LI^OCNDE DE LA FIGURE
1. Avant-pays antochione, y compris la couverture post-varisqno et les terrains miocènes; 3. Nappe sub-beskidique, et 3. Nappe boskidique (nappes helvétiques); 4. Nappe sab-pieniniqne et piéoiniqae (zone des Klippes méridionales), et 5. Nappe haut-tatrique (nappes lépontiennes) ; 6. Nappe sabtatriqne, et 7. Nappes de la ceinture interne et de la Hongrie Centrale (nappes aastro-àlpinesu 8. Roches volcaniques (andésites, tracfaytes, dacites, basaltes et tafs); 9. CéoomaoioD, Sénonien et Éocène discordants; 10. Régions de structure incertaine; U. Bord frontal des nappes: 13. Lambeaax de recouvrement; 13. Fenêtres; 14. Limites hypothétiques; 15. Limites de terrains ou accidents postérieurs aux charriages; 16. Klippes. — I^s terrains sédimentaires postérieurs au plissement des Carpathes (dépôts néogènos et alluvions; ont été laissés en blanc. — Échelle de 1 : 3700000.
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ALTAIDES POSTHUMES. 859
Le groupe lépontien subit des transformations, en particulier par Taddition d'un terme nouveau, les Piénines, déjà visible dans les Alpes Orientales. La zone haut-tatrique rappelle les Tauern par sa situation tectonique.
On constate des similitudes analogues entre la zone sub-tatrique et la nappe austro-alpine. Toutes deux représentent, dans leurs domaines respectifs, le terme tectonique le plus élevé. D'autres caractères accessoires les rattachent également l'une à Tautre; il apparaît, par exemple, dans l'Est des Alpes Orientales, quelques petits affleurements de mêlaphyre à augite, qui se répètent dans les Petites Carpathes et plus à l'Est.
La diversité de nature de la nappe austro-alpine réclame encore de nouvelles études. Mais on peut reconnaître dès à présent que, malgré leur isopie, qui est si frappante, en dépit des distances, quelques nappes subissent déjà des transformations sur le parcours qui réunit les Alpes Occidentales aux Carpathes; si, plus tard, on parvient à décomposer le groupe lépontien en ses éléments constitutifs, on devra éviter d'établir des limites trop schématiques.
La ligne directrice des Carpathes Orientales ressort nettement de la courbe du bord externe, ainsi que de l'allure du long massif gneissique de la Moldavie*. Plusieurs circonstances permettent de reconnaître que la structure est analogue à celle des Carpathes Occidentales; mais il convient d'autant moins d'en exposer les détails que beaucoup ont été déjà mentionnés dans le chapitre X du présent volume, par exemple l'apparition de plissements toujours plus récents sur le bord externe^, la fenêtre du Paring, la torsion, les lambeaux anté-pormiens englobés dans les Balkans et les plissements récents, assez lâches, du Balkan Oriental, qui font songer à une extrémité libre.
Prolongement des Alpes vers le Sud et vers le Sud-Ouest
Il y a longtemps déjà que certains géologues italiens, embrassant du regard un vaste horizon, comme Brocchi et surtout Savi, puis Cocchi, ont supposé en Toscane des eCTondrements et ont admis du même coup la liaison originelle des Iles Tyrrhéniennes avec le continent. Ces savants s'appuyaient principalement, alors, sur la distribution du Pliocène. En 1872 fut formulée l'hypothèse que toute la Mer Tyrrhénienne était un effondrement, et qu'elle recouvrait le prolongement
[i. Voir F. Trauth, Ein Beitrag zur Kenntnis des Ostkarpathischen Grundgebirges (Milteil. Geol. Gessellsch. Wien, HI, 1910, p. 53-103, pl. V).]
[2. Sur les charriais des Carpathes Roumaiues, voir ci-dessus, p. 561 et suiv., et pl. V.]
tectonique des Alpes*. Plus tard, les événements sismiques de la Calabre furent considérés comme la continuation de ce phénomène d'affaissement (I, p. 302, fig. 51).
Nous avons indiqué plusieurs circonstances relatives à la région que nous devons envisager tout d'abord, par exemple la réapparition des Alpes Piémontaises dans le Nord-Est de la Corse, la direction N.-S. des plis dans Tlle d'Elbe, ainsi que Fhypothèse d'un grand charriage, mise en avant par Steinmann ^ La direction méridienne de Gênes est déjà remplacée, près de La Spezzia, par la direction générale S.E. de l'Apennin. Cette dernière règne également dans les Alpes Apuennes,
Rupe Cava M.d^ü Rno
M.Maggiore
FiG. 186. — Coupe au Nord-Ouest du Monle Pisauo (Toscane), d'après B. Lotli {BoU. fi. Coinitato Gcol. d'Italia, XXXVI, 1905, p. 51).
tr'. Grès, schistes ot calcaires schisteux (Trias supériour); tr*. Calcairos rhétiens; T. Cal«:aires )jlau«s (Lias infériour): 1*. Calcaires & silox (I^ias moyen); 1*. Schistes et calcaires à Posidonomya Hrohia (Lias supériour): ti '. Calcaires gris à silox, rt ti'. Schistes et jaspes (Tiihoniqne): cr. Calcaires i silex néocomions; o. Grès, calcairos et schistes éocènes. — Échelle de l : 00 000 environ.
qui sont énergiquement plissées*. Lotti a établi que leur continuation au S.E., le Monte Pisano, large de 4 kilomètres, est formé par un anticlinal de Lias très faiblement cintré, sur toute la largeur duquel repose, avec une courbure semblable, une nappe de Trias supérieur, de Rhétien, de Lias et de Jurassique; de telle sorte que, dans le massif tout entier, le Trias se superpose au Lias (fig. 186) *. Lotti a de même montré que les roches vertes du Monte Argentario appartiennent au
1. Ed. Suess, Ueber den Bau der italienischen Halbinsel (-Sitzungsber. k. Akad. AViss. Wien, Malheiii.-nalurwiss. GL, LXV, Abth. 1, 1S72, p. 217-221).
[2. Contre cette hypothèse, voir : T. Taramelli, A proposito di una nuova ipotesi suUa struttura deW Appennino (Uendic. IL Ist. Lombarde di Se. e Lett., ser. 2', XLI, 1908, p. 12(>- 139); et A. Martelli, Di alcuni recenti idée suUa struttara dclC Appennino e speeialmenle di anprrieso carreggiamento dalmato-garganico (Riv. Gcogr. Ital., XV, 1008, p. 193-207).]
[3. Voir la belle Caria geotogica délie Alpi Apuane à 1 : 50 000 de D. Zaccagno, B. Lotli et P. Fossen, publiée par le R. Ufpcio geologico en 1807 (4 feuilles et 3 feuilles de coupes): voir aussi A. Fucini, La Pania di Corjino (Bull. Soc. Geol. Ital., XXVII, 1908, p. 91-1Ö. pi. I-III : carte, coupes et phot.).]
4. B. Lotti, Boll. R. Comitato Geol. d*Italia, XXXVl, 1905, p. 50. [Voir aussi G. De Siefani, Di alcuni carreggiamenti loeali recentemente supposti in Italia (Rendic. R. Accad. dei Linoei, Ser. 5-, XVll, 1908, !• sem., p. 486-495); B. Lotti, A proposito d'una Nota di C. De Stefani... (Boll. K. Comitato Geol. d'italia, XXXIX, 1908, p. 42-U).]
ALTAiDES POSTHUMES, 8C1
Trias, comme Favait annoncé autrefois C. De Stefani, et que les terrains des Alpes Apuennes, de la Montagnola de Sienne, du Monte Argentario et de l'Ile de Giglio sont, en effet, absolument identiques'.
Une bande de terrains de caractère alpin occupe ainsi toute la largeur de la mer, depuis la Corse jusqu'à Orbetello. Elle reste cependant séparée de la chaîne principale de l'Apennin par les terrains anciens qui apparaissent dans la zone dite Catena Metallifera, près de Gavorrano, de Campiglia, etc.
A l'Est, dans l'Apennin, on ne trouve pas partout la direction normale N.W.-S.E. Entre Spoleto et Rieti domine la direction N.-S., avec déversements vers l'E. Près de Spoleto, une série presque horizontale de Lias inférieur ayant 250 mètres de puissance environ, sur 7 kilomètres de long et 5 de large, repose, d'après les indications de Lotti, sur la Scaglia sénonienne *. Cette direction méridienne en Ombrie et quelques traits de la structure de la Tunisie ont conduit Haug à tracer des lignes directrices qui, à partir des Montagnes de la Sabine, traverseraient obliquement la Mer Tyrrhénienne vers le Cap Bon et Bizerte, en laissant en dehors la Basilicate, la Calabre et la Sicile \ Quoique la direction méridienne soit reconnaissable vers le Sud presque jusqu'à Tivoli, elle doit cependant être regardée comme une exception, car on trouve des chaînes normales, orientées S.E., aussi bien à l'Ouest qu'à l'Est; et plus au Sud, les Monti Lepini se dirigent vers le S.E., et croisent en biais ces prétendues lignes directrices*.
1. B. Lolli, SuUa eià délie rocce ofiolitiche del Capo Argentario e dei terreni clie le racchiudono (Boll. R. Comitato Geol. d*Italia, XXXVI, 1905, p. 177-181). [Voir aussi la récente monographie de B. Lotti, Geologia delta Toscana (Mem. descritt. délia Caria geol. d'Italia, XIII). In-S«", XVI484 p., 4 pi. dont 2 cartes & 1 : 500 000, Roma, 1910; et la note plus courte du môme auteur : Cenni sulla geologia délia Toscana (Boll. R. Comitato Geol. dMtalia, XXXIX, 1908, p. 165-190).]
2. B. Lotti, Di un easo di ricuoprimento pressa Spoleto, L'mhria (Boll. R. Comitato Geol. d'Italia, XXXVl, 1905, p. 42-54, pi. IV : coupes); Sui risultati del rilevamento geologico nei dintorni di Piediluco, Ferentillo e Spoleto (Ibid., XXXVII, 1906, p. 34 et suiv., pi. I : coupes) ; Osserva^ioni geologiche nei dintorni di Rieli (Ibid., p. 280-316), [et La faglia inversa Lugnano^ Monte Tolentino, tra Valtipiano di Rieti e quello di Leonessa (Ibid., XXXIX, 1908, p. 115-121).]
3. Ëm. H&ug, Sur quelques points théoriques relatifs à la géologie de la Tunisie (Ass. Fr. Av. Sc, 26* sess., Saint-Étienne, 1897, 2" partie, p. 3Ü6-376, 2 cartes dons le t.).
[4. Sur la structure des Abruzzes et des régions voisines, voir les travaux suivonts de F. Sacco : VAppennino settentrionale e centrale. Carta geologica^ 1 : 500000, Tori no, 1904; Li Abruzzi, schéma geologico (Boll. Soc Geol. liai., XXVI, 1907, p. 377-460, pi. XIV : rarle géol., t carte tectonique); Il Molise, schéma geologico (Ibid., XXVU, 1908, p. 491-539, pi. XVIII : carte géol., et carte tectonique p. 539); Il Gruppodel Gran Sasso d'Italia. Studio geologico (Mem. R. Accad. Se. di Torino, ser. 2% LIX, 1909, p. 61-88, 1 carte géol. à 1 : 100 000); Il Gruppo delta Majella, Studio geologico (Ibid., LX, 1910, p. 1-39, carte géol. à 1 : 100000, coupe). Consulter aussi M. Casselti, Sezione geologiea del Monte Velino (Boll. R. Comitato Geol. d'Italia, XXXV III, 1007, p. 93-101); A proposito délia memoria del Prof. Saceo : « Il gruppo del Gran Sasso d'Italia • (Ibid., XXXIX, 1908, p. 123-128); Sulla struttura geologiea del bacino deW Aterno da Aquilaa Suimona (Ibid., XL, 1009, p. 158-198, pi. VIII, IX: carte et coupes); Struttura geologiea delta regione montuosa orientale del Gran Sasso d'Italia (Ibid., XLI, 1910, pu 265-283); et B. Lotti,
Il est possible que les roches anciennes de la Chaîne Métallifère aient exercé une certaine influence sur la déviation qui se produit dans les Montagnes de la Sabine. Elles ne se comportent cependant en aucune manière comme un avant-pays résistant, car les chaînons de rOmbrie, situés à l'Est, sont également plissés vers TE., et Lotti pense même qu'on peut reconnaître dans la Chaîne Métallifère une direction originelle plus voisine du méridien, qui aurait été influencée postérieurement par la direction générale N.W.-S.E. *.
Portons nos regards beaucoup plus loin vers le Sud.
A l'Ouest du Golfe de Tarente, la vallée inférieure du Crati s'élargit pour constituer la large plaine de Sybaris. Elle sépare ainsi le massif triasique, aux parois abruptes, de Lagonegro et la zone crétacée et éocène qui le précède à l'Est des montagnes cristallines de la Calabre. Un cours d'eau, le Sinni, traverse cette zone crétacée et éocène. Il reçoit non loin de Latronico une petite rivière, la Frida; et, sur ce point, Viola a rencontré, au milieu de terrains plissés, un important affleurement de schistes cristallins et de schistes amphiboliques. Cette localité est située à 50 kilomètres environ des roches cristallines de la Sila^
Entre ce point et la Mer Tyrrhénienne s'élève la région montagneuse triasique de Lagonegro. Le Trias inférieur manque. D'après De Lorenzo, cette région est étroitement plissée et en partie déversée vers l'E.; peut-être ses plis sont ils venus se heurter contre les roches cristallines de la Frida. Leur direction est N.-S. Le Lias repose en discordance sur la dolomie principale. Le Crétacé et TÉocène s'étendent avec une nouvelle discordance sur tout l'ensemble précédent. De Lorenzo fait ressortir que les couches supérieures possèdent la direction normale S.-E. de l'Apennin, différente de la direction N.-S. du Trias, de telle manière que, dans cet exemple, on serait en présence de deux directions conjuguées.
Baldacci et Viola ont fait connaître, dans un travail très instructif, de quelle façon s'intercalent dans l'édifice apennin ces calcaires et ces dolomies triasiques, qui, d'après l'évaluation de ces géologues, ont environ 3 000 mètres d'épaisseur. Le Trias se dirige vers le N. par
nUevamento geologico nelV alta Valnerina durante la campagna 190S (Ibid., XL, 1909, p. 39-61): 72 bacino sorgcnti/ero delfiume Nera (Ibid., XLl, 1910, p. 5-28). Sur la succession des couches dans celte partie de PApenni n, voir en oulre G. F. Parona, Naovi daii paleontologici sui terrent ntesozoiei delC Ahruzzo (Ibid., XXXIX, 1908, p. 263-272); G. P. Parona, C. Grema e P. L. Prever, U fauna coraliigena del Cretaceo dei Monti (FOcreneWAbruzzo aquHano (Mem. per servire alla Descr. délia Garla geol. dltalia, V, parte 1*). In-4^ p. 1-242, 1 carte géol.,pl. I-XXVIII, Roma, 1909.]
1. B. Lotti, Considerazioni sintetiche sulla orograjia e sixUa geologia délia Catena Metallifera in Toscana (Boll. R. Gomitato Geol. d'Italia, XXIII, 1892, p. 55-71).
2. G. Viola, Communicazione preliminare sopra un terreno cristallino in Basilicata (Boll. R. Gomitato Geol. d^Italia, XXIII, 1892, p. 244-246).
ALTAIDES POSTHUMES. 863
Paterno, Padula et Marsiconuovo, puis par Potenza, où il n*est que légèrement dévié vers leN.N.W., et il atteint les montagnes de San Fêle, non loin du bord externe de l'Apennin, au Sud du Vulture. Après avoir passé au N.W., la direction tourne alors franchement à l'W.; et le Trias atteint, au Nord de Salerne, la partie interne de la presqu'île de Sorrente, de même que, vers Amalfi, le bord interne du golfe de ce nom. Ainsi prend naissance une ligne directrice arquée, qui se dirige à peu près de Castrovillari, près du Crati, vers San Fêle, et de là vers Salerne. Baldacci et Viola l'appellent le demi-cercle tyrrhénien *.
De Lorenzo a donné une description de la partie la plus septentrionale. Un peu avant de l'atteindre, dans le territoire où règne encore
ToPM PisteroU CottaSquadro ^ VuUure
■^ 1200 Ofci
Muro Lucano - a , ||, -- ^^. . ^J^ CwUgne
Fig. 187. — Coupe de Muro Lucano à la plaine da Vulture (Basilicate), d'après G. De Lorenzo (Studio geologico dei Monte Vulture, In-4% Napoli, 1008, p. 46, i\g, 6).
tmc. Calcaires k nodules siliceux (Trias moyen); tms. Schistes siliceux (d**); e. Éocôno et Miocène; pi. Pliocène supérieur et Pléistocêne marin. — Échelle do 1 : l-.>0000 environ.
la direction N.W., s'introduisent déjà, au Sud des affleurements triasiques, de grandes fractures longitudinales qui déterminent l'effondrement, par gradins successifs, du côté interne de l'arc, tandis que le dos des couches s'incline vers le Mont Vulture, c'est-à-dire vers le N.E. (fig. 187). A l'intérieur du Flysch éocène plissé s'élève le volcan; le
1. Parmi ces nombreux travaux, il suffira de citer les suivants ; pour le Nord : F. Bassani, Sui fossUi e sulV età degli schisti bituminosi di M. Pettine (Mem. Soc. Ilaliana délie Se, Napoli, XL, 1802, 27 p.), et Fossili nella dolomia triasica dei dintorni di Mercato S. Sevcrino (Alli R. Accad. i^c. Napoli, ser. 2% V, no 9, 1893, 15 p.) ; Fr. Bassani e G. De Lorenzo, Per la geologia délia penisola di Sorrento (Atti R. Accad. Lincei, Rendic, ser. 5', II, 1893. 1** sem., p. 202-203); A. Galdieri, Osservazioni geologiche sui Monti Picentini net Salernitano (Ibid., ser. 5% XVI, 1907, 2« sem., p. 529-534); [et Sui Trias dei dintorni di Giffoni. Contributo alla conoscenza dei terreno triassico nel Salernitano (Atti Àccad. Pontoniana, XXXVIII, 1908, 123 p., 3 pi.). Voir aussi la carie géologique à 1 : 500 000 jointe au mémoire de F. Sacco, L'Appennino méridionale (Boli. Soc. Geol. Ital., XXIX, 1910, p. 287-338, pi. VIII)]. — Pour le Sud : G. De Lorenzo, Sut Trias dei dintorni di Lagonegro (Atti R. Accad. Se. fis. e matem. Napoli, ser. 2% V, n" 8, 1892, 48 p.; le même. Le montagne mesozoiche di Lagonegro (Ibid., ser. 2*, VI, n' 15, 1894, 125 p., carte, 1 pi.); Osservazioni geologiche neW Appennino délia Basilicala méridionale (Ibid., ser. 2", VII, n"* 8, 1895, 31 p.); et surtout Guida geologica dei dintorni di Lagonegro in Basilicala (Boll. Soc. Geol. Ital., XVII, 1898, p. 170-195, carte géol.), Studi di geologia nelV Appennino méridionale (Atti R. Accad. Se. fis. e matem. Napoli, ser. 2% VIII, n° 7, 1896, 128 p.), et Geologia e geografia fisica delV Jtalia méridionale, ln-8'', 241 p., Bari, 1904; A. Bittner, Brachiopoden aus der Trias von Lagonegro in Unteritalien (Jahrb. k. k. Geol.
Fiysch participe aux failles étagées. Des cassures du même genre semblent accompagner vers le Sud toute la moitié occidentale du demicercle; elles ont été reconnues notamment au Nord de Saleme et k l'intérieur de la presqu'île de Sorrente. Toutefois, Rovereto en conteste la réalité pour Capri, et aussi en partie pour la presqu'île, et croit à une structure toute différente; pour Capri, ce géologue admet un recouvrement par charriage K
Il n'est pas certain que l'on atteigne ici l'extrémité de la bande triasique. La trace de l'Apennin la plus voisine qui se montre au delà des volcans de Naples est le Monte Massico, isolé dans la plaine du Volturno. Il est formé de calcaire crétacé et, par-dessous, de dolomie principale avec Gervillia exilis ^. Le soubassement des îles Ponza, qui sont volcaniques, est visible sur la côte Nord de Zannone, l'île la plus septentrionale ; on y voit également de la dolomie principale à Gervillia exilis, associée à des schistes à séricite appartenant aussi au Trias et à un peu d'Eocène '. Dans les Monti Lepini dominent les calcaires crétacés; le Cap de Circé, qui s'avance au loin dans la mer, est un rocher isolé de Lias, avec lambeaux d'Eocène *.
Galabre (I, p. 283). — Au Sud de la basse vallée du Crati se trouve une région qui diffère beaucoup de l'Apennin par son aspect extérieur. De larges vallées, remplies de sédiments marins récents, séparent les hauteurs, de telle sorte que celles-ci acquièrent une assez grande individualité. Le haut Crati isole le large massif de la Sila, à l'Est, du
Reichsanst., XLIV, 1894, p. 583-588), el E. Böse und G. De Lorenzo, Geologische Beobachtungen in der südlichen Basilicata und dem nordwestlichen Calabrien (Ibid., XL VI, 1896, p. 233- 268). Pour toute la région : L. Baldacci e C. Viola, SuW estensione del Trias in Basilicata e sulla tetlonica generale de W Appennino méridionale (Boli. R. Comitato Geol. d*Italia, XXV', 1894, p. 372-390); E. Cortese, Descrizione gcologica délia Calabria (Mein, descritt. délia Carta geol. d*ltalia, IX, 1895, xxviii-312 p., 2 pi. de coupes, 2 pi. panoramas, ! carte géol.); et G. Di- Stefano, Osservazioni geologiche nella Calabria Settentrionale e nel circondario di Bossano (Ibid.. Appendice al vol. IX, 1904, 120 p., 1 pi. coupes), ainsi que la carte géologique à 1 : 100000.
1. G. De Lorenzo, Studio geologico del Monte Vulture (Atti R. Accad. Se. fis. p matem. Napoli, ser. 2*, X, n** 1, 1900, 207 p., 0 pi., dont 1 carte géol., en particulier p. 37 et suiv.); voir en outre E. Böse, Contributo alla geologia délia penisola di Sorrento (Ibid., ser. 2', VllI, n° 8, 1896, 18 p.), et E. Böse und G. De Lorenzo, Zur Geologie der Monti Picentini bei Neapel (Zeitschr. Deutsch. Geol. Gesellsch., XLVllI, 1896, p. 202-215); G. Roverelo, L'Isola di Capri (Atti Soc. Ligustica Sc. nat. e geogr., XVIII, 1907, p. 22-25) [et : L'île de Capri est un lambeau de recouvrement (Bull. Soc. Géol. de Fr., 4' ser., VII, 1907, p. 162-163)]; les conclusions de celte note sont contestées par G. De Lorenzo, L'isola di Capri (Atti R. Accad. Linrei, Rendic, XVI. 1907, 1" sem., p. 853-857).
2. M. Cassetti, Osservazioni geologiche sul Monte Massico presso Sessa Aurunca in provincia di Caserta (BoIl. R. Comitato Geol. d'italia, XXV, 1894, p. 160-166).
3. A. Galdierl, Osservazioni sui terreni sedimentarii di Zannone, Isole Pontine (Rendic. Accad. Se. fis. e mat., Napoli., ser. .3', XI, 1905, p. 38-45, 1 pî. : carte et coupes).
4. C. Viola, Il Monte Circeo in provincia di Borna (Boll. R. Comitato Geol. d'Italia, XXVIl, 1890, p. 101-171, pi. 111 : carte).
ALTAIDES POSTHUMES. 865
Baassif long et étroit formé par la Catena littorale (Monte Cocuzzo), à l'Ouest. Au delà des sources du Crati, près de Martirano et deNicastro, se réunissent ces deux parties montagneuses, situées respectivement à l'Est et à rOuest du fleuve. Puis l'étranglement entre le Golfe de Squillace et le Golfe de Santa Eufemia sépare la Calabre Septentrionale de la Calabre Méridionale. Au Sud s'étend le chaînon, allongé vers le S. S.W., de la Serra, qui se termine avec TAspromonte. La vallée de la Mesima isole à TOuest le petit Massif Vaticanique (Monte Poro) ; enfin le Détroit de Messine sépare TAspromonte de son prolongement naturel, le massif des Monts Péloritains, en Sicile.
Cortese distingue les éléments suivants dans les formations cristallines. Du gneiss à hornblende ancien et des micaschistes ne constituent que l'Aspromonte et la partie voisine des Monts Péloritains. Ils sont suivis de phyllades puissants et variés, montrant quelquefois à la partie supérieure des intercalations de gneiss œillé ou des passages à des schistes à séricite et à des talcschistes. Sur les phyllades repose un gneiss grenatifère, très développé, qui est le plus souvent une véritable kinzigite, tout à fait semblable à celle dlvrée et accompagnée de schistes à grenats. Enfin du granité affleure en grandes masses. Il pénètre par de nombreux filons à travers les roches plus profondes et s'étale à la surface. Sur deux points apparaît de la tonalité, acquérant une extension assez notable; on voit également de la diorite et des filons de porphyre. Le granité recouvre presque toute la Serra et un fragment important du Massif Vaticanique ^ On a parlé aussi, à ce propos, de la Sila; mais, d'après les observations de Fucini, Tordre de succession des roches, dans ce massif, n'est pas le même : là, le granité est la roche la plus ancienne; des phyllades et un peu de gneiss lui sont superposés ; puis viennent des schistes ressemblant au terrain houiller du Monte Pisano et des Alpes*.
Au Nord, à l'endroit où le gneiss grenatifère de la Chaîne Littorale s'enfonce sous le terrain triasique, on trouve, sous ce Trias et au-dessus des phyllades, des schistes verts résultant du métamorphisme de la dia> base. Des serpentines apparaissent sur divers points ; et parfois, la ressemblance avec les pielre verdi des Alpes est si complète que Lovisato regarde ces roches comme une continuation des roches vertes des Alpes ^
1. E. Cortese, Descrtzione geologica délia Calabria^ p. 63 et suiv.
2. A. Fucini, Studi geologici sul circondario di Bossano (Âtti Accad. Gioenia, Catania, IX, n** 17, 1896, 87 p., carte; en particulier p. 5 et suiv.). Sur les schistes de la partie Nord-Ouest de ta Sila, attribués à la kinzigite, voir L. Busaiti, ÄUune roece délie pendici nord-occidentali délia Sila (Alti Soc. ïosc. Se. Nat., Pisa, Vlll, Proc-verb., 1893, p. 202-208).
3. 1). Lovisato, Cenni geognostici e geologici sulla Calabria settentrionale (Boll. R. Coniitato Geol. dltalia, IX, 1878, p. 155-174, 347-363, 468-487 et suites, principalement X, 1879, p. 24-39 et 108-137); le témoignage de V. Novarese est tout à fait analogue (La zonad'Ivrea, Boll. Soc. Geol. liai., XXV, 1906, p. 179).
Si la constitution de ce substratum diffère profondément de ce que Ton observe dans d'autres parties de l'Apennin, la répartition des sédiments n'est pas moins singulière.
Des phyllades, de la kinzigite et des schistes verts forment la plus grande partie de la Chaîne Littorale; celle-ci atteint, comme nous l'avons dit, la région triasique du Nord; le fait se produit près de Santa Agata sur l'Esaro. Un lambeau de calcaire noir, complètement séparé de la région triasique, se rencontre encore sur la côte, près de Cetraro. Un fragment beaucoup plus important, ayant près de 8 kilomètres de longueur, très étroit, stratifié horizontalement, à ce qu'il semble, et ayant au moins 200 mètres de puissance, couronne toute la crête du Cocuzzo (1 542 m.) et domine au loin la région. D'autres lambeaux plus petits s'étendent jusqu'à Malito (à l'W.S.W. de Rogliano), à 56 kilomètres de Santa Agata; ce calcaire est daté par des Diplopores et des Mégalodontes*.
Le grand escarpement triasique méridional s'éloigne de Santa Agata vers le N.E. jusqu'à Castrovillari, puis il disparaît sous le Crétacé. En avant de cette falaise, la plaine s'élargit et, à 10 kilomètres au S.E. de Castrovillari, deux dômes isolés de Trias émergent encore de cette dépression; à 10 kilomètres, sur le bord Sud de la plaine, apparaissent les phyllades anciens des avant-monts de la Sila. Le Crati traverse là, dans son coude entre Terranova et Spezzano Albanese, un nouveau lambeau de calcaire. En 1871, mes pas m'amenèrent en ce lieu, en compagnie de mon ami G. vom Rath, aujourd'hui défunt. Nous y trouvâmes des Crinoïdes, et nous ne doutâmes pas d'être en présence d'un prolongement des puissantes murailles calcaires qui s'élèvent, avec une splendeur vraiment alpine, sur le versant Nord de la vallée du Crati. Lovisato et Fucini ont émis la même opinion. Le premier ajoute que le calcaire de Terranova repose sur des micaschistes ou des schistes verts, mais qu'il n'offre pas de limite tranchée vis-à-vis de ces roches. Les alternances entre ces divers types sont d'ailleurs multiples; il y a des couches minces de cipolin, etc. Fucini s'exprime d'une manière analogue *.
Ainsi se terminent, dans la vallée du Crati, d'après les connaissances actuelles, les traces du Trias.
Nous avons déjà dit que le granité de la Sila devait être regardé
1. G. Tom Rath, Geognostisch-geographische Bemerkungen über Calabrien, Reisebeobaehlangen <Zeitschr. Deutsch. Geol. Gesellsch., XXV, 1873, p. 150-209, en particulier p. 150); E. Cortese, Descrizione geologica delta Calabriüt p. 219.
2. G. vom Rath, mém. cité, p. 167; Lovisato, mém. cité, X, 1879, p. 33 et suir.; Fucini, mém. cité, p. 18-21. Sur la carte géologique à 1 : 100 000, ce calcaire a été attribué il TÂrchéen.
ALTAÏDES POSTHUMES. 867
comme plus ancien que les schistes qui raccompagnent. A ces roches est superposé, au Sud de Rossano, sur le versant de la Mer Ionienne, un groupe de lambeaux mésozoïques très fossilifères. Ils ont été étudiés par Fucini, Greco et I)i Stefano*.
Le fragment le plus important est un lambeau de Lias, long de 17 à 18 kilomètres, reposant en partie sur du granité, en partie sur des schistes, et allongé vers le S.E. Sur son bord occidental est situé Longobucco, D'après la carte à 1 : 100 000, il repose à TEst sur du granité, à 300 m. d'altitude, dans le fond de la vallée du Trionto, et il atteint vers son bord occidental 1 480 m. au Monte Palepito; près de ce sommet, le granité s'élève à 1 431 m. Le lambeau de Lias augmente donc peu à peu d'altitude, et il montre en même temps des indices de plissement. Dans l'ensemble, il paraît constituer un synclinal s'ouvrant vers l'Est. Le terme le plus ancien de la série est représenté par une accumulation de blocs et de galets, avec lits de sable et traces de plantes ^. Vers le haut, il se relie aux bancs calcaires du Lias inférieur; le Lias moyen est peu développé; par contre, le Lias supérieur se montre très étendu, et en partie transgressif sur le granité.
Au Nord, jusqu'à proximité de la ville de Rossano, apparaît une rangée d'auti*es lambeaux plus petits et parfois même minuscules. En un point, le reste d'un banc à Rhynchonella Clesiana repose sur des schistes anciens. Sur des schistes également sont situés deux ou trois petits lambeaux de calcaire rougeàtre avec la faune de l'horizon du Cap San Vigilio, qui renferment des débris remaniés du substratum. Deux petits témoins de calcaire tithonique à Aptychus reposent partie sur ce calcaire rougeàtre, partie sur du granité.
Des couches à Nummulites de TEocène moyen succèdent aux différents niveaux qui viennent d'être mentionnés. Le long de la mer, elles forment une zone assez longue qui s'étend au S.E., mais qui est d'ailleurs discontinue. Ces couches commencent, elles aussi, par un conglomérat de base *.
On peut donc dégager de ce qui précède les résultats suivants : le Trias manque. Tous les autres niveaux sont autochtones, comme le montrent les conglomérats de base répétés. La Sila est restée depuis le
1. Fucini, mém. cité; B. Greco, Litis inferiore nel circondario di Rossano. In-8*, 128 p., Pisa, 1893; Je même, SuUa presenza deW Oolite inferiore nelle mcinanze di Rossano Calabro (Procverb. Soc. Tosc. Se. Nat.,IX, 1895, p. 231-234), et /( Lias supcriore nel circondario di Rossano Calabro (BoU. Soc. Geol. Ital., XV, 1896, p. 92-121, pi. I) ; les résultâtes ont été rassemblés par Di Stefano, Osservazioni geologiche nella Calabria Settentrionale^ p. 93-119.
2. M. Canayari, Conglomeratiy arenarie e quarziti liasiche di Pantadura in provincia di Cosenza (Alti Soc. Tosc. Se. Nat., Vlil, 1891-93, Proc.-verb., 1891, p. 13, 14).
3. Di Stefano, Osservazioni geologiche nella Calabria settentrionalCy p. 114.
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Lias inférieur un banc rocheux ou une ile; mais elle a cependant été affectée par des plissements.
Quant aux lambeaux triasiques de la Chaîne Littorale et de Terranova, rien ne prouve qu'ils soient autochtones.
La bordure éocène située sur la côte ionienne disparaît; elle redevient visible à partir de Giro et se cache une fois de plus sous la large plaine de Cotrone, qui s'étend jusqu'au Golfe de Squillace et jusqu'à l'étranglement de la péninsule. Là, près de Gatanzaro, dans ce qu'on appelle la Petite Sila, et jusqu'à la côte occidentale, rien n'est plus frappant que la variété des calcaires cristallins qui se montrent en relation intime avec des diorites, des granités ou des kinzigites. On peut voir sur la route de Gatanzaro à Tiriolo de très beaux exemples de pénétration des roches eruptives dans des calcaires ou des calcschisles bien lités et fortement plissés. Des cordons de grenats jalonnent la surface des couches.
Tous ces calcaires sont, il est vrai, considérés comme archéens; mais des doutes n'ont cessé de s'élever sur cette attribution. Lovisato déclare ne vouloir ni affirmer ni nier que les bancs supérieure appartiennent au Trias. Gortese confesse qu'il les tient pour assez récents. d'âge permien par exemple, et qu'il ne les a rangés parmi les roches archéennes qu'à cause de leur grain cristallin et de leur liaison intime avec les schistes grenatifères *.
Déjà en partant de la côte occidentale, près d'Amantea, se superposent aux formations qui renferment les calcaires cristallins un grand nombre de rochers isolés de calcaire blanc, dont le rocher bien connu de TiriT3lo, au sommet du Gol de Gatanzaro, constitue un exemple. On y trouve des Ellipsactinies, des Polypiers, et aussi, plus au Sud, des Nérinées. On les a considérés comme supra-jurassiques, et plus récemment comme crétacés, et ils fournissent une limite supérieure pour l'âge des calcaires cristallins.
Ges calcaires récents arrivent à constituer quelques bandes plus longues; et, visiblement continus jadis, ils entourent aussi l'Aspromonteà l'Est. Associés à un peu de Génomanien à faciès africain et au Flysch éocène supérieur et oligocène, ils forment, à partir de Stilo, une bordure dont les couches sont sur plusieurs points fortement inclinées vers la Mer Ionienne et çà et là plissées. Les calcaires blancs du Jurassique ou du Grétacé s'étendent jusque près du Gap Spartivento, tandis que le Flysch entoure tout le Sud de la péninsule jusqu'au delà de Gapo d'Armi'.
t. Lovisato, mém. cité, p. 226-228; Cortese, mém. cité, p. 223: Fucini, mém. cité, p. 20. Pour les minéraux des calcaires intercalés dans la kinzigite, voir Y. Novarese, Calcari cristaliini e calcefiri delV Arcaico ealabrese (Boll. R. Comitato Geol. d'Italia, XXIV, 1893, p. i7-43).
2. Ed. Suess, Die Erdbeben des südlichen Italien (Denkschr. k. Akad. Wiss. Wien,
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Sicile. — Dans Texamen de la partie Nord-Est de l'île, nous suivrons Di Stefano et Cortese*. Aux terrains anciens, provenant de la Calabre, sont superposés tout d'abord en discordance les « couches d'Ali », série de quartzites, de schistes violets et de jaspes, alternant avec du calcaire brun; on y signale en outre des calcaires vacuolaires avec du gypse; un calcaire gris, en bancs minces, forme le Cap d'Ali. Les relations de cette série avec celle qui vient ensuite ne peuvent être déterminées.
La deuxième série, occupant une situation plus méridionale, débute par un conglomérat lie de vin, également discordant sur les roches anciennes, et très analogue d'aspect au Rothliegende permien. Il est relié vers le haut, par l'intermédiaire de marnes sableuses, à des bancs de calcaire avec un peu de dolomie, renfermant en abondance des Gastropodes du Lias inférieur de Palerme. Plus haut se place de la dolomie en masses rocheuses; et l'épaisseur de cette succession de couches peut atteindre 200 mètres; ensuite vient une riche faune marine, appartenant encore au Lias inférieur.
Le Lias moyen, peu développé, se présente sous la forme d'un calcaire gris il Crinoïdes, avec des espèces de Hierlatz.
Le Lias supérieur atteint jusqu'à plus de 300 mètres; à la partie inférieure se trouvent des couches à LeptaBtia, à la partie supérieure des calcaires bien lités et des marnes à Fucoïdes avec Hildoceras bifrons. Le Dogger est représenté par le niveau du Cap San Vigilio, c'est-à-dire par des bancs à Rhynchonella Clesiana et Rhynchonella Vigilni par endroits, on rencontre une assise à Harpoceras opalinum et une autre à Posidonomtja alpina. Ensuite viennent les couches alpines de Klaus à Rhynchonella Derchia, différents niveaux du Malm jusqu'au Tithonique et enfin le Crétacé et le Tertiaire.
Cette série se rapproche d'une manière frappante, comme on l'a reconnu de tous côtés, de celle de Rossano, sur le versant Nord-Est de
Mnthem.-nalurwiss. CI., XXXIV, 1877, p. 1-32, pi. I-Ill); L. Burgcrstein und F. Noë, Geologiseks Beobachtungen im sädlidien Calahr'un (Sitzunpsber. k. Akad. Wis3. Wien, Matliem.nalurwiss. CI., Abtli. I, LXXXI, 1880, p. 154173, 2 pi. : carte et coupes); Bassani e De Lorenzo, H Monte Consolino di Stilo (Atti R. Accad. Se. Napoli, »er. 2% VI, n" 8, 0 p., 1894). Voir en outre les récents travaux, déjà cités, de Cortese et Di Sterano.
1. G. Di Stefano e E. Cortese, Guida geologica dei dintorni di Taormina (Boll. Soc. Geol. ItaJ., X, 1891, p. 197-240, pi. Vlll : coupes). Celte coupe dilTère très notablement de celle que j'ai indiquée moi-mémo, d*accord avec les vues antérieures des géologues siciliens (voir notamment Ed. Suess, Die Erdbeben des südlich m Italien, p. 0, et le lome I du présent ouvr., p. 284, et qui, de plus, a encore servi de hase ù la monographie de L. Baldacci (Deserizione geologica deU* Isola di Sicilia, Mem. descritt. della Carta geol. d'Italia, I, 1886. In-8", xzxii-403 p., Il pi., 1 carte géol.), de même qu'à la Carte géologique détaillée à 1 : 100000. Le changement résulte, pour la plus grande part, des observations dues à Di Stefano. La dolomie est attribuée maintenant au Lias inférieur. D'ailleurs, toutes les difflcultés tectoniques sont loin d'être complètement élucidées {Guida geologica, p. 239-243).
la Sila. La différence la plus importante est fournie par rintercalation de dolomie dans le Lias inférieur; mais, d'un côté comme de l'autre, tout le Trias manque, si toutefois les couches d'Ali n'en sont pas une trace. On constate également, comme en Calabre, des transgressions du Lias supérieur; de même, le Tithonique déborde les couches très diverses qui le supportent. Le Crétacé et le Tertiaire sont transgressifs sur les terrains anciens. Il est à remarquer que sur le versant septentrional, près de Castroreale, au-dessus de Barcellona, Seguenza a découvert, entre l'Eocène et le gneiss, un lambeau de Cénomanien africain kOslrea scyphax.
Sous le Lias apparaît, vers le milieu de l'île, du Trias représenté par de nombreux niveaux; et en un point, sur le fleuve Sosio, dans la partie méridionale de la province de F^alerme, on voit également du Permien marin. Il ressort des études très complètes de G. G. Gemmellaro qu'en Sicile il n'y a pas de séparation tranchée entre le faciès dinarique et le faciès alpin. Le Permien marin (couches du Trogkofel, III, p. 462) est un terme très caractéristique des Dinarides; il arrive tout près de la limite des Alpes, mais n'a cependant encore jamais été rencontré à l'intérieur de cette chaîne. Or, en Sicile, il se montre à côté des couches alpines typiques de Hallstatt, par exemple à c^té de la faune de la zone à Trachyceras aonoides *.
Si l'on met à part le bord péloritain, les couches du Sosio constituent les roches les plus anciennes de la Sicile; mais l'île tout entière a un soubassement de couches mésozoïques. Le Trias se rencontre jusqu'au Sud-Ouest de l'Etna, et l'on trouve encore Y Harpoceras opalinum dans l'extrême Ouest, près de Trapani. A partir des Madonies, le Trias se dirige vers l'W. le long de la côte septentrionale ; une deuxième bande traverse le milieu de la province de Palerme et s'étend par de nombreux affleurements isolés jusqu'au Monte San Calogero dî Sciacca, sur la côte méridionale. Quant à la structure, il y a divergence d'opinions. Lugeon et Argand admettent un charriage lointain, venant du Nord et s'étendant sur l'Ouest de la Sicile jusqu'à la côte méridionale, et ils se demandent si les massifs cristallins de la Calabre ne seraient pas eux-mêmes charriés (fig. 188). Di Stefano combat l'hypothèse de mouvements aussi importants. La solution définitive dépendra d'observations nouvelles^.
1. G. G. Gernmellaro, La fauna dei caleari con Fusulina délia valle del fiume Sosio nella provincia di Palermo, ln-4% 338 p., 37 pL, Palermo, 1887-1899; le même, / Cefalopodidel Trias superiore délia regione occidenlale délia Sicilia (Giorn. publ. per cura délia Soc. di Se. Nat ed Econom., Palermo, XXIV, 1904, p. ix-xxviii et 1-319, pi. 1-XXX; en particulier noie de la p. XXV). [Voir aussi S. Scalia, / fossili del Trias superiore delV Acquanuova e di Parasporn {Monte Scalpello). (Boll. Accad. Gioenia di Se. Nat., Catania, fasc. 95, 1908, p. 10-12): La fauna del Trias superiore del gruppo montuoso di Judica, Prov, di Catania (Ibid., p. 17-25).]
2. M. Lugeon et Ém. Argand, Sur de grands phénomènes de charriage en Sicile (G. R. Ac«d.
ALTAÏDES POSTHUMES. 871
Des traces visibles attestent Teffondrement d'un massif granitique. On a remarqué depuis longtemps que des blocs de granité, de syénite, de porphyre et d'autres roches sont dispersés en grande quantité sur l'Apennin; et Capellini a supposé que leur pays d'origine se trouverait dans la Tyrrhénide effondrée. En Ombrie, ils sont de petites dimensions dans le Flysch; leur niveau principal est le Miocène moyen. Sur quelques points, ils sont accompagnés de Trias et de roches vertes, ainsi que de roches montant jusqu'à TEocène. Au Monte Deruta, non loin de Foligno, De Angelis d'Ossat a admis qu'ils proviennent de la
FiG. 188. — Plis couchés des Environs de Taormina (Sicile), d'après M. Limanowski {Bull. Laboratoire Géol. Univ. Lausanne, n** 13, 1909, pi. I, flg. 2).
1. Fh^ilades; 3. Vernicano; 3. Lias inférieur calcaire; 4. Toarcien schisteux; 5. Dogger: 6. Malm; 7. Tertiaire indétermino. — Échelle de 1 : 50000 (hauteurs et longueurs).
AA. Coupe de Cilaro à Petriului : BB. Coupe du Monte Venere au Monte Zirotto. — II. Pli de la Marlca; III. Pli de Taormina.
Chaîne Métallifère et, par suite, d'une distance de 60 à 100 kilomètres, et il s'est posé, dès 1900, la question de savoir si, comme les galets exotiques de la Mollasse suisse, ces blocs ne seraient pas des restes de nappes*.
Sc.^ CXLII, 1906. V sem., p. 966-968); Sur la grande nappe de recouvrement en Sicile (Ibid., p. 1001-1003); La racine de la nappe sicilienne et Varc de charriage de la Calabre (Ibid., p. 1107-1109); G. Di Stefano. I preiesi grandi fenomeni di carreggiamento in Sicilia (Rendic. R. Accad. Lincei, ser. 5% XVI. 1907, 1» sem., p. 238-271 et 375-381). [Voir aussi P. Arbenz, Zur Tektonik Siziliens (Vierteijahrsschr. Naturforsch. Gesellsch. Zürich, LUI, 1908, p. 281- 294), et surtout M. Limanowski, Sur la tectonique des Monts Péloritains dans les environs de Taormina {Sicile). (BulL Soc. Vaudoise Se. NaL, Lausanne, 5' sér., XLV, 1909, p. 1-64, pL MI : coupes et carte géol.; reprod. Bull. Laboratoire Géol. Université de Lausanne, n° 13). Ce mémoire fait connaître Texistence, au Nord-Est de la Sicile, d*une série de nappes déversées vers le S. W. et dont les racines, plus internes que celles des environs de Palerme décrites par Lugeon et Argand, sont à chercher du c6té de la Calabre (flg. 188).]
1. G. De Angelis d'Ossat, / ciottoli esotici del Miocène dsl Monte Deruta, Umbria (Atti R. Accad. Lincei, Rendic, ser. 5% IX, 1900, 1" sem , p. 384-391; D', 2« sem., p. 40-44). A. Roccati signale des faits du même genre dans l'Apennin de Bologne, Massi e ciottoli granitici nel terreno miocenico di Lojano (BoU. Soc. Geol. Ital., XXIII, 1904, p. 409-418). [Voir aussi G. Viola e D. Sangiorgi. Sopra i supposti fjiaclmenti granitici deir Appennino Parmense (Atti R. Accad. dei Lincei, Rendic, sbf. 3\ XVI, 19i)7, 2« sera., p. 332-337); A. Martel) i, Ciottoli di roccie cristalline ncW Eocsns di Mosciano presso Fircnze. Studio geo^ logico-petrografico. Fironze, 1909. In-8% 32 p., pi. (Pubblicazioni del R. Istituto di Studi superiore).]
Deecke, qui les a reconnus au Sud, dans les environs du Vulture, n'a pas douté qu'ils provinssent de TOuest. Baldacci et Viola ont rencontré ces éléments exotiques en telle quantité, au Nord du Golfe de Policastro, et aussi sur le versant opposé des hautes montagnes triasiques de Lagonegro, qu'ils ont supposé l'existence de deux branches de roches cristallines partant de la Galabre, en s'appuyant à l'Est sur les affleurements de la Frida*.
G. vom Rath a décrit à Fuscaldo, au Nord de Paolo, un conglomérat d'une épaisseur d'environ 100 mètres, reposant sous des couches tertiaires inclinées, dans lequel se trouvent des blocs d'un granité exotique, gros parfois de plus d'un mètre, qui lui ont également rappelé la Nagelfluh du Righi *.
L'attention doit être retenue par les gisements de ces blocs décrits par Cortese au-dessous des gypses miocènes, par exemple près de Gerace, dans la Galabre orientale, et près de Garistoppa, au Nord de Caltanisetta, dans le centre de la Sicile'. On aperçoit d'ailleurs, dans la Galabre orientale, plusieurs entassements semblables qui ne sont sans doute que d'anciens /mmare locaux.
Les exemples cités suffisent pour confirmer l'hypothèse qu'une grande chaîne, en partie granitique, existait jadis à l'Ouest de la péninsule*.
Et dès lors, il semble qu'on soit en droit de reconnaître deux éléments distincts. Le premier serait une chaîne alpine, sorte de prolongement des Alpes proprement dites, qui viendrait du Nord-Est de la Corse, de l'Ile d'Elbe et du Monte Argentario, et dont l'Apennin constituerait un fragment oriental. De celle-ci feraient partie : les granités exotiques, le Trias de Lagonegro et de la Sicile et, comme premiers témoins ou comme lambeaux de recouvrement avancés, le Trias de la Ghaîne Littorale.
Le deuxième élément serait formé par la Galabre réunie au Nord- Est delà Sicile. Gelui-ci ne constitue pas, à proprement parler, un avant-
L W. Deecke, Zur Geologie von Unter italien, 2. Die sog. • erratischen Granite » in Apulien und in der Basilicata und ihre geologische Bedeutung (Neues Jahrb. f. Min., 1891, II, p. 49-61); Baldacci e Viola, mém. cité.
2. G. vom Rath) Geognostieh-geographischc Bemerkungen Über Calabrien, p. 162.