P. Müller, Unter Tungusen und Jakuten, p
2. J. Schmalhausen, Beiträge zur Jura-Flora Russlands^ III. Jura-Flora der Unteren Tungtiska (Mein. Acad. Imp. Sc. Sc. S*-Pétersbourg, 7« sér., XXVII, n» 4, 1879, p. 55- 92, pi. IX-XVI).
3. A. V. LaTTftky, Sur les diabases du bassin de la Nijniata Toungouska, r. (Procès-Yerb. Soc. des Naturalistes de l'Univ. de Kazan^XXIV^ 1892-1893, p. 9-10).
C'est seulement sur le cours inférieur de la rivière, à partir du 89® de long. E. environ, que les calcaires siluriens affleurent sur de grandes étendues. Bientôt se montrent des plis, appartenant sans doute à la zone occidentale des plis marginaux; au-dessous des cal< caires apparaissent des quartzites, puis des grès métamorphiques. Les calcaires reviennent ensuite, d'abord horizontaux, puis formant une voûte orientée N.W.-S.E., et un calcaire à Stromatopores se montre au confluent.
Ainsi, pas plus que la Podkamennaïa Toungouska, la Nijniaïa Toungouska n'atteint la bordure archéenne du grand plateau. La partie comprise entre les confluents de ces deux rivières est peu connue. D'après F. Schmidt, les calcaires à Stromatopores, alternant avec des couches argileuses, dominent le long du lénisséi, jusqu'à une centaine de verstes en amont du confluent de la Nijniaïa Toungouska, et ils doivent se montrer aussi dans les vallées des tributaires, jusqu'à la Bakhta, qui débouche vers 62<» 30', à en juger par les cailloux que ces affluents charrient. Il en résulte que toute cette partie du cours du lénisséi appartiendrait à l'ancien plateau ^
Au Nord de Touroukhansk, les traces du terrain archéen disparaissent, et Ton peut constater que le territoire situé à l'Est du lénisséi appartient, comme les berges mêmes du fleuve, au plateau.
On voit d'abord que, sur la Kouréika (confluent par 66*» 30'), les terrains sont tout à fait les mêmes que sur la Nijniaïa Toungouska. Lopatin a remonté ce cours d'eau sur 160 verstes. Il y a trouvé un calcaire silurien à Orthocères et Pentamères et des diabases à olivine. A la mine de graphite abandonnée de Ponomarevskaïa (Sidorovo), il y a encore au-dessous du graphite des schistes graphiteux avec traces d'empreintes végétales, des quartzites, puis, à en juger par la coupe des rives, un calcaire cristallin et, sous ce calcaire, des diabases finement grenues ^
A Igark (67® 20') affleurent sur le lénisséi des calcaires siluriens que percent des filons de porphyrite.
Sur la Khantaïka (confluent par 68^15' de lat. N.), Lopatin a
1. F. Schmidt, WissenschafUicke Resultate der zur Auffindung eines Mammut h-cadavers an den untern Jenissei ausgesandten Expedition (Mém. Acad. Imp. Sc. S'-Pétersbourg, 7* sér., XVIII, 1872, p. 16); et Vorläufige Mitlheilungen über die wissenschalftlichen Resultate,., (Bull. Acad. Imp. Sc. S»-Pëtersbourg, XIII, n» 2, 1869, p. 97).
2. I. A. Lopatin, Journal de VExpedition à Touroukhansk en i886y publié par M. N. Mikloukho-Maklaï. r. (Zapiski Soc. Tmp. Russe de Géogr., XXVIII, n" 2, 1897, p. 161 et suiv.).
trouvé des Polypiers siluriens et un Orthocère à siphon en spirale ; Schmidt signale la présence de sel sur ce cours d'eau.
Les sources de la Khantaïka sont situées à l'Est, dans les Monts Syverma. D'après Middendorff, cette chaîne se dirige du S.S.E. au N.N.W. et vient se terminer au lac Piésino (69*» 30' de lat. N., 88*^20' de long. E., à l'Est de Doudinskoïé). Les Toungouses l'ont dépeinte à cet explorateur comme étant rocheuse et d'aspect sauvage, et Middendorff a supposé, probablement avec raison, qu'elle se rattache aux montagnes de la Nijniaïa Toungouska. La partie située au voisinage du lac Piésino s'appelle Monts Noril, et Fr. Schmidt en a parcouru, de Doudinskoïé, les premiers contreforts. Il les a trouvés de forme tabulaire, avec une altitude à peu près constante de 500 pieds [150 m.], aplatis au sommet, escarpés sur les bords, stratifiés, et couronnés d'une assise de trapp décomposé. De petits fragments de graphite ont également été recueillis. A l'horizon s'étendaient, dans le lointain, des hauteurs présentant un profil analogue*. D'après Nordenskjöld, on a trouvé de la houille dans ces parages *.
Le groupe nombreux des lies Brekhov est formé par les sédiments de la transgression post-glaciaire. Apres avoir noté déjà quelques traces de cailloux mésozoïques sur Tlrgak et sur la Khantaïka, Lopatin trouva sur la rive droite du lénisséi, entre 71^30' et 72*> de lat. N., des couches horizontales à Inocérames de l'étage volgien. Un peu plus au Nord viennent des collines de mélaphyre qui, près de Krestovskoïé, par 72® 15', atteignent les berges du fleuve'. D'après Bodkin, les îles Korsakov, rocheuses et proches
1. F. Schmidt, Vorläufige Mittheilungen.,, (Bull. Acad. Imp. Se. S^-Péterabourg, Xni, n« 2, 1869, p. 120). Ferd. Müller fait remarquer que parmi les galets de la Piaaina et de la Bogauida rapportés par Middendorff se trouvent aussi des basaltes ; il en conclut à une grande extension du manteau de trapp (Unter Tungusen und Jakuten^ p. 305). Voir aussi K. von Chrustchoff, Ueber eine Gruppe eigenthämlicher Gesteine vom Taimyr- Lande aus der Middendorff'jrc/ten Sammlung (Bull. Acad. Imp. Sc. S^-Pétersbourg, nouv. sér., III (XXXV), n« 3, 1894, p. 421-431).
2. A. E. Nordenskjöld, Redogörelse för en expédition tili mynningen af Jenissej och Sibirien (Bihang K. Svenska Vet.-Akad. Handl., Stockholm, IV, n? 1, 1877, p. 80).
3. Voir la description des Kaïrskii Gori, au voisinage de la Krestovskoïé Simovic, dans le Journal de Lopatin, p. H, 72, etc. Polénov dit que les échantillons rapportés sont du mélaphyre ; voir aussi Fr. Schmidt, }Mssensckaftliche Resultate der Jenisseï Expedition (Mém. Acad. Imp. Se. S'-Pétersbourg, 7- sér., XVIII, n» 1, 1872, p. 9). — Rjellman, en remontant le lénisséi vers Doudinskoïé, n'a trouvé que des blocs de basalte et des bancs à coquilles arctiques, de sorte qu'il en a conclu que le sous-sol devait ressembler à celui de l'Islande ou de la partie septentrionale et occidentale du Groenland ; Kjellman, dans Nordenskjöld, Redogôrelse, etc. (Bihang K. Svenska Vet.-Akad. Handl., Stockholm, IV, n» 1, 1877, p. 70). — Pour une description du lefrémov Kamen, voir Ibid., p. 62.
de la côte, sont formées de trapp K Le lefrémov Kamen, dans rOcéan Glacial, est aussi une roche eruptive basique. Là, nous sommes dans le voisinage immédiat de Port Dickson, où Törnebohm signale, d'après les échantillons rapportés par Nordenskjöld, des diabases grenues^.
Ainsi, les diverses roches basiques, sur la rive droite du lénisséi, arrivent jusqu'à TOcéan Glacial. Nous n'avons pas à nous occuper, pour le moment, des relations qu'elles peuvent avoir avec les roches basiques de la Terre François-Joseph, de la Terre du Roi Charles, etc. Il n'est guère douteux que le grand plateau de la Sibérie Orientale n'atteigne en même temps les rives de l'Océan Glacial. La rive droite du lénisséi est d'ailleurs souvent, et sur de longs espaces, bordée de rochers, tandis que la rive occidentale a l'aspect d'une toundra s*étendant à perte de vue. Nous avons mentionné la présence de sel gemme sur la Khantaïka; on connaît en outre, sur cette rivière, des fossiles du Silurien inférieur. La Solenaïa, qui naît à l'Ouest du lénisséi par 68^ 30' environ et tombe dans ce fleuve par 69^30', doit son nom à la nature salée de ses eaux. 11 n'est guère possible actuellement, d'après les données dont on dispose, de dire si ces gîtes de sel correspondent à ceux des bords de la haute Toungouska, dans le Sud.
Un peu en amont du confluent de la Podkamennaïa Toungouska, le lénisséi pénètre dans le domaine de l'ancien plateau, où il se maintient ensuite jusqu'à l'Océan Glacial, c'est-à-dire sur douze degrés de latitude. Sur le cours supérieur du Tass, entre 62® et 63®, il existe encore des recherches d'or, ce qui tend à prouver que, dans ces parages, les roches archéennes continuent à régner; mais on doit admettre qu'au Nord, le plateau silurien se prolonge sous la plaine, à l'Ouest du lénisséi, dans la direction de lalmal.
8. Ligne de partage entre le lénisséi et la Lena. — Entre 6o® et 67® de lat. N., sur la ligne de partage entre les versants de la Nijniaïa Toungouska et du Vilioui, puis entre ce dernier cours d'eau et le Moniéro ou l'Olenek, il existe de nombreuses buttes tabulaires. Leur altitude se maintient presque toujours, ici encore, aux environs de 2000 pieds [600 m.], et Czekanowski a vu dans
1. Voir la nouveUe carte, notablement modifiée, des bouches de l'Ob et du lénisséi, par A. I. Vilkitsky (Izviestiia Soc. Imp. Russe de Géogr., XXXll, 1896, p. 170).
2. A. E. Tôrnebohm, Under Vega- Expeditionen insamlade Bergarter, petrografiak Beskrifning (in A. E. Nordenskiold, Vega-Expedilionens Veienskapliga lakttageUery in-8% IV, Stockholm, 1887 p. 115).
cette remarquable coïncidence de hauteur avec les buttes analogues du bassin de la Nijniaïa Toungouska une preuve de leur contemporanéité. Elles sont formées d'une couverture de roches eruptives basiques, surmontant des couches siluriennes horizontales. Celles-ci sont rouges et renferment des intercalations d'argile, parfois aussi du gypse, exactement comme dans la haute vallée de la Nijniaïa Toungouska, à 8 ou 9 degrés de latitude plus au Sud.
Czekanowski, en venant du Sud, rencontra d'abord la butte escarpée d'Anaon (622 m., au Nord de 65^ de lat. N.), au Sud du lac Siourougna. Jusque-là, depuis la Nijniaïa Toungouska, il était resté sur le trapp, le Silurien, au-dessous, n'étant visible que rarement*. A TAnaon se rattachent vers l'W. et le N.N.W. les monts tabulaires de Yang-boiir, qui entourent les sources du Moniéro. A l'Est de ces tables et du lac Yakogna s'étalent des couches rouges siluriennes, et au Sud du cours supérieur de l'Olenek se trouve le plateau allongé de Lioutcha-Ongoktom. Dans le prolongement vers l'Est de cette plate-forme et de la crête Kemnatik^enirQ les affluents de l'Olenek et ceux du Vilioui, Maak a franchi le Toungous Yangy ou « Mont des Toungouses », où les épanchements basiques sont découpés en pics et en aiguilles au profil fantastique; les Toungouses y voient les restes pétrifiés de leurs ancêtres géants -.
C'est à l'ensemble de ces tables que Maak a donné le nom de Monts du Vilioui. Elles paraissent toutes avoir la même constitution. Au sommet se trouve la couverture basique, et à la base, de môme que dans les plaines adjacentes, le terrain silurien, et notamment la partie supérieure de ce système.
Vers le lOt*' méridien, les roches basiques de cette région doivent venir se rattacher aux roches analogues qui, d'après les observations de M. de ToU, séparent les vallées de la Khatanga et de l'Anabara; elles atteindraient près de la limite de la zone des forêts, c'est-à-dire vers 71^ de lat. N., les transgressions mésozoïques du Nord'.
Des couches cambriennes et siluriennes inférieures bordent aussi l'Olenek. Parmi les échantillons rapportés par Czekanowski,
!. Czekanowski, Journal, p. 129 et suiv.
2. R. Maak, Le cercle de Viliouisk de la province de Iakoutsk (r.), in-4», II, S*-Pétersbourg, 1886, cartes, p. 124. La roche de la couverture est indiquée par Poléno? comme étant une diabase à oliyine, et attribuée à l'époque permienne ou triasiquc (Ibid., p. 341).
3. Baron E. ToU, Expédition atix Iles de la Nouvelle-Sibérie et aux rives de l'Océan Polaire, r. (Izyiestii^ Soc. Imp. Russe de Géogr., XXX, 1894, p. 446).
ToU a reconnu le Bathytirisctis Howelli Walcott, espèce du Gambrien moyen, provenant d'une localité située au Nord du 68<> de lat. N. ; et un fragment isolé, recueilli par 70<* 30', a permis à Fr. Schmidt d'annoncer la présence du genre Agnostus, Encore sur la Tolobka (71^30'), Czekanowski a retrouvé les roches basiques*. Il n'est pas douteux que ces laves, de même que les couches rouges non dérangées du Silurien inférieur, n'arrivent tout j>rès des grès à Inocérames qui jalonnent le bord externe de la cbatne de Verkhoïansk '.
9. Lena et Vilioui. — Jusqu'au confluent du Vilioui et de la Tchona (1H<»30' de long E.), ces deux cours d'eau sont constamment encaissés dans les roches eruptives basiques. A 10 verstes environ en amont de ce confluent, sur la Tchona, se trouve une colline, le Toi Khaïa^ qui est regardée par Pawlowski et Maydell comme un volcan éteint. Elle consiste en deux sommets peu élevés de basalte ou de trapp, reposant sur une base de grès percé de filons •; on distingue nettement les coulées successives de lave foncée, vacuolaire, qui partent de cette colline. Parfois aussi apparaît du calcaire modifié, ailleurs de la houille associée à des empreintes de plantes ^
Le bassin supérieur du Vilioui présente aussi des traces analogues. Au Sud des buttes tabulaires de la ligne de partage, sur le Velioukan II et III (vers 66^ de lat. N. et 108" de long. E.), Maak a trouvé des sommets coniques, et il se croyait transporté au voisinage d'un grand foyer d'éruptions volcaniques *.
. Plus à l'Est, on atteint la limite des roches basiques. En rapprochant les observations de Maak et de Pawlowski, on obtient à peu près le tableau suivant :
Sur rOlenek, les roches eruptives affleurent bien encore au confluent du Tyraktakh (67<> 40' de lat. N., 111*> de long. E.), mais à partir de ce point jusqu'au voisinage du Tass (66<» de lat. N. et H5^30'de long. E.), dans la direction du S. E., on ne voit plus que du Silurien en couches horizontales. Là, on retrouve des diabases, mais, vers le Sud, on ne tarde pas à rentrer dans le Silurien.
1. Czekanowski, Journal, p. 164. Cet autour signale sur l'Olenck quelques plis « au milieu de couches horizontales » (p. 156, 160 etsuiv.]. Peut-être ne s'agit-il là que d'accidents tout à fait locaux.