Anert formule la même hypothèse
i68 LA FACE DE LA TERRE.
houari'-dzaïlan, qui apparaît entre la vallée du Moudan-kîang et celle du Soungari et se termine à TOuest d'Omosso ou même plus au Sud.
3® Plus au Sud et à TOuest encore, le Lo-ia-lin, au Nord-Est de Girin.
Outre ces chaînes principales, il existe un grand nombre d'autres chaînons subordonnés. Tous sont formés de terrains anciens, de gneiss, de micaschistes et de schistes argileux, ainsi que de quartzites noirs, puis de granité, de porphyre et de diorite. Jusqu'à présent, on n'y a pas trouvé de couches fossilifères. Des bancs contenant de la houille s'appuient en discordance sur ces roches anciennes, en particulier entre le Lo-ia-lin et le Dsian-houan-dzaïlan, au Nord-Est de Girin, ainsi du reste que sur beaucoup d'autres points; et Ton exploite encore de la houille à 150 verstes au Sud de Girin.
Les montagnes de la Mandchourie forment sans doute un groupe naturel de lignes de hauteurs parallèles, mais, comme le note expressément Anert, elles ne possèdent pas de chaîne centrale, courant d'un bout à l'autre du pays. Leurs rapports avec l'extrémité méridionale du Petit Khingan sont très nets. D. V. Ivanov, dans son croquis schématique du Petit Khingan, a figuré une légère inflexion de la directrice, passant du N.N.E. au N.E. puis revenant au N.N.E. dans la région des sources de la Grande Bira, et c'est avec cette dernière orientation qu'est franchi l'Amour*. Une déviation analogue vers le Nord se produit en Mandchourie aux environs de San-sing; il en résulte que le Soungari, près de cette ville, coule dans une vallée longitudinale, tandis que le Moudankiang coupe les plis obliquement.
Les montagnes de la Mandchourie n'arrivent pas en contact immédiat avec le Petit Khingan, qui se termine à peu de distance de l'Amour, au Sud ; mais ce sont des coulisses disposées dans le même sens.
Leurs rapports avec le Sikhota-Alin sont plus intimes encore.
Anert remarque que les couches de houille, exactement comme sur le bord du désert, montrent des plis affectant la direction du N.E. ou du N.N.E. Mais tandis que ces dépôts récents manifestent partout la tendance à être plissés parallèlement à la direction des chaînes de hauteurs, l'on constate parfois que les terrains anciens, dans l'intérieur de ces chaînes elles-mêmes, s'écartent
1. D. B. Ivanow, Explor. gôol. Ch. de fer de Sibérie, IV, 1897, pi. III.
FORMATIONS PÉRIPHÉRIQUES A L'EST Dû FAITE. 469
plus OU moins de cette direction générale. « La direction des micaschistes, des schistes quartzitiques, des schistes argileux et des grès, dit cet explorateur, est ordinairement voisine de celle des crêtes, mais il arrive souvent, d'autre part, que la direction des terrains fait presque un angle droit avec la seconde, ce qui donne lieu à une disposition assez compliquée. Il est probable qu'antérieurement à la formation des plis dont les crêtes actuelles représentent les ruines, ces terrains possédaient une direction tout à fait différente de celle des plis en question*. »
Nous aurons à rapprocher cette circonstance du fait qu'il existe, à TEst du lac Khanka, des plis de roches archéennes orientés E.-W. ; et elle est d'autant plus significative que plus au Sud, un autre observateur, Eug. de Cholnoky, signale le retour de la direction E.-W.
Il est vrai que Anert, dans son voyage à Ningouta, a rencontré, en venant de l'Est, quatre crêtes parallèles dirigées N.N.E., et cette même direction N.N.E. ou N.E. règne également entre Omosso et Girin; Cholnoky a trouvé de même, aux environs de Khountchoun, la direction N.E.; mais, à l'Ouest de cette localité, ce voyageur a observé la direction E.-W. dans la chaîne du Thou-Chan, ainsi que plus au Sud-Ouest, dans une chaîne qui est assimilée au Tchan-paï-Ghan. A toutes ces observations s'ajoute au Sud un fait important signalé par Richthofen, c'est l'extension des failles et des flexures de Peking jusqu'à Kaï-ping ; en ce point, elles s'infléchissent au N.N.E. , parallèlement à ri-won-lu-Ghan, en tournant leur convexité vers le Sud, et il est probable qu'une flexure suit le bord occidental de la vallée de Moukden^
Toutefois, il est très difficile de se rendre compte de Tétat des choses, non seulement à cause des lacunes des observations et des cartes, mais aussi à cause de la grande importance que prennent les formations volcaniques. Ges laves récentes, dont Anert a décrit les