Obroutchev, L'Asie Centrait etc., I, p
tion N.E. croise la route. Le col Khalti-Daban (1 650 m.), qui marque Tentrée dans la région sans écoulement, lui appartient. Ensuite vient une traînée de basalte et aussi, au Sud, de rhyolite d'aspect récent, puis une large bande de gneiss dirigée N.E. et de nouveaux affleurements volcaniques récents , bordant la plaine de Sakhir-Oukhé. Le bord oriental de cette plaine est jalonné par une longue bande de porphyre, auquel s'ajoute du granité dans le Sud. li on atteint alors la « Montagne Noire » de basalte dont il a déjà été question et les dépôts du Gobi en couches disloquées. Au puits de Gachioun (1090 m.), les hauteurs sont en roches volcaniques, il paraît y avoir là un véritable « puy » de rhyolite. Après avoir recoupé du calcaire cristallin, des schistes et du granité, on arrive à la plaine de Daïtkhin-Tala et au point le plus bas. Au delà de cette plaine, les reliefs sont de nouveau formés de calcaires cristallins et de schistes plissés, avec filons de granité. La direction, très régulière, est N.E. La croupe du Dolan-Daban est en gneiss; sa direction est mal définie ; sur son flanc sud se trouve le puits à'Ikhé-Oudé ou Oudinsk (930 m.), et dans son voisinage la Rousskaïa Stantzia*.
Sur tout fespace compris entre Ourga et cette localité, sauf quelques exceptions, règne la direction N.E, ou E.N.E., dite du Baïkal. Au delà d'Ikhé-Oudé se montre la direction W.N.W. et N.W. Bien que la direction N.E. reparaisse aussi plus loin, par exemple vers Sadji-Khotou, il ne s'en produit pas moins là, d'après les observations d'Obroutchev, un changement important dans l'allure de l'ensemble. Mais jusque-là règne, en général, la direction qui caractérise le faîte; on y retrouve les mêmes terrains anciens, avec quelques traces des formations paléozoïques ; on y voit aus si de (nombreux pointements de roches volcaniques, où les types acides semblent toutefois devenir un peu plus fréquents. Aucune limite ne peut être assignée au faite, du moins jusqu'au puits d'Ikhé-Oudé, c'est-à-dire à peu près jusqu'au centre du Gobi,
Quant aux rapports des plis méridionaux, orientés N.W., avec le Khingan, il est impossible d'en juger dans l'état actuel de nos connaissances.
Vers le Sud, l'itinéraire suivi par Obroutchev empiète sur le domaine des coulées basaltiques du Sud-Est de la Mongolie. La
l. D'après la carte de l'État-major Russe à l'échelle de 40 versies au pouce, Ikhé- Oudé serait situé par 44»29' de lat. N. et m»6' de long. E. [Gr.]; il est possible que les nouveaux levés conduisent à modifier légèrement ces chiffres.
descente vers Kalgan, sur SOO mètres environ de hauteur, permet de voir au sommet ce basalte, puis des conglomérats incohérents et des grès fort épais de la série du Gobi, et à la base du trachyte. Kalgan même est sur le trachyto.
16. Conclusion. — Pour relier les détails, il a paru désirable de résumer la première moitié de ce chapitre dans un paragraphe spécial (p. 102). Nous y avons considéré la partie septentrionale du faîte sur toute sa laideur, depuis les falaises du horst que longe le lénisséi, à TOuest, jusqu^à la rencontre du prolongement septentrional du Grand Khingan, à TEst. Nous avons vu que tout TEst de cette immense région de roches archéennes est dominé par la direction W.S.W. ou S.W., dite « du Baïkal », et que dans tout rOuest règne de même la direction E.S.E. ou S.E. , celle « du Saïan ». Nous avons vu aussi que ces deux directions, du moins dans la mesure où les explorations faites jusqu'ici permettent de Taffirmer, semblent se confondre, un peu à TOuest du Lac Baïkal, dans le Primorskii Khrébet, en une direction méridienne. Enfin nous avons reconnu que Teffondrement d'une grande partie de ce domaine a donné naissance à l'amphithéâtre d'Irkoutsk, qui est entouré de plis marginaux. Ceux-ci appartiennent au plateau cambrien et silurien qui s'étend jusqu'à la Mer Glaciale. Ces plis marginaux, de même que les plis posthumes des couches de l'Angara, ont été considérés comme les indices d'un rétrécissement de l'amphithéâtre, tandis que l'allure des couches au Primorskii Khrébet et le renversement d'une des bandes plissées de l'île 01khon attestent une contraction analogue à l'époque précambrienne. Mais il nous a également paru certain qu'aux plissements de l'ancien faîte ont succédé dos phénomènes disjonctifs, qui se traduisent par la formation des fosses allongées et des fractures à l'Est du Baïkal, des fosses du Lac des Oies, delà Djida et duKhilok, et enfin des deux moitiés du Lac Baïkal. Nous avons signalé les laves basiques surélevées; l'âge d'une partie de ces épanchements s'est trouvé devoir être remonté jusqu'à l'époque permienne, tandis qu'une autre partie doit être regardée comme de date très récente.
La seconde moitié de ce chapitre a fait connaître l'extension du faîte vers le Sud.
Une large zone de schistes et de grauwackes, à laquelle appartiennent les gisements dévoniens de la Transbaïkalie orientale, descend du Nord-Est en Mongolie. Un premier jalon de cette zone paléozoïquc est visible à 70 kilomètres au Sud de Kiakhta, mais la
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traînée principale ne commence qu'à Strétensk, sur la Chilka; elle so subdivise alors en plusieurs branches qui perdent ensuite leur individualité, atteint la vallée supérieure de TOnon, passe à Ourga et embrasse tout le pays montagneux du Nord de la Mongolie jusqu'à Feutrée de la Vallée des Lacs ; son allure fournit la preuve manifeste que le Khangaï appartient au faîte.
Encore àTextérieur de cette enceinte, ladirection caractéristique du Baïkal, E.N.E., règne jusqu'au puits d'Ikhé-Oudé,dans la partie orientale du Gobi.
Dans la partie occidentale du Khangaï, on ne retrouve pas la direction normale du Saïan, E.S.E. ou S.E. : pour autant qu'on la connaît, la direction s'infléchit davantage au S S.E. ; au centre, vers le bord sud, elle devient E.-W.
Ici encore sont intervenus des phénomènes disjonctifs ; c'est ce qui résulte non seulement de la présence de nombreux pointements de basalte à l'intérieur môme du Khangaï et de cratères récents au Terkhaïn-Tsagan-Nor, mais surtout de la structure des régions bordières de l'Ouest et du Sud. La fosse du Dzapkhyn, la Vallée des Lacs, dont la cuvette la plus déprimée, l'Oubsa, est celle qui est située le plus avant dans l'intérieur des montagnes, la fosse entre le lac Zaïssan et Bouloun-Tokhoï, toutes les fosses occupant le bord externe de l'Altaï Mongol jusqu'au cœur du désert de Dzoungarie, enfin le démembrement de l'Altaï Mongol lui-même en longues bandes analogues à des horsts, — tous ces accidents montrent qu'ici encore, et cette fois sur une très grande échelle, des phénomènes disjonctifs se sont fait sentir. Les horsts longs et étroits qui traversent la Vallée des Lacs, comme le Khankhoukheï et l'Argalintou, reproduisent l'aspect du Sviatoï Nos et de TOlkhon. Ces grandes lignes disjonctives suivent sensiblement, elles aussi, la direction du Saïan et l'allure en arc de cercle du faîte tout entier.
Les laves surélevées ne manquent pas non plus. Du mélaphyre forme les cimes recouvertes de glace de î'Otkhon-Khaïrkhan-Tengri, à l'Est d'Ouliassoutaï, et du basaltecouronne l'ikhé-Bogdo, qui s'élève sur une des branches de TAltaï Mongol entre le prolongement de la fosse du Dzapkhyn et le Gobi.
Il en est autrement dans la région intermédiaire de Minoussinsk.
Là, le trait le plus frappant est la transgression du Dévonien, qui souvent est accompagné par le Culm. Ces terrains s'élèvent à beaucoup plus de 8000 pieds [2500 m. environ], et ils atteignent non seulement les sommets du Tannou-Ola et du Kharkira,cechaî-
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non qui s'avance au loin dans la Vallée des Lacs, mais aussi certaines dépressions de cette vallée, et probablement la région des sources du Kobdo. Mais la transgression par elle-même ne saurait servir d'indice tectonique. La différence essentielle réside dans l'écart de direction du Saïan Occidental et du Tannou-Ola, qui s'orientent E.-W. ou E.N.E. On voit de même que le lénisséi traverse, en amont de Krassnoïarsk et en amont des prolongements du Saïan Oriental, une série de plis dévoniens en fer à cheval, plis qui ressemblent de tous points, d'après les documents existants, aux plis posthumes en fer à cheval des couches de l'Angara qu'on observe au centre de l'amphithéâtre d'Irkoutsk.
On pourrait supposer qu'il existe aux environs de Minoussinsk une nouvelle aire de rétrécissement indépendante, comme l'amorce d'un faîte autonome qui rattacherait le Saïan Oriental à TAlataou de Kouznetsk. Malheureusement, bien des points sont encore trop peu connus, dans le Sud, pour qu'il soit possible de se prononcer à cet égard; l'extension du renversement du Tasskyl et la structure de la partie orientale de Tannou-Ola sont au nombre de ces lacunes.
Sur toute l'étendue du territoire qui a été passé en revue dans la seconde moitié de ce chapitre, les âges mésozoïques et tertiaires ne sont encore représentes que par des couches à empreintes végétales.