Benecke, ouvr. cité, p
- Faillir
■ ArvUcliftamc
mm HM MM S^ncBruiujc^
FiG. 107. — Le fossé Rhénan, d'après la carte de G. Hefçel* mann. Figure extraite de : Lei Tremblements de Terre. Géographie séismologique, par F. de Monlessus de Ballore. In-8% Paris, 1906, p. 70, Hg. 6. — Échelle de 1 : 2400 000.
de la dépression reprend son allure première; il atteint la latitude de Worms et se prolonge suivant une ligne située un peu plus à TEsl jusque vers Mayence.
Les courbes rigides du bord oriental ressemblent à celles de l'Ouest, et, malgré les déviations de la ligne droite, le fossé conservée dans tout le Sud, abstraction faite de l'effondrement de Saverne, une largeur de 32 à 34 kilomètres. A partir des environs de Bruchsal, la direction passe de N.N.E. à N. ou à peu près, et c'est ainsi orientée qu'elle atteint Francforts
Le fossé rhénan ne se termine pas au Main. Ses fractures sont connues au-dessous des épanchements basaltiques du Vogelsberg, dans sa partie occidentale *.
Les prolongements du graben vers le Nord ont fait l'objet d'études spéciales de la part de A. von Koenen '. Conformément aux obser\'ations de ce géologue, on reconnaît d'abord, dans la longue traînée d'affleurements tertiaires qui s'étend au N.N.E. du Vogelsberg, par Ziegenhain, Fritzlar et Gassel, une partie de l'affaissement.
En même temps apparaît au voisinage, dans l'Est, un nouveau fossé, très' étroit, affectant la même direction N. à N.N.E. Il s'étend, d'après Moesta et von Koenen, de Wichte sur la Fulda (au Nord-Ouest de Rotenburg) jusque par-delà la Werra, et atteint la vallée de la Leine près de Witzenhausen. Cette vallée elle-même coïncide avec un Graben. La bande de territoire affaissé s'étend bien au delà de Göttingen, jusqu'à Kreiensen, au Nord de Northeim. Près de Göttingen même, .les deux bords sont retroussés, et le fossé est divisé en deux parties, suivant son axe, par une voûte secondaire.
A l'Est de Kreiensen, von Koenen a démontré la présence de cassures se dirigeant N. -S. jusqu'à Hildesheim.
A partir de Rustenberg, près du coude de la Leine, un nouveau graben fait son apparition à l'Est; Er. Kaiser et Siegert l'ont suivi vers le N.N.E. sur 60 kilomètres, jusqu'à Seesen au bord nord-occidental du Harz; il marque l'arrêt du Harz vers le Nord-Ouest; des fragments de la couverture post-varisque se sont effondrés dans ce fossé, mais une partie des fractures N.W.-S.E. du Harz n'en croisent pas moins cet
1. F. Kinkel in, Senkungen im Gebiete des Unter mainthaUs unterhalb Frankfurts und des Unterniedthaies (Bericht Senckenberg. naturforsch. Geseilsch., 1885, p. 235-258); et dans d*autres publications.
2. C. Chelius, Der Zechstein von Rabertshausen im Vogelsberg und seine lektonische Bedeutung (Zeilschr. f. prakt. Geol.» XU, 1904, p. 309-402).
3. A. V. Koenen, Jahrb. k. Preuss. Geol. Londesanst., IV, 1883, p. 187-198; V, 1884, p. 44-55; VI, 1885, p. 53-83, pl. I. Voirsurtout son mémoire : Ueber die Dislocationen westtieh und südwestlich vom Harz und deren Zusammenhang mit denen des Harzes (Ibid., XIV, 1893, p. 68- 82 ; et Olto Lang, Die Bildung des Harzgebirges, In-8", Hamburg, 1896, p. 31, note 5, et ailleurs.
accident, comme permettent de le constater certaines irrégularités de son tracé ^
C'est ainsi que le groupe des fractures rhénanes s'étend, à partir de la chaîne du Jura, sur environ 500 kilomètres vers le N.N.E. ou le N. Au Nord, elles manifestent une tendance à dévier vers l'Est. Le fossé qu'elles délimitent au Sud a, comme on Ta vu, 32 à 34 kilomètres de large. A Mannheim, la largeur est encore presque la même. Le sillon que jalonne la section méridionale du cours de la Leine n'a plus que 7 à 8 kilomètres, et celui qui borde le Harz au Nord-Ouest 1 à 4 ou 5 kilomètres seulement.
Les fractures rhénanes sont un phénomène naturel autonome, se distinguant des autres cassures du domaine varisque par leur direction et par la présence du fossé qu'elles délimitent. Deux tentatives ont été faites pour les expliquer. Dans le premier cas, on revenait presque à l'ancienne hypothèse d'ËIie de Beaumont, en imaginant un bombement préalable, le fossé résultant de l'effondrement de l'anticlinal. A cette conception s'opposent la direction différente des plis varisques et la grande longueur des accidents -. Dans le second cas, on admettait que les surfaces de rupture divergent de haut en bas, c'està-dire qu'elles plongent à l'Ouest dans la partie occidentale et à l'Est dans la partie orientale'. En dehors du fait que, d'après Benecke, les fractures maîtresses du versant alsacien plongent fortement vers VEst, cette vue repose sur une appréciation insuffisante de la puissance avec laquelle de pareils affaissements peuvent se produire; on ne doit jamais oublier non plus que le mouvement est indépendant de l'allure des surfaces suivant lesquelles il a lieu. Cette indépendance va si loin que, pour une seule et même surface, quel que soit d'ailleurs le sens de son inclinaison, des affaissements peuvent se produire alternativement tantôt d'un côté et tantôt de l'autre, comme l'atteste le retroussement inverse des deux lèvres. Dès lors, l'amplitude finale du rejet
1. E. Kaiser und L. Siegert, Beiträge zur Stratigraphie des Perms und zur Tektonik .am westlichen Harzrande (Jahrb. k. Preuss. Geol. Landesanst., XXVI, 1005, p. 353-309).
2. Â. de Lapparent, Conférence sur le sens des mouvements de Vécorce terrestre (Bull. Soc. Géol. de Fr., 3* sér., XV, 1880-87, p. 215-238); Note sur le mode déformation des Vosges (Ibid., 3' sér., XVI, 1887-88, p. 181-184); et Note à propos de Vhistoire de la vallée du Hhin (ibid., 3' sér., XXV, 1897, p. 727-730).
3. A. Andreae, Eine theoretisclie Reflexion aber die Richtung der Rheinthalspalte (Verhandl. nat. med. Ver. Heidelberg, N. F., IV, 1887, p. 10-24); et Beitrag zur Kenntniss der Rheinthalspaltensy siens (Ibid., p. 47-55); W. Saloinon, Ueber eine eigenthümliche Grabenversenkung bei Eberbach im Odenwald (Mittb. Badisch. Geol. Landesanst., iV, 1901, p. 209-252, carte); et Ueber die Stellung der Randspalten des Eberbachsr und des Rheinthalgrabens (Zeitschr. Deutsch. Geol. Gesellsch., LV, 1903, p. 405-418). Ceci est fondé principalement sur Tancienne règle de Schmidt-Zimmermann, contre laquelle ont plus d*une fois mis en garde les ingénieurs ayant la pratique des mines; voir, par exemple, H. Hoefer, Die Ausrichtung der Verwerfungen (Oesterr. Zeitschr. f. Berg- u. Hüttenw., XXIX, 1881, p. 107-171); et üeber Verwerfungen (Ibid., XXXIV, 1880, p. 349-354, 594-595, pl. XIV).
de la faille n'est pas la mesure de l'affaissement réel : elle ne représente que la somme algébrique des mouvements qui se sont fait sentir de part et d'autre. On connaît de pareils exemples d'un double mouvement sur le bord même du fossé rhénan *.
Quand Oscar Fraas vit la Mer Rouge, il songea aussitôt au graben rhénan (I, p. 478). Reyer et von Koenen ont insisté sur le rôle des phénomènes de tension lors de la formation du fossé rhénan. En fait, l'analogie avec l'Afrique Orientale est si grande que cette explication doit être regardée comme la plus naturelle. Peut-être y a-t-il là, en même temps, un indice de la rigidité qu'avait acquise, dès le milieu des temps tertiaires, cette partie des .\ltaïdes.
Le Kaiserstuhl, au fond du graben, occupe la même situation relative que les petits volcans découverts au Sud du Lac Rodolphe (Teleki, Luttur, etc.)^.
Fractares "W.N.W. ou N.TV. (Fractures hercyniennes ou asiatiques; alignements de Karpiiisky). — Le Centre de l'Allemagne est traversé par un grand nombre de fractures allongées et rectilignes, qui ne sont pas tout à fait parallèles mais se montrent légèrement divergentes, leur direction, au Sud, étant plutôt W.N.W. et au Nord, N.W. Très souvent, leur lèvre S.W. est abaissée, et, très souvent aussi, leur lèvre N.E. est poussée sur l'autre. Toutefois, des mouvements en sens inverse ne font pas absolument défaut. Des traces fort nettes de ces accidents de direction N.W. se retrouvent jusqu'en Scanie. Quelques-unes des fractures en question courent au Nord du Massif archéen de la Bohème ; d'autres partent de sa bordure occidentale.
Ces failles donnent naissance à des horsts allongés, comme le Thüringer Wald et le Teutoburger Wald. C'est sur leur existence qu'est fondé le « Système hercynien » de Leopold de Buch, système qui devait comprendre tous les reliefs dirigés N.W. ; en Allemagne, d'éminents géologues qualifient encore aujourd'hui ces longs accidents d'hercyniens.
Dès 1886, von Koenen ' a émis l'hypothèse que ces alignements
1. Andreac, p. 52, flg. 3 : « Nacksinken des Randes * ; F. von Huene, Verhandl. d. Natorforsch. Gesellsch. Basel, Xll, 1900, p. 343.— « It is a most curious circumstance, dit DuUon, that where \ve find this two-period displacement the motion of the fault is often reyersed — the un of the flrst period is the throw of the second. It is not ahvays so... • (C. K. Dutton, Report on the Geology of the High Plateaus ofUtah, In-4", Washington, 1880, p. 43).
2. Fr. Graeff, Zar Geologie des Kaiser Stuhlgebirges (Mitteil. Bad. Geol. Landesanst., H, n- XIV, 1891, p. 403-496, pi. XVl-XVll : carte et coupée); K. Gruss, Beiträge zur Kenntniss der Gesteine des Kaiserstuhlgebirges (Ibid., IV, n" 2, 1900, p. 83-144, pl. III); Steinmann und Graeff. Geologischer Führer der Umgebung von Freiburg, In-8*', 141 p., carte, Freiburg, 1890. Aujourd'hui encore, le Kaiserstuhl est assez souvent le point de départ de tremblements de terre.
3. A. von Roenen, Ueber die Störungen^ welche den Gebirgsbau im nordwestlichen und west-
(levaient être en rapport, d'une façon ou d'une autre, avec les « lignes de Karpinsky », arrivant d'Asie suivant la même direction (I, p. 621 ; p. 611, fig. 89, m, m). Cette question est maintenant à examiner.
Considérons d'abord le groupe méridionaL La plupart de ces fractures ont déjà été signalées, il suffira donc de les énumérer sommairement.
a) La cassure venant du Sud-Est, par Deggendorf vers RatisOonne (I, p. 179, 271). Le terrain jurassique et le Crétacé moyen sont renversés du N.E. au S.W.. et passent sous le gneiss auprès de Voglarn.
b) La ligne suivante est jalonnée, au sein du massif ancien, par le Grand Pfahl, et elle pénètre dans la région mésozoïque près d'Amberg (I, p. 269). Sa longueur, à partir de la Haute-Autriche, est d'environ 200 kilomètres. Dans l'intervalle qui sépare cette ligne de la précédente, au Nord de Ratisbonne, des affaissements se produisent également et, d'après Brunnhuber, le terrain jurassique, près de Donaustauf, plonge sous les terrains anciens*.
c) La troisième ligne (I, p. 250, 267; II, p. 165) commence au Sud de Weiden et forme le bord occidental du Fichlelgebirge et du Thüringer Wald. C'est le point de départ d'un grand nombre de lignes parallèles qui, dans leur ensemble, forment un groupe d'une grande longueur. Ammon et Thürach ont trouvé que, vers l'Ouest, beaucoup de failles parallèles traversent l'Albe de Franconie et le territoire mésozoïque jusqu'au delà de Schweinfurt et de Kissingen'. Au pied des montagnes, près d'Alt-Palkstein, le gneiss repose sur du Rothliegende ^ Les failles se prolongent jusque dans le Rhön et vont se rattacher aux accidents analogues que Biicking et Proescholdt ont fait connaître le long du Thüringer Wald. Près de Schmalkalden, le Zechstein recouvre le Äluschelkalk ou le Grès bigarré suivant des alignements multiples, et en un point du granité repose sur le Grès bigarré*.
lichen Deutschland bedingen (Nachrichten K. Gesellsch. Wiss. Göltingen, 1886, p. 196-199); [G. Re^elmann], Teklonische Karle (ScUollenkarte) Sädivestdeutschlands. Herausgegeben vom Oberrheinischen Geologischen Verein. 1 : 500 000. In-folio, 4 feuilles, Gotha, 1898. Cette carte, qui constitue un instrument de travail excellent pour le Sud-Ouest, ne montre qu*une partie de ces accidents, en raison de leur allure; celle de Lopsius (Geologische Karte des Deutschen Reichen, 27 feuilles, 1 : 500 000. Gotha, 1894-1807) permet de les suivre nettement
1. Brunn II über, Uebcr die geotektonischen Verhältnisse der Umgebung von Hegensburg (Bericht Naturwiss. Verein Kegensburg, IV, 1804, p. 237-252); Franz E. Suess, Hau und Bild der Böhmischen Masse, ln-8**, Wien-Leipzig, 1903, p. 8, 215; E. Kohler, Die Ämberger Erzlagerstätten (Geognost. Jahreshefle. XV. 1902. p. 11-56).
2. Von Ammon und Thürach, Cebersicht der Vervjerfungen im nördlichen Bayern (in C. W. von Gümbel, Geognostische Beschreibung des Königreichs Bayern, IV. In^", Kassel, 1801, p. 010-640, carte).