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VI. — DES CAS QUI, RATIONNELLEMENT, COMPORTENT

l’empoi de rétroceps. — Forceps et rétroceps.

Pendant une douzaine d’années, délaissant complètement mon vieux forceps, j’ai fait un usage exclusif du rétroceps. Ma pratique a été des plus heureuses. Je connais un certain nombre de confrères qui ont complètement délaissé l’instrument classique pour le nouvel agent, tant ils trouvent, dans ce dernier, d’avantages de toutes sortes.

Moins exclusif que ces partisans enthousiastes de la nouvelle méthode, je crois devoir faire des distinctions. Si le plus grand nombre des cas me semblent justiciables du rétroceps, il en est d’autres où le forceps symétrique fournit des résultats plus sûrs et plus rapides.

Il est possible, en peu de mots, de tracer à cet égard une règle de conduite.

Le rétroceps doit avoir le pas sur le forceps dans une foule de circonstances. De ce nombre sont les suivantes :

Lorsque l’orifice vulvaire est peu perméable, il y a tout avantage de recourir au rétroceps, en raison du facile passage de ses étroites cuillers, de leur placement aisé, de l’articulation in situ des deux leviers.

Ces mêmes conditions rendent précieux l’emploi de cet instrument quand il y a urgence d’intervenir de bonne heure. C’est ainsi que, dans les cas d’éclampsie puerpérale, dans ceux où deux existences sont également menacées par suite d’une hémorragie causée par la présentation du pla-

centa, il sera possible d:agir au moyen du rétroceps, alors qu'il ne faudrait même pas songer à faire usage du for, eps. Pour utiliser sans danger ce dernier, il faut que la dilatation cervicale atteigne au moins 0"'05. Le premier, sans aucun risque pour la mère, trouve un passage au travers d’un col ouvert seulement de 0n>04 à 0,045.

Là encore où le rétroceps rend des services incalculables, c’est dans les présentations vicieuses de la tête.

Chacun sait combien le maniement du forceps exige d’habilete de la part de l’opérateur, dans les cas de présentation du pariétal antérieur, du front, de la face, de l’oreille.

Au témoignage de nombreux confrères qui ont publié, ou m’ont communiqué leurs observations, sans parler de mon expérience personnelle, ces difficultés sont aisément tranchées par l’emploi du rétroceps, qui constitue un agent de réduction par excellence.

Cet instrument rend de non moins importants services dans les positions hybrides de la tête.

En pareil cas, l’emploi du forceps, qui a besoin d’être raisonné, expose à recourir aune manœuvre opposée à celle qui serait convenable.

Avec le rétroceps, il n’en est plus de même. Sollicitée par lui, la tête tend à trouver elle-même sa voie, en adaptant à ceux de la filière utéro- pelvienne, ses diamètres les plus fa orables.

Dans les positions occipito-postérieures, le rétroceps est un précieux agent de délivrance. Est-on en présence d’une occipito postérieure normale ou anormale ? Une telle question ne saurait être tranchée qu’a posteriori. On peut faire courir à l’enfant un grand danger, si l’on s’efforce de ramener derrière le pubis l’occipital qui doit se dégager en avant du sacrum. Le rétroceps présenté cet inestimable avantage, qu’il laisse à la tête le soin de trouver l’issue la plus favorable. A 1 aide de mon instrument, on n'a d’autre souci que d'opérer méthodiquement des tractions, sous l'influence desquelles l’organe prend de lui-même la direction la plus favorable à son dégagement.

il n’est pas, jusque dans les présentations du siège, que le rétroceps ne trouve un très-utile emploi. Il s’applique sur le bassin avec non moins de facilité que sur la tète. En pareil cas, son action est aussi sûre qu’inofîensive.

J’aurai occasion de revenir sur tous ces points de pratique. Je le dirai de suite, cependant, dans un ouvrage de la nature de celui que j’entreprends, je ne saurais traiter à fond de chacune de ces questions. Ceux donc de mes lecteurs qui seraient désireux de les approfondir, feront bien de se reporter au livre que j’ai consacré à l’étude théorique et pratique de la métode rétrocépitale (i).

Le forceps symétrique présente aussi des indications aussi nettes que précises. On peut dire, d’une façon générale, que c’est à cet instrument qu’il convient de recourir de préférence toutes les fois -qu’il y a lieu d’opérer la réduction du volume de la tète, par l’élongation de son diamètre vertical.

Il en est de même dans tous les cas où cet organe, par son défaut de résistance, ne prête pas un point d’appui suffisant aux cuillers du rétroceps.

Les rétrécissements du bassin fournissent une indication spéciale pour l’emploi de l’un ou de l’autre de ces instruments.

Lorsque le bassin est rétréci selon son diamètre sacropubien, le rétroceps, en réduisant l’étendue du diamètre correspondant de la tête, en abaissant la partie la plus élevée de cet organe, est doué d'une efficacité des plus remarquables.

Il m’est arrivé, par son moyen, d’extraire sans peine, après l’inefficacité bien constatée du forceps classique, plusieurs enfants vivants, alors que le diamètre sacro-pubien se trouvait réduit à sept centimètres.

En raison même de son mode spécial d’action -dans les

(') V. Traité pratique du rétroceps , le édit, aux bureaux de la Revue de thérapeutique , 10, rue des Saints Pères, à Paris, in-8°. Prix frauco 8 francs.

rétrécissements latéraux du pelvis, le rétroceps doit céder le pas au forceps symétrique, qui permet de comprimer la tète dans le sens même de l’angustie et d’allonger cet organe selon son diamètre antéro-postérieur.

On voit, d’après ce rapide aperçu, que chacun de ces instruments présente des indications spéciales. Aussi, dans mon opinion, un accoucheur désireux de bien faire, ne saurait-il se passer de ces deux instruments, destinés à se compléter l’un par l’autre.

Voici, du reste, la ligne de conduite que j’ai adoptée dans tous les accouchements que je pratique.

Invariablement, j'ai d’abord recours au rétroceps qui, par son petit volume, n’inspire aucun sentiment de crainte dans les familles. Son application est facile, ne donne lieu à aucune douleur pour la malade, à une époque où il n’y / aurait même pas lieu de songer à utiliser le forceps symétrique.

Si je ne retire pas de l’emploi de cet instrument tout le bénétice désirable, je n’hésite pas à l’enlever, pour procéder, s'il y a lieu de persévérer dans une intervention immédiate, à une application du forceps.

J’ajouterai que, nombre de fois, après l’insuccès bien manifeste de ce dernier, j’ai dû revenir au rétroceps, qui m’a permis, enfin, de trancher la difficulté. Il m’est souvent arrivé, je dois le dire, de faire de cette substitution une affaire de conscience. Ce que je veux avant tout éviter, c’est de trop sacrifier au sentiment de la paternité.

Pour opérer vite et bien, il faut faire un choix intelligent et sans aucun parti pris, de ses moyens d’action. Nul plus que moi, en matière d’obstetricie, ne met, avec plus d’indépendance, ce sage précepte en pratique.

Je n’insisterai pas davantage ici sur le compte d’un instrument auquel j’ai consacré un traité ex professo. On le verra bientôt à fœuvre. Il sera alors permis de le juger en toute connaissance de cause.

FORCEPS A BRANCHES PARALLÈLES ET A TRACTIONS CON- CENTRIQUES DE L’AUTEUR.

L’arsenal obstétrical est déjà encombré d’une si grande variété de forceps, qu’il y a lieu de se demander si celui que présente l’auteur a réellement sa raison d’être? C’est ce que les lecteurs vont être à même d’apprécier, s’ils veulent bien se donner la peine de parcourir les lignes qui vont suivre.

Cet instrument est conçu en vue de permettre d’effectuer la traction dite concentrique.

Pour rendre ma description plus intelligible, je dois d’abord consacrer quelques paragraphes à l’exposé de cette méthode obstétricale.

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