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DES ORGANES

L'analyse sciontifrque du développement embryonnaire est rendue particulièrement difficile par les petites dimensions de l'espace dans lequel se forment simultanément les différents organes. Il me semble, en conséquence, qu'il y aurait intérêt pour la physiologie à étudier la formation des organes dans les cas de régénération, plutôt encore que chez Tëmbryon. On sait que, chez beaucoup de plantes et d'animaux, un organe qu'on enlève est remplacé par un organe semblable : c'est ce fait que nous désignons sous le nom de régénération. Nous pouvons ainsi étudier les conditions de formation de chaque organe considéré isolément, et éviter les difficultés qui s'opposent à cette étude chez l'embryon. Aussi voyons-nous que la seule hypothèse relative à ce problème qui puisse être appelée scientifique (au sens que la physique et la chimie permettent d'attribuer à ce mot) , celle de Sachs, est précisément sortie de l'étude des phénomènes de régénération.

Sachs (1) admet comme une chose évidente que les dif-

fl) Sachs, Stoff and Form der Pflanzenorganey Arbeilen des bot. Instit. Wiirzburg, vol. II, 1880. — Gesammelte Abhandlungen iiber P/lanzenphi/siologie, vol. II, p. 1159. Leipzig, 1892.

férences morphologiques des organes doivent être précédées par des différences de constitution chimique, et que ces différences chimiques sont la cause des différences de structure. Comme preuve à l'appui de cette idée, il rappelle ses expériences sur Tinfluence de la lumière sur la formation des fleurs. Si on prend, par exemple, des pieds de Tropœolum majus au printemps, et qu'on les mette à l'obscurité (ce qui arrête l'assimilation), les boutons floraux déjà formés ne se développent pas. Au contraire, ces mêmes pieds à l'obscurité produisent de longues tiges étiolées. Sachs conclut de là avec raison que, s'il ne s'agissait que de la quantité, et non de la qualité des matériaux qui circulent dans la plante, ces pieds de Tropœolum devraient former des fleurs, car la masse des matériaux employés pour la formation des tiges est de beaucoup supérieure à celle qui aurait été nécessaire pour la formation des fleurs. Ces expériences montrent donc que, sous l'influence de la lumière, il se forme, dans les feuilles, de petites quantités de certaines substances nécessaires au développement des fleurs. Si on met à l'obscurité seulement le sommet de la tige, en laissant les feuilles à la lumière, il se forme des fleurs au sommet de là tige. « Ce qui manque aux plantes qui sont placées tout entières à l'obscurité, ce ne sont pas les substances organisables en général, mais des substances et des forces spécialement appropriées à la production des fleurs. »

Ces idées sont encore vérifiées par le fait suivant : « les plantes à bulbe ou à tubercule, telles que la tulipe, l'hyacinthe, l'iris, le crocus, si on les prend au début du printemps et qu'on les amène à se développer à l'obscurité, forment, à côté de feuilles tout à fait étiolées, des fleurs de structure et de couleur normales. » Chez ces plantes, les substances qui sont nécessaires pour la formation des fleurs sont emmagasinées, chaque année, dans les organes qui contiennent les réserves et sont ainsi disponibles, au printemps suivant, pour la formation des fleurs. — Cette

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