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CHAPITRE VII

L'arc de Yarkend ou Koucn-lun occidental. -^ 2. Himalaya. •— 3. Siah-Koh et Safed* Koh. — 4. SeweataD. — 5. Afghanistan et Iran. — 6. Hindou-Kouch. — 7. Touran. — 8. Montagnes de l'Amou-Daria. — 9. Montagnes du Syr-Daria. — iO. Structur« des chaînés intermédiaires. —M. L^Asie actuelle.

1. L'arc de Yarkend ou Kouen-lun occidental (I,p. 574). — Les Altaïdes, représentées ici par le Beï-Chan et le Tien-Chan, demeurent absolument indépendantes vis-à-vis de Tare de Yarkend. Elles figurent la corde de cet arc. Dans le Gobi occidental, on ne voit rien qui se puisse comparer aux arcs rasés du Gobi oriental ou aux tronçons de TAla-Chan. Les quelques reliefs qu'on y rencontre, comme le Mazar-Tagh, ne sont guère que des « témoins » formés par les dépôts gypsifères du Gobi, et les collines éocènes des environs de Sandjou et de Yanghi-Hissarn*ont aucun rapport avec Tarchitecture du grand arc.

Nos connaissances sur la structure de cet arc ont subiune transformation complète grâce aux travaux de Pievtsov et de Bogdanovitch*. Son tronçon nord-occidental répond aux Montagnes de

\. K. I. Bogdanovitch, Le Nord-Ouest du Tibet, le Kouen-lun et la Kachgarie, r. (IzTÎestiia Soc. Imp. Russe de Géogr., XXV1I,1891, p. 480-504, 2 cartes) ;/iecA^rcÂe« géologiques dans le Turkestan Oriental, r. (Travaux de l'Expédition au Tibet dirigée par M. V. Pievtsov, tome II). Publié par la Société Impériale Russe de Géographie. In-4», yiii-161 p., 8 cartes, 5 pi. de coupes, Saint-Pétersbourg, 1892; Remarque* sur le Kouen-lun, r. (Izviestiia Soc. Imp. Russe de Géogr., XXX, 1894, p. 374-400) ; Einige Bemerkungen über das System des Kwenlun (Mitthcil. k. k. Geogr. Ges. Wien, XXXVIII, 1895, p. 497-526, carte). Voir aussi G. Wegener, Versuch einer Orographie des Kwen^ tun, Inaug.-Dist. Marburg (ZeiUchr. Ges. für Eidkunde, Berlin, XXVI, 1891, p. 191- 296, pl. 5-6 : cartes), et Die Entschleierung der unbekanntesten Teile von Tibet und die tibetische Centralkette (v. Richthofen-Festschria, in-S«, Berlin, 1893, p. 385-418); K. Futterer, Die allgemeinen geologischen Ergebnisse der neueren Forschungen in Zen-

Kachgar, à l'Ouest desquelles se dresse la haute chaîne du Moustagh-Ata. Aux Montagnes de Kachgar se rattache vers le Sud une chaîne à laquelle on donne plus particulièrement le nom de Kouen- . lun Occidental; elle se termine à la rivière Youroun-Kach. Là commencent les Monts de Keria, où l'arc atteint sa latitude la plus méridionale (36**) ; à partir de ce point, sa direction générale tourne à rE.N.E. Au Keria-Daria, la chaîne prend le nom de Chaîne Russe ou Akkar-tchékyl-Tagh ; en réalité, il y a deux chaines parallèles, TAstyn-Tagh et TOusiou-Tagh, séparées par une profonde vallée longitudinale. Au delà du Kara-Mouren s'y rattache le Tokouz-Davan ; dans son prolongement ultérieur surgissent les coulisses de TAltyn- Tagh et de l'Anembar-Oula, dessinant comme nous l'avons vu, dans la direction de l'E.N.E., de longs alignements qui vont se raccorder, tronçon par tronçon, avec les extrémités des chaînes du Nan-Chan. En dedans, c'est-à-dire au Nord-Ouest de ces chaines, se trouve le chaînon de gneiss souvent mentionné du San-siantsy; c'est également à l'intérieur de l'arc qu'est situé, au Sud-Est de Khotan, le court chaînon du Tékélik-Tagh.

Au-dessus du gneiss et des schistes cristallins, Bogdanovitch a trouvé dans ces montagnes une série très épaisse, parfois fortement mélamorphisée, de conglomérats, de quartziles, de schistes argileux et de schistes verts, avec des diabases. C'est à cette série qu'appartiennent sans doute les schistes chloriteux souvent signalés par Stoliczka. Sur le versant sud du Kyzyl-ounguïnin-tiouré, et plus à l'Est, à une altitude de 16000 à 18000 pieds [4 800-5 500 m.], a été rencontré un calcaire corallien noir, dont Frech a déterminé Tage comme dévonien moyen. Toute la série, à partir des schistes cristallins, est attribuée au Dévonien*. Elle forme une large zone, en dedans de laquelle Stoliczka a trouvé, au Sud-Ouest de Sandjou, quelques traces douteuses du Carbonifère inférieur *. Le Carbonifère moyen forme au Nord de la chaîne une longue bande de calcaires blancs. Sur le versant sud du Tékélik-Tagh, des calcaires à Fusulines ont fourni des échantillons de Spirifer mosquensis^ Produclus semiretictilattis et autres fossiles.

tral-Asien wid China {Pelermunas Mitteil., Ergänzungsheft Nr. 119, 1896, 60 p., pi. 1-2: carte et coupes ; en particulier p. 6 et suiv.]. [Voir aussi J.-L. Dutreuil de Rhins, Mi*sion sciémlifique dans la Haute Asie, t. I et III. in-i", Paris, 1897-1898, et VAttas des Cartes, par F. Orcnard, in-folio, 1898, pi. I-XIV; croquis d'ensemble et notice de F. Grcnard dans L'Année Cartographique de Fr. Schrader, 5* suppl., 1895.]

1. Beiträge zur Stratigraphie Central- Asiens auf Grund der Aufsammlungen von F. Stoliczka und K. Bogdanowitsch (Denkschr. k. Akad. Wiss. Wien, Math,-Ni^turw, Cl., LXr, 1894, p. 431-465); F. Frech, Ibid., p. 445 et suiy,

2, M^m. cité, p. 452,

Sur la rivière Goussass (affluent de gauche du Tiznab, qui se termine entre Karghalyk et Yarkend), Bogdanovitch a trouvé, en stratification transgressive, un calcaire foncé contenant de nombreux Brachiopodes. Diener y ayant signalé la présence du Productus cancriniformis, il est probable que ce calcaire est contemporain des « Productus Shales » du Kumaon et du Garhwal, également discordantes sur les terrains antérieurs*.

Bogdanovitch, en s'appuyant sur ces faits, distingue deux phases de transgression. La première est la transgression du A'ot/^n-Zîm. Une phase d abrasion paraît l'avoir précédée. La série des dépôts débute par des sédiments grossiers ; les premières couches fossilifères sontles calcaires coralliens du Dévonien moyen. La seconde coïncide avec

^''■"^■9^ Tek.lîk-T.gh

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Fio. 35. — Coupe à travers le Tiz-Tagh et le Tékélik-Tagh, d'après Bogdanovitch.

a, a. Gneiss et Schistes cristallins; c, Carbonifère à Spirifer moëquensis ; j^ j, Conches à empreintes végétales ; y« Granite ; ^t, Éboalis et graviers ; f^f, Failles. — Échelle dos longueurs 1 : 1 000 000 ; hauteurs 1 : 300000 environ.

les couches du Goussass et est appelée transgression iibéiaine. Des grès calcaires très épais paraissent représenter ces couches dans la partie médiane de l'arc montagneux ^ Au Tékélik-Tagh, l'étage du Spirifer mosquensis surmonte de très près le gneiss.

Pour apprécier la structure de Tare de Yarkend, nous possédons trois coupes relevées par Stoliczka, et huit itinéraires plus ou moins continus qui ont été suivis par Bogdanovitch.

Si, de Khotan, on se rapproche de Tare intérieur du système aussitôt après avoir gravi les premières collines (peut-être éocènes), on atteint le gneiss d'une avant-chaîne déjà mentionnée, le Tékélik- Tagh (fig. 55). Audelàdu faîte vient un peu de granité, puis un bassin affaissé ou discordant, large d'une cinquantaie de verstes, de calcaires blancs, carbonifères, avec lambeaux de couches de TAn-

1. Frech, Beitrage zur Stratigraphie Central- Asiens, p. 454; C. Diener, IHmalayan Fossils : Pei^mian Fossils of the Prodactus-Shales of Kumaon and Gurhwal (Palaeontologia Indica, Ser. XV, vol. I, pt. 4, p. 31, 54).

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