles diffèrent. Ces caractères sexuels secondaires sont-ils déterminés dans l'œuf aussi tôt que les caractères sexuels primaires ? Si tel était le cas, on devrait constater que la castration précoce, par exemple à Tétat larvaire, n'empêche pas l'apparition des caractères sexuels secondaires. C'est en effet ce que l'expérience semble montrer. Oudemans a extirpé les glandes sexuelles de chenilles d'Ocneria dis^ par et il a trouvé les glandes sexuelles secondaires complètement développées chez le papillon. Le professeur Kellogg, de l'Université de Stanford, m'a communiqué qu'il a châtré des chenilles de ver à soie très jeunes et n'en a pas moins observé, chez le papillon, un développement normal des caractères sexuels secondaires. Ces expériences semblent donc s'accorder avec l'hypothèse d'après laquelle les organes sexuels secondaires seraient ébauchés
(1) Cité d'après Herdst, Formalive Relie in der iierischen Ontogenèse. Leipzig, 1901,
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à une époque très précoce du développement de Tembryon, peut-être en même temps que les organes sexuels primaires.
On rencontre chez les Insectes des hermaphrodites qui possèdent d*un côté un testicule, de Tautre un ovaire. On a observé que, chez ces individus, les caractères sexuels secondaires, tels que ceux des antennes, étaient ceux d'un mâle du côté du testicule, et ceux d'une femelle du côté de Tovaire.
Crampton a greffé sur le corps de papillons femelles, à Tétat de chrysalides, des têtes de mâles, et inversement. Les caractères sexuels secondaires dé la tête ne sont pas modifiés à la suite de cette opération. A vrai dire, on peut objecter qu'il s'agit là d'une stade auquel les caractères sexuels secondaires sont déjà acquis d'une façon définitive.
Chez l'homme, toute une série de caractères sexuels secondaires se développent avec la puberté. Or, il est certain que la castration, précédant la puberté, empêche l'apparition de certains de ces caractères, tels que la mue de la voix chez les jeunes garçons. Il y a donc deux espèces de caractères sexuels secondaires, dont les uns sont déterminés très tôt, peut-être dans l'œuf, et les autres beaucoup plus tard. C'est là un sujet qui demande de nouvelles expériences.