I.KGENin: DK LA FIGUHE
1. TpiraiDS primaires et secondairos plissés do la Région septentrionale de Minorqnc: H. Cordillrrc principale de Majorque; 3. Plis accessoires et chaînes orientales d*'; 1. Ilots Cf^ntraux ; '>. Noyau triasique et jurassique des anticlinaux d'lviza;6. Couverture crétacée des plis d'Iviza; Miocène horizontal de Majorque et du Sud do Minorque; Quaternaire de Formentera; 7. .\nticlioanx: 8. Failles; 9. Limites des deuxRêfrions de Minorque. — Courbes bathymétriquos (en mètres), d'aprvs la Carte d'Espagne du Stielers Hand Atlas, éd. iyo3, fouilles 33 et 35. — Échelle de 1 • 1 rKJÜ 000.
par un tronçon de chaîne, long de 80 kilomètres et haut de 1571 mètres, qui se subdivise en écailles poussées vers le N., possède la direction bétique et apparaît de la manière la plus nette comme étant un prolongement de rédifice bétique *. Des couches lacustres à Anlhracotherium sont un prolongement des formations semblables de TEst de TEspagne. Elles prouvent qu'un lac s'étendait pendant la période oligocène jusqu'à Majorque, qui faisait alors partie du continent^. La mer est venue ensuite. Déjà, à l'époque de la Natica crassatinay le bord méridional actuel formait une côte. Un calcaire miocène recouvre en couches horizontales une grande partie de la région moyenne de l'île '.
Toutes autres sont les conditions à Minorque.
Une fracture traverse toute l'île du N.W. (Golfe d'Algairens) au S.E. (Port-Mahon). La moitié Sud est un plateau horizontal de calcaire miocène, qui s'appuie en discordance contre la fracture. Dans la moitié Nord, plus élevée, on reconnaît comme terrain le plus ancien un calcaire dévonien qui, d'après ses fossiles, correspond à peu près au Dévonien de l'Eifel. Nulle part, dans les montagnes plissées récentes qui entourent la Méditerranée Occidentale, on n'a jusqu'à présent rencontré rien de semblable. Hermite signale en outre des empreintes de plantes, qui appartiennent peut-être au Culm. D'après les indications de Nolan, ces couches se disposent suivant trois anticlinaux, celui du milieu étant à beaucoup près le plus important et se dirigeant N. 5** E.
Par conséquent, quoique Majorque s'étende sans diminuer de largeur vers Minorque, la direction essentiellement différente des anticlinaux et la présence du Dévonien empêchent d'admettre que ces deux îles fassent partie d'un même ensemble. Cette circonstance doit d'autant plus nous étonner qu'à Minorque, le plissement s'est aussi fait sentir jusqu'à une époque assez tardive de l'ère secondaire, et qu'une similitude parfaite règne de part et d'autre dans la constitution des sédiments mésozoïques.
Sur le continent, on retrouve jusqu'au delà d'Alcoy, pour le Trias, la succession qui caractérise la Cordillère Bétique ; déjà à Iviza, puis à Minorque, on rencontre des grès bigarrés puissants, puis du Muschelkalk, comme sur le continent; mais à la place des marnes bigarrées du
[1. Voir Léon-W. Collet, Quelques observations sur la Géologie de la Sierra de Majorque (Archives des Se. phys. et naU, Genève, i* période, XXVII, 1009. 1'^ sein., p. 598-615, pl. IV).]
2. L.-M. Vidal, Note sur VOligocène di Majorque (Bull. Soc. Géol. de Fr., 4- sér., V, 1905, p. 651-634). [Sur la présence d'un faciès nummulilique dans l'Oligocène de Majorque, voir la noie préliminaire de J. Boussac et P. Fallot, G. R. Sommaire Soc. Géol. de Fr., 1911, p. 38-3*9.]
[3. Voir R. Hoernes, Eine geologische Heise durch Spanien (Milteil. Nalurwiss. Ver. f. Steiermark, XLII, 1905, p. 318-365).]
Keuper se montrent des calcaires en plaquettes à Daonella Lomelli et à Trachyceras, Nous avons donc atteint ici, pour le Keuper, la limite du faciès germanique, et nous voyons apparaître les avant-coureurs du Trias pélagique de la basse vallée de TEbre. Comme on a cité également ce faciès à Iviza, il en résulte que, cette fois, la limite des faciès ne coïncide pas avec la limite tectonique.
Malgré la faible distance qui les sépare du continent, Nolan constate que, pour le Trias, les Baléares ressemblent plus à la Sicile qu'à l'Espagne.
Suivant toutes les apparences, les Alpides prennent fin non avec les Baléares, mais déjà avec Majorque. Nous devons toutefois faire remarquer qu'on n'y observe pas d'indices d'un plissement récent, comme il s'en montre fréquemment aux extrémités libres des systèmes de plis. Les plateaux horizontaux de calcaire miocène indiquent au contraire que les mouvements qui se sont fait sentir plus à l'Ouest ne se sont pas propagés jusque-là.