L. Baldacci, Descrizione geologica della SiciUuj p
4. De Stefani, De Lorenzo et Di Stefano contestent tout affaissement dans la Mer Tyrrhénienne, et même en partie la structure dissymétrique de l'Apennin (voir notamment Di Stefano, Osservazioni geologiche nella Calabria settentrionale c net eircondario di Rossano (Mem. descritt. della Carta geol. d'italia, Appendice al vol. IX, 1904, p. 83-92). Par contre, Nicotra cherche à préciser les phases successives de TalTaissement; L. Nicotra, Corne siasifatta Vïlalia. Saggio di Paleogeografia del bel paese (Rendic. e Wem. R. Accad. Zclanti, Aci Reale, ser. 3', IV, CI. di Se, p. 51-72, 1905). Je laisse entièrement de côté les faits d*ordre zoogéographique, qui ont donné lieu à de nombreuses publications.
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pays, mais semble jouer dans T Apennin, avec de beaucoup plus grandes proportions, un rôle analogue à celui de la Chaine Métallifère, et aussi à celui que nous signalerons pour le Massif de Mouthoumet en avant des Pyrénées. Cet élément a certainement été affecté en partie par le plissement des Apennins.
Dans la Sicile elle-même se séparent deux régions, Tune, au Nord- Est, tout à fait analogue à Kossano, et où la série fossilifère commence avec le Lias inférieur autochtone, et Tautre comprenant tout le reste de l'île, où la série aurait été à peu près continue depuis le Permien marin.
L'Atlas Méditerranéen ^ — Dans cette région montagneuse se reproduit, tournée vers le Sud, la structure de l'Apennin (I, p. 287). Une première zone, de nature volcanique, occupe en partie des îles; une deuxième zone, caractérisée par des massifs de gneiss et de schistes anciens, forme quelques presqu'îles et suit la côte*; au Sud de celle-ci, on rencontre les longs plis d'une chaîne sédimentaire, qui s'étend jusqu'au Sahara.
Il en est ainsi à voir les choses en gros. Mais, dans le détail, les faits sont plus compliqués, et on doit tenir compte de certains traits importants. En particulier, dans l'Est, les masses gneissiques disparaissent déjà à rOuest de Bône, et les plis internes arrivent à la mer en décrivant des arcs de grand rayon, allongés vers l'E.N.E. et le N.E. Enfin, en Tunisie ' se produit une conversion complète, en vertu de laquelle
[1. Sur la géologie de PAIgérie, en général, consulter la Carte géologique de V Algérie, 3* édilion, rectifiée et complétée [par MM. Pouyanne, Ficheur et Jocob], 4 feuilles & 1 : 800 000, Paris, 1900; Ficheur, Présentation de la Carte géologique de V Algérie, 3* édition (Congrès Géol. Internat., C. R. VIII* session en France, 1900, fasc. Il, p. 729-742); Aug. Bernard et Em. Ficheur. Les régions naturelles de l'Algérie (Annales de Géogr., XI, 1902, p. 221- 246, 339-365, 419-438, pi. XU-XV : coupes, carte hypsométr. et carte des régions not.); E.-F. Gautier, Les hauts plateaux algériens (La Géographie, XXI, 1910, 1" sem., p. 89-98, 3 cartes paléogéogr. dans le t.).]
[2. E. Ficheur, Le massif ancien du littoral de la Berbérie. Son influence sur la tectonique des chaînes littorales de V Algérie (As.s. Fr. Av. Se, C. R. 30* sess., Ajaccio, 1901, 2* partie : Notes et Mém., p. 345-351); P. Termier, Sur le granité alcalin du Filfila, Algérie (G. R. Acad. Se, CXXXIV, 1902, r'sem., p. 371-373); Sur les roches granitiques et les terrains cristallophylliens du massif des Beni-Toafout, entre EUMilia et Collo, Algérie (Ibid., CXXXVI, 1903, 1*' sem., p. 328-330); E. Ficheur, Les terrains anciens et l'Éocène métamorphique dans les mastifs numidiens (Bull. Soc. (}éol. de Fr., 4* sér., 111, 1003, p. 407-431); Termier, Observations (Ibid., p. 130 et 430); L. Fernandez Navarre, Lapeninsula del Cabo Très Forças {Yebel Guork). Nolicia fisico-geologica (Bol. Soc. Esp. de Hist. Nal., IX, 1909, p. 421-436, pi. VIII-IX : carte éçéol.).]
[3. Ph. Thomos, Essai d'une description géologique de la Tunisie, d'après les travaux des membres de la Mission de l'Exploration scientifique de iSSh à 1891 , et ceux paras depuis, i" partie : Aperçu sur la Géographie Physique; 2* partie : Stratigraphie des terrains paléozoïques et mésozoïques. Paris, Impr. Nationale, 1907-1909. In-8% xxxvi-728 p., 2 cartes h. t., 110 flg. (renferme un index bibliographique, énumérant 394 articles); R. Barlenstein, Grundzüge der Bodenplastik von Tunesien (Jahresber. Frankfurt. Ver. f. Geogr. u. Statist., LXXI-LXXII, 1906-1908, p. 5-89, 1 pl. : carte hypsométr. à 1 : 1 000 000).J
les coulisvses venant de Feriana passent peu à peu de la direction E.X.E. à la direction N.E. : orientées N.N.E., elles atteignent par le Zaghouan le Golfe de Tunis, sous la forme de rangées de brachyanticlînaux accompagnés de fractures longitudinales. Cette disposition ressort.
FiG. 189. — Croquis tectonique de la Tunisie Centrale, d'après L. Pervinquière {Étude géologique de la Tunisie Centrale, ln-4% Paris, 1903, p. 336, flg. 42).
1. Axes anticlinaux ; S. Axos synclinaux; 3. Dômes et plissements transversaux; 4. Cuvettes synclinales.
— Échelle de 1 : 2 000 000.
notamment, du croquis des lignes directrices de la Tunisie donné par Pervinquière (fig. 189)*.
1. L. Pervinquière, Étude géologique de la Tunisie Centrale (Régence de Tunis, Direction ■ générale des Travaux Publics. Carte géologique de la Tunisie), ln-4*, yii-364 p., 3 pi. coupes, 36 phot., 1 carte, Paris, 1903; voir eu particulier flg. 42, p. 336 [et La Tunisie Centrale, Esquisse de Géographie physique (Annales de Géogr., IX, 1900, p. 434-453, 4 pi. pliol. et carte teclo-
ALTAIDES POSTHUMES.
Comme particulièrement instructive quant aux questions qui sont traitées ici, nous choisirons la région du Tell d'Oran, dont Gentil a donné une description très claire*. Le Tell d*Oran commence dans la
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FiG. 100. — Schéma lectooique du bassin de la Tafna (Algérie), d'après L. Gentil (Esquisse stratigraphique et pétrographiquc du Bassin de la Tafna. In-S", Alger, 1902, p. 512, flg. 121).
I. Afflouremonts antécriasiqaos; -i. Terrains secondaires et éocènes; 3. Axes anticlinaux; 1. Dépressions
synclinales miocène«. — Échelle de 1 : 1 200 000 environ.
région des Traras, à l'Ouest de la Tafna, se dirige vers le N.E. avec des interruptions répétées, reste séparé de l'intérieur du pays par la
nique, pi. XI)]. ßaltzer. également, avait déjà vu que les chaînes se dirigent vers le Golfe de Tunis; A. Baitzer, Beiträge zur Kenntniss des tanisischen Atlas (Neues Jahrb. f. Min., 1803,
II, p. 26-41, pi. 111 : coupes).
1. L. Gentil, Esquisse stratigraphique et pétrographiquc du Bassin de la Tafna (Algérie), In-S", 530 p., 5 pi. : coupes et cartes, Alger, 1902. [Voir aussi le Rapport sur les recherches de M. L. Gentil faites en 1902 dans la région Nédroma-Nemours (Bull. Soc. Géogr. et Archéol. Oran,XXVni. 1008, p. 263-272); et une note de MM. Ficheur et Doumergue, Sur Vcxistence du Crétacé dans les schistes d'Oran (G. R. Acad. Se, GXLll, 1006, 1'' sem., p. 1576-1579).]
Sebkha et plonge enfin dans la mer entre la ville d'Oran et le Cap Falcon (fig. 190).
Les montagnes des Traras sont constituées par un massif de schistes anciens, allongé vers le N.E. et traversé par une intrusion granitique (granité de Nédroma). Sur ces schistes repose en discordance un conglomérat ferrugineux, auquel succèdent directement les puissants calcaires du Lias, jusqu'à l'horizon à Hildocei^as bifrons^ puis des schistes à Posidonomya alpina^ et enfin TOxfordien. Jusque-là, la ressemblance avec la série de Taormina et de Rossano est manifeste.
Cette même série de couches affleure sous des basaltes au Djebel Skouna; elle forme plus au N.E. des collines isolées, redevient visible sous les laves et les brèches du volcan récent de Tifarouin, et atteint enfin le Golfe d'Oran dans les longs pli^ du Sahel d'Oran.
La longueur totale du Tell d'Oran mesure 120 kilomètres. Sur quelques points se montrent, entre le Lias et les schistes anciens, des marnes bariolées, gypsifères, accompagnées de calcaires en plaquettes. Ces marnes représentent le Trias. En outre, il existe au Sud-Ouest des Traras, reposant pour la plus grande partie sur le granité de Nédroma, une accumulation de blocs réunis par un grès rouge foncé, dont l'épaisseur dépasse 200 m., avec quelques bancs de grès de même nature : c'est le poudingue des Béni Menir. Au Nord-Est des Traras, près de Kef el Goléa, de l'autre côté de la Tafna, Gentil a observé c^s couches rouges des Béni Menir sous le Trias gypsifère. Elles représentent donc bien le Rothliegende et doivent être séparées du conglomérat de base du Lias. On doit aussi vraisemblablement rapporter au Permien les conglomérats rouges associés à des schistes violets du Cap Falcon et de la Montagne des Lions près d'Oran (I, p. 291). Il est probable que le Tell se prolonge encore plus loin, jusqu'au Cap Ferrât.
Beaucoup plus loin vers le N.N.E., dans le massif montagneux de Miliana, au Sud de Cherchel, Gentil n'a pas rencontré seulement les couches des Béni Menir et les schistes violets du Cap Falcon, surmontés par un peu de Trias gypsifère, mais aussi des porphyrites*. On y trouve également les schistes anciens; et dans la Chaîne de Blida, qui est le prolongement oriental du Massif de Miliana, les calcaires du Lias reposent directement, d'après Ficheur, sur ces schistes anciens(fig. 191)*.
i. L. Gentil, ouvr. cité, p. 84, 07.
2. E. Ficheur, Les plissements du massif de Blida (Bull. Soc. Géol. de Fr., 3« sér., XXIV, 1890, p. 082-1041, pi. XXXI-XXXIII : coupes et carte, en particulier p. 285). 11 reste d'ailleurs frappant qu'on n'a jamais trouvé de fossiles dans ces schistes, alors que le Carbonifère inférieur est connu jusque dans le prolongement Sud-Ouest des montagnes deTlemcen,qu*il faudrait peut-être regarder, d'après Gentil, comme le prolongement du Djebel Bécbar vers le Nord (L. Gentil, Recherches stratig raphiques sur le Maroc Oriental, G. R. Acad. Se, CXLVI, 1008, !•' sem., p. 428).
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Ces circonstances, la nature des couches des Béni Menir, la présence de porphyrites, la discordance sur les schistes anciens, recouverts eux-mêmes par les gypses du Trias, montrent que là réapparaît le Rothliegende du Haut-Atlas, dont les sommets les plus élevés sont eux-mêmes en partie formés de porphyrite permienne. Les schistes anciens du Tell d'Oran, de Miliana et de Blida, ainsi que le granité de Nédroma, sont donc des parties des Altaïdes qui ont été reprises par les plissements récents, de la même manière que la zone du Mont-Blanc s'est trouvée incorporée aux Alpes.
El ainsi se pose une fois de plus le problème de la signification des schistes violets et des traces de gypse, si faibles qu'elles soient, qui, dans le Nord-Est de la Sicile, sous le nom de « couches d'Ali », recouvrent directement le Massif Péloritain. La difficulté qu'il y a parfois à prouver l'existence du Trias est bien mise en évidence par ce fait que, même après 1890, beaucoup d'observateurs expérimentés n'ont pas ou à peine reconnu sa présence en Algérie, alors que cette formation est répartie sur tout le pays et que tous les grands chotts en tirent leur teneur saline*.
Le Trias algérien se compose, comme nous l'avons déjà dit, de marnes bariolées à gypse, anhydrite et sel, puis de cargneules et de calcaires eu plaquettes. Dans ces derniers, on a rencontré près de Constantine Myophoria vulfjaris et Gervillia socialis, fossiles du Muschelkalk germanique, et Marcel Bertrand a fait
1. Voir, par exemple, l'ouvrage d'ailleurs si précieux d'A. Pomel, Explication de la deuxième édition de la Carte géologique provisoire de l'Algérie au 1 : 800 000. ln-4», vii- 217 p., Alger, 1890; en appendice : J. Curie et G. Flamand, Boches eruptives, étude succincte, 101 p. On ne sait rien de précis sur les traces d'Ammonitidés et de Walchia, non plus que sur les traces de Conifères que Jourdan, Coquand et d'autres observateurs ont signalé jadis le long de la côte d'Oran, en particulier à la montagne des Lions (voir Pomel, ou Vf. cité, p. 11-U).
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ressortir la ressemblance complète de ces calcaires avec le Trias de la Provence'. Sur un autre point, on a signalé Mytilus psilonoli. Dans la Tunisie centrale, Pervinquière a trouvé Myophoria Goldfussi et Ostrea Montis caprilis. Mais les marnes gypsifères ont, comme le Trias du Jura et comme la formation salifère des Alpes Calcaires Orientales, absorbé une telle part des mouvements orogéniques qu'elles ont été très souvent étirées et broyées, et que les calcaires en plaquettes ne sont plus reconnaissables que sous forme d'éclats, pétris dans leur masse. Elles semblent d'ailleurs avoir une tendance, soit par suite du foirage de Tanhydrite, soit simplement sous rinfluence des pressions latérales, à s'introduire de bas en haut suivant les lignes de dislocation et à entraîner leur voisinage dans ce mouvement. Telle est sans doute rorigine de la confusion qui, pendant longtemps, a fait regarder comme éruptifs les pointements de sel et de nombreux pointements de g}'^pse-. Dans les marnes gypsifères ainsi bouleversées, on rencontre des blocs exotiques dont la dimension peut atteindre plusieurs mètres. On connaît également en place, dans le substratum, des gneiss à sillimanite. (les gneiss à grenats, des granulites et des syénites micacées, qui sont peut-être des lambeaux de poussée entraînés vers la surface. Mais à oùté se montrent des roches intrusives diverses. Gentil, qui s'est beaucoup occupé de cette question, cite des ophites (ce sont, pour la plupart, des diabases à. structure ophitique), de la diorite, ainsi que de la diorile quartzifère, de la diorite à dipyre et du gabbro, et pense que toutes ces roches ont une origine commune. Toutes sont intrusives, presque sans exception brisées par les mouvements tectoniques, et souvent pétries en une brèche avec la formation gypsifère. (lomme elles ont exercé des actions de contact, en donnant par exemple de l'albite, de la tourmaline et du dipyre dans le calcaire, elles sont plus récentes que le Trias et probablement, d'après Gentil, d'âge soit jurassique, soit crétacé ^
1. M. Bertrand, BuU. Soc. Géol. de Fr., 3' sér., XXIV, 1896. p. 1184; J. Blayac et L. Gentil, U Trias dans la Région de Souk-Ahras (Ibid., 3« sér., XXV, 1897, p. 523-548, pi. XXI : coupes, 1 carte dans le t.). [Voir aussi E. Ficheur, Le massif du Chettabael les îlots triasiqaes de la région de Constantine (Ibid., 3" sér., XXVII, 1899, p. 85-114, carte dans le U); J. Biayar. Le Trias dans la région de Clairefontaine au Sud de Souk-Ahras. Observations sur le Trias de VAlgérie et de la Tunisie (Ibid., 4« sér., VII, 1907, p. 272-283, carte dans le t.).]
2. 'fermier admet l'existence en Tunisie de grands charriages superposés au Trias: on peut différer d opinion quant à leur amplitude; I*. Termier, Sur les phénomènes de rrcoavrfment du Djebel Ouenza {Constantine) et sur Cexistencc de nappes charriées en Tunisie (G. R. Acad. Se, CXLIII, 1906, 2* sera., p. 137-139); id. in L. De Launay, Les richesses minérales d' l'Afrique. In-S", Paris, 1903, p. 341. [Voir aussi G. Gourguechon, Sur l'interprétation leeljnique des contacts anormaux du Djebel Ouenza (Algérie) et de quelques phénomènes similaires observés en Tunisie (Bull. Soc. Géol. de Fr., 4* sér., VIII, 1908, p. 46^3); P. Termier, .Vol« de tectonique tunisienne et constantinoise (Ibid., p. 102-124); L. Joleaud. Sur Vexisiencc (fnne nappe de charriage dans le Nord-Est de VAlgérie (G. R. Acad. Se, CXLVll, 1908, 2« sein., p. 480-482).]
3. L. Gentil, ouvr. cité, p. 210 et suiv., p. 274-275; voir aussi Curie et Flamand, ouvr. cité.
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On rencontre des ophites à travers tout l*Atlas Méditerranéen, depuis le Maroc jusqu'à la Tunisie.
Il est à peine besoin d'insister sur la ressemblance frappante de cette formation avec les blocs contenus dans les couches salifères des Alpes Calcaires Orientales, ou de rappeler l'existence simultanée de la diorite, de la diorite quartzifère et du gabbro à Ivrée. Les gneiss ù sillimanite, à grenat et a cordiérite, qui appartiennent dans TOranie aux terrains du substratum, semblent y jouer le même rôle que la kinzigite en Calabre et près dlvrée. —
Lorsque, partant de l'Angleterre, on marche vers le Sud-Est, en se dirigeant vers les iVlpes, on vient d'une région où l'ensemble du Trias est représenté par une série de sables et d'argiles salifères dans laquelle il est difficile de démêler des niveaux distincts. C'est seulement dans les horsts rhénans que s'intercale le Muschelkalkj et que l'on atteint le type germanique du Trias (II, p. 425). A l'époque rhétienne se produit un mouvement positif, qui persiste avec des oscillations jusque dans le Lias; loin au Nord, dans l'Ile de Skye, bien au delà de la limite d'extension du Trias, le Rhétien est encore représenté par une série marine (II, p. 446). Sur tout le pourtour de la Méditerranée Occidentale, depuis le Var jusqu'à la Tunisie, domine, à l'exception des Baléares et de la basse vallée de l'Èbre, le développement plus ou moins atrophié du Trias germanique. On en a également rencontré des traces en Sardaigne. Le plus souvent, il consiste en argiles lagunaires avec gypses, accompagnées de calcaires à Myophories. Dans tout ce domaine, le mouvement positif, qui n'a cessé de se faire sentir depuis le Rhétien, a superposé le Lias à ce Trias. L'avancement progressif du Rhétien, puis du Lias a été mentionné (III, p. 593) sur le bord Ouest du Plateau Central.
C'est seulement au delà de cette large bordure et au delà du Jura et des Alpes Helvétiques que l'on atteint, en Piémont et dans les Alpes i)rientales, dans les Dinarides et en Sicile, les sédiments franchement pélagiques de la Téthys.
Avec ces résultats concordent pleinement l'existence de restes des Altaïdes dans le Tell Oranais, près de Miliana, etc., ainsi que la superposition du Lias. Mais ils correspondent également fort bien aux faits constatés dans le Nord-Est de la Sicile et au Nord-Est de la Sila. Une trace des Allaïdes, ou tout au moins une large surélévation ancienne, s'intercale en Calabre entre l'Apennin Méridional et les Dinarides.
La façon dont la Méditerranée Occidentale est entourée par le Trias germanique montre en même temps l'inexactitude de la conception ancienne, d'après laquelle ce Trias aurait été, en Allemagne, séparé du Trias alpin par une longue chaîne, la Chaîne Vindélicienne.
Depuis l'extrémité des Monts Péloritains près de Taormina jusqu'à
la saillie des Altaïdes Africaines près de Figuig, il n y a pas d'encadrement tranché; et le Plateau du Sahara forme, pour TAllas Méditerranéen, un avant-pays comparable à la Plate-fomie Russe entre les restes effondrés de la Chaîne Cimmérienne et la première apparition des traces Sudétiques sur le Sann, par exemple.
Cette circonstance influe sur Tallure des plis dans TAtlas Méditerranéen.
Ces plis ne sont pas parallèles. Le Tell Oranais se dirige à peu près E.N.E., et ses prolongements probables au Cap Ferrât et dans les chaînes de Miliana et de Blida conservent la même direction jusqu'aux montagnes situées au Sud d'Alger. Ils longent au Sud les gneiss de la côte*. Dans la région montagneuse beaucoup plus large qui vient ensuite vers le Sud, il n'affleure pas, d'après les observations recueillies jusqu'à présent, de terrains d'Age plus ancien que le Trias. Le Crétacé domine. Ce sont de larges chaînes plissées, séparées par les dépressions des Chotts. Elles commencent au Sud avec un tracé voisin de la direction W.-E. et passent, en décrivant une courbe de grand rayon, à TE. 0° N. S ou bien sortent directement du désert avec cette direction E. 30« N.
Les parties les plus méridionales de la région montagneuse sont parfois désignées sous le nom d'Atlas Saharien; elles ne forment cependant pas une chaîne continue, mais plutôt une série de coulisses
[I. Principaux travaux récents sur la siruclure de l'Allas Tellien orienlal : E. Ficheur, Le Crétacé inférieur dans le Massif des Maimatas, Alger (Bull. Soc. Géol. de Fr.. 3« sér.. XXVllI, 1900, p. 550-589, carte géol. dans le t.); J. Savornin, Structure du Djebel Maddid et du Talemtaga (Ibid., 4- sér., IV. 1904, p. 137-155, pi. VII : coupes, carte géol. dans le t.); J. Savornin, La chtUne des Biban pour le géographe et le géologue (Ass. Fr. Av. Sc, C. R. 34' sess., Cherbourg, 1905, 2* partie : Notes et Mena., p. 388-394); E. Ficheur et J. Savornin, Sur les terrains tertiaires de VOuennougha et de la Medjana (C. I\. Acad. Se, CXLl, 1905, 2* sera., p. 148-150); J. Savornin, La dépression de VOuennougha-Medjana (Ass. Fr. Av. Sc C. R. 35' sess., Lyon, 1906, 2- partie : Notes et Mém., p, 284-290); A. Joly, Étude sur le Titteri (Bull. Soc. Géogr. Alger, XI, 1906, p. 15-47; carte hypsométr. au U XII, 1907); J. Savornin, Sur le géosynclinal miocène du Tell méridional {Départements d^ Alger et de Constantine) (C. R. Acad. Se, CXLIV, 1907, 1" sem., p. 1300-1302); D. Joleaud, Sur Vdge et la nature des plissements les plus récents des reliefs intérieurs de VAtlas tellien oriental (Ibid., CXLVllI, 1909- !•' sem., p. 803-804); A. Joly et L. Joleaud, Sur la structure de la partie centrale des Hautes Plaines constantinoises (Ibid., p. 1128-1129); J. Daresle de la Chavanne, Sur lliistoire géologique et la tectonique de l'Atlas tellien de la Numidie orientale (Ibid., CXLIX. 1909, 2* sem., p. 371-373, 429-431); E. F. Gnuiier, Entre Berrouaghia et Aumale (Annales de Géogr., XIX. 1910, p. 245-250, carie dans le t.); J. Dareste de la Chavanne, La région de Guelma. Étude spéciale des terrains tertiaires (Bull. Service Carte géol. de PAIgérie, 2* sér., n" 5). Alger, 1910. In-8*, 267 p., 5 pi. ; coupes et cartes géol.]
[2. J. Savornin, Esquisse orogénique des chaînons de VAtlas au nord-ouest du Chott et Hodna (C. U. Acad. S., CXL, 1905, 1" sem., p. 155-157); Sur la tectonique au sud-ouest du Chott d Hodna (Ibid., GXLÏ, 1905, 2« sera., p. 784-786); Essai sur VHydrologie du Hodna. Régime arUsien, sources vauclasiennes» sources thermo-minérales. In-8*, 124 p., nombr. pi. et cartes, Alger, 1908 (Bull. Service Carte Géol. de PAlgérie, 3' sér., n» 1); A. Joly, U plateau steppien d'Algérie. Relief et structure (Annales de Géogr., XVIIl, 1909, p. 162-173, 238-252, pi. VIII-VIII 6« : cartes).]
disposées en quinconce, assez semblables au bord oriental des Montajines Rocheuses (fifç. 192).
Près de Fi^nii^, la limite méridionale de TAtlas Méditerranéen est TTiarquée par le Djebel Melias (III, p. 683), déversé vers le Sud. A partir Je là, les Montagnes des Ksour, puis le Djebel Amour* dominent, il est vrai, l'immense désert comme une muraille abrupte et rectiligne {I, p. 294); mais, près de Laghouat, les chaînes s'éloignent du désert, en gagnant Tinté rieur du pays, suivant une direction E. 30° N. A partir de ce point, une limite continue, vers le Sud, n'apparaît que par intervalles. L'une après l'autre, les coulisses parallèles, orientées E. 30® N., entrent du désert dans la région montagneuse. La plus connue est le Djebel Bou Khaïl. Plusieurs se réunissent dans l'intérieur de la chaîne pour constituer le puissant Massif de l'Aurès. Le désert empiète davantage vers le Nord; et assez loin au Nord, entre les extrémités des coulisses, se trouve Biskra. A partir de là, on constate de plus en plus nettement que les coulisses successives prennent d'abord leur élan dans la direction W.-E., avant de s'incurver vers l'E. 30° N. A partir du Djebel Cherchar\ le désert recule de nouveau peu à peu vers le Sud, et la direction E.-W. prend une importance croiSvSante dans le Sud de la Tunisie. Un anticlinal crétacé continu s'étend, notamment, deNégrine à Gafsa; des chaînons crétacés orientés E.-W. accompagnent les Chotts el Djerid et el Fedjedj, et on les retrouve encore à Gabès (I, p. 437) ^
Dans nombre de ces coulisses, de Figuig au Chott el Fedjedj, les marnes gypsifères apparaissent sous le Crétacé ou le Jurassique, et l'on voit également avec elles des ophites*.
[1. Voir la monographie d'Et. Riller, Le Djebel-Amour et les Monts des Oulad-Nayl, Jn-S", 102 p., 4 pi. coupes, 10 flg. Alger, 1002 (Bull. Service Carte Géol. Algérie, 2« sér., n° 3).]
[2. J. Hlayac, Le pays des Nemenchas à l'Est des Monts AurèSj Algérie (Annales de Géogr., Vlil, 1899, p. 141-159, pi. 5 : carte, 2 cartes dans le t.); J. Joleaud, Note sur la géologie de la région de Négrine, Algérie (Bull. Soc. Géol. de Fr., 4' sér.. Vil, 1907, p. 263-271, carte géol. dans le t.); Roux et H. Douvillé, La géologie des environs de Redeyef, Tunisie (Jbid., 4' sér., X. 1910, p. 646-660).]
3. L'on s'pst appuyé ici, en se rattachant à un précédent exposé, sur la description plus rérente (jue Rolland a donnée de la bordure externe : G. Rolland, Chemin 4e fer Transsaharien. Géologie du Sahara Algérien. In-4*, Paris, 1890, p. 14-29, pi. IV. Voir aussi la rarte à 1 : 800 000 du Service géologique. Un certain nombre de répétitions étaient inévitables pour que la continuité pût être reconnue. — Les différents chaînons qui portent le nom d'ensemble dp Djebel Tebaga affectent à partir de Gabès la direction W.-E. et forment une presqu'île au milieu du Chott el Djerid; M. Idoux, \otes sur le Nefzaoua, Tunisie méridionale (Annales de Géogr., XI, 1902, p. 439-447). [Le modelé de ces chaînons, ainsi d'ailleurs que celui d'une grande partie des reliefs du Sud algérien, a été magnifiquement figuré dans los Matériaux d'Étude topologique pour V Algérie et la Tunisie, qui font partie de la collection des Cahiers du Service Géographique de V Armée (séries III à VII, Paris, 1902-1908. ln-8*). Voir aussi le grand ouvrage du Général Berthaut : Topologie. Étude du terrain. 2 vol. in-4'', Paris, Service Géogr. de l'Armée, 1909-1910, posaim; et Emm. de Martonne, Traité de Géographie Physique, ln-8", Paris, 1909, p. 499, flg. 230.]
4. Voir, en particulier, Ph. Thomas, Recherches sur quelques roches ophitiques du Sud de
SL'Ess — m. 57
De fait, le plissement de TAtlas Méditerranéen a été gêné par Tencadrement, qui s'étend jusqu'à Figuig. Le Djebel Amour est la dernière grande coulisse qui sorte de l'encadrement, et toutes celles qui suivent, il l'Est de Laghouat, se trouvent à l'extérieur du Djebel Amour et n'ont pas de prolongement vers l'Ouest. Les plus externes et les dernières sont les coulisses qui se dirigent vers Gabès, avec l'orientation E.-W. C'est un groupe de chaînons plus interne qui atteint Tunis avec la direction N.N.E. 11 résulte de là, en outre, que toute la côte orientale de la Tunisie, jusqu'à Gabès, appartient aux contreforts de l'Atlas.
Nous nous trouvons maintenant en face d'un problème qui ne peut guère être résolu avec certitude, par suite de la vaste étendue masquée par la mer, et en raison aussi de l'état encore incomplet des recherches.
Que, d'une façon générale, les lignes directrices de l'Apennin se relient avec l'Atlas, c'est là un fait admis d'un commun accord. Haug a fait toutefois ressortir qu'en Afrique, les faciès des sédiments diffèrent de ceux de la Sicile, et que la direction N.N.E. qui règne en Tunisie est en contradiction avec les directions dominantes en Sicile. La diversité des faciès s'expliquerait par cette circonstance que la nappe charriée de la Sicile, admise par Lugeon et Argand, n'aurait pas atteint l'Afrique. Le contraste des directions serait en rapport avec un rebroussement des plis {Schaarung) entre la Sicile et l'Afrique, et à l'angle aigu ainsi déterminé correspondraient les îles volcaniques de Pantellaria et de Linosa*.
Le point de départ de cette conception est parfaitement juste; toutefois, l'énigme pourrait bien être plus compliquée.
L'opposition des faciès entre la Sicile et l'Afrique est très réelle; mais le faciès africain se présente également dans toute sa netteté k Rossano; et l'opposition se reproduit sur le sol même de la Sicile. Ce contraste n'intéresse d'ailleurs que le Permien marin et le Trias. Déjà dans le Lias il y a similitude. Zittel, par exemple, a pu reconnaître
la Tunisie (Bull. Soc. GéoL de Fr., 3' sér., XIX, ISOOOl, p. 430-472). [Le Trias, CM)nstitué par des gypses, des calcaires et des grès, se prolonge vers le Sud-Est, en plein domaine Saharien, en allant vers la Tripolitaine; il est recouvert, dans cette région (Dahar, Jefara), par une série jurassique puissante (Bathonien-Kimeridgien), à laquelle succèdent les différence étages du terrain crétacé moyen et supérieur; A. Joly, Extension du Trias dans le Sud de la Tunisie (C. R. Acad. Se, CXLV, 1907, 2* sem., p. 143-140), et Notes géographiques sur le Sud Tunisien (Bull. Soc. de Géogr. d'Alger, XIH, 1908, p. 281-301, carte géol. à 1 : 800000«; XIV, 1909, p. 223-250); H. Jourdy, Observations dans l'Extrême-Sud tunisien (Bull. Soc. Géol. de Fr., 4* sér., Vlll, 1908, p. 144-151, 1 carte); H. Douvillé, Le Jurassique de VExlréme-Sud tunisien (Ibid., p. 152-154); L. Pervinquière, Le Sud Tunisien (Revue de Géogr. annuelle, de Ch. Vélain, 111, 1909. p. 395-470, 33 flg.).]
1. Éni. Haug, Sur les relations tectoniques et stratig rapf tiques de la Sicile et de la Tunisie (G. R. Acad. Se, CXLU, 1906, 1" sera., p. 1105-ll()7; voir aussi Bull. Soc. Géol. de Frl, 4' sér., VI, 1900, p. 355, 350).
ALTAIDES POSTHUMES. 885
près de Constantiue l'horizon très spécial des calcaires gris liasiques du Tyrol méridional, qui se rencontre aussi très souvent dans l'Apennin; on a insisté de même sur la grande ressemblance du Tithonique du Djebel Ressas, près de Tunis, avec celui de la Sicile; aux environs de Constantine se montrent dans le Flysch les grands Inoceramus salisburgensis (atteignant jusqu'à 50 cm.), qui, dans les Alpes Orientales, caractérisent, avec Inoceramus Cripsiy etc., les sédiments septentrionaux ^
La direction des plis en Tunisie s'accorderait, dans le Nord, avec l'existence d'un rebroussement, mais non leur peu de cohésion et moins encore leur allure dans la Tunisie méridionale; en Sicile, il est particulièrement difficile d'indiquer pour l'Ouest une direction précise ^ Décisive deviendrait la direction des terrains autochtones masqués par la nappe charriée; des couches de cette nature sont, par malheur, absolument inconnues.
Par contre, la diversité de configuration de l'avant-pays influe clairement sur la structure. L'altitude du substratum a entraîné l'absence complète ou le développement lagunaire du Trias. Sur le plateau du Sahara, le plissement de l'Atlas se dissocie et s'étale, en finissant par s'éteindre, et la mer masque les liaisons. Il faudrait avant tout reconnaître si, en Sicile, le Trias pélagique ne se rencontre réellement que sous forme de nappes, déterminer en outre la signification du Trias que l'on trouve au Monte Cocuzzo et près de Terranova, et enfin savoir si le Trias de Lagonegro s'interrompt au Sud ou s'incurve vers l'Ouest.
Jusqu'à plus ample informé, il est permis de distinguer :
1° Des régions où le substratum est inconnu et où la série commence avec le Permien pélagique, auquel fait suite le Trias pélagique (Ouest et Centre de la Sicile jusqu'au Monte Judica, au Sud de l'Etna);
2° Des régions dans lesquelles le substratum est connu ou inconnu et où la série débute soit par le Rothliegende, soit par le Trias gypsifère et le Muschelkalk germanique, soit encore par un conglomérat de base du Lias inférieur (Atlas Méditerranéen, Nord-Est de la Sicile, Nord-Est delà Sila);
3° Des régions où, sur un substratum connu, au-dessus du terrain
1. Zillel, Bull. Soc. Gcol. dcFr., 3" sér.. XXIV, 1806, p. il75, 1181 et suiv.
2. A rextrémilè occidentale de la Sicile, près de Trapani, dans le Trias et le terrain jurassique, rèpne la direction NE., de même qu'eux lies Egades, àLevanzoetMarettimo(?). Mais, au Sud de ces points, ù partir des environs de Corleone, on voit apparaître la direction E.-W.f qui domino également dans la plus grande des Egades, Favignana (Baldacci, DescHzione geologica deUaSicilia, p. 187 et suiv.). Une suite de récifs (Sylvia — 13 m., Hekaté — 7 m., etc.) semblent prolonger à portir de Ih, vers le Sud, la direction E.-W. du côté de la Galite;mais on sait que les témoignoges relatifs à cette tle sont contradictoires (voir le présent ouvr., I, p. 287, note 3).
houiller d'origine continentale, la série marine commence au Dogger (massif corso-sarde) ;
4° Des régions où, sur un substratum connu, la série commence avec le Cénomanien (Sahara; partie du massif gneissique péloritain).
En même temps, le premier terme marin indiqué dans chacun de ces cas s'étend également (à Texception peut-être du Muschelkalk) sur toutes les notions énumérées antérieurement; c'est-à-dire que, le Lias de 2 s'étend également sur 1, le Dogger de 3 s'étend sur 1 et 2, le Cénomanien de 4 s'étend sur i, 2 et 3.
Il n'est pas absolument invraisemblable d'admettre que ces conditions reflètent l'allure des isohypses anciennes. A mesure que l'on accroîtra en surface l'étendue embrassée par des comparaisons de ce genre, on parviendra sans doute à les rendre plus indépendantes des transformations d'origine tectonique.
Cordillère Bétique. — En ce qui concerne le prolongement ultérieur des lignes directrices, des divergences d'opinion ne se sont pas fait jour. Tous les voyageurs qui ont eu l'occasion, dans ces dernières années, de visiter le Rif et les régions voisines notent la régularité de l'arc suivant lequel l'Atlas Méditerranéen s'incurve vers Gibraltar *. Le rocher de Gibraltar, regardé comme jurassique, est maintenant considéré comme liasique*.
Pour la Cordillère Bétique, on devra se reporter au 1*' volume de cet ouvrage (p. 295). Le sens des poussées a, une fois de plus.
[1. Celle conlinuilé entre le Rif et les chaînes du Tell Algérien, que suggère à première vue l'examen de la carie, n'a pas été confirmée par les travaux récents, et en particulier par les observations de L. Gentil : d'après ce géologue, le Moyen-Atlas ne prend pas naissance au Maroc, comme on l'admet généralement, mais résulte d'une brusque inflexion vers le Sud-Ouest, dans la région de la Moulouya, des chaînes plissées venant de TEst. Quant au Rif, il représenterait l'amorce d'un arc autonome, et ne ferait pas partie de l'Atlas. D'autre part, les Monts de Tlemcen et des Béni Bou Zeggou appartiennent à un vaste massif tabulaire, s'étendant sur les liauts-plaleaux oranais et séparant le faisceau du Tell, qui est énergiquement plissé et en partie charrié vers le Sud, de la Chaîne Saharienne, laquelle se prolonge, vers l'Ouest, par le Haut-Allas marocain; L. Genlil, Sur la tectonique du littoral de la frontière algéro-marocaine (C. R. Acad. Se, CXLVI, 1908, 1" sem., p. 712-715); Sur la constitution géologique du Massif des Béni Snassen (lb\à., p. 1344-1346): Esquisse géologique du Massif des Béni Snassen (Bull. Soc. Géol. de Fr., 4« sér., VHI, 19(18. p. 391-417, pi. VlIl-lX : carte et coupes); Rapport sur une mission scientifique au Maroc en iOOs (Nouv. Archives des Missions Scienlillques, XVIII, 1909, p. 29-7 \): Aperçu géologique sur Ir Massif des Kebdana, Maroc Oriental (C. R. Acad. Se, CLl, 1910, 2" sem., p. 781-785): Le cours inférieur de la Mlouya, Maroc Oriental (Ibid., p. 1094-1007); Uamalal d'Oujda. Étude de Géographie physique {La Géographie, XXIll, 1911, l" sem., p. 17-38 el331-356, coupes et phot.!. Voir aussi A. Brives, Les Beni-Snassen, Maroc (Bull. Soc. Géogr. Alger, XIII, 1908, p. 1-16 : Auf. Bernard, Quelques rectifications à la carte du Maroc. La vallée de la Moulouya (La Géographie, XXII, 1910, 2* sem., p. 389-396, carte dans le t.), et Les Confins Algéro-Marocains. Paris, 1911. In-8*', xvi-420 p., 5 cartes en couleurs, 42 pi. phologr,]
2. P. Choffat, Sur Cage du Rocher de Gibraltar (Bull. Soc. Géol. de Fr., 3« sér., XX, 1892. p. IX).
ALTAIDES POSTHUMES. 887
complètement changé; elles sont désormais dirigées vers le N. ; Tavantpays, la Sierra Morena, se trouve au Nord; les volcans sont au Sud. Des importants travaux produits par les savants français, à la suite du tremblement de terre de 1884*, il résulte que les hauts massifs montagneux du Sud, depuis la Sierra de Ronda jusqu*à la Sierra Nevada, présentent la même constitution que le Tell Oranais. Ces chaînons correspondent, eux aussi, à de larges croupes de schistes anciens, sur lesquelles se sont conservés çà et là des lambeaux de Rothliegende. Ces reliefs sont par conséquent, eux aussi, des parties des Altaïdes.
Sur leur versant septentrional s'étend le Trias germanique, plus nettement divisé dans cette région, à ce qu'il semble, en Grès bigarré, Muschelkalk (avec Germllia socialis, etc.) et argiles bariolées avec gypse du Keuper (renfermant Myophoria veslita). Sur le versant méridional se rencontrent des calcaires dolomitiques très épais, dans lesquels Barrois a réussi à trouver, dans la Sierra de Almijara, des bancs remplis de petits Mégalodontes. Cette découverte a conduit à supposer que les hautes montagnes schisteuses marquent la limite entre le faciès lagunaire et le faciès pélagique '.
Ces recherches ont également fait naître Thypothèse que les zones internes de la Cordillère Bétique sont traversées par trois rejets importants, en forme de décrochement, s'orientant vers le N.W. Le premier passerait par Malaga, le second par Motril et par le maximum du tremblement de terre situé près de Zafarraya, le troisième irait du Cap de Gâta vers Guadix'.
Le versant septentrional, et surtout la Cordillère dite « Subbétique », est particulièrement instructif.
Nicklès a constaté que les plis se continuent sans interruption de Jaen jusqu'au Cap de la Nao, sur plus de 350 kilomètres, et que des charriages vers le N. sont visibles au moins sur la moitié de cette longueur (fig. 193)*.
Suivons la description qu'a donnée Robert Douvillé, pour un par-
1. Mission d'Andalousie, Études relatives au tremblement de terre du 25 décembre 188U et à la constitution du sol ébranlé par les secousses. Direcleur de la Mission : M. F. Fouqué; collaborateurs : MM. Michel-Lévy, Marcel Bertrand, Barrois, Offret, Kilian, Bergeron et Bréoh (Mém. présentés par divers savants à TAcad. des Se. de l'Inst. Nat. de France, XXX, n" 2). ln-4% 772 p., 42 pi. dont 2 cartes, Paris, i889.
2. Barrois, Mission d'Andalousie, p. 84; Bertrand et Kilian, ibid., p. 406 et 573; les indications données autrefois par Gonzalo y Tarin sur les fossiles des calcaires de la Sierra de Gador {Edad geologica de las calizas metaliferas de la Sierra de Gador en laprovincia de Almeria, Bol. Comision del Mapa Geol. de Esp., IX, 1882, p. 104) auraient besoin d'être confirmées.
3. Voir la carte montrant la structure de la Chaîne Bétique, dans Barrois et Offret, llg. 10, p. 117.
4. R. Nicklès, Sur Vexistencc de phénomènes de charriage en Espagne dans la zone subbétique (Bull. Soc. Géol. de Fr., 4* sér., IV, 1904, p. 223-247, 23 flg.; voir aussi G. R. Acad. Se, CXXXIV, 1902, 1" sem., p. 493-495).
cours de 60 kilomètres environ compris entre Martos, Jaen et la Sierra
Sagra* (fig. 194).
La région située au Sud du Guadalquivir se partage en un bas-pays et un hautpays. Le premier, le plus voisin du lleuve, 5 est recouvert en suivant ses rives par un
"i liséré fertile de Miocène supérieur et de
J Pliocène; à cette bande succèdent vers le
« Sud des étendues très stériles de Keuper
g- gypsifère plissé, sur lequel reposent des lam-
■^^ beaux épars de Crétacé inférieur. On
s^ atteint ensuite le bord du haut pays. ^ ^\] s^ ^® '^^''^ ^^^ formé par le front d'un
1 -o^"^ grand pli couché, morcelé en multiples fragments par l'érosion; le plus important de ces témoins est le fragment oriental, long de 20 kilomètres, haut de plus de 2 000 mètres et dominant de 1 300 à 1 400 mètres le bas-pays. Le front est constitué principalement par des calcaires jurassiques, qui, par leurs teintes sombres et leur pauvreté en fossiles, contrastent avec les calcaires jurassiques autochtones, lesquels sont de teintes claires. Il est recourbé vers le bas et se replie vers l'intérieur, de sorte que l'on rencontre pinces à sa base les restes renversés, en grande partie écrasés, d'ailleurs, des couches crétacées et éocènes qui, primitivement, étaient superposées au Jurassique. Les mêmes dépôts ont également formé jadis le toit du pli. Mais Robert Douvillé nous dit que, probablement après l'arrêt du mouvement principal, un décollement s'est produit dans ce toit au niveau du Cénomanien; après quoi le Crétacé moyen et supérieur se sont avancés, d'un mouvement propre, sur certaines parties du bas-pays.
Le pays d'origine des calcaires jurassiques foncés est inconnu;
1. R. Douvillé, Esquisse géologique des Préalpcs subbétiques {parlie centrale). In-8% 222 p., 22 pK : phol., coupes, caries et ponoramas. Paris, 1906. •
quant à la provenance du pli, on peut seulement dire qu'il vient du Sud.
Ces affleurements tirent leur intérêt de ce qu'ils mettent hors de doute, par un exemple simple, la configuration du pli couché. Mais d'autres circonstances sont également importantes. Les vues antérieurement émises sur Vàge récent de la fracture située au Sud des montagnes, et en même temps sur l'âge récent du Détroit de Gibraltar, se trouvent confirmées d'une manière formelle'. Les intrusions ophitiques accompagnent, ici encore, le Trias et pénètrent, dans certains cas
FiG. 194. — Lambeaux de recouvrement des Environs de Jaen (Andalousie), d'après R. Douvillé {Esquisse géologique des Préalpes subbétiques. In-8°, Paris, 1906).
Terrains en place : 1. Trias: 2. Jurassique ; 3. Crétacé inférieur (Néocomion, Aptien); 1. Éocène; 5. Miocène. — Terrains charriés : 6. Jurassique; 7. Crétacé inférieur; 8. Crétacé moyen et supérieur; 9. Éocène. — 10. Contacts anormaux; 11. Contacts normaux. — Échelle do 1 : 500000.
1. Bertrand et Kilian, Mission d'Andalousie, p. 370; R. Douvillé, ouvr. cité, p. 108. — D'après les dernières notes de M. Gentil, qui me parviennent au cours de l'impression de ce volume, les choses se seraient passées de la façon suivante : pendant le Miocène supérieur (ir étage méditerranéen), jonction par le Nord de la Cordillère Bétique; pendant le Pliocène inférieur (IIP étage méditerranéen), jonction par Fez; pendant le Pliocène supérieur (IV* étage méditerranéen), le Détroit de Gibraltar doit avoir été déjà ouvert : en eiïet, les dépôts correspondants ne dépassent pas l'altitude de 120 m.; or l'arc montagneux ne s'abaisse en aucun point jusqu'à ce niveau, et pourtant le Pliocène supérieur existe à Télouan, en affeclant exactement les mêmes caractères que sur le littoral de l'Atlantique {Renseignements Coloniaux. Suppl. au Bulletin du Comité de l'Afrique Française, févr. 1908 ; Gentil, rapport daté de Tanger p. 34). [Ces premières indications ont été précisées et rectifiées par L. Gentil, qui a montré que • le détroit Sud-Rifain s'est ouvert entre la Clhalne du Rif et le Moyen-Atlas, par une transgression continue des mers miocènes vers le seuil de Taza, du côté Atlantique comme du côté Méditerranéen; le passage était largement établi à la fin du Miocène moyen et durant le Miocène Supérieur » (La Géographie, XXIII, 1911, 1" sem., p. 28'. Voir aussi les notes du même auteur : Sur la formation du détroit de Gibraltar (G. R. Acad Se, CXLVIII, 1909, !•' sem., p. 1227-1230); Sur les dépôts du détroit Sud-Bifain (Ibid.. CLII, 1911, 1" sem., p. 293-296); Sur la formation du détroit Sud-Rifain (Ibid., p. 415-418); Sur le détroit Sud-Rifain (G. R. Sommaire Soc. Géol. de Fr., 1911, p. 21-22). Consulter en outre L. Gentil et A. Boistel, Sur l'existence d^un remarquable gisement pliocène à Tétouan, Maroc (G. R. Acad. Se, CXL, 1905, 1" sem., p. 1725-1727); et J. Bergeron, Sur Vâge de la formation du détroit de Gibraltar (Bull. Soc. Géol. de Fr., 4« sér., IX, 1909, p. 228-229).]
du moins, jusque dans le Lias supérieur *. Les accumulations de blors •de la Calabre et de la Sicile, en relation avec le gypse du deuxième étage méditerranéen, semblent se reproduire dans le Bassin de Grenade sous la forme de la « formation miocène à blocs » {miocâne Block formation) de R. von Dräsche*.
La même structure et la même succession de couches règlent vers le N.E. jusqu'au Cap de la Nao; et dans la Sierra Mariola, au Nord d'Alcoy, Nicklès a encore rencontré un pli important, charrié vers le Nord, qui peut être comparé au pli de Jaen '.
Les doutes qui s'imposaient à propos des Baléares (I, p. 301), commencent à s'éclaircir grâce aux recherches d'Hermite et de Nolan^ d'une manière assez inattendue, d'ailleurs*. Dans ce petit groupe (Viles. deux systèmes montagneux sont représentés (fig. 195).
Iviza, Formentera, Majorque et Cabrera appartiennent à la Cordillère Bétique. En particulier, tout le Nord-Ouest de Majorque est formé
1. W. Kilian, Afission d'Andalousie, p. 527-532; les diabases passent, par diminution de la grosseur des feldspaths, ù des porphyrites, celles-ri par addition du péridot à des melaphyres (spiiites), Michel-Lévy et Bergeron, Ibid., p 220-223.
2. Bertrand et Kilian, Mission d'Andalousie^ p. 489 et suiv. ; voir en particulier, p. 507. R. von Draschp ilistingue une • formation de Guadix » plus rrccntc de I' • amas de blocs • miocène (Geologische Ski:ze des Hochgebirgstheiles der Sierra Nevada in Spanien (Jahrb. k. k. Geol. Reichsanst., XXIX, 1879, p. 112 et suiv., pi. VII -IX : carte et vues); Sur ces dép<»LH singuliers, voir aussi L. Siegert, Dos Becken von Guadix und Baza (Zeitschr. Gosellscli. f, Erdkunde. Berlin, 1005, p. 528-554 et 580-614, 5 pi. phologr.), et W. H. Uobhs, Guadix- Formation of Granada, Spain (Bull. Geol. Soc. of .\merica, XVII, 1900, p. 285-294, pi- .35. 31».
3. R. Nicklès, Recherches géologiques sur les terrains secondaires et tertiaires de la provinrj di'Alicante et du Sud de la province de Valence, ln-8% 219 p., 3 cartes, 7 pi., 1892 (Annales Hébert, I); voir en particulier flg. 49, p. 151.
4. H. Hermile, Études géologiques sur les Iles Baléares, I. Majorque et Minorqui*. In-8*. 357 p., 5 pi. dont 2 cartes, Paris, 1879; II. Nolan, Note sur le Trias de Minorque et de Majorque (Bull. Soc. Géol. de Fr., 3* sér., XV, 1880-87, p. 503-599), et Sur les terrains triasiqu^s ri jurassiques des Iles Baléares (C. R. Acad. Se, CXVll, 1893, 2- scm., p. 821-823 et 874): le même. Structure géologique d'ensemble de l'Archipel Baléare (Bull. Soc. Géol. de Fr., 3* sér., XXIU, 1805, p. 70-01. 3 cartes dans le t.), et \otic.' préliminaire sur Vtle de Cabrera (Ibid., 3* sér., XXV. 1897, p. 303-305). Nolan distingue dans le Trias supérieur : 1* zone du Trachycrns Curionii et du Trachyceras Vilanovœ; T zone de la DaoneUa Lomeli; 3' zone de la Hœrnesia pseudosocialis et de la ^ono<is salinaria. Puis vient la série générale du Lias et du Jurassiifue: à Majorque, elle est percée de nombreux filons de mélaphyre. [Voir aussi la traduction du mémoire d'Hermite et de la note de Nolan, publiée sous le titre de Estudios geolôgicos de hs Islas Baléares (Bol. Com. del Mapa geol.de Ëspafia, XV, 1888, p. 1-343, pI.A-D. dont 1 carie géol. générale à 1 : 400 000, établie d'après les levés de 11. Hermile, L. M. Vidal et E. Molina, 1879-1880).]