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FiG. 213. — Carte géologique de l'Ile aux Ours (Beeren Eiland), d'après J. G. Andersson {BulL Geol, Fnst. ofthe University of Upsala, vol. IV, 1899, pi. X. 1901).
1. Formation d*HecUhook; 2. Grès de l'Ile aux Ours (Dévonien supérieur); 3. Carbonifère moyen; 4. Carbonifère supérieur; 5. Trias; 6. Failles. — Échelle de 1 : 200 000.
I. L'Ile de Saint Kilda est en gabbro, avec filons de granophyre, association qui rappelle les gisements de l'Irlande; W. J. Sollas, On the Volcanic Districts of Cariingford and Slieve Gultion, I. On the Relation of the Granite to the Gabbro of Barnavave (Trans. Roy. Irish Acad., Dublin, XXX, 1894, pt. 12, p. 477-512, pi. XXVI, XXVIl); G. A, J. Cole, On the Geology of Slieve Gallion in the County of Londonderry (Scientif. Trans. Royal Soc. Dublin, VI, Ser. 2, 1897, p. 213-248, pi. XII-XIV). Rockall et Helen's Reef (57*» 36' lat. N., 13*» 42' long W.) sont constitués, d'après les rares échantillons récoltés dans ce récif, dont l'accès est très
ferme et les iles qui en dépendent, Lofoten, Shetlands, Orcades, etc.
En ce qui concerne les régions septentrionales, Hudleston et Vogt ont attribué une origine tectonique aux talus raides qui descendent jusqu'aux grands fonds. Bien que les figures habituellement en usage donnent une impression un peu exagérée de la raideur de ces pentes, elle est cependant considérable en certains endroits. L'horizontalité générale et la constitution similaire des sédiments dans TEst du Groenland et au Spitzberg, ainsi que la fréquence des failles plus ou moins méridiennes qui les traversent et la direction concordante des grands fonds, donnent une réelle probabilité à cette manière de voir.
Les hautes latitudes boréales sont caractérisées un peu partout par des nappes de laves basiques. Elles apparaissent déjà, en Sibérie, bien au Sud de l'amphithéâtre dlrkoutsk : se poursuivant depuis la Mongolie, elles s'étalent sur les hauteurs des Alpes de Tounkinsk, dans les dépressions de Nijné Oudinsk et de Kansk, et en nombre de points sur le plateau, de l'Iénisséi à l'Ouest au 110'' méridien à l'Est. Tantôt elles forment le sommet des goltzi et sont alors plus anciennes que les vallées, tantôt elles sont descendues dans les vallées; sur l'Angara, elles remontent peut-être jusqu'à l'époque de la flore toungouse (Gondwana inférieur).
Du bas lénisséi et de Port Dickson, elles se continuent dans la Terre François-Joseph, où elles datent, au moins en partie, du Jurassique ou du Crétacé inférieur. C'est à la même époque que se rapportent les laves et les dykes du Cap Suédois, et probablement aussi les diabases étroitement apparentées du Stans Foreland, du Détroit de Hinlopen et d'autres parties de l'archipel du Spitzberg \ Dans ces iles tabulaires, il ne semble pas qu'on ait encore établi d'une manière certaine l'existence d'épanchements tertiaires ou post-tertiaires. Il n'en est pas de même à l'Ouest; on a signalé des basaltes accompagnés de végétaux tertiaires sur plusieurs points de la côte orientale du Groenland. Les couches tertiaires du Cap Daltor: Contiennent des débris basaltiques. A l'extrême Nord- Est, à l'entrée du Peary Channel, se dresse comme une borne gigantesque le rocher de basalte de la Navy Clifi', dont les parois abruptes s'élèvent à 1100 ou 1200 mètres*. A l'entrée du
difficile, par une roclic ù œgirine, quartz et albile (Rockallite) : le fond de la mer est parsemé de basalte; W. Spotswood Green, J. W. Judd, C. R. J. Cole, etc., Notes on Bockall Island and Bank, with an accoant of ths Petrologyj etc. (Trans. Rov. Irish Acad., Dublin, XXXÏ, 1897, part 3, p. 39-98, pi. IX-XIV).
1. Axel Bamberg, Ueber die Basalte des König Karl Landes (Geol. Foren, i Stockholm Forhandl.; XXI, .1899, p. 509-532, pi. 20-22); H. Backlund, Diabases du Spitzberg Oriental (Mission scientiflque pour la mesure d*un arc de méridien : Mission Russe, 1907, II). la-i*", 29 p., carte; Tautcur considère ces diabases comme plus récentes que le Jurassique supérieur.
2. C. C. Adams, Lieutenant Pearfs Arctic iP^ork (Geogr. Journ., London, II, 1893, p. 310).
Robeson Ghaanel, jusqu'à 81° 45', on retrouve les couches à empreintes de feuilles associées aux basaltes (I, p. 370); dans Tlle de Disko, sur la côte occidentale, elles reposent sur des basaltes crétacés. Dans l'Ouest de la Terre d'Ellesmere, les couches tertiaires existent, mais sans les basaltes; elles apparaissent, associées aux basaltes, sur différents points jusqu'auprès de l'embouchure du Mackenzie; en Nouvelle-Sibérie, les couches à empreintes végétales sont redressées, et des laves basaltiques apparaissent à l'extrémité Nord du continent voisin. On arrive alors aux premiers pointements des laves basiques de Sibérie, pour retrouver enfin ceux de Port Dickson. —
A 129 kilomètres à l'W.S.W. de Suderö, la plus méridionale des Faeröer, se trouve le milieu du banc des Fœroer, qui s'étend du N.N.E. au S. S.W. sur 90 kilomètres. Post soupçonne qu'il y a eu là un volcan'. Il est fort possible qu'à partir de ce point, les épanchements basaltiques aient jadis formé une nappe continue jusqu'aux Hébrides intérieures, en occupant des portions étendues de l'Irlande et de l'Ecosse. Ce qui en subsiste de nos jours remonte • exclusivement à l'époque tertiaire (I, p. 201, 370)*. L'état actuel des Faroer ne permet pas de douter que ces îles représentent les restes d'une terre beaucoup plus vaste.
Les travaux d'Arch. Geikie ont donné des résultats très importants pour l'intelligence de l'activité volcanique dans cette région.
1. H. von Post, Om Färöarnes uppkomst (Geol. Foren, i SU)ckolm Forhandl., XXIV, 1902, p. 274-282, en particulier p. 280).
2. A. Geikie est arrivé à des résultats qui ne concordent pas avec ceux que Ton trouve exposés, d'après Judd, dans le présent ouvrage (1, p. 201); d'après ses recherches, les gabbros sont des masses intrusives, ayant pénétré dans les basaltes; quant aux granophyres et aux granités, leur Âge est encore plus récent; A. Geikie, The Hislory of Volcanic Action during ttie Tertiary Period in the British Isles (Trans. Royal Soc, Edinburgh, XXXV, 1888, p. 21-184, pi. 1, Il : cartes); On the Relations of the Basic and Acid Bocks of the Tertiary Volcanic Séries of the Inner Hébrides (Quart. Journ. Geol. Soc, L, 1894, p. 212-231, pi. XIIl. XIV); The Tertiary Basait -Plateaux of North-Western Europe (Ibid., LU, 1896, p. 331-406, pi. XV-XIX); et surtout The Ancient Volcanoes ofGreat Britain. ln-8', London, 1897, 11, p. 107-478, pi. VU- Vin ; cartes. Pour la thèse contraire, voir J. W. Judd, The Tertiary Volcanoes of the Western Isles of Scotland (Quart. Journ. Geol. Soc., XLV, 1889, p. 187-219); The Propylites of the Western Isles of Scotland^ and their relation to the Andésites and Diorites of the District (Ibid., XLVI, 1890, p. 341-385, pi. XIV, XV); et On Inclusions of Tertiary Granite in the Gabbro of the Cuillin HilU, Skye (Ibid., XLIX. 1893, p. 175-198, pi. 1, II); etc. [Voir, en outre, la monographie définitive publiée par A. Harker, The Tertiary Igneous Rocks of Skye. ln-8% xi-482 p., 27 pi. phot., 84 Hg. dans le t., 1 carte géol., Glasgow, 1904 (Mem. of the Geol. Survey of the United Ringdom).]
Fin. 2li. — Galets d'origine continentale sur le rocher basaltique de Dun Beag (lie Sandry, entre Rum rt Canna, Ecosse), d'après A. Geikie.
a. AmygdaloTde; b. Tufs; c. Cendres feuilletées; d. Schistes charbonneux ; e. AmygdaloYde basaltique; f. Galets.
Toute la partie de la mer située au Nord du district basaltique d'Antrim présente les caractères d'une fosse d'effondrement irrégulière. C'est ce qui ressort de l'inclinaison des couches à végétaux intercalées, inclinaison également considérable aux Faroer. La fig. 214 montre un petit récif de basalte émergeant de la mer, sur lequel s'est conservé le lit d'un torrent avec des cailloux roulés provenant de la terre ferme.
Mais cette région n'offre rien de plus significatif que le grand développement qu'y prennent les injections. Le filon-lit, long de 120 à 130 kilomètres, connu sous le nom de Whin Sill (I, p. 199), en est un exemple. Un grand nombre de dykes plus ou moins verticaux courent de la côte Est du Yorkshire jusqu'à la Baie de Donegal, sur la côte d'Irlande, et à l'Ile Lewes dans les Hébrides occidentales. Leur tracé, presque toujours rectiligne, demeure tout à fait indépendant de l'allure des roches encaissantes. Ils coupent transversalement la grande faille qui limite au Sud la fosse d'effondrement écossaise (II, p. 113, fig. 23). Leur direction dominante est N.W. à W.N.W., avec, dans le Nord, une certaine tendance à affecter une disposition rayonnante. En maint endroit ils sont si serrés, qu'il y a lieu de croire que le sous-sol est profondément crevassé. Le plus long de ces filons est le Cleveland Dyke, que l'on a suivi à travers tout le Royaume-Uni, de l'E.S.E. à l'W.N.W., depuis la côte orientale du Yorkshire jusqu'à la plaine du Solway Firth, à 177 kilomètres de distance; et si certains pointements éruptifs notables de TAyrshire en font encore partie, sa longueur totale atteindrait 300 kilomètres*.
Geikie conclut qu'à l'époque tertiaire, il devait exister au-dessous de toute la région un vaste réservoir de lave (ou une série de réservoirs) *. L'épaisseur des terrains traversés par les dykes, à partir de la limite inférieure du Silurien, est évaluée à 5 300 mètres, et le réservoir en question doit avoir été plus bas encore.
Même toute la zone de dislocation calédonienne d'ErriboU, qui représente l'un des accidents les plus remarquables de la surface terrestre, n'a pas constitué une limite, et nous arrivons ainsi à nous représenter des réservoirs de lave dont la configuration est indépendante de Voilure des chaînes de montagnes antérieures.
Islande. — Ces faits nous amènent à modifier nos idées sur la signification des volcans actifs de V Islande et de Jan Mayen,
Séquoia Sternbergi, Fagus Deucalionis^ Liriodendron Procaccinii et nombre d'autres espèces européennes appartenant au Tertiaire moyen
1. Sur leur composition, voir J. H. Teall, Petrological Notes on Some Norih-of-England Dykes (Quart. Journ. Geol. Soc, XL. 1884, p. 200-247, pi. XII, XIII).
2. A. Geikie, Tke Ancient Volcanoes of Great Britain', il, 1807, p. 178, et ailleurs.
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apparaissent dans le « Surtarbrandur », c'est-à-dire dans les couches à végétaux intercalées dans les basaltes de l'Islande. C'est la même flore que l'on trouve, par exemple, sans les basaltes au Gap Lyell (Spitzberg), et associée aux basaltes dans File de Mull (Hébrides). Aussi Nathorst a-t-il depuis longtemps soutenu l'opinion que les types américains représentés dans les flores européennes auraient immigré par un pont continental, ménageant un passage du Groenland à l'Europe par l'Islande *. D'après Judd, le district d'Antrim, les Hébrides, les Fœroer et l'Islande forment une seule et même province pétrographique*. a Peut-être, dit Geikie, les évents aujourd'hui actifs de VIslande et de Jan Mayen sont-ils les descendants en ligne directe de ceux qui ont fourni les matériaux des 'plateaux basaltiques tertiaires [de l'Ecosse et de l'Islande], les foyers volcaniques s'éteignant lentement du Sud au Nord. »' Bäckström a reconnu que les roches de l'Ecosse et de l'Islande, ainsi que les batholithes correspondants, présentent un parallélisme complet, à la seule exception près que les granophyres constituent le terme final en Islande, tandis qu'en Ecosse on trouve en outre des granités*.
Lorsqu'il a été question de VIslande dans un précédent volume II, p. 211-214), les grands travaux de Th. Thoroddsen n'en étaient encore qu'à leur début; ils nous ont apporté depuis un tableau des faits où le lien direct entre les fractures du sol, les éruptions volcaniques et les sources chaudes ^ se manifeste probablement avec plus de netteté qu'en aucun autre lieu du mondée Cependant, il était déjà visible
t. A. G. Nathorst, Polarforskningens bidrag tili forntidens växicografi {in A. E. Nordenskjöld, Studien och fors kningar föranledda af mina resor i höga Norden. In-S", Stockholm, 1883, p. 258, et ailleurs). Intéressante est Tapparition de dépôts marins qui ne sont pas plus récents que le Crag rouge d'Angleterre (II, p. 213); J. Gwyn JelTries and Searles V. Wood, in J. Starkie Gardner, The Tertiary Basaltic Formation in Iceland (Quart. Journ. Geol. Soc, XLI, 1885, p. 96, tableau); et H. Pjetursson, The Crag of Iceland -an Intercalation in the Basait - Formation (Ibid., LXII, 1906, p. 712-715). D'après Pjetursson, la glace a joué un rôle dans le terrain « palagonitique » (Morasner i den Islandske Palagonitformation, Ovcrs. K. Danske Vidensk. Selskabs Forhandl., 1901, p. 147-171; extr., Scottish Geogr. Mag., Edinburgh, XVI, 1900, p. 265-293); le même. On a Shelly Boulder-Clay in the so-called •> Palagonite Formation » of Iceland (Quart. Journ. Geol. Soc. London, LIX, 1903, p. 350-301).
2. J. W. Judd, On the Gabbros, Doleriles^ and Basalts, of Tertiary Age, in Scotland and Ireland (Quart. Journ. Geol. Soc, XLll, 1886, p. 54).