‹ La dynamique des phénomènes de la vieChapitre 78 sur 127 · HYPOTHÈSE DE SACHS SUR LA. FORMATION DES ORGANES · texte numérisé non relu

HYPOTHÈSE DE SACHS SUR LA. FORMATION DES ORGANES

hypothèse, d'après laquelle la formation des fleurs serait due à certaines substances spéciales, pourrait être contrôlée expérimentalement; mais je ne sache pas que rien ait été fait jusqu'ici dans ce sens.

Sachs généralise donc cette hypothèse et l'applique à la formation de tous les organes. Ce n'est pas seulement la quantité des substances formées, mais aussi la qualité spéciale de leur mélange qui deftermine la nature des organes. Il y a donc dans une plante, d'après Sachs, autant de complexes différents de substances que d'organes différents. On voit tout de suite que cette idée s'accorde très bien avec la conception de l'hérédité qui est suggérée par les travaux de Mendelet dedeVries. Pour exposer sa théorie, Sachs se sert de la comparaison suivante : « Nous pouvons nous représenter le processus de la formation des organes comme quelque chose d'analogue aux opérations successives qui ont lieu dans une fabrique de produits chimiques : la matière brute primitive entre successivement dans des combinaisons chimiques diverses, jusqu'à ce qu'on obtienne à l'état pur le produit définitif, souvent en quantité très petite. Sans doute l'observation directe ne nous montre, dans les organes, que des substances toujours semblables à elles-mêmes, en apparence : protoplasma, amidon, sucres, graisses. Mais il peut y avoir entre ces substances des différences du genre de celles que nous avons indiquées plus>haut. Il se peut encore que de très petites quantités de certaines substances amènent d'autres substances, auxquelles elles sont mélangées, à s'organiser suivant des formes différentes. Par exemple, il semble bien que la formation des fleurs et des fruits dépende d'une accumulation progressive des phosphates qui, dans les conditions ordinaires, ne se rencontrent dans le sol qu'en très petites quantités. La plante ne commencerait à former des fleurs et des fruits que lorsque la proportion des phosphates par rapport aux autres éléments minéraux qu'elle contient a dépassé une certaine valeur, ce qui peut se pro-

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(luire aussi bien dans des conditions de nutrition très défavorables par ailleurs que dans les conditions les plus favorables. C'est ainsi qu'on peut s'expliquer, par exemple, que la betterave, qui, normalement, ne fleurit que la seconde année, fleurit souvent dès la première année dans un sol riche en phosphates. »

C'est de ce point de vue que Sachs aborde le problème de la régénération. Supposons que nous ayons coupé un tronçon d'une branche de saule ; dans des conditions convenables, ce tronçon forme, à son extrémité basale, des racines, — à son extrémité apicale, des tiges. Sachs pose la question suivante : « Comment se fait-il que le simple fait de la séparation de ce tronçon de branche provoque une néo-formation d'organes à des endroits où normalement elle n'aurait jamais eu lieu? » La réponse qu'il 'donne est conforme au sens général de sa théorie. Duhamel avait admis l'existence de deux courants nourriciers dans les plantes : l'un qui transporte de haut en bas des substances formatrices de la racine, l'autre qui transporte de bas en haut des substances formatrices de la tige. Sachs, à son tour, se représente les choses de la manière suivante ; « tant qu'une plante à feuilles vertes se nourrit et croît avec sa tige verticale, les substances particulières qui forment la racine descendent des feuilles, où se fait l'assimilation, vers le système des racines qui se trouve à l'extrémité inférieure de la tige ; celles qui forment la tige montent vers les points végétatifs de la tige et des branches. Si on coupe un tronçon de la tige ou de la racine, les surfaces de section qui limitent ce tronçon s'opposent à ce que cette double circulation continue au delà des extrémités du tronçon. » Ainsi les substances formatrices de la racine s'accumulent à l'extrémité basale et y produisent des racines ; les substances formatrices de la tige s'amassent à l'extrémité apicale et y déterminent l'apparition de nouvelles tiges.

L'hypothèse de Sachs est confirmée d'une façon très

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