‹ La dynamique des phénomènes de la vieChapitre 8 sur 127 · PREFACE XI · texte numérisé non relu

PREFACE XI

lesquelles ils se sont développés. A des excitations exté^ rieures diverses, l'organisme en voie de devenir a répondu par des adaptations différentes, manifestées par des ■changements morphologiques corrélatifs.

Par la pœcilogonie expérimentale, telle que l'ont pratiquée Marie von Chauvin, Przibram et Kammerer, etc., nous avons prise dans une certaine mesure sur les faits du développement, mais les déviations que nous obtenons «ont comparables aux oscillations pendulaires, l'hérédité remplaçant ici Taclion géotropique.

" Si les expériences d'Oudemans et de Kellog semblant montrer que la castration précoce de certaines chenilles n'empêche pas l'apparition des caractères sexuels secondaires chez le papillon, il serait cerlainement imprudent de généraliser ces résultats fort curieux-

Les nombreux cas de castration parasitaire bien connus où la destruction plus ou moins complète et plus ou moins précoce des gonades entraîne des modifications 'Correspondantes des caractères sexuels secondaires ne s'accorde guère avec Thypothèse d'après laquelle ces derniers seraient ébauchés vers le début du développement de l'embryon, peut-être en même temps que les organes sexuels primaires (Lœb, pp. 338-339).

Pour concilier ces deux ordres de faits, Lœb serait disposé à admettre deux espèces de caractères sexuels secondaires, dont les uns sont déterminés très lot, peut- •étre dans Tœuf , et les autres beaucoup plus tard. Mais on pourrait établir semblable division pour tous les autres organes, et suivant qu'historiquement Mie ou telle ^lisposition remonte à une plus haute antiquité, elle a laissé des traces plus fortes dans les plasmas ancestraux et apparaît d'une façon plus hâtive dans l'évolution ontogéiiique. Ici encore Faction que nous pouvons exercer sur

Xn PRÉFACE

les phénomènes est limitée par des conditions hors de notre portée.

Sans doute, il est très commode et même fort utile pour une première approximation de considérer l'orientation automatique d'un organisme dans un champ de forces (ce que nous appelons aujourd'hui un tropisme) comme un phénomène comparable aux mouvements de l'aiguille aimantée d'une boussole. Mais même en laissant systématiquement de côlé les actions volontaires et conscientes dont il n'est pas toujours aisé de faire le départ, on ne peut dire que cette assimilation soit rigoureusement exacte.

De même, en effet, que toutes les métaphores des psychologues parlant des théories centrales de l'attention se réduisent à dire que l'expérience d'un individu à un moment donné est différente de ce qu'elle aurait été si l'histoire primitive de cet individu et celle de ses ancêtres avaient été difiTérentes (1), de même la réponse de l'organisme soumis à l'action d'un champ de forces variera dans une même espèce avec la phylogénie de ranimai considéré et avec le système nerveux hérité (d'une façon générale avec les plasmas hérités). Elle sera aussi dans une certaine mesure influencée par les diverses expériences subies par l'individu dans le cours de sa propre existence.

(Test ce que Jennings a fort justement exprimé par sa loi d'essais et d'erreurs, et quoique Bethe ait prétendu qu'on ne rencontre rien de tel au-dessous des vertébrés, nous regardons comme indispensable dans l'étude du dynamisme des êtres vivants quels qu'ils soient, des

(1) PiLLSBURY (W.-B.), l'Attention. Bibliothèque de psychologie expert^ mentale, Paris, Doin, 1906, p. 269.

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protozoaires et des protophytes à l'homme et aux végétaux supérieurs, la considération des états physiologiques ou du behaviour à un moment donné (celui où on observe). La matière brute ne nous permet que de lointains rapprochements (hystérésis ?) avec ces phénomènes biologiques.

Que pratiquement et d'une façon globale on puisse déduire des lois générales plus ou moins conformes aux principes de la mécanique actuelle de l'étude des réactions chez les êtres vivants sous l'influence des excitations physico-chimiques, cela n'est pas douteux et les résultats seront d'autant plus satisfaisants qu'on s'adressera aux organismes les plus inférieurs chez lesquels rhistoire individuelle et par suite le behaviour à chaque moment considéré sera plus simple et plus uniforme. Mais ce n'est là, je le répète, qu'une approximation théoriquement insuffisante.

Comme l'a fort judicieusement indiqué Emile Picard, la mécanique classique fondée sur les principes découverts par Galilée et par Newton, et telle qu'elle a été constituée par Lagrange, est caractérisée d'abord par le fait que ses équations différentielles sont de second ordre. Il en résulte que le mouvement d'un système isolé est déterminé par la connaissance des positions et des vitesses, ou si l'on veut par l'état à un instant donné et à l'instant infiniment voisin. Les états antérieurs n interviennent pas, La connaissance du passé est inutile. L'hérédité est un vain mot. En outre, si le système isolé est, comme on doit le supposer, conservatif, il est réversible. Or l'évolution est irréversible et nous ne pouvons appliquer à l'ensemble des êtres vivants un système d'équations différentielles où le temps n'intervient qu'au second degré, c'est-à-dire sans signe, où par

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