‹ La face de la terreChapitre 28 sur 137 · Batzëvitch, Gornyi Journal, 1890, III, p · texte numérisé non relu

Batzëvitch, Gornyi Journal, 1890, III, p

2. D. W. Ivanow, La chaine du Sikhota-Aline. Esquisse orographique et géolo^ §ique d'après les données recueillies en i894'i896y r. f. (Explor. gcol. Ch. de fer de Sibérie, XVI, 1898, p. 1-118, carte schématique et carte géol.).

3. C'est ainsi que la carte d'Ivanov indique à partir de ce point méridional extrême

FORMATIONS PÉRIPHÉRIQUES A L'EST DU FAITE. i73

De longues vallées dVrosion traversent ces montagnes ; les crêtes se résolvent souvent en « goltzi » dont les plus élevés, d'ailleurs,

Fia. 16. — Carte schématiquojdu [Sikhota-Alin^ d'après D. Ivanov (Explor. gëol. Chemin de fer de Sibérie, livr. XVI, 1898, p. 118). — Échelle de 1 : 7 500 000.

ne dépassent pas S 000 pieds [1 500 m.]. Dans Tintérieur, les roches

vers le N. des roches volcaniques récentes sur 130 verstes, et sur une longueur presque aussi grande au Nord du Cap Skalistala. Entre la Baie de l'Empereur (Imperatorskaïa Oaban) et le Cap do Castries, c'est-à-dire sur plus de deux degrés de latitude, le Sud

lU LA FACE DE LA TERRE.

eruptives ne manquent pas, mais elles ne se présentent que d'une manière sporadique.

Le versant occidental du Sikhota-Alin s'abaisse graduellement vers rOussouri, souvent découpé en contreforts nombreux et d'une faible altitude, et interrompu dans certaines vallées par des plaines d'une étendue notable. Pour ce côté des montagnes, nous possédons les observations de M. Ivanov*.

Les terrains sont les mêmes que sur le versant oriental, üfafv la vallée de fOnssonri n'est pas une vallée longitudinale. Le fait est très net entre 47** et 46° de lat. N., où sa direction coïncide presque avec celle du méridien. Lorsqu'en allant vers le Sud on a dépassé le Mont Samour, qui est formé de roches eruptives, on atteint les bandes de quartzite de la crAte de Tsifakou, orientée N.E, ; ces bandes, on conservant la mAme direction, constituent ensuite les Monts du Tigre et ainsi, passant de la vallée de l'Oussouri dans celle de la basse Bikin, recoupent en biais le cours de l'Oussouri, en indiquant la véritable direction, qui est N. N.E. ou N.E. Au fond des vallées de la Bikin et de l'Iman, vers l'amont, la direction N.E. ou N.N.E. règne également.

Un peu plus au Sud, au voisinage de la station du chemin de fer qui porte le nom de l'Oussouri ^, et où se présente un anticlinal de micaschistes gris foncé, on constate que la direction N.E. a presque tourné à E.-W., de sorte que là, l'Oussouri coule perpendiculairement aux plis des terrains anciens. Cette direction très voisine de E.-W. domine dans tous les avant-monts situés à TEst du lac Khanka, pour autant du moins qu'ils sont formés de gneiss, de gneiss granitique et de micaschistes. Toutefois, d'après les données de M. Ivanov, il paraît y avoir entre-croisement des plis. Non seulement on peut voir à. l'Est du lac Khanka et sur une grande distance au N.N.E. dans la vallée de l'Oussouri, une longue série de buttes calcaires isolées, reposant directement sur le granité et le gneiss, qui appartiennent peut-être au terrain carbonifère et sont

et le Nord sont formés de terrains volcaniques, le centre est inconnu. Les roches qui jouent le rôle principal sont des basaltes et des mélaphyros ; mais il semble que certaines porphyritcs et même des diabases, entourées d'auréoles de contact, représentent une phase plus ancienne de ce grand alignement. Voir par exemple D. L. Ivanov, Sur les gites de fer magnétique dans la i-égion des 6a tes de S'« Olga et de S' Vladimir y r. (Gornyi Journal, 1898, n" 1, p. 44-58, carte); l'auteur y signale un calcaire transforme en marbre blanc par la porphyrite.

i. M. Ivanow, Recherches géologiques dans la région de VOussoun, r. f. (Explor. Ch. de fer de Sibérie, IV, 1897, p. 15-44, carte II); voir aussi L. Batzevitch, Recherches géologiques sur les rives de l'Amour et de l'Oussouri, r. f. (Ibid., p. 2-8, carte 1).

2. Plus exactement au confluent du Koubourkhé, un peu au Sud de la station d'Oussouri, au Sud du confluent du Soungara, qui vient du lac Khanka.

autant d'indices d'une continuité antérieure ; mais plus au Sud, par un contraste marqué avec Tallure à peu près E.-W. des terrains anciens, on voit encore une série un peu plus récente disposée en plis presque exactement N.-S. C'est ce qui se produit au rocher de Lindonau, près duquel, au pied de la haute montagne Bieltsova, les rivières Daoubikhé et Oullakhé viennent se réunir pour former TOussouri. Cette série plus récente consiste on quartzitos et on schistes argileux que recoupent dos filons de porphyre quartzifèro ; le Trias paraît on faire partie.

A l'extrémité méridionale du pays, aux environs de Vladivostok ot en particulier sur la rive ouest de la Baie de TOussouri, on signale du Carbonifère supérieur h Spirifer fasciger^ dans un autre banc à Productîis cora;Tschornyschew assimile ces dépôts au Carbonifère supérieur de TOural ot au Lower Productus-Limesfone du Salt-Rango. On y retrouve en outre des représentants marins du Trias, principalement à l'état de schistes ot de grès ; d'après M. Ivanov, ces couches recouvrent on transgression les terrains antérieurs. Elles ont d'ailleurs subi plus tard des dérangements importants, et plongent tantôt au S., tantôt au S.E. ou au N.W., conformément, semble-t-il, à la déviation des terrains anciens. Ce sont ces dépôts triasiques qui s'étendent dans la vallée do la Daoubikhé, où ils paraissent atteindre le Mont Bieltsova'.

8. Hokkaido et Sakhalln. — Dans nos pérégrinations vers l'Est, nous avons atteint la mer aussi bien [dans la région d'Okhotsk

4. A. Karpinsky, Recherches géologiques de M, Margcaritoff .swr les bords du golfe d'Oussouriy près de Wladivostok, r. f. (Bull. Comité g(''ol. S^-Pétersbourg, VII, 1889, p. 349-331), et Th. Tschernyschew, Note sur une collection de Carbonißre des environs de la ville de Vladivostok, r. f. (Ibid.. p. 353-359) ; D. L. Ivanov, Extraits des rapports sur l'expédition minière dans la partie Sud de la région de l'Oussouri, r. (Gornyi Journal, 1891, n* 8, p. 251); Edm. v. Mojsisovics, Vorläufige Bemerkungen übei* die Cephalopoden- Faunen der Himalaya-Trias (Sitzungsbcr. k. Akad. Wiss. Wien, Mathem.-naturw. Cl., CI, Ablh. I, 1892, p. 376) ; K. Diener, Mittheilungen über triadische Cephalopodenfaunen von der Vssuri-Bucht und der Insel Russkij in der ostsibij^ischen Küstenprovinz (Ibid., CIV, Abth. 1, 1895, p. 268-274), et Triadische Cephalopodenfaunen der Ostsibirischen Kastenprovinz, r. a. (Mém. Comité géol., S^-Pêtorabourg, XIV^, n" 3, 1895, 59 p., 5 pi.; voir dans ce mémoire la note de D. L. Iwanow, Die Triasablagerungen im Süd-Ussuri- Gebiete, p. 3-8, carte); A. Bittner, Versteinerungen aus den Trias- Ablagerungen des Süd'Ussuri-Gebietes, r. a. (Mém. Comité géol., VII, n" 4, 1899, 35 p., 4 pi.). — Mojsisovics a distingué deux faunes de Céphalopodes dont il assimile la plus récente au Muschelkalk; la plus ancienne et la plus riche (grès à Proptychites) est parallélisée provisoirement par Diener avec les couches à Otoceras de l'Inde ; ce résultat est en harmonie avec les conclusions de Bittner, qui a montré que la plupart des Bivalves sont identiques aux espèces de schistes de Werfen. Le gisement de Rasdolnaïa, au Nord et à peu de distance de Vladivostok, appartient à un niveau différent ; c'est là qu'on trouve les couches à Pseudomonotis ochotica.

qu au Sikhota-Alin. Devant nous s'étalent les courbes insulaires, nous apprenant que les grands traits de la structure de TAsie Intérieure caractérisent également les parties adjacentes de TOcéan Pacifique.

Dans un précédent chapitre (II, p. 287-300), nous avons distingué les arcs suivants : a) Rioii-Kiou, pénétrant dans la partie méridionale de Kiou-Siou ; b) Japon méridional^ se prolongeant peut-être vers la Chine, du côté du Sud, par les îles Tchou-San, et dessinant un rebroussement vers le Nord, dans le sphénoïde d'Akaishi, à rapproche de la grande région de fracture ; c) Japon septentrional^ commençant avec une direction déviée, au delà du rebroussement, dans les Montagnes de Quanto, et se prolongeant vers le Nord dans la partie méridionale de Yéso (Hokkaido) ; d) Centre de Yéso et Sakhalin, arc caractérisé par le développement du terrain crétacé; e) Kouriles, se prolongeant dans TEst du Kamtchatka ; f) tronçon dans le Centre et TOuest du Kamtchatka,

Cette interprétation des lignes directrices a été confirmée par les nombreux travaux plus récents ; toutefois, bien des traits peuvent être précisés grâce à ces nouvelles études. Tel est le cas, en particulier, pour le Japon.

Les directrices dessinées il y a déjà longtemps par Ed. Naumann ont été reconnues exactes, dans leurs traits généraux, à la suite des recherches de Harada et de plusieurs autres géologues japonais*. Mais on voit aujourd'hui, plus clairement encore qu a cette époque, la chaîne volcanique des îles Schichito pénétrer dans la fossa magna, la ligne ou arête de rebroussement. La classification des couches fossilifères a également fait de grands progrès. On connaît au Japon des dépôts marins qui, abstraction faite d'un terrain ancien contenant des Radiolaires, représentent le Carbonifère supérieur et des termes très variés du groupe mésozoïque ; et en même temps, bien que cette étude ait été limitée jusqu'ici à Texamen des flores, on est parvenu à distinguer plusieurs horizons dans les dépôts charbonneux de la série de l'Angara. La houille de Nagato, à l'Est de Shimonoseki, renferme une flore rhétienne*,

1. Voir, on particulier : Toyokitsi Harada, Die japanischen Inseln, eine topographisch-geologische Uebersicht, I, in-8*, 126 p., 5 cartes, Berlin, 1890 (herausg. v. d. k. Japanischen Geol. Reichsanstalt); Edna. Naumann, Neue Beiträge zur Geologie und Geographie Japans (Petermanns Mitteil., Ergänzungsheft Nr. 108, 45 p., 3 cartes); et la grande carte géologique détaillée du Japon, publiée par le Service géologique de ce pays.

2. Matajiro Yokoyama, On some Fossil Plants from the Coal-bearing Séries of Nagata (Journ. College of Science, Imp. University, Tokyo, IV, 4891, p. 239-241, pl.'xXXII-XXXIV).

celle de Kaga est attribuée au Jurassique moyen*, et les couches à empreintes végétales de Tîle de Shikoku [Sikok] indiquent un âge wealdien ou néocomien '.

Pour rintelligence des arcs insulaires, les travaux de Jimbo sur Hokkaido sont particulièrement importants'. En partant du Sud- Ouest, c'est-à-dire de Honshiu [Hondo], on reconnaît dans cette grande île la présence des éléments suivants : la partie sud-ouest, la presqu'île d'Oshima, consiste en lambeaux isolés de roches schisteuses anciennes, avec quelques pointements de granité. Dans les intervalles surgissent des volcans, tels que les îles Koshima et Üshima au Sud-Ouest, et l'Esan et le Komagataké sur la côte est, ce dernier situé à Tentrée de la baie circulaire d'Uchiura (Baie des Volcans), laquelle n'est qu'une répétition des effondrements en forme de cuvette du Gassan, du Chokaï, etc., sur la côte nordouest de Honshiu (II, p. 289, fig. 52). Cette partie de Hokkaido se présente donc comme le prolongement de Honshiu.

Le nœud de montagnes qui s'élève au Nord de la Baie d'Uchiura, et qui répond sur les cartes à un second élargissement de l'île, est constitué presque uniquement par des roches andésitiques, au-dessus desquelles se dressent plusieurs volcans. Au centre se trouve le plus élevé, le Makkarinupuri (1963 m.).

Jimbo appelle ce grand massif volcanique massif du Shiribets, Il est possible qu'il se prolonge au Nord par la masse andésitique du Mashiké, sur la côte ouest, et plus au Nord encore par le volcan insulaire de Rishiri.

A l'Est du massif du Shiribets, on voit une profonde dépression, et à l'Est de cette dépression une zone de dépôts marins appartenant" au Crétacé moyen, à l'état de lambeaux nombreux et importants, sort de dessous le manteau des sédiments tertiaires. Cette zone crétacée se poursuit à travers toute l'île suivant une direction voisine de celle du méridien, depuis Urakawa, non loin de la pointe la plus méridionale de Hidaka, jusqu'au Cap Soya, le promontoire extrême vers le Nord. Sur plus de trois degrés de

1. Matajiro Yokohama, Jurassic Plants from Kaga, Hida, and Echèzen {3 ourn. Coll. of Se, Imp. Uni?., Tokyo, III, 1888, p. 1-65, pi. I-XIV).

2. A. Oc, Nathorst, Beiträge zur Mesozoischen Flora Japan's (Denkschr. k. Âkadi Wiss. Wien, Mathera.-naturw. Cl., LVII, 1890, p. 43-60, 6 pi) ; M. Yokoyama, Mesozoic Plants from Kozuke^ Kiiy Awa, and Tosa (Journ. Coll. of Se, Imp. Univ., Tokyo, VII, 1894, p. 201-231, pi. XX-XXVIII).

3. K. Jimbo, General Geological Sketch of Hokkaido, with special ivsference to the Petrographijf in-8"», 79 p., cartes, Satporo, 1892; et Unsere geologischen Kenntnisse von der Insel Hokkaido in Japan (Verhandl. d. Russisch-k. Mineralog* Ges. S'-Petersburg, 2. Ser., XXXI, 1894, p. 305-311). [Voir La Face de la Terre, II, p. 296, fig. 55.]

iU. 12

HB LA FACE DE LA TEllRK.

latitude, elle est redressée, plissée et même en quelques endroits renversée ; le plongement dominant est vers l'Est. Elle est formée de schistes, de grès et de conglomérats, qui d'ordinaire, comme à Sakhalin, ne se distinguent en rien des couches tertiaires recouvrantes. Depuis les premières publications de Naumann, on la considère comme le prolongement du terrain crétacé de Sakhalin, et plus récemment, on a trouvé à Hokkaido une espèce très caractéristique de Sakhalin, Helcyon gigantetis. Les recherches de Yokoyama, de même que les études comparatives de Kossmat et la présence d'espèces du groupe inférieur d'Ootatoor, dans llnde, aussi caractéristiques que Gaiidryceras Sacya et Telragonites Timotheanus, ont conduit à admettre que la série des couches descend jusqu'au Cénomanien inférieur. Michael croit reconnaître à Sakhalin Téquivalent de TEmscher Mergel (Sénonien inférieur)*. Ainsi, la grande transgression crétacée se traduit jusque dans les arcs insulaires eux-mêmes.

A TEst de la zone crétacée de Hokkaido s'élève une zone, également continue à travers l'île entière, de terrains paléozoïques et de schistes anciens. Elle court de même régulièrement vers le Nord et atteint la côte septentrionale un peu à l'Est du Cap Soya. Au Sud, une longue bande granitique de même direction fait saillie en son milieu. Cette moitié méridionale forme la chaîne de Bidaka de Jimbo. Elle disparaît vers le centre de l'île sous les andésites et les rhyolites d'un puissant volcan, VOptateshikéy et au Nord de ce massif parasite elle est fréquemment masquée par des laves ou par des sédiments tertiaires.

C'est à la zone crétacée et à la zone de Hidaka que l'île de Hokkaido doit sa forme en losange. La première, comme on Fa vu, constitue le Cap Soya, au Nord, et la seconde le Cap Yerimo, au Sud. Le territoire situé à l'Est de la zone de Hidaka possède une structure différente. Tandis que, jusque-là, la direction méridienne était prépondérante, la ligne des Kouriles (en japonais : Chishima) pénètre alors, comme Lyman l'a reconnu depuis longtemps, dans Hokkaido.

Yokoyama a mis en lumière un fait remarquable, c'est qu a l'extrémité orientale de Hokkaido, au voisinage de la ville de

1. M. Yokoyama, Versteinerungen aus der japanischen Kreide (Palaeontographica, XXX VI, 1890, p. 159-202, pl. XVIII-XXV); Fr. Kossmat, Jahrb. k. k. Geol. Reichsanst., XLIV, 1894, p. 470, ot V nier suchung en über die Südindische Kreideformation (Beitr. zur Paläont. Oesterr.-Ung. u. d. Orients, herausgeg. v. W. Waagen, IX, 1895, p. 119, 133). Voir aussi R. Michael, lieber Kreide fossilien von der Insel Sachalin (Jahrb. k. Preuss. geol. Landesanst., XIX, 1898, p. lo3-164, pl. V, VI).

Nemuro, et plus à TEst, dans Tîle Shikotan, qui fait face aux Kouriles méridionales, le terrain crétacé, contenant des Inocérames et d'autres fossiles, affleure encore une fois. Nous n'hésiterons pas à regarder ces gisements comme les restes de la zone externe des Kouriles ; mais il est intéressant de constater qu'une brèche andésitique apparaît déjà au milieu de ces sédiments crétacés, et que, par conséquent, l'activité volcanique, dans les Kouriles, remonte jusqu'à l'époque de la Craie.

De l'île Kunashiri, la plus méridionale des Kouriles, les volcans s'alignent sur un arc de cercle régulier dont la direction passe de W.S.W. à E.-W., et qui traverse l'Est de Hokkaido jusqu'au volcan Nutapkaushipé (7S00 pieds, 228S m.), puis jusqu'au massif déjà signalé de l'Optateshiké (6000 pieds [1800 m.]), greffé sur des montagnes granitiques. Dans la vallée du Teshio, dans la zone crétacée principale, donc à l'Ouest de la chaîne des schistes anciens, Jimbo note également la présence d'une brèche andésitique d'âge crétacé.

Il résulte de cette disposition, et notamment de l'allure de l'Optateshiké, que la ligne volcanique des Kouriles empiète réellement sur la chaîne plissée, granitique et schisteuse^ de Hidaka, qui lui est perpendiculaire. Tel est le mode de contact de deux directrices importantes, dont Tune est de nature volcanique.

Des couches tertiaires d'eau douce à lignites, surmontées de dépôts marins tertiaires, enveloppent à peu près de tous les côtés les chaînons dont il a été question jusqu'ici.

On peut également préciser désormais les rapports qui existent entre Hokkaido et Sakhalin, Cette grande île est formée, elle aussi, de bandes schisteuses paléozoïques ou même antérieures, audessus desquelles la série des couches commence avec le Cénomanien ouleSénonien inférieur. La direction est la même. Le nombre des chaînes parallèles est plus grand. Les volcans manquent.

Les cartes dessinent souvent, au Sud de Sakhalin, un promontoire qui se détache au Sud-Est et se termine au Cap d'Aniva. Ceci donne une impression inexacte. En réalité, comme Glehn et Chébounin l'ont montré, il y a là trois chaînes de montagnes parallèles, courant du Nord au Sud, et séparées par des vallées longitudinales ^ La première chaîne, du côté de l'Est, se termine au Cap

1. p. V. Glehn, Reisebericht von der Insel Sachalin (Baer und Heluierscn, Beitrage zur Kenntniss des Russischen Reiches, XXV, 1868, p. 189-300; avec carte par G. \V. flchebunin). — Une carte generale de Tile accompagne l'article de F. Immanueli Die însel Sachalin (Petermanns Mitteil., XL, 1894, p. 49-60, pl. ö].

m LA t^ACE DÉ LA TEhRË.

d'Aniva et est isolée au Nord par la Baie Mördvinöv. Glchn la nomme Chaîne de la pointe sud-orientale (VI, fig. 17). La seconde chaîne méridienne est appelée par Glehn Monts Soïa-Sousousnaï (V, fig. 17). Son pied sud s*élève au bord oriental de la Baie d'Aniva ; elle atteint environ 760 mètres d'altitude; sa longueur est à peu près de 80 verstes, comme pour la première, et elle se termine sur la côte orientale. Nous désignerons la troisième chaîne, avec Poliakov, sous le nom de Chaîne principale de Sakhalin (IV, fig. 17). Commençant au Cap Crillon, elle se prolonge suivant la direction du méridien jusqu'au 51® de lat. N.\

Les deux petites chaînes mentionnées en premier et la partie sud de la chaîne principale de Sakhalin sont formées, d'après Glehn et Lopatin, par des schistes cristallins et des marbres, encadrés en quelques endroits par des marnes blanches avec débris de Poissons dont l'âge est inconnu, mais qui sont probablement tertiaires*.

Les deux petites chaînes de l'Est n'ont pas de prolongement à Hokkaido, où elles tomberaient dans le domaine de l'arc des Kouriles. Le rattachement des deux îles ne peut être cherché que par le Détroit de La Pérouse, du Cap Soya au Cap Crillon. Nous savons que le Cap Soya est crétacé, et que les roches anciennes de la zone de Hidaka n'atteignent la côte septentrionale de Hokkaido qu'un peu plus à l'Est. Ce point n'en reste pas moins à l'Ouest du méridien passant, au Sud, par le Cap Yerimo.

Par conséquent, la chaîne principale de Hokkaido ne suit pas tout à fait la direction N.-S et s'infléchit légèrement au N.N.W., ou bien elle ne correspond pas à la grande chaîne de Sakhalin et représente une nouvelle coulisse.

A l'Est du Cap Crillon se montrent les marnes blanches; k l'Ouest, on retrouve les roches schisteuses cristallines qui formaient les deux chaînons orientaux. Mais bientôt, à partir de la rivière Oko (46** 40'), une série de couches lignitifères s'adosse à la côte occidentale, en formant des lambeaux isolés qui se prolongent très loin vers le Nord. Lopatin, dans sa traversée de l'île du Nord- Est au Sud-Ouest, en partant de Naï Boudji sur la côte orientale (47^25'), près de l'extrémité nord du second chaînon (Monts Soïa- Sousousnaï), ne rencontra que des roches métamorphiques remplies de filons de quartz, avec seulement quelques lambeaux ter-

1. J. s. Poljakow, Reise nach der Insel Sachalin; aus dem Russischen übersetzt von A. Arzruni, in-S", Berlin, 1884.

2. Lopatin, Rapport au Gouvernement général de la Sibérie Orientale^ 1'. (Gornyi Journal, 1870, n» 10, p» 47 et sUiv.; pöut Ic Sud, voir surtout, p. 67).

tiaires. 11 constata d ailleurs, dans le lit des rivières, la présence de cailloux de granité, de porphyre et de diorite.

Une fois les chaînons orientaux disparus, la chaîne principale de Sakhalin forme seule, sur une grande distance, le corps rétréci de Tîle. Après avoir atteint 3000 pieds d'altitude [900 m.], elle s'abaisse par 48® à 700 ou 800 pieds [200 à 250 m.], pour se relever ensuite. A rOuest comme à TEst, on connaît le long de la côte des bancs de lignite.

Dans cette région, les terrains anciens disparaissent, sans qu'on puisse encore préciser comment et apparemment sans que la direction change, et des terrains beaucoup plus récents les remplacent. Au Pic La Martinière ou Ktoous-Pâl(50M6'), Schmidt a trouvé juscju'au sommet.

fiq. 17. — HoHk^ido et Sakhalio.

à 5 000 pieds [1500 m.], un grès crétacé ou tortiaire, dur, gris, à demi cristallin, qui forme en bancs généralement 1res redressés toutes les crêtes environnantes *.

A partir du 49® environ, une seconde chaîne vient s'ajouter du côté de l'Est à la précédente : c'est celle des Monts Tym (VU, fig. 17), qui converge nettement vers le Nord. Au Sud, elle ferme la Baie de la Patience; puis elle est séparée des montagnes de TOuest, jusqu'à son extrémité septentrionale, aux « Pains de Sucre », au voisinage du 52® de lat. N., par les deux vallées longitudinales du Poronaï et du Tym. Poliakov, qui de la vallée d'Alexandre prés de Doui (50^50') a traversé la chaîne principale de Sakhalin jusqu'au Tym, puis a suivi ce cours d'eau vers l'aval jusqu'à l'extrémité septentrionale des Monts Tym, n'a vu que des quartzites et des argiles sableuses grises; d'après ce savant, la vallée du Tym représenterait un pli synclinal, tandis que les chaînons situés de part et d'autre coïncideraient avec des anticlinaux de quartzite et de grès tendre, en bancs souvent verticaux^

Toutefois, d'après Lopatin, des roches cristallines se montrent également sur le Tym et forment la côte orientale le long des Monts Tym\

Il ne semble pas que le cours inférieur du Tym, là où il coupe les Monts Tym, soit établi dans une vallée transversale. Poliakov dit que la chaîne de TEst est comme rejetée de côté par celle de l'Ouest. En fait, la chaîne principale de Sakhalin s'arrêterait sur la côte ouest près de Doué' ou un peu plus au Nord, par 51® ou 81®30', — c'est du moins ce qu'affirment à la fois Glehn et Chébounin; et à partir de là, le pays, eu allant vers le Nord, prend de plus en plus l'aspect d'un plateau large et accidenté : la partie culminante, l'Engys-pal (2000 pieds [600 m.]), n'est que l'arête d'une croupe fort large, et non pas une chaîne véritable. Ce plateau accidenté remplace d'abord, à l'Ouest, la grande chaîne de Sakhalin, puis, à l'Est, celle des Monts Tym, de sorte qu'il occupe seul toute la largeur de l'île.

Au Nord du Cap Khoïndcho (50® 50'), qui est encore formé de roches cristallines, et de la localité voisine de Doué, à l'endroit où se placerait à peu près l'extrémité de la grande chaîne de Sakhalin, une série très variée de couches plus ou moins verticales, et même renversées d'après certains auteurs, se montre sur la côte

Page 1