‹ La face de la terreChapitre 37 sur 137 · Obroutchev, L'Asie Centrale, II, p · texte numérisé non relu

Obroutchev, L'Asie Centrale, II, p

leurs, à ma connaissance, on n'a jamais essayé d'en tracer de ce côté.

La feuille XXI de la carte russe à l'échelle de 40 versles au pouce, dressée par le colonel Bolchev, donne un bon tableau des conditions hypsométriques qui régnent dans TOuest de cette région.

Le Lob-Nor est encore à 2550 pieds anglais d'altitude [777 m.] ; puis, vers le Sud, les cimes de TAltyn-Tagh montent immédiatement à 13 000 pieds [4000 m. environ] et même davantage, mais au delà de TAltyn-Tagh les cotes ne redescendent pas dans la même mesure ; la plaine du Tsaïdam ne s'abaisse pas au-dessous de 8 800 pieds [2680 m.] et se maintient presque partout au-dessus de 9200 pieds [2 800 m.] ; la plaine de Syrtyn est au-dessus de 9 400 pieds [2 865 m.], et au Sud du Tsaïdam la plaine des deux lacs Koum-Koul se trouve à plus de 13 000 pieds [4000 m. environ].

Revenons à la cote 2550 pieds [777 m.] du Lob-Nor et suivons vers l'E.N.E. la route de Kozlov, précédemment décrite, qui longe au Sud le Beï-Chan. Peu à peu, le sol s'élève jusqu'à 2720 pieds [830 m.]. Au delà de la ligne de partage des eaux formée par les sables, le lac Ghalatchi est à 3 500 pieds [1000-1100 m.]; mais aussitôt que le San-sian-tsy est franchi, au delà d'An-si, nous nous trouvons à plus de 5000 pieds [1 500 m.], et tout le territoire situé au Sud de Sa-tcheou, entre le San-sian-tsy et les prolongements de TAnembar-Oula, de même que toute la région des oasis du Kansou, d'autre part, sont au-dessus de 5000 pieds [1 500 m.].

Au-dessus des oasis du Kan-sou, les crêtes et les sommets des Monts Richthofen se dressent à 20 000 pieds au moins [6000 m.], mais au Sud de cette chaîne, toutes les vallées du Nan-Chan se maintiennent très haut; la surface du Koukou-Nor est à 10 500 pieds [3 060 m.] et celle du Khara-Nor, découvert par Roborovsky, à environ 12 000 pieds [3 650 m.]. Au delà du Nan-Chan, on atteint la haute région des chaînes tibétaines où, sur de vastes espaces, aucun point ne s'abaisse au-dessous de 15 000 pieds [4 500 m. environ].

Cet énorme gonflement du sol, limité au Sud-Ouest par la dépression du Yarkend-Daria et du Lob-Nor et resserré au Nord-Est par la dépression de l'Ordos, est une sorte d'intumescence, composée de plis nombreux et très rapprochés plus ou moins parallèles. Des oasis du Kan-sou au Tsaïdam, ces plis suivent la direction W.N.W., sauf vers leur bordure extrême à l'Ouest. Une large vallée, occupée par le Koukou-Nor et le domaine fluvial du Boukhaïn-Gol, puis par le Khara-Nor, et dont nous venons de signaler l'altitude considérable, divise ces chaînes dans le sens de la lon-

gueur en deux groupes, un groupe septentrional et un groupe méridional. La séparation est d'ailleurs incomplète, car au Nord- Ouest et au Sud-Est, les chaînes se rapprochent si bien que la vallée intermédiaire demeure privée d'écoulement.

La largeur du Nan-Ghan entre le bord septentrional du Tsaïdam et le bord méridional des oasis du Kan-sou est égale à la largeur des Alpes entre Biella et Fribourg, et l'on peut dire que toute la région désignée ordinairement sous le nom de Nan-Ghan correspond à peu près en étendue aux Alpes Suisses. L'altitude plus forte des chaînes a pour contre-partie une hauteur plus grande des fonds de vallées, ce qui atténue les différences de niveau à l'intérieur de la région montagneuse, mais l'observateur ne s'en trouve que plus rapproché de la limite des neiges éternelles.

De Prjévalsky à Roborovsky, des explorateurs nombreux et hardis ont contribué à fixer la topographie de cette région montagneuse*, mais jusqu'à présent il n'y a que deux géologues compétents qui l'aient parcourue. Le premier fut Löczy, dont les recherches, en dehors de la bordure septentrionale, ont surtout porté sur l'itinéraire de Lan-tchéou à Lian-tchéou, sur la vallée du Si-ning et le Sud-Est du pays. A sa suite est venu Obroutchev, qui étudia plusieurs coupes à travers les chaînes du Nord et dans une longue expédition, franchit toutes les chaînes au voisinage de leur extrémité nord-ouest; suivant alors leur direction, il atteignit au Sud du Koukou-Nor le champ d'études de Löczy, pour regagner ensuite, en traversant l'Est des chaînes, les oasis du Kan-sou.

Malgré leur intérêt, on le conçoit sans peine en songeant à l'étendue et à la nature du pays, ces explorations ne peuvent être regardées que comme de premières reconnaissances. Il faut avouer, en particulier, que le centre du Nan-Ghan, c'est-à-dire le pourtour du Khara-nor et du domaine fluvial du Boukhaïn-Gol, à l'exception de la bordure méridionale du Koukou-Nor, est à peu près complètement inconnu au point de vue géologique. Mais comme Obroutchev a traversé les hautes chaînes de l'Ouest et que celles de l'Est, grâce aux efforts combinés de plusieurs voyageurs, sont connues dans une certaine mesure, on peut dès à présent constater que malgré certaines déviations locales très remarquables, sur

[1. Voir Tarticle de J. Deniker, Les Explorations Russes en Asie Centrale (187i'i895), I (Annale» de Géogr., VI, i897, p. 408-430, pi. XI : carte), et la Carte de l'Asie Centrale dressée par F. Qrenard et J. Hansen, 1899 (dans J. L Diitreuil de Rhins, Misnon scientifique dans la Haut-Asie^ Atlas des cartes, in-folio, Paris, 1898).]

lesquelles nous reviendrons, Tallure des chaînes, aux deux extrémités du Nan-Chan, correspond assez exactement, dans l'ensemble, à la direction des terrains.

Sur le méridien de Sou-tchéou s'élèvent, entre les oasis du Kansou et la vallée longitudinale du Koukou-Nor, quatre hautes chaînes, dirigées uniformément W.N.W. Ce sont : les Monts Richthofen, le Tolaï-Chan, les Monts Alexandre III et une quatrième chaîne peu connue, qui est séparée de la précédente par la vallée supérieure du Sou-leï-Khé. Dans le prolongement des Monts Alexandre à rW.N.W. ou un peu au Sud de cet alignement se dresse le Da-sioué-Chan*.

Les Monts Richthofen ont là SO ou 60 verstes de largeur et se

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Fio. 25. — Coupe dos Monts Richthofen au Tsin-pin-daban, d'après Obroulchev {L'Asie Centrale, etc., II, p. 164, fîg. 130).

«, Silurien?; d, Dévonien; p, Schistes ardoisiers et quartzites ; c, Carbonifère inférieur; c, Tafs porphyriques ; m, Couches mésozoïques 7 ; ^ Dépôts du Gobi; f, f. Pailles. — Échelle des longueurs 1 : 500 000 ; hauteurs 1 : 125 000.

divisent en plusieurs faisceaux de plis, dont le premier dépasse sans doute 20 000 pieds [6 000 m.]. Son pied septentrional, près de Tsin-fo-sy, au Sud-Est de Sou-tchéou, nous a montré un culot granitique, mais quoique le granité s'élève rapidement, il ne pénètre pas très avant dans les montagnes. Il est suivi d'une bande

1. V. Obroutchev. Esquisse orographique du Nan-Chariy r. (Izviestiia Soc. Imp. Russe de Géogr., XXX, 1894, p. 42-112, carte); Esquisse du Nan-Chan Central, r. (Ibid., p. 709-734, carte); Orographie de VAsie Centrale et de sa bordure sud-est, r. (Ibid., XXXI, 1895, p. 253-344; en particulier p. 3 16-331; avec 2 cartes schématiques du Nan-Chan par Obroutchev et Roborovsky). Voir aussi Obroutchev, VAsie Centrale, le Nord de la Chine et le Nan-Chan, passim. La vallée du Tatung-ho, de Löczy = Chagryn-gol, Obroutchev. Roborovsky distingue auprès de cette dernière le Mo-mo-Chan du Ma-ling-Chan; le Chaji-Chan, L. = Amasourgou forme» avec le chaînon granitique et gneissiquc qui s'y rattache à l'Ouest, sur la carte d'Obroutchev, les Monts Löczy et les Monts Potanin, que la carte en question rattache à la chaîne méridionale du Koukou-Nor; Maja-Chan et Wuso-ling, L. = Mo-mo-Chan, Obr. et Rob. (en partie) , Tetoung septentrional, Prjcvalsky = Tolaï-Chan, Obr. et Rob. ; Tetoung méridional, Prjév. = Tsin-chi-ling, Obr. et Rob.

inclinée au S. W. de Carbonifère supérieur avec couches de houille, puis de Carbonifère inférieur à ProducUis striatusj d'un grès rouge et vert dévonien, enfin de quartzites et de calcaires probablement siluriens. Avant que la série des premiers sommets soit atteinte, les couches s'inclinent déjà vers le Nord et toutes les crêtes des Monts Richthofen peuvent être considérées comme des plis très serrés de terrains paléozoïques analogues, redressés verticalement ou renversés vers le Sud (fig. 25). Il semble y avoir également production d'écaillés. Peut-être quelques-unes des bandes charbonneuses appartiennent-elles à la série de F Angara. Au col le plus méridional, appelé Tsin-pin-Daban (4220 m.), et môme plus haut que ce passage, les couches du Gobi viennent buter en discordance contre le pied sud des Monts Richthofen ; elles plongent parfois sous une très forte inclinaison vers la vallée du Khoun-tchoui, qui forme la limite du côté du Tolaï-Chan.

A environ 100 verstes plus à FW.N.W., Obroutchev a retrouvé cette zone des dépôts rouges du Gobi, affectant, de part et d'autre de la vallée de Bei-yan-Koï, l'allure d'un pli synclinal avec plongement de 60** et davantage. Ici encore, ce synclinal récent doit être considéré comme formant la limite entre les Monts Richthofen et le Tolaï-Chan ; il montre que les Monts Richthofen se rétrécissent notablement vers l'W.N.W., et l'on peut croire qu'une partie de leurs chaînons septentrionaux disparaissent Tun après l'autre, comme des coulisses, dans cette direction.

Plus loin encore à l'W.N.W. , sur le cours moyen du Sou-leï-khé, on trouve dans la série paléozoïque des Monts Richthofen des grès rouges et verts, au milieu desquels s'intercalent des bancs contenant des fossiles du Dévonien moyen*. Du côté du Sud s'ouvre la vaste plaine de l'oasis de Tchoii-ma-er, Elle est bordée au Sud par le Tolaï-Chan et entourée d'une ceinture rouge et jaune de dépôts du Gobi : ce n'est pas autre chose que l'extrémité élargie de la grande bande, affectant en partie l'allure d'un synclinal, que nous avons suivie depuis le col du Tsin-pin-Daban, à la limite entre les Monts Richthofen et le Tolaï-Chan. Elle est traversée d'un bord à l'autre par le cours moyen du Sou-leï-khé.

Au delà de ce cours d'eau, les Monts Richthofen, qui ont perdu encore davantage en laideur, changent de direction, décrivent une grande courbe au Nord et à l'Ouest de l'oasis de Tchou-ma-er et finissent par tourner complètement à l'W.S.W. Ce tronçon monta-

1. Rhynchonella alinensis (d*aprës Tschernyschow) ; Obroutcher sigaale dans une aatre localité Spirifer elegans et Sp. Anosoffi [L'Asie CenlralCy II, p. î), 10),

gneux dévié forme sotis le nom de Chi-bao-Chan la première coulisse de l'Anembar-Oula, Cette coulisse est située à TEst de la chaîne gneissique du San-sian-tsy, dont il a déjà souvent été question, et qui accompagne comme une sorte de contrefort TAnembar-Oula.

Il est facile de remarquer que cette inflexion des Monts Richthofen est analogue à celle que subit le Loun-Chan à Tapproche de la Pestraïa Griada. En outre, elle enveloppe complètement l'extrémité de la seconde chaîne du Nan-Chan, le Tolaï-Chan, qui s'est décomposé en une série de massifs peu élevés.

Le Tolaï-Chan se présente sous le méridien de Sou-tchéou (fig. 26) comme une chaîne assez étroite, mais qui, de même que les Monts Richthof en, dresse ses cimes bien au-dessus de la ligne des neiges (dont l'altitude est de 4400 ou 4600 mètres dans cette

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F'iG. 26. — Coupe du Tolaï-Chan suivant le méridien de Sou-tchéou, d'après Obronichey {L'Asie Centrale, etc., II, p. 178, fig. 132).

grit, Gneiss ; «, Silurien ? ; d, Dévonien ; e, Terrain houiller ; m, Grès supra-hoailler ; /, Dôpôts du Gobi ; 7C, Filon de picrite. — Échelle des longueurs 1 : 250 000 ; hauteurs 1 : 125 000.

région). Elle se distingue de la précédente par Taffleurement d'une zone de gneiss sur sa bordure méridionale. L'allure des couches, d'après la description qu'en a donnée Obroutchev, y est très singulière : dès que Ton a traversé, en venant du Nord, la bande séparative des dépôts du Gobi, on observe de violents plissements dans la série paléozoïque, qui est très épaisse. Localement se présente la direction N.E. ou N.N.E. ; puis les terrains reprennent Torientation dominante W.N.W., et enfin Tétage le plus récent, le Carbonifère avec couches de houille et calcaire à Fusulines, repose sur le gneiss. L'impression que donne la coupe en ce point est bien moins celle d'une transgression du Carbonifère supérieur sur le gneiss que d'un renversement, dirigé vers le Sud, de toute la série des couches paléozoïques sur la bande gneissique.

Une seconde coupe transversale (fig. 27), menée à environ 50 verstes à l'VV.N.W. de la première, permet de constater que la bande gneissique du Sud a augmenté considérablement de largeur

et qu'encore à 4530 mètres les glaciers charrient du gneiss venant des sommets. Ici, le gneiss prend part à la constitution des cimes, ce qui est une exception dans le Nan-Chan septentrional.

Si nous examinons cette coupe d'après les données d'Obroutchev, en partant toujours du Nord, nous trouvons d'abord, au Sud du synclinal séparatif de dépôts du Gobi, deux bandes de mélaphyre avec tufs et brèches qui sont superposées aux terrains paléozoïques. Elles correspondent à deux cassures en gradins. Puis vient la série des grands plis paléozoïques de la première coupe. Près de leur bord sud, le col Tyé-Daban (4470 m.) se montre formé de grès supra-houiller, et au voisinage de la limite avec le gneiss, des fossiles du Carbonifère moyen et supérieur ont été recueillis. Mais tandis que la direction normale W.N.W. ou N.W. avait prédominé

Khié-daban

Fig. 27. — Coupe du Tolaï-Chan, d'après Obroutchev {L'Asie Centrale, etc. II, p. 225, fîg. 141).

^m Gneiss; ^, Schistes métamorphiques; d b^ Brèches dövoniennes ; d c^ Calcaires dévoniens; d, DéTonien ; h. Terrain houiller; m, Grès sapra-houiller ; t, Dépôts du Gobi; 8, Diorito; n« Tufs porphyriques ; pi, Mélaphyres ; p. t. Tufs mélaphyriques ; f, /", Failles. — Échelle des longueurs 1 : 500 000 environ ; hauteurs 1 : 150 000.

jusque-là, Tallure des couches, avant d'atteindre la limite du gneiss, devient très irrégulière, on y observe même les directions N.N.E. et N.-S. Au gneiss sont associés des schistes amphiboliques et de multiples intercalations de calcaire rubanné (direction N.W, 295®; inclinaison, forte, N.E.).

Mais au delà de la zone gneissique, vers le bord sud du Tolaï- Chan, le Carbonifère reparaît, cette fois avec des tufs porphyriques (direction N.W. 290« à 300% inclinaison N.E. 40«), et plongeant à ce qu'il semble sous le gneiss.

La bande gneissique reste donc limitée au bord méridional du Tolaï-Chan ; de part et d'autre affleure, non pas la partie inférieure, mais la partie la plus élevée de la série paléozoïque, le Carbonifère supérieur et sans doute aussi le Carbonifère moyen; ce sera aux

recherches futures de décider si cette disposition résulte de l'allure ingressive du Carbonifère, combinée avec des plissements posthumes, ou s'il convient d'admettre un mouvement beaucoup plus général, une sorte d'imbrication de la série paléozoïque tout entière.

Le Tolaï-Chan est plus court que les Monts Richthofen et se décompose au Nord-Ouest, comme on l'a vu, en croupes basses et allongées, séparant, à l'intérieur de la courbe décrite par l'extrémité nord-ouest des Monts Richthofen, l'oasis de Tchou-ma-er de la plaine de Soua-dintsé.

La Chaîne Alexandre III (fig. 28) s'élève au Sud de la large

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Fio. 28. — Coupe de la Chaîne Alexandre III,

d'après Obroutchev [VAsie Centrale, etc„ II, p. 186, fig. 133).

gn. Gneiss; «, Silurien?; d, Dévonien; c, Carbonifère; m, Grès snpra-houiller. — Échelle

des longueurs 1 : 250 000 ; hauteurs 1 : 125 000.

vallée du Tolaï-gouan, tout encombrée de débris, et est formée, comme le montrent deux coupes transversales menées à une vingtaine de verstes l'une de l'autre, de couches paléozoïques inférieures redressées et plissées ; vers le Sud, ces couchent passent à un grand synclinal carbonifère au fond duquel les grès suprahouillers sont très développés. Ce synclinal est si large que les grès supra-houillers s'y relèvent en formant une série de voûtes secondaires; ils constituent probablement les sommets de TOu-gé- Chan, les plus élevés de la chaîne.

Jusqu'à présent, la quatrième chaîne n'a pas encore été traversée dans toute sa largeur ; elle est séparée de la précédente par la haute vallée du Sou-leï-khé et s'abaisse probablement vers le Sud, comme on l'a vu, sur la vallée du Boukhaïn-Gol. Elle n'est également formée, du moins dans la partie reconnue par Obroutchev, que de couches paléozoïques. 11 semble que le grand synclinal ren-

versé vers le Sud dont il a déjà été question comme affectant toutes les couches paléozoKques soit coupé obliquement par la vallée du Sou-leï-khé, de telle sorte qu^àTE-S-E. la plus grande partie fasse corps avec la chaîne Alexandre 111, tandis qu'à TW.N.W. ce pli déborde de plus en plus sur la vallée du Sou-leï-khé et passe dans la quatrième chaîne.

La structure de ces quatre chaînes du Nan-Chan, dés oasis du Kan-sou jusqu'au voisinage de la vallée du Boukhaïn-Gol, présente donc les traits suivants : le gneiss n'est visible que sur le flanc sud du Tolaï-Chan ; tout le reste de la région montagneuse est formé de sédiments paléozoïques étroitement plissés. Près du bord septentrional, il y a des indices d'un renversement vers le Nord ; à l'intérieur des montagnes, les couches se montrent verticales ou l'on constate un mouvement vers le Sud. La bande gneissique n'est pas associée aux termes inférieurs de la série paléozoïque, comme l'ordre normal de succession le ferait supposer, mais bien au Carbonifère supérieur.

Revenons maintçfSant, en suivant le cours supérieur du Souleï-khé, à la partie nord-ouest du Nan-Chan.

Le Da-Sioué'Chan est une haute chaîne de montagnes qui, vers l'E.S.E., ou bien est en continuité directe avec les Monts Alexandre 111, ou bien s'élève à l'état de chaîne indépendante entre ces montagnes et la chaîne suivante, la quatrième. 11 forme le bord sud de la plaine de Soua-dintsé. Sa direction est d'abord W.N.W., puis E.-W. et enlin 265« W.S.W. Au sommet de cet arc aplati, il forme le Pic Povorotnii d'Obroutchev (« Pic du Tournant »), à travers lequel la rivière Da-koun-tsé a creusé son lit suivant la direction N.W. Dans cette coupure du Pic Povorotnii, Obroutchev a trouvé du calcaire carbonifère, du Dévonien et des masses puissantes de schistes argileux, le tout renversé vers le N.W., puis, à une grande hauteur, des traces de Carbonifère avec couches de houille et des schistes métamorphiques.

La série des couches renversées se dirige, à droite du lit du fleuve, W.N.W. 290-31 5^ et à gauche E.N.E. 50-65% de sorte qu'il y a là un coude brusque de la direction W.N. W. du Nan-Chan à la direction E.N.E, de CAnembar-Oula. Plus à l'Ouest, dans le lit du Khaï-khi-khé, sur le versant occidental du Pic Povorotnii, la direction du Nan-Chan (W.N.W.) reparaît. La structure du Pic Poslednii, qui est voisin de l'extrémité du Chi-baochan, ne m'est pas connue.

Au Sud du Da-sioué-Chan se présentent des diabases, des por-

phyres, du granité à amphibole et des schistes mouchetés. Ces roches forment le Khrébet Bésimanii (la « Chaîne sans nom »), où affleurent aussi des quartzites anciens et des schistes amphiboliques dirigés N. 75° E., annonçant peut-être les traits qui caractérisent la chaîne suivante, celle du Yé-ma-Chan.

Le Yé-ma-Chan est une exception parmi les chaînes du Nan- Chan. Déjà sa forme extérieure montre une direction aberrante N.80<*E.; cette chaîne est plus courte que les autres, avec des sommets arrondis qui n'atteignent pas la ligne des neiges. Elle est constituée exclusivement par des roches archéennes ou du moins très anciennes, gneiss et granités, schistes chloriteux et amphiboliques, quartzites. La direction de ces roches oscille entre N.52**E. et N.80**E.L^ Yé-ma-Chan est donc une coulisse de F Anembar-OulCy s'avançant au milieu des branches du Nan-Chan,

La chaîne Humboldt est beaucoup plus haute que le Yé-ma- Chan. Non seulement elle reprend la direction W.N.W. ou N.W. du Nan-Chan, comme le montrent son tracé extérieur et l'allure de ses terrains constitutifs, mais elle subit, plus nettement encore que les chaînes septentrionales, une conversion qui, par une vaste courbe, la fait aboutir à TAltyn-Tagh, dont la coulisse la plus longue et la plus importante se rattache à la chaîne Humboldt sous le méridien de Sa-tchéou, c'est-à-dire par 95** de long. E. environ.

Au Nord-Est, la chaîne Humboldt est bordée par la large vallée longitudinale du Chara-Gol. Au Nord-Ouest, le Chara-Gol franchit les montagnes au voisinage de Baïgour, où une coulisse venant de l'E.N.E. se rattache à l'Altyn-Tagh, ce qui pourrait bien correspondre à une inflexion du Da-sioué-chan ; puis le Chara-Gol recoupe la chaîne gneissique souvent mentionnée du San-sian-tsy, et atteint le lac Khalatchi. Sa vallée, au Nord-Est des Monts Humboldt, est si large que l'explorateur Littledale, la contemplant de haut, en était étonné : à distance, a-t-il écrit, on dirait que le Nan-Chan ne se rattache pas du tout aux Monts Humboldt, car entre ces deux chaînes s'étend une large plaine dont le relèvement est insensible *.

Obroutchev a traversé les Monts Humboldt à l'Oulan-Daban (96** de long. E.). Au Nord, en avant du pied de la chaîne, s'élève une crête parallèle de dépôts du Gobi, rouges, gypsifères, plongeant vers la haute montagne, c'est-à-dire au S.W., et comparable, par sa couleur et par sa forme, à un énorme toit couvert de tuiles. Le pied nord de la chaîne Humboldt est formé de porphyre syéni-

1. St. George R. Littledale, A Journey across Central Asia (Oeogr. Journal, III, 1894, p. 445-475, carte; voir surtout p. 462).

tique, de diorite et probablement aussi de granité. Viennent ensuite d'épais schistes gris avec des grès, regardés comme métamorphiques par Obroutchev et en grande partie transformés en micaschistes argileux. Ces schistes sont disposés en plis verticaux, dirigés N.3i0° ou 320*> W., et recouverts en discordance par des grès rouges ou d'un gris rougeâtre avec bancs de schistes attribués aux grès supra-houillers. Cette série discordante est également plissée suivant la même direction, et forme un lambeau au pied nord, puis un large synclinal vers le col Oulan-Daban et un second synclinal sur le versant sud. Il en résulte, dit Obroutchev, que de loin, on aperçoit des masses rouges fortement inclinées reposant sur une base grise, et que vue d'une distance encore plus grande, la chaîne paraît toute rouge.

Sur ce parcours, il existe des alluvions aurifères ; le métal précieux qu'elles renferment provient sans doute des filons de quartz encaissés dans les micaschistes argileux. Comme on connaît d'autres gisements du même genre à une assez grande distance à TE.S.E., dans les Monts Humboldt, et aussi à TW.N.W., jusque dans la région où s'opère le raccord avec l'Anembar-Oula, on doit supposer que ces schistes aurifères prennent part sur une grande étendue à la constitution de la chaîne Humboldt.

La chaîne est longée au Sud, exactement comme au Nord, par une crête de dépôts du Gobi, inclinés cette fois encore, quoique faiblement, vers son axe, c'est-à-dire au N.N.E.

La vallée longitudinale du Khaltyn-Gol, qui vient au Sud des Monts Humboldt, est resserrée par les contreforts de la crête de Tsagan-Golou (appelée aussi Tsagan-Obotou) ; les schistes métamorphiques y sont si riches en quartz que les éboulis semblent être recouverts de neige *.

Les Monts Ritter, qui sont très élevés, représentent d'une façon générale l'une des coulisses parallèles du Nan-Chan. A l'W.N.W., cette chaîne se divise en deux branches qui s'abaissent sur la plaine de Syrtyn. La première de ces branches est le Tsagan-Golou, dont il vient d'être question; la seconde, qui est plus importante, s'appelle Dakhyn-Daban.

Les schistes métamorphiques du Tsagan-Golou se dirigent E.N.E. et arrivent à N.65®E., de sorte que la direction des couches diffère de la direction E.-W. du chaînon et que cette branche des Monts Ritter, du côté du Syrtyn, met en évidence un recourbement vers

i. Le même fait est signalé sur quelques points au pied du San-sian-tsj.

rE.N.E. Sur le versant méridional affleure un granité à amphibole avec filons de porphyre.

La direction du Dakhyn-Daban est comprise entre N. 295*» et 340® W. ; le long du pied nord on voit du calcaire carbonifère, incliné vers le Sud et représentant Tamorcc d'un grand synclinal des étages supérieurs du Carbonifère; au sommet même du col (4360 m.), le Carbonifère supérieur renferme Productus fasciatus^ Aviculopecten et d'autres fossiles. La partie culminante de la chaîne^ située au Sud de ce passage, est un anticlinal fortement redressé où le calcaire carbonifère reparaît; ce pli est suivi d'un second synclinal, occupé par les étages supérieurs et venant buter contre des schistes métamorphiques verticaux (fig. 29).

Fio. 29. — Coupe du Dakhyn-Daban (Monts Ritter), d'après Obroutchey [VAsie CentralCy etc., II, p. 54, fig. 117).

m, Schistes métamorphiques ; c. Terrain carbonifëre ; A, D* productif ; 6, Diabase. Échelle des longueurs 1 : 250 000.

On atteint ainsi le bord d'une large vallée longitudinale, qui limite au Sud les Monts Ritter. Obroutchev l'appelle la Vallée Déserte (Poustinnaïa dolina) ; c'est une de ces vallées en coulisses qui, de TE.S.E., viennent déboucher du Nan-Chan dans la plaine de Syrtyn. Au Sud de la Vallée Déserte s'élève une chaîne traversée par quelques vallées secondaires, qui porte divers noms (Bomyn- Oula, Tsaïdamin-Oula, Kaktyn-Daban) et qu 'Obroutchev appelle Monts Mouchkétov. Cette chaîne présente un grand intérêt pour la connaissance du Nan-Chan. A l'E.S.E., elle est rattachée par l'Airik- Khetren-Oula à la grande chaîne méridionale du Koukou-Nor, et, à rW.N.W. d'autres coulisses lui succèdent, notamment le Syrtyn- Makhaïn-Oula, sans atteindre cependant tout à fait les chaînes du Kouen-lun Occidental. Il en résulte que le Syrtyn n'est pas complètement séparé des plaines du Tsaïdam.

Les Monts Mouchkétov sont suivis vers le Sud par une vallée

longitudinale, constituée par les multiples tronçons de vallées en coulisses ; aussi cette dépression est-elle tantôt large et tantôt resserrée; elle abrite les lacs Ikhé- et Baga-Tsaïdamin et n'est qu'imparfaitement séparée du Tsaïdam, au Sud, par une série de coulisses courtes, obliques, qu'Obroutchev désigne sous le nom de chaînes septentinonales du Tsaïdam,

De cette façon, nous reconnaissons au Sud des Monts Ritter : la Vallée Déserte, puis le Syrtyn-Makhaïn-Oula, les Monts Mouch-

kétov, Talignement Aïrik-Khetren-Oula chaîne méridionale du

Koukou-Nor, puis la dépression en coulisse occupée par les lacs Tsaïdamin, ensuite la zone des coulisses septentrionales du Tsaïdam, enfin la plaine du Tsaïdam. Toutes ces chaînes, au Sud des Monts Ritter, se distinguent des chaînes situées plus au Nord par Taffleurement sur de grandes surfaces des terrains les plus anciens. La plupart et les principales d'entre elles sont des chaînes gneissiques, bordées d'un liséré plus ou moins large de couches paléozoïques et presque toujours, mais non exclusivement, carbonifères. Le plus souvent, on constate un renversement très net vers le S.W., c'est-à-dire dans la direction des plaines du Tsaïdam. L'Oulan- Oudsour, coulisse qui du faisceau des chaînes septentrionales du Tsaïdam pénètre entre les deux lacs Tsaïdamin, affecte la structure d'une double écaille.

Malgré la différence notable qui existe entre les chaînes du Nord, formées principalement de terrains paléozoïques, — où nous n'avons trouvé d'affleurements gneissiques importants qu'au pied sud du Tolaï-Chan et dans le Yé-ma-Chan, caractérisé par sa direction anormale, — et d'autre part, les chaînes de gneiss au Sud de la Vallée Déserte, cette vallée ne doit cependant pas être regardée comme jouant le rôle d'une limite tranchée. En effet, d'après les indications d'Obroutchev, l'examen des cailloux charriés par les rivières conduit à admettre que le gneiss commence à se montrer plus au Nord, sur le versant méridional des Monts Ritter.

11. Raccordement du Nan-Ghan et des Montagnes de Yar^ kend. — Après avoir suivi Obroutchev comme guide jusqu'au bord nord-est du Tsaïdam, nous pouvons essayer d'analyser les relations du Nan-Ghan occidental avec TAnembar-Oula, c'est-à-dire avec la partie orientale du grand arc montagneux qui entoure le bassin du Yarkend-Daria.

A cet effet, revenons aux environs du Lob-Nor et du Khalatchi« Sur la bordure méridionale du Beï-Chan, dont la direction est

W.N.W. OU E.-W. dans cette région, on ne connaît aucun indice d affinités avec l'Anembar-Oula.

La chaîne gneissique du San-sian-tsy appartient, comme le disait déjà Prjévalsky, à TAnembar-Oula. Elle atteint à TE. N. E. d'An-si le pied sud du Beï-Ghan, sans s'infléchir suivant la direction de ce faisceau de plis. Les deux chaînes restent étrangères Tune à Tautre. 11 en est autrement pour les chaînes suivantes.

Le Loun-Chan, dont la direction est W.N.W. , et qui, parallèlement au Nan-Chan, sépare les oasis du Kan-sou du désert de TAla- Chan, s'infléchit graduellement à partir de Sou-tchéou et finit par prendre tout à fait la direction W.S.W. de TAnembar-Oula; il atteint ainsi, sous le méridien de Youi-myn-sian, la bordure septentrionale des Monts Richthof en, en fermant au Nord-Ouest la région des oasis du Kan-sou.

La chaîne des Monts Richthofen, qui est beaucoup plus puissante, dessine à TOuest du cours moyen du Sou-leï-khé une conversion analogue de TW.N.W. à TW.S.W. et suit sur une certaine distance, sous le nom de Chi-bao-Chan, la direction de TAnembar-Oula. Quant au Tolaï-Chan, il disparaît avant d'être dévié; l'espace situé à l'intérieur de la courbe décrite parles Monts Richthofen se trouve ainsi divisé en deux parties, l'oasis de Tchouma-er et la plaine de Soua-dintsé.

Le Da-sioué-Chan s'avance davantage vers TW.N.W. et subit au Pic Povorotnii une brusque déviation, qui le fait passer de la direction du Nan-Chan à celle de TAnembar-Oula. Un peu plus à rOuest, il se produit un retour à la direction du Nan-Chan, sous forme de sigmoïde ; on ne sait si une nouvelle inflexion survient avant la rencontre du Chi-bao-Chan, mais cette alternative est probable, à en juger par l'allure du bord externe de l'Anembar- Oula et des montagnes qui environnent Baïgour.

Le Yé-ma-Chan est une coulisse de l'Anembar-Oula, s'avançant vers TEst et constituée par des roches anciennes.

La chaîne Humboldt se replie complètement pour devenir la chaîne principale de l'Anembar-Oula. Toutefois la déviation est beaucoup moins brusque et moins aiguë que dans les chaînes du Nord. Aussi la dépression fermée de Syrtyn est-elle plus large et plus vaste que les intervalles qui séparent les arcs du Nord.

Les deux branches nord-ouest de la chaîne Ritter ne sont pas assez longues pour subir l'inflexion et elles disparaissent l'une et l'autre dans la plaine de Syrtyn, comme le Tolaï-Chan au bord »ud de la dépression de Tchou-ma-er»

Môme la coulisse allongée du Syrtyn-Makhaïn-Oula, qui prolonge la direction W.N W. de la chaîne méridionale du Koukou- Nor et des Monts Mouchkétov, n'arrive pas tout à fait à se raccorder avec TAltyn-Tagh. Il en va de même pour les coulisses septentrionales du Tsaïdam. C'est ainsi que la plaine de Syrtyn reste en communication avec le Tsaïdam.

Une longue vallée en coulisse qui est très remarquable, la Vallée des Vents, découverte par Prjévalsky, relie le Tsaïdam à la dépression du Yarkcnd-Daria, qu'elle atteint un peu au Sud du SS'' de lat. N. Quoique cette vallée traverse toute la chaîne, le grand voyageur Ta considérée comme une vallée longitudinale. A TOucst, le Tchertchen-Daria en sort ; puis le fond de ce couloir se relève et atteint 12 900 pieds [3930 m.]; aux environs du lac Gass son altitude redescend à 9 300 pieds [2830 m.] ».

Mais les directrices du Kouen-lun Occidental, telles que les a figurées Bogdanovitch, montrent que là encore, les mêmes relations régnent entre les chaînes de montagnes orientales et les chaînes occidentales que plus au Nord. L'angle que font vers le lac Gass et sans se rejoindre, d'une part le Tchimen-Tagh, représentant le Kouen-lun Occidental, et de Vautre la chaîne méridionale du Tsaïdam, représentant le Nan-Chan, l'atteste clairement. Mais cette fois encore, les chaînes correspondant au Nan-Chan dessinent une courbe analogue à celle des Monts Humboldt; ainsi, la chaîne méridionale du Tsaïdam (W.N.W.) tourne vers le Dimnalik (W.S.W.), et la chaîne de Christophe Colomb (Nargoun-Oulan) s'infléchit vers TAyalik-Tagh et le Tokouz-Davan ; et c'est ainsi que la Vallée des Vents se trouve enfermée entre une série de coulisses parallèles dont la direction est W.S.W. C'est ainsi également que la haute région des lacs Koum-Koul est barrée, du côté du Nord, par une cloison en arc de cercle.

L'une des coupes que Bogdanovitch a menées à travers le Kouen-lun Occidental croise la Vallée des Vents (fig. 30). La première chaîne en venant du Nord, l'Altyn-Tagh, est formée de Dévonien avec culots granitiques, exactement comme la Chaîne

1. N.M. Prjévalsky, Quatrième Voyage dans l'Asie Centrale. De Kiakhta aux sources du Fleuve Jaune. Exploration de la bordure septentrionale du Tibet et Voyage au Lob Nor (r.). Publié par la Société Impériale Russe de Géographie. In-4«, St.-Pétersbourg, 1888, passim; voir aussi E. Delmar Morgan, The Orogi^aphy of Northern Tibet {Sup^ plementary Papers R. Geogr. Soc. London, III, Part 1, 1890, p. 69-16, et C. Diener, Gercerai N. M. Przewalsskijs vierte Forschungsreise in Zentralasien (Petermanns Mitteil., XXV, 1889, p. 34 et suiv., pl. 2 : carte de C. Schmidt); K. Bogdanowitch, Einige Bemerkungen über das System des Kwenlun (Mittheil. k. k. Geogr. Ges., Wien, XXXVIII, 1895, p. 516-524).

Russe, bien plus au S. W. La seconde chaîne, le Youssoup-alyk- Tagh, qui fait suite au Tchimen-Tagh, est une puissante bande de gneiss. La Vallée des Vents correspond à un synclinal carbonifère. Cette coupe, prolongée plus à TOuest vers le S., rencontre d'abord le flanc opposé' de ce synclinal, puis du Dévonien fortement redressé et le grand massif granitique du Kyzyl-Oungouïnin-tiouré, auquel succèdent de nouveaux affleurements dévoniens. C'est au delà de ce massif que se dresse TAialik-Tagh, où Bogdanovitch a trouvé, à une grande hauteur, des Polypiers du Dévonien moyen ; puis la chaîne redescend vers la cuvette de TAiak-koum-koul, qui se trouve aux environs de 13 000 pieds [3 900 à 4 000 m.]. Au delà de cette large

M MO 3© "^ 3o 3Ö ^ Zfe i^ »ô

Fio. 30. — La Vallée des Vents, d'après BogdanoYitch.

Ot 6, Gneiss et Schistes cristallins; Y« Oranite; 8, Diabase, Diorite, etc.; ic, Porphyre; d, di Dévonien ; c, Carbonifère ; f, f^ Failles. — Échelle des longueurs 1 : 1 000 000 ; hauteurs 1 : 300000 environ.

plaine, la grande chaîne des Monts Prjévalsky (Arka-Tagh) s'aligne E.-W.*.

Mais, de même que le Tchou-ma-er et le Soua-dintsé sont une répétition de l'espace circonscrit par la Pestraïa Griada, Tespace situé au Sud du Da-sioué-Chan, et au milieu duquel se dresse le Yé-ma-Chan, est une répétition du Tchou-ma-er et du Soua-dintsé; la plaine de Syrtyn, en dedans de Tare des Monts Humboldt, est la répétition de ce dernier intervalle ; le Tsaïdam est une répétition de la plaine de Syrtyn, et la cuvette surélevée des lacs Koum-Koul est une répétition du Tsaïdam.

A mesure que le Kouen-lun Occidental et le Nan-Chan s'éloignent Tun de l'autre, ces intervalles se déplacent de plus en plus vers le Sud-Ouest, et en même temps les courbes s'adoucissent. Le sommet de l'arc du Loun-Chan est situé entre 98® et 99® de long. E. ; par

1. K. Bogdanovitch, Recherches géologiques dans le Turkestan Oriental^ r. (Travaux de l'Expédition au Tibet dirigée pat M. V. Pievtsov, tome H). Publié par la Société Impériale Russe de oéographie. In-4", S^-Pctersbourg, 1892, pi. IV, fig. 7.

contre, celui de Tare méridional du Tsaïdam se trouve entre 89' et 90^ ; dans la chaîne Prjévalsky, l'inflexion se montre fort atténuée.

Plusieurs des chaînes du Nan-Chan, comme le Tolaï-Chan, les Monts Ritter et la chaîne septentrionale du Tsaïdam, n'atteignent pas rinflexion du Kouen-lun Occidental. Mais toutes, avec leur alignement au N.W. ou à TW.N.W., font partie du faisceau du Nan-Cban et non du faisceau du Kouen-lun Occidental. Ces dernières s'incurvent vers la ceinture du bassin du Yarkend-Daria et vers le Moustagh-Ata, tandis que les premières tournent à l'E.S.E.

Les diverses chaînes du Nan-^Chan qui s'approchent jusqu'à une certaine distance du bord de la dépression du Yarkend-Daria , sont toutes déviées suivant la direction de l'arc du Kouen-lun Occidental et deviennent partie intégrante de ce dernier. Ce n'est pas hors de propos que Bogdanovitch parle des « extrémités rétrécies » de certaines chaînes du Nan-Chan occidental.

Les rapports mutuels des deux systèmes rappellent la disposition qui a été décrite sur le Jhelam (I, p. 547, pi. II). Dans cet exemple, certains plis appartenant au domaine de l'Himalaya passent dans celui des chaînes de l'Iran, et un angle rentrant répond à la ligne de contact des deux directions du mouvement. Il en est de même ici, la différence principale consistant en ce que cette fois, la partie occidentale est moins développée et que, par suite de l'écartement des deux ailes, le rebroussement s'atténue plus vite vers le Sud.

Sans doute, lorsqu'on est habitué à voir dans la continuité des plis un principe de division, il peut sembler difficile d'attribuer à deux ensembles montagneux aussi différents que le Kouen-lun Occidental et le Nan-Chan les deux moitiés d'un faisceau de plis ininterrompu, comme l'Anembar-Oula et les Monts Humboldt par exemple; mais cette continuité n'indique qu'une certaine dépendance réciproque dans la formation des plis. Bogdanovitch a cru pouvoir admettre que dans les deux régions, la formation des plis a dû être simultanée. Cela est certain pour les derniers mouvements, mais il existe des traces d'une influence plus profonde du Kouen-lun Occidental dont il n'est pas encore possible aujourd'hui d'embrasser tous les détails. Déjà Loczy signale dans le Nan-Chan « des directions se croisant à la manière d'un grillage » * ; nous avons mentionné, d'après Obroutchev, le coude brusque ou

1. L. von Loczy, Die wissenschaftlichen Ergebnisse der Reise,., in Oslasien, I, p. 662.

sigmoïde qui se produit au Pic Povorotnii, dans le Da-sioué-Chan, et l'allure anormale du Yé-ma-Chan ou d'autres chaînons situés à une certaine distance de la région du rebroussement, le Tolaï-Chan, par exemple, où tout à coup, en plein Nan-Chan, apparaît la direction E.N.E. ou N.E. du Kouen-lun Occidental. Un exemple particulièrement saisissant est fourni à Obroutchev par la région du Da-khé, dans les Monts Richthofen, où le grès supra-houiller, dirigé N. 290*>à SOS^'W. et plongeant fortement au S.W., se recourbe en genou pour prendre la direction N. 40<> E. et plonger N.W., puis revenir bientôt après à sa direction et à son inclinaison primitives *. Il y a là une sigmoïde tordue, où l'inclinaison varie avec la direction. Dans un autre cas, observé dans la partie orientale des Monts Richthofen, il semble se produire au sein des couches paléozoïques anciennes certaines déviations de W.N.W. à E.-W. et N.E., qui n'affectent pas le grès supra-houiller.

Résumons ce qui précède.

Toutes les chaînes de montagnes dont nous avons parlé se divisent en deux groupes. Le premier se dirige W.N.W. ou N.W. et le second E.N.E. Dans des cas nombreux, ils se relient l'un à l'autre par des tronçons disposés en arc de cercle.

Le premier groupe comprend le Loun-Chan, toutes les chaînes du Nan-Chan à l'exception du Yé-ma-Chan, puis la chaîne méridionale du Tsaïdam, les Monts Marco-Polo, etc.

Le second groupe est formé du San-sian-tsy, du chaînon gneissique de Tcha-tien avec la Pestraïa Griada, des Monts Chi-bao- Chan, Yé-ma-Chan, Anembar-Oula, Altyn-Tagh, Tchimen-Tagh ; le Dimnalik, le Tokouz-Davan, la Chaîne Russe, etc., en font également partie.

Le premier groupe se rattache par son allure et par sa direction au Tien-Chan et au Beï-Chan.

Le second groupe doit être attribué au Kouen-lun Occidental et forme une partie de la ceinture du bassin du Yarkend-Daria.

12. Les Altaïdes. — On peut considérer isolément u ne chaîne de montagnes quelconque, comme le Caucase, les Carpathes, les Pyrénées ou les Appalachos, et se poser les questions de savoir si sa structure est symétrique ou dissymétrique, de quel côté est situé son avant-pays, si elle est subdivisée en plusieurs coulisses, etc. Les diverses chaînes de hauteurs de l'ancien faîte asia-

4. Obroutchev, LAsie Centmïe, II, p. 445 et 463. Cette localité est située sur le ruisseau Kamenistol, à TEstdu méridien de Sou-tchéou.

tique ne comportent pas un pareil examen. Elles doivent leur aspect extérieur comme leur structure à un phénomène très général et très étendu de plissement et de dislocation disjonctive subséquente, peut-être aussi, dans certains cas, à la présence de bandes granitiques particulièrement continues qui s accusent dans le relief du sol. A TEst, par exemple au Gazimour, où le Dévonien discordant est plissé, il est possible quVn outre un plissement posthume se soit produit.

D'ordinaire, dans les chaînes qui appartiennent au premier groupe, on voit aussi de longs prolongements parallèles à leur direction, et Ton constate que des obstacles ont contrarié le libre développement des plis. Mais dans les montagnes du faîte, le degré d'indépendance est beaucoup moindre. Dans l'ensemble, on aperçoit les traces d'un plissement à rebours vers l'amphithéâtre d'Irkoutsk, et sur une échelle bien plus grande encore la propagation du plissement commun vers l'extérieur, c'est-à-dire vers le Sud-Est, le Sud et le Sud-Ouest.

La généralité et la persistance du mouvement de plissement ne se traduisent pas seulement au centre de l'ancien faîte par les plis en fer à cheval de la série de l'Angara : le même phénomène se reproduit à Minoussinsk. En outre, à l'extérieur de la courbe, sous la dépression du haut Amour et en Mandchourie, les plaines elles-mêmes occupant l'intervalle des chaînes de montagnes présentent partout des traces plus ou moins nettes de plissement. Ces traces peuvent monter jusqu'à l'horizon des dépôts du Gobi.

Devant une pareille extension du mouvement, il ne peut toutefois s'agir, en somme, dans la recherche des directrices, que de trouver la région de l'origine de ce mouvement général. Je dis la région de l'origine, car quelque incomplètes que soient encore nos connaissances sur les détails de structure de l'ancien faîte, il est d'ores et déjà visible que le phénomène s'est propagé en partant non d'un point central ou même d'une ligne droite, mais probablement d'une région en arc de cercle dont la convexité était tournée vers le Sud, suivant un tracé qui réunirait la direction du Baïkal à celle du Saïan.

Mais il existe dans l'Asie Intérieure d'autres chaînes de montagnes, s'élevant très haut dans la région des neiges, plus jeunes que l'ancien faîte et orientées d'une façon différente. Elles sont parfois si serrées les unes contre les autres que, sur de vastes espaces, les fonds de vallées se maintiennent à l'altitude de 4000 mètres ou davantage; ainsi prennent naissance de puis-

santés saillies continues, au-dessus desquelles la hauteur des sommets neigeux est relativement faible. Le Kouen-lun central fournit un exemple de cette disposition. Or, partout où ces énormes massifs montagneux sont entaillés de profondes vallées transversales, comme entre Min-tchéou et le « Bassin Rouge » du Sé-tchouen, on n'observe cependant que des plis serrés; et si tout le Kouen-lun central était abattu jusqu'au niveau de la mer, l'aspect qu'il présenterait ne différerait en rien d'essentiel de celui que nous offre l'ancien faîte, c'est-à-dire de nombreux plis parallèles, interrompus çà et là par la base élargie d'un massif granitique. C'est ainsi encore que le Gobi oriental est une mer de plis plus ou moins dégradés.

Dans ces systèmes de plis serrés, les diverses chaînes ne possèdent pas non plus le degré d'individualité qu'on rencontre dans le Caucase où dans les chaînes analogues ; et c'est ainsi que, dans le Nan-Chan par exemple, nous trouvons les unes derrière les autres des chaînes formées tantôt de gneiss et tantôt de terrains sédimentaires, de Carbonifère, en particulier, chaînes que l'on s'explique si on les assimile à des ondes de même origine, provoquées par un mouvement d'ensemble, mais dont la constitution différente devient incompréhensible dès qu'on veut les considérer séparément. Cette unité du mouvement a pour effet de supprimer, au sein de ces chaînes, le contraste qui se présente dans le cas des Alpes ou de l'Himalaya vis-à-vis d'un avant-pays étranger et de structure hétérogène. C'est la différence qui existe, dans l'Océan, entre les vagues du large et le ressac des rives.

Le 3 mai 1886, Tchersky a fait connaître, dans une conférence remarquable, ses vues sur la structure de l'Asie Intérieure, vues qui devançaient de très loin les idées régnantes ^

Après avoir noté la convergence des faisceaux de plis du Baïkal et du Saïan vers la région du Baïkal méridional, et fait ainsi ressortir la disposition en arc do cercle de ces vastes territoires montagneux, Tchersky estimait que la limite de ce grand arc vers l'Ouest devait être cherchée aux environs du 54® degré de lat. N., sur le cours supérieur de la Kana, c'est-à-dire à la limite entre le Saïan Occidental et le Saïan Oriental. A partir de là recommencerait à régner la direction opposée à celle du Saïan, celle de TW.S.W ou du S.W. Cette direction S.W. serait suivie non seulement parle

i. L Tchersky, Sur la tectonique de la contrée montagneuse faisant partie de la n^f/ton nord-ouest de lAsie Centrale, p. (Travaux Soc. Naturalistes S^-Pétersbourg, XVll, livr. 2, 1886, p. Sl-38).

Saïan Occidental, mais aussi par l'Altaï Occidental presque jusqu'au 50®, notamment par TAlataou de Kouznetsk et le Salaïr. Sur la Boukhtarma et sur Tlrtych, vers Sémipalatinsk, il se produirait un nouveau retour à TW.N.W.

Dans un passage ultérieur, Tchersky paraît distinguer non pas deux, mais trois arcs concaves vers le Nord, à savoir Tare du Baikal, Tare du Saïan (ce nom désignant ici le Saïan Occidental) et Tare de TAltaï.

Mais le coup d'œil de Tchersky allait plus loin encore. Il avait eu connaissance de la récente démonstration du fait que les branches du Tien-Chan se prolongent vers l'Europe. Tout de suite il reconnut que le Tarbagataï, le Boro-Khoro et les autres chaînes allongées du Tien-Chan épousent la direction des chaînons montagneux des bords de Tlrtych. « 11 semble donc, dit Tchersky dans une note, que les forces qui ont donné naissance aux plis se soient graduellement déplacées de l'Est à V Ouest, en afiFectant des dépôts de plus en plus récents. »

Il est certain que Ton voit vers Textériour, et par conséquent vers rOuest, des dépôts marins de plus en plus récents prendre part à la constitution des plis de TEurasie. On reconnaît nettement aussi, à l'intérieur, les indices d'une haute antiquité. Sur les bords du Lac Baïkal, les plis des gneiss archéens ont été formés, puis rasés à l'époque précambrienne, et vers l'Ouest, l'ancien faîte a arrêté comme un horst ou comme « une muraille immobile », suivant l'expression de Tchersky, le développement ultérieur des branches orientales de l'Altaï. Mais cela n'a pas empêché que dans l'amphithéâtre d'Irkoutsk, par conséquent à l'intérieur do l'espace limité par les plis précambriens et leur front primitif, il se produise des plis posthumes, et que bien en dehors, au Gazimour et près d'Ourga, des sédiments discordants, dévoniens ou même peut-être plus récents, soient affectés de grands plis orientés parallèlement au faîte.

En appréciant l'âge relatif de ces grandes unités de la surface terrestre, nous emploierons donc les termes de « vieux » ou de « jeune » à peu près dans le sens où l'on s'en sert en parlant de l'âge des personnes vivantes.

Du moment où ce point de départ est bien établi, la question qui se pose est moins de savoir quand les divers phénomènes tectoniques ont fini que qtmnd ils ont commencé. Dans ce sens, le déplacement vers l'Ouest qu'imaginait Tchersky s'est réellement produit.

L'axe probable du rétrécissement des plis archéens à son pas-

sage à travers le synclinal renversé de TOlkhon, dans le Primorskii Khrébet, suit le voisinage de la Bogouldeïka et coïncide à très peu près avec le 106® méridien.

Le resserrement des plis posthumes de la série de TAngara à Tintérieur de Tamphithéâtre peut de même être placé d'une façon toute provisoire sur le iOl® méridien.

Le coude des plis dévoniens en fer à cheval de Minoussinsk, sur le lénisséi, en aval de la Touba, se produit le long du 91® méridien.

Si Ton veut introduire dans cette comparaison le recourbement de l'Altaï à la Biéloukha, on obtient pour la position du point central la longitude de 81^ environ.

L* Altaï se dresse à l'Ouest de l'ancien faîte baïkalien et de la région intermédiaire de Minoussinsk comme un arc indépendant^ plus jeune. Vers l'Est et vers le Sud, son développement est gêné. La plus impartante de ses branches orientales, TAlataou de Kouznetsk, part probablement de la région située au Nord du haut Katoun ; elle passe à l'Est du lac de Téletzkoïé et, en décrivant une courbe de très grand rayon, atteint la plaine à l'Est de Tomsk. Il est probable qu'au Sud de cette branche viennent d'autres rameaux légèrement divergents, qui peuvent atteindre le Saksar et rizykh près de Minoussinsk. Toute cette région externe de l'Altaï décrit au Sud un arc de cercle. Au centre de cet arc se trouvent les sommets culminants. La partie occidentale présente sur l'Irtych la direction N.W., jnais on ne saurait indiquer de limite à l'arc récent du côté du Sud-Ouest.

Pour nous figurer approximativement la disposition qui prend ainsi naissance, représentons-nous toute la partie de l'Asie située au Sud-Ouest comme recouverte d'eau. Qu'un choc se produise à partir de l'Irtych ou du Tarbagataï, et suivant la direction du Sud- Ouest. Des vagues géantes, nombreuses et allongées, se forment l'une derrière l'autre ; au début, elle sont plus ou moins convexes vers le Sud-Ouest, comme le montrent les branches du Tien-Chan. Elles s'étalent et se prolongent, et s'écartent les unes des autres quand elles trouvent assez d'espace, comme sur les bords du Tchou et del'Ili. Elles se resserrent et s'amoncellent, et s'élèvent les unes sur les autres quand la place se réduit, comme dans le Nan-Chan. Tantôt elles défilent raides et immobiles à côté dos obstacles, comme dans le Tsin-ling-Chan, en cherchant toujours un prolongement latéral, et tantôt au contraire on les voit déviées et infléchies par ces obstacles. Au début, la direction prépondérante du N.W.

ou de rW.N.W. leur est commune. Nous réunissons ces plis ou ces vagues sous le nom A'Altaîdes.

En Europe, les faisceaux de plis se sont brisés, et à Tintérieur des horsts comme cadre, de nouveaux faisceaux de plis ont pris naissance. En Asie, il s'est produit quelque chose d'analogue; seulement, cette fois, ce ne sont pas des chaînes périphériques qui se sont affaissées, mais des parties d'un ancien faite.

Il nous reste à rechercher quelles ont été les conséquences de ces événements.

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