‹ La Dyssomnie: Dans La DyshypophysieChapitre 23 sur 33 · OBSERVATION XVI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XVI

(Soca, N'® Iconographie de la Salpétrière, 1900, n° », mars-avril).

Jeune fille de 18 ans; qui voulut prendre un bain froid 20 ‘jours avant son entrée à l'Hôpital. A peine mouillée elle tomba à terré sans connaissance. Son état dura on ne sait combien exactement : la maladie débute à ce moment précis. La malade récouvra bien ses sens après l'attaque, maïs la

— 58 — RES vue était faible, la démarche incertaine, et une céphalalgie intense se montra tout de suite. Des troubles oculaires se précisent : elle entre à l'Hôpital.

Le lendemain de son entrée elle dort d’un sommeil tranquille, sans trouble de la respiration ni du pouls. On l'appelle énergiquement : elle s’agite, remue dans son lit, ouvre les yeux qu'elle frotte avec ses mains, baiïlle à plusieurs reprises, détend ses. membres, reproduit enfin tous les actes du réveil chez une personne normale.

Elle parle, mais lentement. Aussitôt qu'on l’aäbandonne, elle retombe dans son sommeil en reproduisant toutes les petites actions par lesquelles une personne normale passe de . l’état de veille à l’état de sommeil. #

Elle dort jusqu’au lendemain, se réveillant toutefois pour manger et se rendormir aussitôt. Et pendant sept mois, elle se comporte ainsi, dormant de son sommeil paisible, d’as-

pect parfaitement naturel, se réveillant toujours facilement

aux provocations ordinaires. Pourtant ce sommeil n’était pas continu. Outre les réveils provoqués pour les repas ou les soins de propreté, elle avait des réveils spontanés, paraissant produits par la faim, au cours desquels elle demandait à manger : puis elle se rendormait aussitôt. me

À noter cependant que le sommeil ne gardait pas toujours le même caractère de DHIODISRES absolue et paraissait par instant devenir plus léger.

Cet état a persisté semblable à lui-même pendant toute la durée de l’évolution de la maladie (sept mois).

Une broncho-pneumonie bacillaire enlève la malade.

Autopsie. — Examen extérieur du cerveau normal. Mais on ne peut le détacher, il tient par la base. Une masse néoplasique soude la partie centrale de la base du-cerveau à la dure-mère. La tumeur recouvre la selle turcique et la déborde manifestement en avant, des deux côtés, et en arrière. La tumeur est ainsi placée sur les trajets des premières paires craniennes ; elle repose, une fois le cerveau enlevé et placé sur la table, sur la région de la base du III Veñtricule, depuis l’espace perforé postérieur jusqu'aux bandelettes olfactives, et, des deux côtés, est recouverte par la partie antérieure de la circonvolution de Phippocarpe, et recouvre l’espace perforé antérieur. RS

Page 1