‹ La face de la terreChapitre 14 sur 137 · R. Maak, Le cerc^ de ViliouUk, II, p · texte numérisé non relu

R. Maak, Le cerc^ de ViliouUk, II, p

La Khaïnga et la Markha courent entre d'imposantes montagnes tabulaires de Silurien, et c'est seulement sur la ligne de partago entre la Markha et ITgetta (63» 45' de lat. N., 116« de long E.: que recommence le domaine des roches basiques '.

Cette importante limite passe, d'une façon générale, à l'Ouest du 116<» de long. E., de sorte qu'à TEst, du côté de la Lena, il reste une région encore assez large du plateau qui n'est pas recouverte par ces roches basiques.

On observe cette ligne de démarcation dans la vallée même du Vilioui. Au confluent de la Petite Botoubouïa (affluent de droite. 413^30' de long. E.) se montrent des couches cambriennes - ; on aval du coude du Vilioui, situé par 116« 30' de long. E., affleurent ensuite les couches rouges du Silurien inférieur, qui prennent un grand développement, accompagnées de gîtes de sel gemme et de gypse. Sur les bords du Djéli sont situés les gisements extrêmes, dont nous avons déjà parlé, des transgressions mésozoïques du Nord, avec Belemnites et Tancredia (par 66** de lat. N. environ). Un peu en aval, sur un affluent, la Kiampendsiaïa, se trouvent les importantes sources de sel des Toungouses. Au débouché de cot affluent apparaissent des lignites\

Les. roches eruptives de ITgetta sont désignées par Polénov sous le nom de dolérite à plagioclase. Elles recouvrent des argiles blanches. C'est en aval du confluent de l'Ygetta que se termine la région eruptive. Dans la direction de Viliouïsk s'étendent des limons contenant des restes de Mammouth.

Plus à l'Est encore, au voisinage de la Lena, se montrent dos couches à empreintes végétales de la série de l'Angara; Czekanowski les a vues sur le Nachim, affluent de gauche de la Lena (66^ 15'), et plus au Nord; Maak en a constaté la présence à Tilo Sokho Khaïa, dans la région des bouches du Vilioui. Ceci correspond à la zone qui borde l'arc de Verkhoïansk.

Il est remarquable que la vallée profondément encaissée de la Lena ne mette nulle part à découvert de terrains précambriens, autant qu'on peut l'affirmer d'après les connaissances actuelles, et sauf l'exception déjà signalée de Djédaïsk, et qu'elle ne soit jamais atteinte non plus par les nappes basiques.

1. R. Maak, Le cercle de Viliouisk^ II, p. 108, et ailleurs; Pawlowski, in MaaJi, p. 89, 98, et ailleurs.

2. Fr. Schmidt, Veber einige neiie ostsibirische Trilobilen (Bull. Acad. Imp. Se. S»-Pétersbourg, XXX, 1886, p. 501); E. von Toll, Beiträge zur Kenntniss des sibirischen Cambrium, / (Mém. Acad. Imp. Sc. S^-Pétersbourg, 8- sér,, VIII, n» 10, 1899, p. 32).

3. R. Maak, Le cercle de Viliouisk, II, p. 319 et suiv., 335, et ailleurs.

Obroutchev a publié quelques observations sur Tallure des couches dans la haute vallée de la Lena, jusqu'au delà du 59*> de lat. N. Déjà, dans la partie tout à fait supérieure de son cours, la plus voisine du Lac Baïkal, le fleuve est encaissé dans la plate-forme paléozoïque. L'altitude du pays est ici de 650 à 700 mètres; sous le parallèle de SS*», elle descend à 450-500 mètres, et au delà le fleuve abaisse le fond du sillon qu'il a creusé dans cette plate-forme jusqu'à une profondeur de 300 mètres. Des accidents troublant laliure tranquille des couches sont parfois visibles; vers Kîrensk (58*>), leur direction est N.E., et il est possible qu'on doive les attribuer aux plis marginaux de l'amphithéâtre. Là, le Silurien inférieur, toujours caractérisé par sa teinte rouge, prend une grande extensions

Un peu en amont do Kirensk, à Krivoloutsk, on connaît une faune silurienne inférieure. Mais bientôt apparaissent sous les couches rouges des calcaires oolithiques dont l'aspect est assez spécial, et que ToU considère comme caractéristiques de l'époque cambrienne. L'allure, partout à la ronde, est tranquille, mais on n'a trouvé d'autres fossiles que beaucoup plus bas, dans plusieurs localités situées en aval d'Olekminsk. Parmi les formes recueillies se trouvent des représentants des genres Ptychoparia^ Microdiscus^ Agnofituü et Kutorgina. Toll assimile ce niveau à la zone à OleîipUuSj c'est-à-dire au Gambrien inférieur. D'après Gzekanowski, ces couches continuent à régner, presque horizontales, surtout l'espace qui s'étend jusqu'à Tabaginskaïa , à 30 verstes en amont de Iakoutsk. Bientôt après, la Lena pénètre dans les couches à empreintes végétales de la série de l'Angara*.

10. Résumé. — Le phénomène tectonique le plus remarquable de la région dont nous venons de parler correspond aux plis marginaux de l'amphithéâtre d'Irkoutsk. Nous en avons vu les traces au fond du sillon de la Lena; ils sont particulièrement bien caractérisés sur le bord occidental du Primorskii Khrébet et au Sud d'Irkoutsk, de même qu'au Sud de Nijné-Oudinsk; interrompus ensuite, dans des conditions assez spéciales, du côté de Krasnoïarsk, comme on le fera bientôt voir en détail, ils reparaissent

1. W. Obrutschew, Die altpalaeozoischen klastischen Gesteine des Lenatkales zunsehen Katschug und Witimsk in Ost-Sibirien, r. a. ; iii-8«, 212 p., carte, 2 pl., Irkoutsk, 1892 (Zapiski Section Sibérie Orientale Soc. Imp. Russe de Géogr., Il, n* 1).

2. E. von Toll, Uebei* die Verbreitung des Untersilur und Cambrium in Sibirien (Neues Jahrb. f. Min., 1895, II, p. 161, 162); Beiträge zur Kenntniss des sibiriscfien Com" brium, /, 1899, p. 21 et suiy.

plus à rOuest, partout où Ton connaît avec quelque précision le bord interne, vers les confluents de TAngara, de la Podkamennaïa Toungouska et de la Nijniaïa Toungouska. L'intensité du plissement diminue en s avançant vers le centre. Plus à Tintérieur, nous avons signalé dans la série de TAngara, au Nord de Nijné- Oudinsk, des ondulations en fer à cheval, peu accusées mais concentriques aux plis marginaux. Ces plis marginaux se distinguent des plis des chaînes de montagnes par cette circonstance qu'ils ne sont pas accompagnés d'une bande parallèle de roches plus anciennes, d'âge archéen, tandis qu'ils suivent le bord d*un massif primitif fort large.

Contrairement à ce qui a lieu pour les hautes chaînes du Sud, le mouvement n'est pas dirigé vers le Sud, mais vers le Nord, ou plutôt vers l'intérieur, et l'on a l'impression que l'amphithéâtre a dû se rétrécir après coup.

Sur certains points, des culots de granité récent se montrent en dedans de ces plis marginaux; le plus saillant est celui de la Krouglaïa, près de Nijné-Oudinsk.

A la rigueur, on ne devrait parler de plateau qu'en dehors des plis marginaux et des plis de la série de l'Angara ; mais il n'existe pas de limite tranchée.

Les collines archéennes qui s'étendent à l'Est du lénisséi, entre le cours inférieur de l'Angara et celui de la Podkamennaïa Toungouska, ne forment pas de ligne de faîte importante, mais elles font partie du bord occidental du plateau et de la limite naturelle entre le plateau, à l'Est, et la plaine récente, à l'Ouest.

Le plateau est constitué surtout par des couches horizontales, correspondant à la période comprise entre la zone à Olenellus (Cambrien inférieur) et le Silurien supérieur; les couches rouges, salifères, du Silurien inférieur y jouent un rôle important *. Dans l'extrême Sud-Ouest, le terrain dévonien s^ajoute à cette série. En fait de terrains plus récents, on ne trouve au Sud que des couches à empreintes végétales de divers âges, tandis qu'au Nord apparaissent les transgressions marines arctiques.

La plate-forme paléozoïque s'étend du Sud du Lac Baïkal jusqu'à l'Océan Glacial et du lenisséi à la Lena. Il est probable, comme on

i. L'existenco du DéYonien au centre de la régioa no pourrait s'appuyer que sur deux échantillons mal conservés recueillis par Gzekanowski à Padoun, sur l'Angara, dans des grès rouges, et où Fr. Schmidt a cru voir des fragments d'Eurypterus, Mais Schmidt a lui-même indiqué cette détermination comme douteuse, à cause du mauvais état de conservation de ces fossiles; Schmidt, in Maak, Le cercle de Viliomsky II, p. 365, 366.

le verra bientôt, qu'elle s'étale en outre plus à TEst, au delà de la Lena, dans le bassin de FAldan. A TOuest, les confluents de la Podkamennaïa Toungouska et de la Nijniaïa Toungouska appartiennent encore à la région des plis marginaux.

Au Nord-Ouest, la limite vers le bassin inférieur de TOb et la presqu'île de lalmal demeure indécise.

La moitié occidentale de cette plate -forme est recouverte sur un grand nombre de points par des roches eruptives basiques. Leurs premières ramifications au Nord, sur le lénisséi, se prolongent jusqu'à la Mer Glaciale près de Port Dickson, et elles atteignent aussi le cours inférieur de TOlenek. A l'Est, elles s'étendent dans le bassin du Vilioui jusqu'au méridien de H6**; à l'Ouest, elles ne paraissent pas franchir le lénisséi. Nulle part la Lena n'est atteinte. Ces roches basiques sont taijtôt des diabases à olivine, tantôt des basaltes à plagioclase, tantôt, surtout dans les filons, elles ont l'apparence de gabbros, et leur diversité est d'ailleurs très grande. La sortie de Tépanchement principal a été accompagnée, dans presque tout le bassin de la Nijniaïa Toungouska, de 60^15' de lat. N. jusqu'au confluent de cette rivière, d'un décollement des couches encaissantes ; le phénomène affecte aussi bien les terrains paléozoïques que certaines assises à empreintes végétales, et on peut l'assimiler à l'intumescence résultant d'une série d'intrusions stratiformes. Au surplus, les vraies coulées ne manquent pas, et peutêtre y a-t-il aussi des traces de volcans, c'est-à-dire de bouches d'éruption nettement circonscrites. Mais il est possible que ces bouches d'éruption, de même qu'une bonne partie des coulées, aient une origine plus récente.

Le début de l'émission de ces masses basiques ne peut pas être postérieur à l'époque où vivait la flore dont les vestiges, au coude de l'Angara, recouvrent des poudingues qui renferment déjà des cailloux basiques. Cette flore terrestre est absolument semblable à celle des lambeaux transformés en graphite qui, sur la Nijniaïa Toungouska, sont comme enveloppés dans les roches basiques. Elle est de même, ainsi que la reconnu depuis longtemps Schmalhausen, identique à celle du bassin houiller de Kouznetsk, dans l'Altaï.

Cette première flore de la série de l'Angara, la flore toungouse, est caractérisée par un mélange particulier de types anciens, comme les Lepidodendron, et de formes plus récentes, considérées jusqu'à présent comme exclusivement mésozoïques, — association qu'on retrouve dans la vallée de la Petchora et dans certains horizons

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