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DESCRIPTION DU FORCEPS DE L’AUTEUR

L’instrument à branches parallèles que j’ai pris pour type, c'est le forceps de Valette, de Lyon. J’ai fidèlement reproduit les cintres sur le plat et sur le champ de ses cuillers. J’ai remplacé son coulant métallique , destiné à rapprocher les cuillers et à déterminer le degré voulu de pression, par une mince courroie de cuir, pourvue d’un ardillon. J’ai complètement changé le mode d’articulation, que j’ai rendu beaucoup plus facile. Cette modification m’a permis de faire de mon forceps un instrument à la fois symétrique et asymétrique.

Peu de mots me permettront, maintenant, de compléter ma description ( 1 ). (*)

(*) Voir plus loin le dessin de cet instrument, que .j’ai représenta associé au tracteur obstétrical.

Les cuillers de mon forceps ont une largeur maximum de 0,045 et une longueur de 0,16.

Les tiges sont cylindriques. Leur longueur est de 0,21. Elles sont finement taillées, afin de mieux tenir en mains, pendant la manœuvre de l’introduction.

La longueur totale de chaque branche, depuis le bec des cuillers, jusqu’au point d’implantation des tiges sur la poigne transversale, est de 0,37. A la partie inférieure et externe des tiges se voient deux petits pitons L. Ces pitons sont destinés à fixer les cordons de traction, pourvus, à cet effet, d’un anneau de caoutchouc. Pendant le premier temps de l’opération, les cordonnets sont, par leur moyen, maintenus le long des tiges. Les cuillers une fois posées, on détache ces anneaux, en vue d’utiliser les cordons de traction.

Une petite lanière de cuir, G, percée d’une série d'ouvertures, et pourvue d’un ardillon, par une striction convenable, prévient l’écartement des cuillers, pendant le cours des tractions.

J’ai peu de chose à dire sur la poignée transversale de ce forceps. Elle est copiée sur celle durétroceps (’). Elle est également composée de deux tronçons s’emboîtant l’un dans l’autre.

La fermeture des cuillers est obtenue en imprimant à la double olive, E, un mouvement de bas en haut. Lorsque la direction de la clef est parallèle aux tiges, les deux leviers occupent sur l’organe une position symétrique.

Pour la facilité de l’articulation, ainsi qu’il convient de le faire pour le rétroceps, il faut, avant d’en opérer le placement, ouvrir la branche pivotante, P. Le gougeon, G, une fois engagé dans la mortaise D,on serre la clef, pour opérer l’articulation définitive.

Lorsque l’axe de la double olive n’est pas parallèle avec celui des tiges, la position des cuillers laisse à désirer, au point de vue de leur placement symétrique. (*)

(*) Voir, pour la description du manche, la figure représentant le rétroceps, p. 32.

Grâce à ce système d’articulation, ce forceps est donc à la fois symétrique et asymétrique A ce dernier point de vue, je dirai bientôt ce que je pense de cet instrument.

Comme tous les forceps, celui-ci présente des avantages et des inconvénients. Je vais signaler les uns et les autres avec la plus grande impartialité.

Les inconvénients, qu’il partage avec tous les forceps à branches parallèles, tiennent surtout à la difficulté de donner une bonne position aux cuillers. Pour assigner un placement rigoureusement symétrique aux deux leviers, il faut qu’ils soient directement appliqués au lieu qu’ils doivent occuper. On ne saurait se le dissimuler : la clef ne possède qu’une faible puissance rectificative. Sous ce rapport, le forceps croisé est d’une manœuvre plus facile.

Grâce à la mortaise ou au pivot dont ces derniers instruments sont pourvus, on dispose d’un joint d’appui qui facilite beaucoup cette rectification.

Ce temps exige, il est vrai, quelquefois un certain déploiement de force. En saisissant les crochets terminaux à pleines mains, on s’efforce, par un mouvement de torsion en sens inverse, d’assigner aux leviers une meilleure position. Il en peut résulter quelquefois des meurtrissures pour les organes de préhension. On peut y parer, jusqu’à un certain point, en garnissant les dits crochets avec un mouchoir. Instruit par l’expérience, j’ai trouvé un expédient, pour faciliter ce temps parfois si délicat de la manœuvre. J’ai fait forger deux griffes, qui s’appliquent à la partie moyenne de chacun des manches. Par ce moyen, j’obtiens sans aucun effort, la rectification dans le placement de mes cuillers, quand il y a lieu de l’effectuer.

Tous les accoucheurs savent combien ce temps de l’opération est quelquefois difficile. Nombre de fois, à ma connaissance, le forceps n’a pu être utilisé faute d’un parallélisme de rigueur entre les deux entablements. En pareils cas, les griffes peuvent rendre un signalé service.

Si des difficultés existent avec les forceps croisés, nonobstant l’utile point d’appui dont ils sont munis, combien ne sont-elles pas plus considérables quand on emploie

les forceps à branches parallèles, qui en sont dépourvus ? Tous les systèmes d'articulation qui leur sont propres ne sauraient permettre d’opérer une rectification importante. Le rassemblement irréprochable des branches ne peut avoir lieu qu’autant que les cuillers aient été se poser sur l'organe dans une situation approchant de très-près de la symétrie.

Sous le rapport de la facilité de l’articulation, le forceps à branches parallèles doit donc céder le pas au forceps croisé. C’est à cette condition défavorable qu’il faut sans doute surtout attribuer le délaissement de ces premiers instruments.

D’un autre côté, les forceps à branches parallèles présentent, sur le forceps croisé, divers avantages.

Lorsque, sur ce dernier, on opère de forles tractions, la compression exercée sur l’organe est en raison directe de la puissance de l’effort. Dans ces conditions, on est exposé à produire un grave traumatismp. Il me souvient d’avoir ainsi déterminé une fracture du crâne, aussitôt suivie de mort.

Les forceps à branches , parallèles ne déterminent, par eux-mêmes, aucun effet nuisible. Lorsque la tête est exposée à des compressions, elles sont le seul fait de l’obstacle qu’apportent à son passage les organes maternels.

Je ferai, toutefois, à ce point de vue, une remarque.

Il est des cas où cette puissance compressive est utilisée avec avantage II est, en effet, des circonstances où l’instrument doit saisir fortement la tête. Il en est ainsi, par exemple, quand il s’agit d’en achever le broiement commencé par le céphalotribe, par un agent quelconque de trépanation, ou quand l’organe, peu résistant, ne peut être entraîné qu’à la condition d’être étroitement embrassé ( fortiter , capio).

Dans des cas de cette nature, le forceps à branches parallèles doit céder le pas au forceps croisé.

Je dois maintenant signaler un avantage par lequel se recommande particulièrement le forceps à branches parallèles, pour la pratique de la traction concentrique. Je veux parler de son extrême légèreté.

Pour que la tête puisse exécuter convenablement son évolution intra-pelvienne, il faut surtout éviter les effets fâcheux d’un contrepoids extra-vulvaire. On comprend combien les lourdes branches du forceps croisé sont propres à s’opposer à la libre progression de l’organe L’idéal du forceps à traction concentrique serait celui qui ne serait constitué que par ses seules cuillers. Sous ce rapport, toutefois, mon forceps laisse peu à désirer, en raison de sa légèreté et de son faible volume.

On voit, par ce qui précède, que chaque instrument présente des avantages et des inconvénients. Il suit de là que, en bonne pratique, il convient de reconnaître l’utilité de deux variétés de forceps.

Pour mon compte, je ne me fais pas faute, selon les cas, d’utiliser soit le forceps à branches parallèles, soit le forceps croisé. J’ai fait pratiquer dans les cuillers de ce dernier de petites ouvertures, pour l’attache supérieure des cordons de traction Je me trouve très-bien de cette pratique éclec'ique. J’entends quelques accoucheurs émettre cette étrange assertion qu’ils n’ont besoin que d’un seul forceps ! Il y a, en effet, plusieurs moyens à employer pour arriver au but. Mais n’est-il pas vrai, aussi, de dire qu’on peut atteindre ce but avec plus ou moins de facilité et de bonheur ? Qu’on ne l’oublie pas : à mérite égal, l’accoucheur le plus heureux sera toujours celui dont l’armentarium sera le plus largement pourvu.

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