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CHAPITRE VI

LES ALTAIDES ORIENTALES

Ordos. — 2. Les Montagnes du Hoang-ho : Khara-narin-Oula et Ala-Ghan. — 3. Bifurcation du Nan-Chan oriental. — 4. Résumé. — 5. Koucn-Iun central et oriental. — 6. L'avancée des branches occidentales : faisceau de la Birmanie. — 7. La séparation des chaînes : faisceau du Yun-nan ; le Mékong ; massif du Cambodge. — 8. L'avancée des branches orientales ; le Fleuve Rouge. — 9. Résumé.

— 10. L'archipel malais; presqu'île de Malacca; arc de Banda; île Christmas. — 11. Prolongements probables de la Nouvelle- Guinée; Âmboine, Céram et Boeroe.

— 12. Formose. — 13. Bornéo. — 14. CékM)es. ^ \li. Halmahera. — 16. Coup d'œil d'ensemble sur les Altaïdes orientales.

1. Ordos. — F. von Richthofen a montré que, dans tout le Nord de la Chine, des champs de lave de la Mongolie jusqu*à la vallée du Weï et jusqu'au Hoang-ho près de Si-ngan-fou, les sédiments cambriens reposent, non plissés et discordants, sur des terrains archéens plissés (II, p. 303 et suiv.). Ce domaine comprend en outre le Chan-toung et le Liao-toung, et aussi, en tant qu on peut Taffirmer dans Tétat actuel de nos connaissances, la Corée.

Ce trait de structure est si frappant que, malgré la direction différente qui règne dans le Sud-Est de la Mongolie à partir du puits d'Ikhé-Oudé, on est tenté de se demander si ce ne serait pas Tancien faîte qui reparaîtrait là. F. von Richthofen répond également à cette question. A rEst,dans le Chan-toung et le Liao-toung, la direction des granités gneissiques les plus anciens et des gneiss primitifs est constamment N.N.W., et par conséquent différente des directions du faite. Au contraire dans le Nord du Pé-tchi-li et du Chan-si, régions plus rapprochées du Gobi, où les terrains les plus anciens sont représentés par des gneiss amphiboliques et des

LES ALTAÏDES ORIENTALES.

gneiss chloriteux, les plis ont plutôt le caractère de larges ondulations s'orientant E.N E.*.

Pour cette dernière région, on peut donc bien se poser la question de savoir si ce n'est pas Taile baïkalienne du faite qui s'étend réellement jusque-là. Ce qui est certain, c'est que le massif sinien représente un môle resté rigide au milieu de l'édifice postérieur de l'Asie.

Mais F. von Richthofen nous apprend encore le fait suivant : le système de chaînons en forme de grille des environs de Peking, constitué surtout par des terrains anciens, se termine vers l'Ouest par un effondrement. C'est ce que montre avec évidence l'extrémité occidentale du Si-tchéou-Chan près de Sin-tchéou (fig. 31), et pour rOutaï-Chan et le Man-tou-Chan, la configuration générale indique

Bassin do Sin-tchéou.

Si-tchéou-Chan.

Fio. 31. — Versant occidental du Si-tchéou-Chan, d'après F. von Richthofen. 1, Gneiss; 2, Terrain cambrien {Sinigche Formation); 3, Calcaire carbonifère; 4, Lœss.

que les choses doivent se passer d'une manière tout à fait analogue.

Les couches sont à peu près horizontales, aussi bien celles de l'étage sinien, qui recouvrent le gneiss, que celles du grès suprahouiller. Quand l'étage sinien est conservé, il se trouve à une plus grande altitude que le grès supra-houiller.

« Cette disposition ne peut s'expliquer qu'en admettant que le plateau (du grès supra-houiller ou grès des plateaux) forme le début d un champ d'affaissement très déprimé, limité du côté de la partie du continent restée en saillie par une ligne droite. Jusqu'où cet efiFondrement se prolonge-t-il vers l'Ouest, et quels sont les caractères que prend la structure du sol dans la direction du pays des Ordos, — ce sont là des questions que nous pouvons poser, sans les résoudre* ».

Ceci a été écrit en 1882; aujourd'hui, nous savons que tout

i. F. von Richthofen, Chinai II, p. 706, et ailleurs.

2. F. von Richthofen, Chinas II, fig. 80, p. 372, 390 et suiv.

rOrdos appartient à cetto, plate-forme déprimée, et que la partie du cours du Hoang-ho dirigée de TOuest à TEst marque à peu près le bord septentrional de cette région, dont les contours sont presque rectangulaires.

La série des couches qui surmontent le substratum archéen du môle sinien consiste, comme nous Tavons déjà dit, en sédiments marins cambriens (siniens), puis en sédiments marins d'âge carbonifère supérieur, auxquels succèdent des dépôts de houille et des grès très épais, les grès des plateaux ou grès supra-houillers de Richthofen. Avec le dernier de ces étages, on arrive à Tépoque des flores terrestres si variées qui, en Sibérie, en Mongolie et enMandchourie, caractérisent la série de TAngara.

Ce sont les termes supérieurs de cette échelle stratigraphique, comme on Ta vu, qui affleurent près de Sin-tchéou à Textrémité occidentale du Si-tchéou-Chan, affaissés en contre-bas du pourtour. Ce sont eux aussi qui, plus au Sud, forment le plateau du Chan-siS à Texception du Ho-Chan, et les gradins étages qui le bordent à TEst et au Sud (II, p. 314). Mais à TOuest, dans le Nord du Chen-si et le Kan-sou, ce plateau s'abaisse doucement, au delà de la partie du cours du Hoang-ho dirigée du N. au S., sous la couverture de loess qui, du Sud de TOrdos, s'étale largement jusqu'à la vallée du Weï.

Obroutchev a donné une description détaillée de l'Ordos. Au Nord, les sables occupent de grandes surfaces, et on les voit s'accumuler en masses épaisses contre la* Grande Muraille au S.E. de Ning-sia-fou. Au Sud de la muraille s'étale le loess; sur de longues distances, en venant de l'Est, le grès supra-houiller et le terrain houiller demeurent encore visibles au-dessous de ce manteau de loess et au-dessous des dépôts gypsifères de l'étage du Gobi. Les Monts Lou-gouan-lin et Bo-iouï-Chan, qui figurent sur nos cartes, n'existent pas, et les hautes tables de loess deviennent de plus en plus larges dans le Sud^

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