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IV

FiG. 121. — Extension de Tétage de Poltsville dans le Bassin des Appalaches, d'après David White {Bull, GeoL Soc. of America, XV, 1903, pi. 11).

I. Airo do la formation de Pocahootas (assise inférieure) ; II. Transgression du niveau de Raleigli-Bon- Air; III. Transgression & la fin du dépôt des grès de Sharon; IV. Transgression des assises supérieores, dans les limites actuelles du bassin. — Les chiffres indiquent Tépaisseur approximative do Tétage do Pottsville en pieds anglais. — Échelle de 1 : 9 000000 environ.

horizon qui correspond au Culm d'Europe. A Terre-Neuve, c'est un conglomérat grossier; dans la Nouvelle-Ecosse, il est représenté par la

1. J. J. Stevenson, Lower Carboniferous of ihe Appalachian Basin (Bull. Geol. Soc. of America, XIV, 1903, p. 15-Ö6, en particulier p. 42 et 86); le même, Carboniferous of tke Appalachian Basin (Ibid., [XV, 1904, p. 37-210]; XVII, 1906, p. 65-228; [XVIII, 1907, p. 29-178]).

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Horton Séries de Dawson, que cet observateur assimile au « Tweedian » du Nord de l'Angleterre, et qui contient une flore à Cyclopteris (Aneimites) acadica, etc., analogue à celle du Culm*. Ailleurs aussi, on rencontre des traces du même genre. On a trouvé à Worcester (Massachusetts), dans un banc de graphite inclus dans des micaschistes, Lepidodendron acuminalum Gopp. du Culm de Silésie*. Les plantes que Fontaine signale dans la « Vespertine Séries » de la Virginie et de la Virginie Occidentale appartiennent au Culm'.

2. Mauch Chunk, Cet étage est l'équivalent du Calcaire carbonifère (II, p. 382); il forme, de Terre-Neuve jusqu'à Textrémité des Appalaches, un terme marin aisément reconnaissable, qui ne fait défaut qu'en Pennsylvanie et dans certaines parties de la Virginie*.

3. PoUsville (Millstone Grit). Cette formation repose en discordance, dans certains endroits, sur le (klcaire carbonifère. Près de Pottsville, en Pennsylvanie, où il n'y a pas de discordance, David White signale encore à la limite supérieure du Mauch Chunk des plantes telles q\xAnei7nltes, etc., qui pourraient bien appartenir au Culm. Les couches inférieures de Pottsville (Lovver Lykens de Pennsylvanie) contiennent la flore d'Ostrau, tandis que dans les couches supérieures (Upper Lykens) apparaissent déjà les représentants de la flore de Schatzlar (Westphalien inférieur). A ce groupe supérieur appartient la flore, con sidérée autrefois par Dawson comme érienne. de Saint-John, dans le Nouveau-Brunswick. Le Millstone Grit du Canada appartient aussi à cet horizon; on peut le suivre jusque dans l'Alabama^.

4. Alleghenij (Lower Coal Measures de Rogers). Cet étage important repose dans l'Ouest, par exemple dans le Missouri et l'Iowa, en transgression sur le Calcaire carbonifère ou les terrains plus anciens, les uns et les autres arasés. Sa flore apparaît dans le bassin à anthracite du Nord (couches C et Z)), dans le bassin bitumineux de la Pennsylvanie

1. J. \V. Dawson, The Fossil Plants of the Devonian and Upper Silurian Formations of Canada^ II, p. 128; H. Fletcher, Geological Nomenclature in Nova Scotia (Proc. and Trans. Nova Scotian Inst. of Se, Halifax, X, 189Ö-1900, p. 235-244). — Le mot - Culna - est employa dans les pages suivantes conformément ä son sens traditionnel; la question de savoir si le Culm typique d'Angleterre possède réellement un Âge aussi ancien n'a pas été prise en considération ; il suffira de renvoyer à E. A. Newell Arber, The Fossil Flora of the Culni' measures of North- West Devon, and the Palœobotanical Evidence with regard to the Age of tht Beds (Proc. Boyal Soc. London, LXXIV, B, 1904, p. 9599 [et Phil. Trans., CXCVIL B,1904, p. 291-325, pi. 19-201).

2. J. H. Perr>-, Amer. Journ. of Se, 3"* ser.. XXIX, 1885, p. 157.

3. W. M. Fontaine, Notes on the Vespertine Strata of Virginia and West Virginia (Amer. Journ. of Se, 3" ser., XIII, 1877, p. 37-48 et 115-123).

[4. Voir J. Borrell, Origin and Significance of the Mauch Chunk Shale (Bull. Geol. Soc. of America, XVllI, 1907, p. 449-47C, pi. 49-52).]

5. D. White, The stratigraphie succession of the fossil Floras of the Pottsville Formation in the South Anthracite Coalfleld, Pennsylvania (U. S. Geol. Survey, 20th Ann. Rept., 1898-99, pt. II, p. 749-930, pi. CLXXX-CXGIll; en particulier p. 911 et suiv.).

(Cannelton), en Virginie (partie des couches de la Kanawha), plus à rOuest dans Tlllinois (Mazon Creek), le Missouri (Henry Counly)', le Kansas (couches de Lansing) S et dans le Territoire Indien (houille de Grady)^ Elle correspond à la flore de Schatzlar (westphalienne) d'Europe, et Ton y retrouve même, à ce qu'il semble, ses différentes subdivisions. Ainsi, David White a montré l'équivalence des couches de Henry County avec le Westphalien moyen et supérieur de Zeiller, et plus particulièrement avec la zone de BuUy-Grenay, dans le bassin houiller de Valenciennes, tandis que l'assise E du bassin à anthracite du Nord correspondrait à l'horizon de Geistlautern, et Tassise G correspondrait déjà aux couches d'Ottweiler. La houille de Grady serait l'équivalent des niveaux inférieurs de Schatzlar. Il y a tout lieu de partager l'étonnement de David White devant la similarité du milieu biologique, à cette époque, des deux cotés de l'Océan.

5. Conemaugh (Lower Barren Measures) et 6. Monongahela (Upper Productive Measures). Ces deux formations représentent le Carbonifère supérieur d'Europe (étage Stephanien, couches d'Ottweiler). Un banc de calcaire à Crinoïdes dans le Conemaugh est considéré comme l'indice de la dernière avancée de la mer à partir du Sud-Ouest. C'est l'époque où la mer s'étrangle. Dans le Nord-Est, les intercalations marines ont cessé dès la fin du Mauch Chunk; dans le Sud-Ouest, elles persistent, généralement sous forme de calcaires à Fusulines qui contiennent des Brachiopodes en abondance. La flore de la Monongahela est connue en Nouvelle-Ecosse (Joggins) et aussi dans le Kansas (Le Roy Shales), de même que dans le Sud du Territoire Indien (couches de Mac Alester).

7. Dunkard (Upper Barren Measures). Cet étage appartient au Permien. Le conglomérat rouge grossier de New Glasgow, qui se montre transgressif en Nouvelle-Ecosse, renferme des veinules de houille et se continue par delà le détroit de Northumberland, associé à des grès rouges, dans la grande île sans relief du Prince-Edouard, est rapporté par II. S. Poole au Permien *. Dans l'Ile du Prince-Edouard, on a

1. D. White, Fossil Flora of thc Lower Coal Measures of Missouri (Ü. S. Geol. Survey, Monograph XXXVII). In-4% xiô? p., 73 pi., 1899; en particulier p. 298 et suiv.

2. G. I. Adams, G. H. Girty nnd 0. White, Stratigraphy and Paleontology of the Upper Carboniferous Rocks of Ihe Kansas Section (U. S. Geol. Survey, Bull, n" 211, 1903, 123 p., 4 pi. cartes; en particulier p. HO et suiv.).

3. J. A. Ta(T, Geology of the Me Alester- Lehigh Coalfield, Indian Territory, accompanied by a Report on the fossil Plants by D. White, and a Report on the Paleozoic Invertebrate Fossils by G. H. Girty (U. S. Geol. Survey, I9th Ann. Rept., pt. 3, 1897-98, p. 423-000, pi. LXIV- LXXII, dont 3 cartes; en particulier p. 457 et suiv.).

4. H. S. Poole, The Pictou Coal Field; a geological Revision (Proc. and Trans. Nova Scotian Inst. of Se, Halifax, 2''sér., I, 1803, p. 228-343, carte). Sur Tdgc des sédiments à llle du Prince- Edouard, voir I. C. Russell et F. II. Knowlton, U. S. Geol. Survey, Bull, n» 85, 1892, p. 25-31 ; ces dépôts étaient regardés autrefois comme triasiques.

trouvé dans des grès qui, jadis, passaient pour triasiques, L'imanma, Walchia et d'autres plantes du Rothliegende. Dans le Dunkard typique du Sud-Ouest de la Pennsylvanie, de l'Est de TOhio et de certaines parties de la Virginie Occidentale, David White n'a rencontré, en fait de plantes communes avec l'Europe, que des espèces du Rothliegende inférieur (couches de Kusel)*. Les intercalations marines n'apparaissent qu'au Texas. L'un des genres d'animaux les plus étranges, le Naosaurus de Cope, découvert dans le Permien rouge du Texas, a été retrouvé par A. Fritsch, sous une forme beaucoup plus petite, il est vrai, dans les charbons à gaz permiens de la Bohême*. Des résultats analogues se dégagent de la concordance frappante dans l'ordre de développement des différents groupes d'insectes carbonifères, en Europe et en Amérique, dont Handlirsch a fourni la démonstration du Lower Lykens à la limite supérieure *.

Les Appalaches Jusqu'au Mississipi. — Ce puissant système montagneux décèle sa dépendance vis-à-vis des Altaïdes par sa position, au Nord-Est par des côtes à rias qui réclament un prolongement et au Sud-Ouest par des extrémités libres, par la contemporanéité de la discordance à la base du Culm, enfin par l'achèvement de sa surrection avant l'apparition de la flore d'Ottweiler ou du Permien.

Ces montagnes se composent de plusieurs parties ou coulisses*. Vers l'extrémité de la Presqu'île de Gaspé, la direction tourne complètement de la normale S.W. à l'E.S.E., ainsi que l'ont montré les sondages effectués dans le Dévonien pour la recherche du pétrole \

1. D. White, Permian Elements in the Dunkard Flora (Bull. Geol. Soc. or America, XIV. 1903, p. 538-542).

2. E. D. Cope, Systematic Catalogue of the Species of Vertebrata found in the beds of the Permian Epoch in North America (Trans. Amer. Phil. Soc, XVI, 1886, p. 285-297, pi. II, III (1890), en particulier p. 293); A. Fritsch, Fauna der Gaskohle und der Kalksteine der Permformation Böhmens, In-4", Prag, III, 1895, p. 121, et IV, 1901. p. 87.

3. A. Handlirsch, Revision of American Palœozoic Insecis (Proc. U. S. Nat. Museum. Washington, XXIX, 1906, p. 661-820, 109 (lg.).

[4. Voir la grande Carte géologique de l'Amérique du A'ord, dressée par Bailey Willis à Téchelle de 1 : 5 000 000, et jointe au Compte rendu de la X' Session du Congrès Géologique International, Mexico, 1906, feuilles N.E. et S.E. — Pour une analyse des très nombreux travaux qui ont été consacrés aux terrains archéens et métamorptiiques du s>'Stème des Appalaches, de Terre-Neuve À TAlabama, voir l'ouvrage de C. K. Van llise et C. K. Leilh, Pre-Cambrian Geology of North America (U. S. Geol. Survey, Bull. 360. ln-8% 939 p., 2 pi. cartes, 1909), en particulier les chapitres VI (l^astern Townships of Quebec southeast of 8t. Lawrence River), VII (New Brunswick, Nova Scotia, Newfoundland, and Gaspe Peninsula), IX (New England), X (Âdirondack Mountains, Southeastern New York, and New Jersey), et XI (Piedmont Plateau and adjacent portions of the Appalachians in Alabama, Georgia, Tennessee, North Carolina, South Carolina, Virginia, Maryland, Pennsylvania, and Delaware).]

5. R. W. Elis, The OU Fields of Gaspé (Geol. Survey of Canada, Ann. Rept., N. S., XV. 19024)3, A, p. 310-363, carte, 1906).

L'Ile d'Anticosti appartient à la bordure du bouclier canadien. II en est de même de la moitié septentrionale du Long Range, à Terre- Neuve. Il en résulte une disposition particulière pour Tencadrement du Golfe du Saint-Laurent.

Terre-Neuve est formée, à l'Est du Long Range, par des plis étroitement serrés de roches précambriennes et de terrains plus récents, jusqu'au Carbonifère, souvent modifiés par la pression. Les côtes à rias du Nord et du Sud de la grande île sont l'expression de ces plissements.

Le Carbonifère, représenté ici par le conglomérat de la Horton Séries (Culm), le Calcaire carbonifère marin accompagné de gypse, le Millstone Grit et la série houillère, apparaît dans le Sud-Ouest autour de la Baie Saint-(jeorge et de la Baie Port à Port. Les plantes que Dawson signale sur la Baie "Saint-George sont, pour la plupart, des espèces bien connues en Europe dans la flore de Schatzlar {Sphenopteris Hoeninghausi, Pecopteris abbreviata, Alethopteris lonchitica^ etc.)'. Ces couches carbonifères se poursuivent vers l'intérieur, le long du bord oriental du Long Range, dans la direction du N.N.E. et atteignent au moins le voisinage de l'extrémité septentrionale du Grand Pond (49° de lat. N.). Mais, d'après les indications de Murray, il esta supposer que leurs traces sont visibles bien plus loin encore dans la même direction, jusqu'au Cap Rouge et au Fox Cape, sur le bord occidental de la Baie Blanche (près de 51" de lat. N.) ^

Il y a donc quelque apparence qu'il existe en avant de la limite, du côté de l'avant-pays, une bande de terrain houiller productif. La Baie Blanche pourrait alors marquer le point où les couches de houille de la bordure armoricaine ressortent de l'Océan.

Selon une hypothèse de Dana, abondamment confirmée depuis, les plis de Terre-Neuve se poursuivent dans Tlle du Cap-Breton*. Ceci nous amène à tracer ce tableau général :

Sable Island (60** de long. W., 44" de lat. N.) représente vraisemblablement un reste d'une chaîne tout à fait interne; l'île paraît être formée de Carbonifère inférieur.

Un premier fragment de coulisse plus continue est représenté par les roches paléozoïques anciennes qui traversent obliquement, dans la direction du N.E., la partie sud-orientale de la Nouvelle-Ecosse*,

1. J. VV. Dawson, Carboniferous Fossils from Newfoundtand (Bull. Geol. Soc. of America, 11,1891, p. 529-540, pi. 21,22).

2. A. Murray and J. P. Howley, Geological Survey of Newfoundland. In-8", London, 1881, p. 41. Ces dépôts sont attribués au Dévonien (p. 67 et 309).

3. J. D. Dana, Archaean Ares of Eastern North America (Amer. Journ. of Se, 3* ser., XXXIX, 1890, p. 378-383).

[4. Voir la carte géologique d*asscmblage : Map of ihe Province of Nova Scotia to

(le la Baie Sainte-Marie à la Baie Chedabucto. La forme de la côte à rias du Sud est trompeuse : on pourrait supposer que la direction v est N.-S.; mais Bailey a reconnu que les plis se continuent vers le S.W. et rW.S.W. L'illusion est due à des granités intrusifs, qui coupent les plis, et à la présence de vallées transversales analogues à des fjords *. Dans le Nord, au voisinage de la Baie Chedabucto, la direction tourne de plus en plus à TE.N.E. (I, p. 740). Du côté de la Baie de Fundy, des couches à Dictyonema sont surmontées immédiatement par la série de Horton, qui indique déjà la transgression discordante du Culm; vient ensuite une bordure tout à fait horizontale de Trias, avec un liséré de trapp triasique qui forme sur une grande distance le rivage S.E. de la Baie de Fundy. Plus au Nord, dans Tlle du Càp-Breton, on voit des plis qui divergent vers le Nord, c'est-à-dire vers Terre-Neuve; c'est là aussi qu'apparaissent les premiers indices de couches de houille. Le plus riche bassin, celui de Pictou, se trouve sur le bord N.W. de la Nouvelle-Ecosse, là où la terre commence à se rétrécir. Les couches de houille sont plissées; elles reposent sur le Millstone Grit, lequel appartient à l'étage de Pottsville. Nous les rapportons donc, comme celles de la Baie Saint-George (Terre-Neuve) et de Saint John (de l'autre côté de la Baie de Fundy), à l'horizon de Schatzlar (Upper Lykens). Dans l'ensemble, les synclinaux de Pictou semblent avoir tellement souffert de l'érosion que des cuvettes isolées apparaissent à la place d'une zone houillère unique. Sur leur bord septentrional, les couches de Pictou sont, d'après le rapport de Fletcher, mises en contact par une dislocation avec des couches de houille appartenant au conglomérat du Rothliegende, qui s'appuie en discordance contre le Carbonifère.

L'étranglement situé au Sud du Détroit de Northumberland, que la direction des couches coupe de part en part, est visiblement d'une importance capitale pour la connaissance de la structure. C'est là qu'il faut chercher le bord externe des plissements de la Nouvelle-Ecosse. C'est un fait bien remarquable que dans cette région, sur le bord N.E. de la Baie Chignecto (extrémité N.E. de la Baie de Fundy), la puis-

illustrate Fteport by E. R. Faribault on the Gold Fields of Nova Scotia, publiée par le Geological Survey of Canada en 1900 (n» 927).]

1. L. W. Bailey, Report on the Geology of Southwest Nova Scotia (Geol. Survey of Canada, Ann. Rept., N. S., IX, 1896, M, 154 p., 5 pi., carte, 1898). Les Iles Fox, dans la Baie de Penobscot (Maine), montrent quelque chose d'analogue; elles consislenl en un massif éruptif dont le» contours sont indépendants de Tailure des plis, dirigés S.W.; G. Olis Smith, The Geology of the Fox Islands, Maine. Dissert, ln-8% 76 p., 2 pi. dont 1 carte géoi., Skowhegan, Maine, 1890 [voir aussi le Geologie Atlas of the United States publié par l'L'- S. Geol. Survey, Penobscot Bay folio, Maine {n" 149), 1907]; H. Fletcher, Kings and Hanls Counties. Nova Scotia (Geol. Survey of Canada, Ann. Rept., N. S., XIV, 1901, A, p. 208-214, 1902).

santé série houillère des Joggins, décrite par Dawson, contienne la flore d'Ottweiler et se présente avec une allure tranquille *.

L'horizontalité est donc acquise au même niveau que dans les Âltaïdes.

La région située plus au Nord-Ouest a effectivement une structure toute différente. Poole en a donné le résumé le plus expressif ^

A partir du rivage septentrional de la Baie des Chaleurs, la côte du Nouveau-Brunswick est formée exclusivement par des couches horizontales, presque jusqu'à l'extrémité orientale du Détroit de Northumberland. Dans le Nord, le Carbonifère inférieur repose en discordance sur les plis de la Gaspésie, et forme une grande bande triangulaire qui pénètre dans les terres jusqu'au delà de Fredericton et rejoint la mer à la Baie Verte, en entourant une sorte de cuvette dont le bord septentrional est formé par la cote plate du Nord du Nouveau-Brunswick, dont il vient d'être question.

Tout cet espace est occupé par une « série grise », qui est mince et contient quelques veines de houille de peu d'importance, et au-dessus, par le Rothliegende à Walchia, etc. Celui-ci se continue dans l'Ile du Prince Edouard ; la mer est très peu profonde dans ces parages, et l'île elle-même n'est qu'un morceau de la plaine septentrionale du Nouveau- Brunswick. Quelques ondulations peu marquées, de direction E.N.E., sont reconnaissables.

Dans le Sud, la série grise repose en concordance sur les couches des Joggins (Ottweiler); elle correspond à la zone limite du Carbonifère et du Permien.

La Gaspésie et le Maine appartiennent à une autre division de cet ensemble tectonique '. Le Nouveau-Brunswick joue dans une certaine mesure le rôle d'avant-pays par rapport à Terre-Neuve et à la Nouvelle-Ecosse. On peut admettre qu'il existe, au voisinage du bord extérieur des plis, une bande discontinue de couches de houille plissées appartenant à l'étage de Schatzlar, et s'étendant de la Baie Saint- George (Terre-Neuve) vers Pictou (Ouest de la Nouvelle-Ecosse) et peut-être vers Saint John (Nouveau-Brunswick). Le Culm (série de Horton) et le Calcaire carbonifère sont discordants, aussi bien à Terre-

1. H. Fletcher, Report on the Geology of thc portion of Cape Breton North of Judique and Denys Basin (Geol. Survey of Canada, Ann. Rept., 1882-84, H, 98 p., 1885). Pour la discordance de Horton, dans la Nouvelle Ecosse, voir Id., N. S., XIV, 1901, A, p. 214, 1903; pour la discordance des Joggins, même vol., p. 208, et d'autres publications.

2. H. S. Poole, Report on the Coal Prospects of New Brunswick (Geol. Survey of Canada, Ann." Rept., N. S., XIll, 1900, MM, p. 5-26, 1903, en particulier p. 9 et suiv.); Bailey, Ibid., M, p. 5-38.

[3. Voir la feuille n" 5 : Geology^ East sheet, de VAtlas of Canada, prepared ander the direction of Jame8 White, publié por le Département de Tlntérieur en 1906. Échelle : 100 milles au pouce ou 1 : 0 336 000.]

Neuve que dans la Nouvelle-Ecosse et le Nouveau-Brunswîck. C'est la même discordance du Carbonifère inférieur dont on a sigrnalé un exemple dans le Tien-Chan (III, p. 532), et qui se reproduit dans les Sudètes et en Bretagne. Les couches d*Ottweiler sont horizontales au voisinage des Joggins; le Rothliegende n'est traversé que par de faibles bombements. Les mouvements orogéniques sont, à l'exception de ces dernières et faibles ondulations, antérieurs au Permien. Ce synchronisme indique que les mouvements, des Alta'ides se sont propagés par delà V Océan.

On a déjà signalé l'autonomie du compartiment Gaspésie-Connecticut. Une puissante dislocation, la « Saint Lawrence-Champlaîn Fault », en marque la limite du côté de Tavant-pays laurentîen. L'avancée d'une partie de l'avant-pays, à laquelle appartiennent les Adirondacks, exerce une influence décisive sur la déviation de cette limite vers le Sud *.

Selon toute apparence, un anticlinal assez homogène de couches paléozoïques anciennes, partant de la Gaspésie, court parallèlement à ce bord, à travers les Monts Shickshock'. Les caractères européens de certaines faunules du Maine nord-oriental ont déjà été notés; là encore, la direction N.E. domine, bien que des massifs isolés de roches volcaniques (andésite, rhyolite, etc.) affleurent sur plusieurs points vers le centre du Maine ^ L'intérieur du pays est peu connu.

A mesure que la limite des plissements et de l'avant-pays au-dessous de Québec pénètre plus avant dans les terres, les plis prennent de plus en plus la direction du Sud. Les terrains comprimés longent la rive orientale du Lac Champlain, et se continuent de l'Etat de New- York dans le Vermont, le Massachusetts et le Connecticut, ainsi que Walcott l'a représenté sur une carte d'ensemble en 1888^. C'est peut-

1. Pour la limite, voir par exemple H. P. Cusbing, Geology of the Northern Adirondack Region (New York State Museum, Bull, n" Ô5, 1905, p. 271-453, 18 pi., dont 3 cartes géol.;.

2. R. W. Elis, Geological Survey of Canada, Ann. Rept, 1882-84, E, p. 31, 1885; Low, Ibid., F, p. 16-20.

3. H. S. Williams, mém. cité; et H. E. Gregory, Geology of ihe Aroostook volcanic Area of Maine, including an accouni of the clastic rocks of Aroostook County (U. S. Geol. Survey.. Bull, n" 165, 1900, p. 9^-188, pi. IV : carte géol., et pi. Ill-XIV). [Sur la géologie du Maine, consulter : G. 0. Smith and David White, Tke Geology of Ihe Perry Basin (U. S. Geol. Survey, Professional Paper n* 35). ln-4", 107 p., 6 pi. dont 1 carte géol., 1905; T. Nelson Dale and G. 0. Smith, The Granites of Maine (Ü. S. Geol. Survey, Bull, n" 313). In-8% 202 p., 14 pi., dont 1 carte géol., 1907; F. G. Clapp and W\ S. Bayley, Underground Waters of Southern Maine (U. S. Geol. Survey, Water-Supply Paper 223). ln-8% 268 p., 24 pi., dont 1 carte géol.. pi. I, 1909; John M. Clarke, Early Devonic History of New York and Bastern North America, part II, .\lbany, 1909 (New York State Education Department, Memoir 9). In-4% p. 52-128, pi. 12-31 et 3 cartes géol.]

4. G. D. Walcott, The Taconic System oj Emmons, and Ihn Use of the Name Taconic in Geologie Nomenclature (.\mer. Journ. of Se, 3*" ser., XXXV, 1888, p, 229-327, 394-401, pi. III : carte géol.). [Voir aussi les travaux suivants de T. Nelson Dale : Structural Details in the Green Mountain Region and in Eastern New York (L'. S. Geol. Survey, 16th Ann. Rept., 1894-95, pt. 1, p. 543-570); The Slate Belt of Eastern New York and Western Vermont (Id., 19th Ann. Rept.,

ARMORIQÜE ET ALTAÏDES AMÉRICAINES. 635

être auprès du Lac Champlain et un peu au Sud que le refoulement a été le plus énergique. Puis, les différentes coulisses tournent de plus en plus au S. S.W. et traversent obliquement THudson*.

Les bandes de gneiss qui arrivent aux deux rives du Connecticut River sous la direction N.-S. forment le New Hampshire Range de Dana, dont les Green Mountains font partie. Le Massachusetts occidental, en particulier, présente une série de beaux exemples de ces longues bandes, qui sont de véritables modèles pour Tétude des chaînes profondément modifiées par le dynamo-métamorphisme. Dans la description du Nord-Ouest du New Hampshire donnée par Emerson, on aperçoit, au milieu de ces zones méridiennes comprimées, le fossé du Connecticut River, suivant lequel les couches triasiques se sont affaissées de 1 600 mètres au moins*.

Après avoir contourné les Adirondacks et la partie saillante de Tavant-pays, les rides montagneuses s'avancent tout en s'écartant les unes des autres, à peu près comme dans l'Oural au Sud du Plateau d'Oufa(III, p. 479). Ici encore, on peut admettre qu'il y a virgation par détente.

La déviation est moins sensible dans les zones orientales, que représentent les plis du Piedmont Plateau. Jadis, on considérait ce plateau comme archéen ; maintenant on doit admettre qu'il n'a été plissé qu'après le Culm. On a déjà mentionné, dans le Massachusetts, des plantes du Culm associées à du graphite dans les micaschistes, et au Sud, dans l'Alabama, Eug. A. Smith a trouvé des Lepidosirobus dans des schistes graphitiques à demi-cristallins'.

1807-08, pt. 3, p. 153-307, pi. XII-XLT, dont! carte ^éoX.)-, A Study of Bird Mountain, Vermont (Id., 20th Ann. Rept., 1808-09, pt. 2, p. 0-23, pi. 1, II); Structural Details in the Green Mountain Region and in Bauern New York, Second Paper (Id., Bull. n° 105, 1902, 22 p., 4 pi.); Geology of the Hudson Valley between the lloosic and the Kinderhook (Id., Bull, n" 242, 1904, 63 p., 3 pi., dont 1 carte géol.); Taconic Physiography (Id., Bull, n* 272, 1ÎK)5, 52 p., 14 pi., dont 1 carte générale); State Deposits and State Industry in the United States (Id., Bull, n" 275, 190Ö, p. 89-111, pi. XX-XXV, dont 2 cartes géol.).]

[I. Voir Fred. J. H. Merrill, Geologie Map of New York, exhibiting the structure of tlie State so far as known, 1 : 310 800, 12 feuille» (N. Y. State Mus., 1001): voir aussi les folios 83 (New York City) et 161 (Franklin Furnace) du Geologie Atlas of the United States, avec coupes et notices explicatives, Washington, 1002-1008.]

2. R. Pumpelly, J. E. Wolff, and T. Nelson Dale, Geology of the Green Mountains in Massarhunetts (Ü. S. Geol. Survey, Monograph XXIII, 1804). In-4% ziv-206 p., 23 pi. dont 2 caries géol.; B. K. Emerson, The Geology of Eastern Berkshire County, Massachusetts (U. S. Geol. Survey, Bull, n" 150, 1800, 130 p., 0 pi. ; ce mémoire se rattache au précédent vers le Sud). Pour la région qui s'étend plus à TKst, voir B. K. Emerson, Geology ofOld Hampshire County , Massachusetts^ comprising Franklin, Hampshire^ and Hampden Counties(\]. S. Geol. Survey, Monograph XXIX, 1808). ln-4", xiz-790 p., 35 pi. dont 1 carte géol. et 9 pi. de coupes; et les folios correspondants du même service. Voir aussi W. H. Hobbs, On the Geological Structure of the Mount Washington Mass of the Taconic Range (Journal of Geol., Chicago, I, 1803, p. 717- 730, pi. III, IV : carte et coupes), et un grand nombre d'autres études de détail.

3. Eug. A. Smith, Carboniferous Fossils in « Ocoee • States in Alabama (Science, N. Y.,new ser., XVIII, 1903, p. 244-246).

Mathews a décrit le Piedmont Plateau dans le Maryland, et Miss Bascom en Pennsylvanie '. Une longue bande de gabbro court à l'intérieur du plateau, de TEtat de New York, par le Delaware, le Maryland et le Sud-Est de la Pennsylvanie, jusqu'en Virginie. Cette roche envoie de multiples ramifications dans le gneiss et jusque dans le Silurien inférieur. Dans les parties où elle a subi une compression, de la hornblende verte et, accessoirement, de la biotite apparaissent à la place du pyroxène ^.

C'est dans les plis extérieurs que la déviation est surtout considérable. Elle ressort très clairement dans le Sud-Ouest de l'Etat de New York et jusque dans les bassins d'anthracite du Nord-Est de la Penn-

NW

debmer

Fio. 122. — Charriages du Sud des Appalaches. Coupe théorique passant par BufTalo Mountain (Tennessee), d'après Arthur Keith {Geologie Allas of Ihe United SlaleSj Roan Mountain Folio (n" 151), Washington, 1907, flg. 2).

Lo charriage principal est représenté par un trait plein fort, les failles secondaires par des traits brisés. — ARg. Archéen (gneiss et granité); Cq. Quartzites et schistes ardoisiers cambrions; Cl. Calcaires cambrions; COk. Dolomies deKnox; Oa. Schistes d'Athens (Ordovicien). — Échelle de 1 : 375 000 environ.

sylvanie. Il en résulte nombre de chevauchements remarquables, en même temps que cette virgation par détente donne naissance à la large sigmoïde des bassins houillers de la Pennsylvanie*.

1. E. B. MotheAvs, The Structure of the Piedmont Plateau as shown in Maryland (Amer. Journ. of Se. 4"« ser., XVII, 1904, p. 141-159. pi. X : carie géol.); F. Boscom, Piedmont District of Pennsylvania (Bull. Geol. Soc. of America, XVI, 1905, p. 289-328, pi. 48-04); A. Keith, Geology of the Catoctin Belt (U. S. Geol. Survey, 14lh Ann. Rept., 1892-93, pi. II, p. 285- 395, pi. XIX-XXXIX; voir la corte géol., pi. XXII, où le début de la virgalion est particulièrement net). [Voir aussi E. B. Malhews, The Formations and Structure of the Piedmont in Maryland correlated with those in Pennsylvania (Bull. Geol. Soc. of America, XVI, 1905, p. 329-340); G. R. Van Hise and G. K. Leilh, Pre-Cambrian Geology of North America (U. S. Geol. Survey, Bull. 300, 1909, p. 053-716 : Chopter XI, Piedmont Plateau and adjacent Portions of Ihe Appalachians); et les /o//o« 70 (Washington) et 162 (Philadelphia) du Geologie Atlas of the United States, avec coupes et notices explicatives, Washington, 1901-1908.]

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