‹ La face de la terreChapitre 29 sur 137 · Lopatin, Rapport cité, p · texte numérisé non relu

Lopatin, Rapport cité, p

occidentale. C'est de là que provient la faune crétacée si riche de Sakhalin, décrite par Schmidt, dont les affinités avec Hokkaido et avec la Craie de Tlnde sont si frappantes. La série marine débute avec la Craie moyenne. Mais les dépôts tertiaires, tant marins que d'eau douce, ne manquent pas non plus. Glehn a décrit toute la coupe qui s'étend jusqu'au Cap Ouandi, sur environ 70 verstesS On a l'impression que toute cette zone de sédiments récents est coupée par la côte sous un angle aigu, comme si elle allait disparaître sous la Manche de Tartarie dans la direction du N.N.W,

Au Nord, près de Ouandi, le substratum cristallin se montre encore une fois (51®35'), pour être bientôt suivi, d'ailleurs, de nouveaux affleurements de grès en couches verticales; et plus au Nord encore, dans toute l'extrémité occidentale du pays de collines que domine l'Engys-pal, pour autant du. moins qu'on Ta parcouru au delà de la bordure des toundras, jusqu'au lac saumâtre do Pronge (33° 45'), on ne connaît que des grès dont l'âge est probablement tertiaire. Batzévitch a décrit les sables et les grès tendre» de Pronge. On y trouve de la cornaline et de la calcédoine, comme c'est le cas si souvent dans les grès tertiaires de la région amourienne. Le plongoment relevé par Batzévitch : moins de 20**, hora 3 N.E., indique la direction du Nord-Ouest. Ces grès s'étendent à travers toute l'île, d'une mer à l'autre, et ne renferment aucun fossile; on les considère comme pliocènes. A l'Est de la ligne de partage des eaux, un pli anticlinal amène au jour une argile contenant du pétrole et donnant naissance à un petit lac de naphte. On a également signalé du pétrole sur la côte orientale^.

Une nouvelle crête dentelée s'élève alors, en décrivant une courbe très marquée au N.VV.; elle forme sur une hauteur de 2000 pieds [600 m.] le promontoire de l'Ouest et se termine en falaises rocheuses au Cap Maria (VllI, fig. 17). Un second chaînon analogue, mais un peu moins élevé, lui succède au Nord et se termine au Cap Elisabeth, la pointe extrême de Sakhalin vers le Nord (IX, fig. 17). La constitution de ces promontoires remarquables n'est pas connue ; Glehn suppose que les couches anciennes à empreintes végétales du Cap Khoïndcho affleurent à leur pied, parce que de la

4. p. y. Glehn, Reisebericht von der Insel Sachalin^ p. 242 et suiv. Des dépôts marins crétacés recouvrent des couches contenant dos fouilles cVAlmts, Fagus, etc. En présence des résultats inattf^ndus qu'a déjà fournis l'étude de la flore crétacée, j'hésite jusqu'à nouvel ordre à voir dans cette superposition la preuve certaine d'un renversement.

2. L. Batzévitch, Description d<*s sources de pétrole de Sakt\alin, r. (Oornyi Jov^rnal, 1390, ni, p. 129-150, pi. VII),

houille oxisto, dit-on, p^^s de Pilvo, au pied sud de la chaîne méridionale ^

Ce n'est donc pas seulement à Hokkaido et dans les Monts Tym, mais aussi sur d'autres points et en particulier dans le Nord de Sakhalin que la direction vraie doit s'écarter du méridien vers le N.N.W., et au Nord, la grande île se termine par les deux bandes rocheuses disposées en crochet qui aboutissent dans la mer aux caps Maria et Elisabeth. Ce fait donne une certaine importance à la direction E.-W. des grès tertiaires de la Polosata Gora, au Nord de l'embouchure de l'Amour. // semble que ces parties extrêmes des chaînes qui convergent vers le Golfe d'Okhotsk tendent à dévier vers F Ouest.

La principale modification qu'il paraisse utile d'introduire dans l'énumération des lignes directrices de l'arc insulaire que nous avons reproduite concerne l'arc d (Hokkaido et Sakhalin), qui n'a plus lieu d'être considéré comme distinct.

Naumann et Harada sont d'accord pour admettre que le Nord de Honshiu possède une structure zonaire. Harada est particulièrement explicite sur ce point, et en suivant ses indications, nous aurons (fig. 17) : I® une zone sédimentaire interne, souvent morcelée et masquée par des roches eruptives; \\^ la zone centrale, formant comme le noyau de la chaîne, et constituée par du gneiss et des schistes cristallins; IIP la zone sédimentaire externe. De grands volcans apparaissent sur le territoire des zones I et II ; un profond sillon, la ligne médiane de Harada, court dans cette partie du Japon à travers la zone III.

Ce sillon atteint le Cap Shiriasaki à l'extrémité septentrionale de Honshiu; et la profonde dépression qui, à Hokkaido, sépare la partie orientale de l'île de la partie occidentale, beaucoup moins étendue, est considérée d'un commun accord comme le prolongement de la « ligne médiane » de Honshiu. Les fragments de terrains anciens d'Oshima et les volcans voisins, le massif volcanique du Shiribets, celui du Mashiké (en tant que ne faisant pas partie des Kouriles) et même le volcan Rishiri correspondraient d'après cela à la zone II et peut-être aussi, à Oshima, à la zone I. La zone externe plissée, en partie mésozoïque, du Nord de Honshiu (III), à laquelle appartiennent les massifs d'Abukuma et de Kitakami, (voir t. H, p. 289, fig. 32), n apparaîtpas à Hokkaido sous cette forme. Comme on y connaît également à Honshiu des lambeaux trans-

1. P. ▼. Glehn, Heiseùericfit von der Insel Sçchalin, p. 219, 229, 251.

FORMATIONS PÉRIPHÉRIQUES A L'EST Dû FAITE. 485

gressifs d'âge crétacé moyen, on pourrait supposer que la zone crétacée de Hokkaido est assimilable au prolongement du bord oriental de III. Mais on nous dira qu'il en va peut-être tout autrement, et sans porter un jugement, nous désignerons cette zone crétacée de Hokkaido sous le symbole III a, La chaîne de Hidaka, qui se prolonge dans la grande chaîne de Sakhalin, prendra le n<>IV. En faisant alors abstraction des vallées et en ne considérant que les chaînes, nous devrons donc attribuer le chiffre V aux Monts Soïa-Sousousnaï, qui viennent à TEst de IV, et le chiffre VI à la chaîne côtière orientale. Plus à TEst encore naît la chaîne des Monts Tym (VII), et les n®" VIII et IX tombent en partage aux petits chaînons incurvés de l'extrémité septentrionale de Sakhalin.

Il résulte de là que les chaînes les plus externes, celles qui portent les n*^« Vlll et IX, sont en même temps les plus avancées au Nord, et que deux circonstances dominent toute la situation : d'abord un échelonnement particulier des coulisses vers le Nord, puis une convergence générale vers le Golfe d'Okhotsk.

L'ensemble s'ordonnant à peu près autour du méridien, la première circonstance se traduit dans la position de l'extrémité septentrionale des chaînes successives. Les roches anciennes de II (ou de I) sont visibles jusqu'à 42*» 40' de lat. N. et les volcans leur servant de cortège vont jusqu'au Rishiri, par 45® 8'; 111 a, la zone crétacée de Hokkaido, disparaît au Cap Soya, par 45® 30', et les roches anciennesde la zoneïV atteignent lamerauSudde Doué, par 50®52'. Ensuite viennent les courts chaînons du Sud de Sakhalin, V jusqu'à 47® 35' et VI jusqu'à 46® 48', puis les Monts Tym (Vil) jusque vers 51® 45', enfin VIII et IX jusqu'à 34® 18' et 54® 22'.

Dans cette énumération, nous ne tenons pas compte des affleurements isolés de roches anciennes à Ouandi, au Nord de Doué, et nous admettons que le terrain crétacé visible entre Ouandi et Doué n'appartient pas à la même zone que celui de Hokkaido.

Les pointements de roches anciennes situés à l'Est de la zone de Hidaka, dansFîlede Hokkaido, peuvent-ils être regardés comme le prolongement méridional des courts chaînons V et VI? C'est ce dont je ne puis juger d'après les observations qui me sont connues. Mais en tout cas, il est manifeste quo la ligne des Kouriles empiète sur les zones rattachant Honshiu à Sakhalin.

Certains faits semblent même indiquer que cet empiétement des Kouriles sur Hokkaido atteint des proportions bien plus considérables que les documents publiés jusqu'ici ne le faisaient prévoir. Non seulement l'on voit succéder aux lambeaux crétacés de Nemuro,

iftO LA FACE DE LA TERRE.

sur la côte méridionale de l'île, un bassin de lignite affectant la direction W.S.W., mais M. Ogawa m'annonce en outre que cette même direction, qui est celle des Kouriles, se retrouve dans les lambeaux paléozoïques du Sud-Ouest jusqu'à Oshima, et même jusqu'au voisinage du Cap Shiriasaki et dans la partie tout à fait septentrionale de Honshiu. On a d'ailleurs constaté des indices d'un retour à la direction W.N.W. à l'extrémité septentrionale du massif de Kitakami. De cette façon, on peut croire qu'il s'est réellement produit dans l'extrême Nord de Honshiu un entre-croisement, grâce aux limites variables des mouvements successifs, et qu'autrefois les Kouriles venaient s'y raccorder par rebroussement avec l'arc du Japon Septentrional.

11 est possible d'ailleurs qu'au Sud, à Kiou-Siou, la situation soit la mAme. Je dois en outre à M. Ogawa l'annonce que M. Sugawa a trouvé sur la côte méridionale de Kiou-Siou des traces de la direction des Riou-Kiou, traces qui sont même reconnaissablos dans les terrains sédimentaires anciens jusque sur la côte nord de cette grande île.

De plus, les schistes sériciteux et à demi cristallins qui constituent la zone de Hidaka lorsqu'elle s'enfonce dans l'Océan au Cap Yerimo ont été retrouvés, d'une façon inattendue, dans quelques îlots qui bordent la côte à l'Est du massif de Kitakami. Dans la presqu'île de Tshori, qui fait partie du massif de Quanto, pr^s du bord septentrional de la grande entaille de Honshiu, un calcaire paléozoïque se dirige droit à l'Est, vers la mer. Ce sont là des traces, d'ailleurs lointaines, indiquant que la zone de Hidaka elle-même se poursuit jusqu'au rebroussement du Japon central.

9. Gonp d'œil général. — La région étudiée dans ce chapitre embrasse, de l'entrée de la basse Chilka dans les terrains du Grand Khingan jusqu'à la rive orientale de Sakhalin, 25 degrés de longitude, et de la vallée de l'Okhota au rebroussement de Honshiu, près du Fouji Yama, 26 à 27 degrés de latitude.

Les horsts de l'ancien faîte ont disparu l'un après l'autre sous la taïga, le long de la ligne de partage des eaux de la Mer Glaciale. Dans la partie septentrionale du Grand Khingan et dans le Toukouringra se présente une direction différente, et l'on pourrait croire alors qu'une disposition nouvelle va survenir. H n'en est pas ainsi. A travers les plaines fertiles de l'Amour, les sombres fon^ts vierges des Monts Tourkana et du Petit Khingan et jusqu'aux solitudes de Sakhalin ou aux grands fonds de la côte japonaise, lef>

lignes directrices se montrent subordonnées à un même plan d'ensemble qui, à mesure que la direction s'infléchit davantage au Nord, se traduit par la convergence de toutes les chaînes vers le Nord de la Mer d'Okhotsk. Ces chaînes sont : los Monts Aldan, les Monts Tourkana, la chaîne de la Bouréïa ot lo Petit Khingan, les chaînes de Mandchourie et le Sikhota-Alin, enfin celles du Nord de Honshiu avec Hokkaido et Sakhalin. En mt^me temps tout le système vient s'accoler au faîte, comme une région qui, d'une façon générale, serait disposée dans le m^me sens.

Le tableau s'élargit dans des proportions notables si l'on tient compte d'un fait dont je dois encore la communication à M. Ogawa. On a rapporté de l'île du Père [Peel], aux iles Bonifia du calcaire i\ Nummulites. Les îles Bonin forment deux zones distinctes j alignées du S. au N. La zone orientale, à laquelle appartient le groupe en question, est constituée par des roches andésitiques, probablement anciennes, et disparaît vers le Nord. La zone occidentale est une rangée de monts à cratères récents, et en partie encore actifs : les îles Saint -Augustin, Krusenstern, du Soufre, Saint- Alexandre et Rosario. Au voisinage de Saint-Alexandre, on a signalé de plus une éruption sous-marine. Cette zone occidentale disparaît bien aussi vers le Nord, mais elle revient au jour dans la ligne également volcanique, et fort active encore, de l'île Ponafidin, de l'île des Volcans, d'Aoga-shima, Hatshija-shima, etc., qui atteint au voisinage du Fouji-Yama l'arête de rebroussement de Honshiu.

11 n'est donc pas improbable que la zone orientale des îles Bonin représente l'amorce d'une Cordillère, et que ces îles possèdent une structure analogue à celle de l'arc des Riou-Kiou ou des Antilles, qu'il faille par conséquent les considérer comme un arc insulaire indépendant. Or, comme on a signalé certains faits indiquant un prolongement de la zone de Hidaka jusqu'au Sud du massif de Quanlo, et que cette zone de Hidaka coïncide avec la zone principale de Sakhalin, il est permis de supposer que des lignes directrices aussi distantes que le sont celles des îles Bonin et de Sakhalin peuvent arriver à se rejoindre au centre de Honshiu.

L'allure arquée dans le même sens des îles Mariannes, qui est si nette, permet en outre de penser qu'elles jalonnent aussi un arc insulaire indépendant, dont la Cordillère n'est toutefois pas visible.

Si l'on pouvait écarter les eaux marines, ces arcs insulaires se dressant au-dessus do grandes profondeurs apparaîtraient tous comme de puissantes chaînes de montagnes. Les arcs succèdent

aux arcs. On ne connaît aucune limite, dans la direction de F Océan, à cette étonnante puissance curvigène qui émane du faite de l^Eurasie\

Il semble, d'ailleurs, que vers la périphérie de r édifice les diamètres deviennent par trop grands. Les segments se divisent alors en se repliant sur eux-mêmes, et il se produit souvent des rebroussements entre les tronçons successifs. L'extrémité sudouest des Monts Aldan est recourbée ; on observe le même fait à l'extrémité septentrionale de Sakhalin, ainsi que dans la partie méridionale du Sikhota-Alin, où se produit un retour des plis vers le lac Khanka. A Honshiu, le rétrécissement et le rebroussement qui coïncident avec la fossa magna répondent probablement au même phénomène.

Les cassures longitudinales extraordi nairement continues du faîte ne font pas défaut non plus à la périphérie. L'un de ces accidents forme à TEst la côte rocheuse des Monts Aldan ; au Sud de la Mer d'Okhotsk, où Ton pourrait s'attendre à voir une cassure transversale, se présente une côte à rias. Le second exemple est fourni par le bord oriental du Sikhota-Alin, avec son long liséré de basaltes; cette fois encore, il se forme au Sud une côte à rias, au lieu d'une cassure transversale. C'est ainsi également que des traînées basaltiques jalonnent à l'Est et à l'Ouest le pied du Petit Khingan, au voisinage de l'Amour. Ces longs alignements diffèrent des séries d'effondrements circulaires qui caractérisent la côte occidentale du Japon, et pour les expliquer, on devra recourir à dos phénomènes de disjonction analogues ù ceux dont le faîte a été le théâtre.

Il y a, de la part des cassures, une tendance à être longitudinales plutôt que transversales ou qu'à suivre toute autre direction ; mais l'on constate que la cassure longitudinale du Sikhota-Alin ne s'infléchit pas comme les plis eux-mêmes dans la partie méridiorude de la chaîne.

Cette circonstance est importante à noter. Les lignes disjonctives résultant d'une tension peuvent avoir la tendance à suivre sur de grandes longueurs l'allure plus ou moins rectiligne ou légèrement incurvée d'un faisceau de plis, mais non à faire un coude brusque. Anert déclare qu'en Mandchourie, les plis récents mais déjà rasés de la plaine s'orientent toujours N.N.E., tandis que dans les terrains anciens, c'est-à-dire dans la région montagneuse qui s'aligne

[1. Le texte allemand porte : Man kennt gegen den Océan hin keine Grenze der wunderbaren bogen-gebärenden Machte welche vom eurasiatischen Scheitel ausgeht,]

également N.N.E. au point de vue du relief extérieur, on constate parfois que les roches possèdent une direction différente, E.-W. On peut supposer que les inflexions antérieures ont été coupées parles lignes disjonctives, dont lallure est plus simple, et que certaines lignes disjonctives peuvent localement jouer le rôle de directrices quand un plissement posthume se produit.

Quelque singulière que cette conjecture puisse paraître, on ne doit pas oublier cependant que, dans ramphithéâtre d'Irkoustsk par exemple, la bordure archéenne exerce une influence analogue sur Tallure des plis marginaux.

Les choses changent dès que, à TOuest du Liao-ho, on quitte les régions plissées du littoral et de la Mandchourie pour pénétrer dans le Plateau du Nord-Est de la Chine. Là se présentent non seulement des cassures, mais aussi des lignes analogues à des flexures, accidents inconnus dans les chaînes plissées, où ils seraient d'ailleurs difficiles à mettre en évidence. Les roches eruptives récentes manquent le long des accidents du Chan-si. Mais ces accidents du plateau n'afi'ectent pas seulement une disposition qui correspond à celle des directrices de la région plissée, on les voit aussi s'infléchir d'une façon tout à fait analogue du S.S.W. à l'W.S.W. ou à l'W. (I-wou-lu-Chan et Houng-Chan, Taï-hang-Chan), avec la même convexité au Sud Est que les plis dessinent dans la région plissée (partie septentrionale du Grand Khingan, Nord de Sakhalin, Sud des Monts Aldan, lac Khanka) ; et là les mouvements sont peut-être indiqués, dans certains cas, par le passage d'une cassure à une côte à rias (de la Baie de Saint- Vladimir à Vladivostok). Mais les plis incurvés peuvent aussi être coupés par des cassures, comme cela ressort de l'examen des complications précédemment signalées en Mandchourie.

En approchant de l'Océan Pacifique apparaissent des dépôts mésozoïques marins. Le Trias del'Oussouri, les couches à P^tfurfornonotis ochotica, le Jurassique moyen de la côte d'Okhotsk, les couches à Aucelles qui se montrent dans la vallée de l'Amour et les traces do l'étage volgien sont autant d'indices de communications avec le Nord. On reconnaît ensuite jusqu'à Sakhalin la transgression du Crétacé moyen, à laquelle on attribue en Europe et jusqu'au détroit de Tourgaï une origine méridionale.

En même temps, les dépôts à empreintes végétales nous apprennent que non seulement en Sibérie, mais aussi dans les plaines de l'Amour et de la Mandchourie, depuis une époque extrêmement reculée, dans certaines régions depuis l'époque carbonifère et ailleurs

depuis rélage rhétien tout au moins, il a existé un vaste continent, souvent recouvert de nappes d'eau douce d une prodigieuse étendue.

C'est la partie orientale du Continent de l'Angara. On y voit de nombreuses lignes de dislocation dont la lèvre orientale est affaissée. Au cours des âges, le domaine des terres émergées ne s'en est pas moins agrandi progressivement vers l'Est, sans quoi ces dépôts marins mésozoïques ne seraient pas visibles. Cette circonstance doit s'expliquer en partie par les plissements ultérieurs, mais surtout par ce fait qu'en d'autres régions du globe, des affaissements beaucoup plus importants survenaient dans le domaine des océans.

Dans cette partie de la Terre. Toccasion exceptionnelle nous est offerte de constater avec quelque certitude la permanence d'un continent. Pendant toute la durée des temps auxquels les sédiments fossilifères de notre planète correspondent, l'arbre généalogique de la Vie n'a jamais été brisé, mais selon toute apparence, le développement n'a pas procédé d'une façon uniforme et continue. Les transformations du milieu extérieur ont dû exercer une grande influence, notamment les changements réitérés subis par Textension et le dessin des mers. Les habitants de la terre ferme et des eaux douces se comportent en pareil cas tout autrement que ceux de la mer. Pour ces êtres, la continuité de l'arbre généalogique suppose en môme temps la continuité de certains asiles qui ne font jamais défaut aux organismes marins. La généralisation exagérée de cette thèse juste par elle-même, rapprochée de la grande profondeur des mers, a conduit à la doctrine de la permanence générale des continents et des océans , doctrine que la nature ne confirme pas sur une pareille échelle. Mais de fait, le continent de TAngara nous représente une portion étendue de la surface du globe qui a dû, depuis une époque très reculée, servir de refuge aux animaux terrestres et aux animaux d'eau douce, et d'où, selon les circonstances, de nouvelles colonies pouvaient rayonner dans toutes les directions, comme dans l'île paradisiaque de Linné.

Le continent de l'Angara n'est pas la seule région de ce genre.

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