Aoert, Rapport cité, p
2. Eug. voQ Cholnoky, Kurze Zusammenfassung der wissenschaftlichen Ergebnisse meiner Reise in China und in der Mandschurei in den Jahren iê96-i898 (Vcrhandl. Ges. f. Erdkunde, Berlin, XX VI, 1899, p. 251-261, 1 carte, 2 coupes); et Vorläufiger Bericht über meine Forschungsreise in China (Petermanna Mitteil., XLV, 1899, p. 8-13). En raison des lacunes considérables que présentent les cartes actuelles, il est difficile de discuter ces données; mais comme Cholnoky indique plus loin que le dernier de ces chaînons coïncide ayec des roches dont la direction est E.-W. et qui attei^jnent à Tiélicn-chan la route de Girin à Moukden, ce chaînon hypothétique, orienté de l'E. àl'W., devrait être situé par 42^ 30' de lat. N. environ. Pour Kin-tchéou-fou et Moukden, voir F. von Richthofen, Ueber Gestalt und Gliederung einer Grundlinie in der Morphologie Ost- Asiens, p. 904.
premiers affleurements, occupent d'après Cholnoky tout le bassin supérieur du Soungari et ne disparaissent que le long de la route de Girin à Moukden, où leur escarpement terminal a été pris pour une chaîne de hauteurs indépendante, s'alignant au N.E.
Des tables basaltiques se montrent déjà au-dessus des terrains anciens sur la route de Vladivostok à Ningouta. Elles prennent un grand développement dans la vallée du Moudan-kiang, autour de Ningouta, où elles avaient déjà frappé Younghusband, et dans les environs d'Omosso*.
D après la description d'Anert, au Sud de Ningouta, une coulée de lave dont les scories superficielles ne sont pas encore décomposées et qui est postérieure au creusement des vallées, plus récente par conséquent que les tables basaltiques, descend des montagnes de rOuest. Elle a rempli la vallée d'un affluent, le Chitou-dsian, et barré la vallée principale, celle du Moudan-kiang, de telle façon qu'elle y a formé un lac important, le Bel-ten ou Bir-ten. Aujourd'hui encore, le Moudan-kiang, en sortant de ce lac, se précipite en cascade au fond d'une gorge de 32 mètres de profondeur, creusée dans une lave noire '^
Vers l'origine des sources extrêmes du Soungari, dans les montagnes où passe la frontière de la Corée, s'élève un sommet volcanique, le Peik-tou-Chan ou Lao-paï-Chan, c'est-à-dire le « vieux mont blanc » (42<> de lat. N., 127" 40' de long. E.). Campbell la décrit. Il est couvert de neige pendant neuf mois de l'année, et le reste du temps, il conserve sa teinte blanche grâce au manteau de pierre ponce qui l'habille. A 7500 pieds d'altitude [2285 m.], un lac-cratère se creuse dans sa masse; ce lac, d'après James, a 18 kilomètres de tour. Les formations volcaniques se poursuivent à partir de là non seulement vers le Nord, mais aussi vers le Sud, jusqu'à une grande distance, dans la haute vallée du Ya-lou'.
Ce mont est attribué par Campbell à la chaîne du Tchang-paï-
1. Younghusband, Proc. R. Geogr. Soc. London, New Scr., XIV, 1892, p. 138.
2. Anert dit que l'on reconnaît sar les parois quatre coulées de lave superposées. Le barrage semble par conséquent s'être reproduit à plusieurs reprises {Rapport cité, p. 171). Le botaniste V. L. Komarov, compagnon de voyage d'Anert, décrit le contraste entre la blancheur de Técume et la couleur noire des rochers ; il signale un cratère à l^Ouest et admet que Téruption a pu se produire à uuh date assez tardive de la période historique : les chroniques mandchoues mentionnent en effet un événement du même genre, qui aurait eu lieu quelque part aux environs de Ningouta (Izviestiia Soc. Imp. Russe de Géogr., XXXVI, 1898, p. 139-143 et 181).
3. C. W. Campbell, A Journey through North Korea to the Ch'ang'pai-s/ian (Proc. R. Geogr. Soc. London, New Sor., XIV, 1892, p. 153 et suiv.).
FORMATIONS PÉRIPHÉRIQUES A l/EST DU FAITE. 171
Chan ; il n'est pas certain que celte chaîne soit la même que celle à laquelle Cholnoky donne ce nom.
7. Sikhota-Alin. — Une large région d*alluvions récentes borde le cours inférieur de TAmour; de cette nappe surgissent des terrains scdimcntaires qui paraissent être plus récents que les chaînes de montagnes et dans lesquels on a trouvé, au confluent du Gorin et de l'Amour (50® 45'), des coquilles du genre Aucella *. Les reliefs isolés qui, dans cette vaste plaine, s'introduisent entre le Petit Khingan et le Sikhota-Alin s'alignent vers le S. S.W. Le groupe principal, se dressant au milieu de la dépression à la manière d'une île, le Khekhtsir, atteint 1 066 mètres. Il longe l'Oussouri sur sa rive droite, vers son confluent avec l'Amour ; à son pied, à l'entrée môme de la Mandchourie, se trouve la ville de Khabarovsk. Le Khokhtsir est formé de granité, de schistes anciens, de quartzites, de calcaire cristallin et d'une couverture de terrains plus récents, s'élevant très haut et attribués aux couches de l'Angara. Du côté de l'Oussouri, le Khekhtsir se termine par une faille, contre laquelle toute la série des terrains est verticale. D. Ivanov regarde le Khekhtsir comme faisant partie du Sikhota-Alin ^
Passons maintenant à cette chaîne.
Déjà son extrémité nord nous présente des faits inattendus. L'Amour, dans sa partie inférieure, décrit un coude si brusque que son cours, près de Nikolaïevsk, est orienté au S.E. Sa rive septentrionale est rocheuse. Le promontoire qui, au Nord de l'embouchure, resserre la Manche de Tartarie, forme au Sud, à l'embouchure même de l'Amour, le Cap Tabakh et au Nord le Cap Pouir. Sur la rive Nord de l'Amour, Batzévitch a trouvé jusqu'au Cap Tabakh de hautes falaises d'une roche porphyroïde à pâte rougeàtre, avec plagioclase et hornblende, puis au Nord, en allant vers le Cap Pouir, c'est-à-dire sur la côte occidentale de la Manche de Tartarie, des dalles minces d'un grès verdàtre, relevées jusqu'à la verticale. Plus près du Cap Pouir se dresse la Gora Polosata ou « Montagne Rayée », visible de loin, et même de Sakhalin quand le temps est clair, grâce à ses colorations vives. Ce n'est pas un massif indépendant, mais le dernier éperon d'une crête assez longue ; elle est constituée par des
1. D. W. Ivanow, Lachaine du Sikko ta- Aline. Esquisse orograpkique et géologique d'après les données recueillies en 1894-1896, r. f. (Explor. géol. Ch. de fer de Sibérie, XVI, 1898, p. 90).
2. L. Batzévitch, Recherches géologiques sur les rives de V Amour et de VOussouri, r. f. (Explor. gëol. Ch. de fer de* Sibérie, IV, 1897, p. 7); D. W. Ivanow, Ibid., XVI, 1898, p. 44, 45, 93.
assises verticales de couleur brune, rouge, jaune ou blanche, avec bancs minces d'un quartzile blanc et rose. Leur direction est
Plus au Sud, près de Mariinsk, une large croupe isolée de trachyte qui domine au loin le pays limite du côté du Nord le lac Kizi, au milieu duquel se dresse encore une petite île trachytique. C'est seulement au Sud de ce point ipar 51^35' de lat. N. environ) qu'on connaît les plis réguliers du Sikhota-Alin, qui s'étendent à partir de là dans la direction du Sud-Ouest sur 9 degrés de latitude.
Les travaux de D. Ivanov ont fait faire un pas très important à la connaissance de ces montagnes. Ce voyageur a traversé le Nord de la chaîne suivant différentes directions, exploré la plus grande partie de la côte orientale et cherché à résumer les traits les plus saillants de sa structure (fig. 16) '.
Tous les chaînons connus jusqu'à présent sont formés de roches archéennes ; il y a aussi quelques bandes dont 1 âge est probablement paléozoïquo, et des lambeaux plus récents de grès et de conglomérats qui doivent appartenir à la série de l'Angara. Des fossiles n'ont été signalés que dans l'extrême Sud. En outre apparaissent des roches eruptives d'âge très varié.
D'après los observations de D. Ivanov, la direction des plis ne correspond pas exactement à celle de la côte. En venant du Nord, il est vrai, jusqu'à la Baie de Sain t-Vladi mir (vers 44** de lat. N.), ces deux directions coïncident et la côte est constamment bordée de crêtes fort longues. Mais à partir de la baie en question, il n'en est plus ainsi : les faisceaux de plis sont coupés par la mer et se prolongent quelquefois dans des îles, comme autour de Vladivostok, les baies deviennent plus profondes et une côte à rias apparaît.
On savait depuis longtemps que quelques-unes des baies de la côte orientale, la Baie de Castries par exemple, sont entourées de basalte ; on constate aujourd'hui qu'une lisière de roches eruptives récentes borde cette côte d'une façon continue, pour autant qu'on la connaît, du Mont Djeliesniak (45® 25') jusqu'à la Baie de Castries au Nord (51® 30'), c'est-à-dire sur environ six degrés de latitude ; et les points où les roches archéennes atteignent la mer dans cet intervalle apparaissent à l'état d'exception'.