HYPOTHÈSE DE SACHS SUR LA FORMATION DES ORGANES
brillante par les phénomènes de régénération auxquels donnent lieu les feuilles. Les feuilles sont des fabriques où sont produits des sucres et peut-être encore d'autres substances. Ces substances, à l'état de solutions, descendent des feuilles vers la base des pétioles et de là dans la tige. Or, si on coupe des feuilles de fi^gro/zia, par exemple, il se forme des tiges et des racines à la surface de section basale de la feuille ; il ne se forme rien à la pointe de la feuille. Gœbel a fait, sur des plantes^ toute une série d'expériences frappantes, qui viennent à l'appui de l'hypothèse de Sachs.
A la suite d'expériences qui vont être décrites bientôt, nous avons récemment, Osterhout et moi, entrepris de vérifier l'hypothèse de Sachs en ce qui concerne les branches de saule. L'écorce des branches du saule contient, normalement, des ébauches de tiges et des ébauches de racines. Dans les conditions ordinaires, ces dernières ne se développent pas : fait que Sachs a essayé d'expliquer d'après son hypothèse. Mais s'il est vrai, comme le veut Sachs, que les phénomènes de régénération auxquels peuvent donner lieu ces branches résultent d'un arrêt dans la circulation de certaines substances, on doit s'attendre à ce qu'une ligature agisse de la même façon qu'une section. Nous avons trouvé que c'est, en effet, ce qui a lieu. Si on fait sur une branche de saule coupée une ligature solide, il se forme tout d'abord des racines immédiatement audessus de la ligature et des tiges immédiatement au-dessous (naturellement, il se forme, en même temps, des tiges à l'extrémité apicale et des racines à l'extrémité basale). Si on maintient les branches pendant un temps assez long dans une atmosphère saturée de vapeur d'eau, il peut se former, ensuite, des tiges et des racines aux endroits les plus différents de la branche. En un mot, la ligature agit comme leferaitune section annulaire interrompant l'écorce.