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C. L. Griesbach, Afghan and Persian Field-NoteSy p

2. Pour la nomenclature de cette chaîne, je suiyrai l'avis que m'a donné M. Griesbach, après la publication du tome 1 de cet Ouvrage, dans une lettre datée de Camp Shadian, au Sud de Balkh, 3 août 1886. Voici ce qu'il écrit : « Le nom classique do Parcpamisos ne s'applique plus à rien aujourd'hui. Hérodote comprenait sous cette dénomination tout lo territoire montagneux situé entre la Perse et Ghazni. Pour des raisons que j'ignore, quelques-uns de nos cartographes do l'Inde ont donné ce nom de Paropamisus à la chaîne qui sépare la vallée de Hérat de Badghiz. Faute d'un meilleur nom, j'ai conservé provisoirement dans les notes de voyage que j'ai fait paraître jusqu'à présent cette dénomination, qui sans doute finira par disparaître tout à fait de nos cartes. Les habitants do la vallée de Hérat n'ont pas d'appellation d'ensemble pour désigner ces montagnes, dont le tronçon principal porte toutefois le nom de Band-i-Baba. Les Turkmènes de Pendjdeh appellent toute la chaîne Barkhat-Daghy et les Russes ont adopté ce nom sur leurs cartes. Si l'on tient à conserver l'antique nom de Paropamisus à Tune de ces chaînes, la solution la plus convenable serait de désigner ainsi le puissant faite de partage des eaux de l'Afghanistan — à supposer qu'il ne possède pas déjà une bonne définition. Mais le petit anticlinal qui vient mourir à Sarakhs n'a aucun titi»e à porter ce nom vénérable. »

3. C. L. Griesbach, Afghan and Persian Ficld-Notes, p. 56, 58.

4. A. Houtum Schindler, The Turquoise Mines of Nishâpûr^ Khorassan (Records Gcol. Survey of India, XVIl, 1884, p. 132-142), et Die Gegend zwischen Sabzwâr und Meschhed in Persien (Jahrb. k. k. Geol. Reichsanst., XXXVI, 1886, p. 304-314); K. Bogdanowitch. Compte rendu prëlimitiaire sur les recherches oro- géologiques dans la partie montagneuse de la région Transcaspienne et des provinces boréales de la Perse, r. f.

bonne fortune de pouvoir personnellement m-entretenir de cette question tant avec M. Bogdanovitch qu'avec M. Griesbach. Je puis extraire ce qui suit des observations concordantes de ces deux savants.

Ce raccord se produit réellement, mais dans des conditions assez particulières qui sont les suivantes :

La plus méridionale des coulisses en question, Davendar- Doshak'Vafctai-Binaloud, court à TOuest de Mechhed au delà de cette ville, mais sans atteindre la Mer Caspienne. Au Sud-Ouest apparaissent d'autres chaînons, dirigés E.-W., que Mouchkétov appelle « Montagnes du Désert deKibir» ; leur direction diffère de celle des coulisses de FHindou-Kouch et aboutit à des reliefs s'orien-

0OOX-O. Atr*ekf

Fio.67.— Coupe derAtrck au Kopet-Dagh, d'après Bogdanovitch (ATo/c* sur la Géologie de l'Asie Centrale, in-8«, St.-Pctersbourg, 1889, p. 44, fig. 5).

Crétacé inférieur : 1. Calcaires compacts (Aptlon); 2. Calcaires argileux et 3. Calcaires glauco> nieux (Aptien et Albieo); Crétacé supérieur : 4. Grès glauconieux (Cénomanion et Toronien). ^ Erhelle dos longueurs 1 : 1 000 000 ; hantours 1 : 100 000.

tant S.W. Je les attribue en totalité à TElbourz. La ville de Nichapour est située au milieu du territoire où ces chaînons viennent s'adosser à la coulisse du Binaloud.

La bande granitique Davendar-Hêrat-Estoï ne dépasse guère Mechhed.

La coulisse Band-i-Baba (Paropamisus) — Esto'i (Poucht-e- Kouh — Djam) ne paraît pas atteindre Mechhed.

Sur la rive gauche du Héri-Roud, entre le confluent du Keshaf- Roud et Sarakhs, surgit une nouvelle chaîne plus septentrionale qui comprend un grand nombre de plis, s'alignant régulièrement

(Bull. Comité Oéol. St.-Pëtersbourjr, VI, 1887, p. 66-104,1 pl.;^de coupes; une traduction allemande des principaux passages relatifs au Kopot-Dagh se trouve dans G. Radde, Wissenschaftliche Ergebnisse dei^ im Jahre i 886 Allerhöchst befohlenen Erpedition nach Trnnskaspien und Nord-Chorassan, Pctcrmanns Mitteil., Ergänzungsheft Nr. 126, 1898, p. 5-7). Voir aussi C. Bogdanovitch, Note sur la Géologie de l'Asie Centrale, r. f. (Verhandl. Russisch-k. Mincralog. Ges., 2. Scr., XXVI, 1889, p. 1-192), et Application de l'hypothèse du glissement (Beyer) aux dislocations du territoire ti^anscaspien (Izviestiia Soc. Imp. Russe de Geogr., XXXI, 1895, p. 27-35) ; Mouchkétov, Aperçu, etc.

au N.W. et souvent recoupés par des failles plus ou moins rigoureusement parallèles à leur direction (fig. 67). C'est cette chaîne à laquelle on donne ordinairement aujourd'hui le nom général de Kopet-Dagh. Elle a pour prolongements le Balkhan et les Monts de Krasnovodsk.

La bordure septentrionale du Kopet-Dagh est formée sur de grandes distances par des failles longitudinales. Au Nord do cp front de cassure s*étend un large désert qui fait partie du Kara- Koum, et au Nord de ce désert vient une région tout à fait différente des coulisses dont nous avons parlé jusqu'à présent, la plateforme mésozoïque de TOust-Ourt. Mais Mouchkétov croit que le bord de ce plateau est probablement aussi une cassure, et il rappelle qu'au voisinage se trouve la dépression découverte par Lessar et assimilée à VAria pahis des anciens. Cette dépression a au moins 100 verstes de large et descend, au puits de Mirza Tchillé, à 44,6 mètres au-dessous du niveau de la Mer Caspienne. Dans ces conditions, Mouchkétov considère le désert qui s'étend entre le bord do rOust-Ourt et les failles du Kopet-Dagh comme un effondrement, qu il appelle la « fosse turkmène » *.

7. Touran. — La Téthys possédait, au moins pendant une grande partie de son existence, une extension largo et peu profonde sur remplacement actuel de la dépression aralo-caspienne, au bord sud-ouest du continent do TÀngara. Nous aurons à mentionner des formations marines du Trias inférieur dans les montagnes du Darvaz, et des dépôts du môme genre reparaissent fort loin de là, au Mont Bogdo, dans la Steppe d'Astrakhan ^. Je ne connais pas encore de Trias moyen et supérieur dans ces régions. On a signalé los couches à empreinles végétales de la série de TAngara dans plusieurs localités, en particulier dans la vallée du Syr-Daria, et des plantes

i. Mouchkétov, Aperçu de la constitution géologique du Territoire transcaspien, p. 423, 424.

2. Je ne suis pas arrivé à me faire une idée uettc de la structure du Grand Bogdo ; les données existantes indiquent des directions de plongeaient très diverses; il est probable que les conditions, dans rcnscmble, sont très compliquées. La ligne qui joint le Orand et le Petit Bogdo s'oriente N.N.E.; peut-être un certain nombre de plongemonts aberrants sont-ils dus à des effondrements des gypses. Tschemyschew a montré qu'une partie de ces gypses, circonstance singulièce, est surmontée directement par des sédiments jurassiques supérieurs ou infracrétacés. Parmi les travaux relatifs à ce sujet, on peut citer : J. B. Auerbach, Das Bogdogebirge (publié par Trautschold, Zapiski Sor. Imp. Russe de Géogr., IV, 1871, p. i-81); et Th. Tschernyschew, Einige Angaben ûher den geologischen Bau der Steppe von Astrachan (Bull. Comité Géol., YII, 18S8, p. 221- 232). Le Grand Bogdo est situé par 46-51' 52" 5 de long. E., le Petit Bogdo par 47« 4' 30 ", Tchaptchatchi par 47« 55' 28" 5 et Bistchokho par 48» 47' 3".

rhétiennes à Derbent. La coupe de Mangychlak, sur la rive nordest de la mer Caspienne, qui a été décrite en détail par Androussov et Séménov, débute, abstraction faite des roches anciennes plissées formant le noyau de la chaîne, par des assises à empreintes végétales indéterminables et à Bivalves peu caractéristiques, qui peuvent appartenir au Lias ou au Jurassique inférieur. Mais à partir du Callovien, on voit se succéder une série continue et très variée de formations marines, qui se prolongent jusqu*aux derniers étages de Tère tertiaire*.

Au centre du bassin, Séménov, en s'appuyant sur la nature des dépôts, a reconnu une succession de phases alternativement profondes et peu profondes : il y aurait eu un mouvement positif entre le début et la fin de la période jurassique, un mouvement négatif au Valanginien, puis un nouveau mouvement positif dont le maximum coïnciderait avec le Turonien supérieur et le Sénonien ; les transgressions correspondantes se manifestent sur les bords. Nous trouverons en divers endroits l'étage callovien transgressif. Vers le Sud, dans le Kopet-Dagh, le terrain crétacé inférieur est représenté, comme dans le Caucase ; mais au Nord, par le détroit de Tourgaï, le Sénonien empiète seul sur une partie de la plaine sibérienne. De même, d'après Romanovsky, ce ne sont que les étages moyens et supérieurs du terrain crétacé qui pénètrent dans les vallées des hautes montagnes de TEst*.

Il y a lieu, d'ailleurs, de séparer de cet ensemble Thorizon supérieur ou « étage du Ferghana », caractérisé par la Gryphaea Kaxifmanni (= Gr. Eszterhazyi), et que nous assimilons au Calcaire Grossier inférieur des environs de Paris, d'après les études très précises de A. Koch ; on constate qu*à cette époque, il existait encore une communication marine au Nord du Moustagh-Ata, entre le domaine du Touran et la plaine de Yarkend, jusqu'à Yanghi-Hissar et au voisinage de Sandjou'.

1. N. Andrussow, Ein kurzer Bericht über die im Jahre 1887 im transkaspischen Gebiet ausgeführten geologischen Untersuchungen (Jahrb. k. k. Gcol. Reichsanst., XXX VIII, i888, p. 263-280); B. Semen ow, Faune des dépôts jurassiques de Mangychlak et de Touar Kyr, v. (Travaux Soc. des Naturalistes St.-Pétcrsbourg, XXIV', Section gcol., 1896, p. 29-137, 4 pi.), et Faune des dépôts cj^étacés de Mangychlack et de quelques autres localités de la province Transcaspienne^ r. f. (Ibid., XXVIII, No. 5, 1899, p. 1- 178, 5 pi.).

2. G. Romanowski, Materialien zur Geologie von Turkestan, iii-i", I, St.-Petcrsburg, 1880, p. 43 et siiiv.

3. Beiträge zur Stratigraphie Central- Asiens (Dcnkschr. k. Akad. Wiss. Wien, Math.-Natui-w. Cl., LXI, 1894, p. 463-465); A. Koch, Ueber das Vorkommen und die Verbreitung der Gryphaea Esterhàzyi Pdv, (Földtani Köszlöny, XXVI, 1896, p. 324-330, en hongrois, et p. 360-366, en allemand).

L'horizon de Priabona est représenlé en Crimée ; on connaît des sédiments marins oligocènes dans la mi'ine région et dans TOust- Ourt. Nous avons vu qu'àTépoque oligocène inférieure, une communication avec la Mer Glaciale persistait encore à TEst de l'Oural K

Au Nord, au delà de Tourgaï, on connaît au-dessus de ces dépôts marins los vestiges des forçats de Tambre, et au centre, ainsi que dans d'autres parties de la dépression, on voit de puissants dépôts d argile contenant du sel gemme et du gypse. Quoiqu'une partie de ces couches soit encore attribuée par certains observateurs à Tépoque oligocène, et qu'il soit possible que le début des phénomènes de précipitation saline remonte en effet jusque-là, Androussov a signalé depuis longtemps un fait remarquable : c'est la présence au Cap Tarkhan, sur la Mer d'Azov, dans des argiles noires à écailles de Meletla, de plusieurs espèces caractéristiques de la formation salifère de Wieliczka, c'est-à-dire du Schlier de l'Autriche, comme le Pecten deniidatus. Une coupe à Tioub-Agal, sur la rive nord du Kara-Bougaz, montre qu'à l'Est de la Mer Caspienne les argiles noires à Melelta, associées à dos gypses, existent également, et que vers le haut, dos bancs multiples de gypse alternent avec des bancs à coquilles marines qu'on doit considérer comme représentant le second étage méditerranéen. Sauf le Cerithium scabrum et peut-être la Modiola discors, ce sont d'ailleurs des espèces absolument inconnues dans le domaine méditerranéen normal ou dans la vallée du Danube; mais la superposition des couches sarmatiques lève tous les doutes *.

En Perso, le sel se trouve au-dessus du premier étage méditerranéen, et il on est de même en Arménie. En Crimée, sur les bords de la Mer Caspienne et plus au Nord ou à l'Est, on n'a pas encore signalé le premier étage méditerranéen. On ne peut donc pas déterminer à quel horizon remonte le début de la formation du sel. D'autre part, on constate qu'une partie au moins de ces dépôts doit être attribuée au Schlier, et que le retour de la mer à l'époque du second étage méditerranéen s'est effectué au milieu d'oscillations. Il faut une évaporation de 80 p. 100 d'eau do mer pour qu'un banc de g>'pse se dépose après le séjour d'une eau normale ; ces oscillations ont dû par suite être fort importantes. Des conditions semblables à celles qui régnaient à l'Ouest n'ont reparu qu'à l'époque sarmatiquo.

Lors de la formation des bancs do gypse, et plus encore lors de la

1. G. V. Vogdt, Veber die Obereocân- itnU OligocänSchichten der Halbinsel Krim (Verhandl. k. k. GeoL Reichsanst., 1889 p. 289-295).

2. N. Andrussow, lieber das Alter dei' unteren dunklen Fichie fer Ikone auf der Insel Kertsch (Vorhandl. k. k. Reichsanst., 1885, p. 213-216); du même, Géotectonigue de la

précipitation du sel, une vaste nappe d'eau doit s\'tre trouvée audessous du niveau de la mer. La fermeture peut avoir été produite par un plissement montagneux dans quelque région lointaine de rOuest, mais on doit supposer de plus, pour l'époque du Schlier, un climat sec, car on connaît en dehors de ce périmètre des gîtes de sel au même niveau : ainsi , d'après Depérot ot Fourtau , les argiles gypsifères du Gebel Geneffé, au voisinage des Lacs Amers de Suez, sont comprises entre le premier et le second étage méditerranéen'.

Les dépôts de sel s'étalent au loin sur le Touran et ils pénètrent profondément aussi dans les hautes montagnes de TEst. C'est au même horizon qu'appartiennent, par exemple, les couches gypseuses fortement redressées et les nombreux lacs salés qu'Obroutchev a décrits dans les avant- monts des coulisses de THindou- Kouch, au Sud de Sarakhs, et en particulier entre le Héri-Roud et le Kouchk^. Peut-être figurent-elles le point par où, jadis; les eaux du Touran communiquaient avec celles de l'Iran. Dans les hautes montagnes , nous aurons à mentionner des couches de sel encore très en amont de Garm. Dans le Pamir, sur les bords du Rang- Koul, il existe du sel gemme dans des schistes feuilletés. Le col voisin des sources de l'Oxus ou Ab-i-Pandj, que nous avons appelé, d'après les cartes, Baroghil, est désigné par Ivanov sous le nom de Bor-agyl, c'est-à-dire « Col du Gypse », et de puissants amas de gypse s'y rencontrent en effet, dit-on \

Lecalcairecoquilliorque Romanovsky signale entre Tchimkent et Tachkent est également d'âge tertiaire moyen; ÏOstrea hemiglobosa Romanovsky, trouvée aux environs de Garm, indique peut-être le même horizon*.

On n'a pas encore découvert de formations sarmatiques au delà de l'Aral. Elles existent dans l'Oust-Ourt. Nous avons déjà dit que le domaine sarmatique, bien que reconnu de l'Ouest à l'Est sur une longueur égale à celle de la Méditerranée actuelle, est cependant situé

prfsquile de KtnHchy v. (Matériaux pour la Géol. de la Russie, XVI, 1893, p. 63-336, 1 carte, 2 pi.; en particulier, p. 160), et Bemerkungen über das Miocän der Kaspischen Länder, T, a. (Bull. Comité Géol., XVIII, 1899, p. 349-369), etc.

1. C. Dcpéret ot R. Fourtau, Sw les teri^ains néogènes de la Basse-Egypte et de l'isthme de Suez (C. R. Acad. Sc, CXXXI, 1900, p. 401-403).

2. V. Obroutchcv, Compte rendu préliminaire sur les recherches géologiques dans le district Transcaspien, p. f. (Bull. Comité Géol., VI, 1887, p. 155-224; en particulier p. 194 et suîv.).

3. D. L. Ivanov, Aperçu des observations géologiques faites au Pamir ^ p. (Verhandl. Russisch-K. Mincralog. Ges., 2 Ser., XXII, 1886, p. 257), et Voyage au Pamir, p. (Izviestiia Soc. Imp. Russe de Géogp., XX, 1884, en particulier p. 44 et suiv.).

4. G. Romanovsky, Matériaux pour la géologie du Turkestan, p., II, 1885, p. 26.

complètement en dehors des rives de cette mer, telle qu'elle existe aujourd'hui (I, p. 424).

Il n'y a pas lieu de revenir sur les formations encore plus récentes du bassin Aralo-Caspien. —

Les contours actuels de la dépression du Touran sont par conséquent d'âge très différent. Au Nord-Ouest, du côté de TOural, les sédiments crétacés et tertiaires s'étalent horizontaux sur la tranche des couches de ces antiques montagnes. A l'Est, le contraste est absolu avec les longs rameaux du Tien-Chan, ot les mêmes sédiments, affectés de plis, s'élèvent à des altitudes considérables. Mais dans l'intervalle de ces longs rameaux, on voit se développer, à TEst, un type très particulier de chaînons intermédiaires plissés, dont je ne connais les analogues sur aucun autre point du globe et qui méritent de fixer notre attention quelques instants.

On voit sur la fig. 89 du tome I (p. 611), entre les rameaux désignés par les n" 8 (Hindou-Kouch, Balkhan) et 7 (Hissar-Khazreti Sultan), le cours de l'Amou-Daria; les rameaux 7 et 6 (Alaï-Nourataou) ne sont séparés que par la vallée du Zaravchan et peuvent être assimilés à un même faisceau ; au contraire, entre 6 et 5 (Talasskii- Alataou-Karataou), la vallée du Syr-Daria présente une disposition qui rappelle celle de l'Amou-Daria. Nous parlerons d'abord des chaînons intermédiaires de l'Amou-Daria, c'est à dire en somme des Montagnes de Bokhara,. puis de ceux du bassin du Syr-Daria, et en particulier des Montagnes du Ferghana (voir la pl.I). Les conséquences, pour les parties septentrionales de la virgation du Tien- Chan, se dégageront d'elles-mêmes. Pour les deux régions, Mouchkétov a fait paraître un ouvrage vraiment fondamental .

8. Montafirnes de PAmou-Daria. — Les roches eruptives crétacées, comparables en quelque mesure aux teschenites des Garpathes, qui affleurent dans le Baloutchistan, dans l'Afghanistan, dans l'Hindou-Kouch et au Nord de cette chaîne ne sont pas connues au delà de l'Amou-Daria. Les calcaires crétacés discordants, qui s'élèvent si haut dans l'Hindou-Kouch , constituent associés à l'Éocèno, au Nord de la chaîne principale, des plis puissants. Encore au Sud et au Sud-Ouest de Maïmeneh, ces avant-chaînes, orientées à peu près E.-W., atteignent dans le Band-i-Turkestan 3 500 mètres. Un anticlinal formé par ces terrains crétacés et tertiaires, et dont la retombée est très brusque, constitue, comme on Va déjà vu, la bordure

1. J. V. Mouchkétov, Le Twkestariy r., I, in-S", St.-Pétepsbourg, 1886; avec la carie géologique en 6 feuilles de Romanovsky et Mouchkélov.

septentrionale de la chaîne au voisinage de Sarypoul et de Maïmeneh. A son pied, le plissement se poursuit dans les couches salifères que Griesbach parallélise aussi avec les dépôts de sel tertiaires moyens de la Perse. Encore au Sud du bac par lequel on franchit l'Amou-Daria à Kélif, ce géologue a trouvé un calcaire coquillier tertiaire à Pecten, Ostrea et Bryozoaires. Les symptômes de plissement sont si nombreux, que Griesbach a môme supposé qu'une nouvelle voûte est aujourd'hui en voie de formation dans les alluvions de TOxus, voûte qui tendrait à barrer les affluents de gauche, entre TachkourganetMaïmeneh*.

Dans la direction de TEst, les observations de Griesbach se sont étendues jusqu'à Gori sur le Koundouz. La large plaine de l'Amou- Daria, qui marque la terminaison des montagnes de l'Est, s'étend jusque vers Roustak.

En considérant les chaînes du Pamir, situées au Nord de l'Hindou-Kouch, nous devons commencer par avouer qu'au point de vue géologique, ces chaînes sont peu connues. Stoliczka a recueilli quelques observations sur le Pandj, jusqu'à Kala-i-Pandj en aval, et nous avons vu que le tronçon inférieur de la rivière Pamir coupe obliquement la direction d'une chaîne de gneiss qui fait partie de l'Hindou-Kouch ou qui en est une avant-chaîne. Ce sont les « Monts du Wakhan » d'ivanov, qui bordent le Pandj au Nord, franchissent selon toute apparence ce cours d'eau vers le coude d'Ichkachim et se prolongent peut-être vers le Sud-Ouest dans le Badakchan.

Mais, de fait, il semble que le Pandj en aval de Kala-i- Pandj, le haut Chakh-Dara sur le versant nord des Monts du Wakhan, le Ghound (Alitchour) et le Mourghab (jusqu'au méridien du Rang- Koul) ne soient pas les seuls cours d'eau qui suivent de vraies vallées longitudinales tectoniques, vallées s'infléchissant de plus en plus dans leur partie inférieure vers le Sud-Ouest, en arc de cercle, comme le montre nettement la carte de Curzon. Le Yas-Goulam, qui s'écoule dans la même direction sur toute sa longueur et auquel les cartes russes attribuent une importance beaucoup plus grande, paraît suivre également une vallée longitudinale; et il en serait de même pour le Vanch, en un mot pour tous les affluents qui, entre le coude d'ichkachim et Kala-i-Khoumb, descendent du Pamir au Pandj.

Or l'allure convergente de ces vallées suppose que les grandes chaînes occidentales du Pamir, vers le Nord, dévient de plus en plus

1. C. L. Grioabach, Records Geol. Survey of India, XIX, 1886, p. 257, 260.

dans leur direction, en suivant à peu près Torientation S. S.W. du Khodja Mohammed dans le Badakchan, qu'en même temps elles diminuent rapidement de hauteur dans le Badakchan, et que leurs contreforts méridionaux atteignent la région située à TOuest du lac Chiva et les environs de Faïzabad.

La structure des Monts du Darvaz confirme cette hypothèse. Cette chaîne décrit vers le S.S.W. une courbe ayant à peu près la forme d'un genou, courbe encore plus accentuée que lare du Pandj en amont de Kala-i-Khoumb. Ivanov, en franchissant la chaîne par le Nord, au col de Sagri-Dacht (2400 m.), dans la direction de Kahw-Khoumb, y a trouvé un grès rouge, recouvert de couches épaisses de grès gris et de conglomérats qui s'élèvent à une grande hauteur mais n'atteignent pas le versant sud, où l'on voit des roches cristallines ^

Kraflft donne de précieux renseignements sur la structure du reste de la chaîne. Les conglomérats du Sagri-dacht sont attribués à l'époque éocène; ils forment plus au Sud-Ouest de hauts sommets (Khazreti-Ghan, 4000 m.) et sont séparés des terrains antérieurs des bords du Pandj, à l'Est, par une longue dislocation. Cette dislocation se recourbe du S.W. au S.S.W. et les terrains anciens dessinent un mouvement analogue, mais plus accentué*.

Ces terrains anciens, d'âge paléozoïque inférieur d'après KrafTt, consistent en micaschistes, « para-amphibolites », schistes à séricite et roches eruptives diverses. Ils forment Taxe d'un anticlinal à tracé curviligne, qui du Nord-Est, et par la vallée du Khoumban , descend dans la vallée du Pandj, où on le connaît de Dchorf à Kala-i-Khoumb et sur une quarantaine de verstes plus en aval, jusqu'à ce qu'il passe à l'Est du fleuve en prenant une direction presque N.-S. Cette direction aboutirait un peu à l'Ouest de Faïzabad ; mais il est probable que les roches anciennes disparaissent sous des sédiments plus récents avant d'arriver à cette localité.

A l'Est et à l'Ouest de l'anticlinal affleurent des calcaires à Fusulines, puis des diabases, des tufs et des grès. La zone occidentale est très développée ; le Siakou et le Kougi-fourouch atteignent envi-

\. lYanov, Aperçu des observations géologiques faites au Pamir y p. 274.

2. A. V. Krafft, Geologische Ergebnisse einer Reise durch das Chanat Bokhara (Denk- Bchr. k. Akad. Wiss. Wien, Malh.-naturw. Cl., LXX, 1900, p. 49-72, carte), et Mit- Iheilungen über das ost-bokharische Goldgebiet (Zcitschr. f. pr.ikt. GcoL, 1899, p. 37-43, i carte). W. Rickmer Rickraers, Travels in Bokhara (Oeogr. Jouro., XIV, 1899, p. 59G- 620, carte); co voyageur avait pour compagnon A. t. Krafft. M. v. Krafft a eu Fobligeance de me communiquer ses caries qui, vers TOuest, portent encore quelques indications complémentaires. ....

ron 5000 mètres. On y a signalé des traces de l'étage d'Artinsk*. Le premier niveau se présentant ensuite, du côté de TOuest, est du Trias inférieur, dont Bittner a noté la ressemblance frappante avec les schistes de Werfen, dans les Alpes Orientales^. Au Nord- Ouest et à l'Ouest, ces terrains anciens sont recoupés en biais, l'un après Tautre, parla longue dislocation dont nous avons déjà parlé. La partie méridionale de cet accident s'oriente de même au S.S.W. et fait affleurer sur toute sa longueur, au lieu des terrains précédents, à une altitude de 3 000 à 4 000 mètres, les conglomérats dont Tage est probablement éocène. Mais à partir de là, les montagnes s'abaissent très rapidement vers l'Ouest et vers le Sud. Mouminabad, sur le bord occidental, est à 1 140 mètres, et un peu plus au Sud, dans les Monts Khodja-Moumyn (1280 m.), entre Kouljab et le Pandj, Regel a trouvé du sel gemme en grandes masses *. On doit admettre que l'anticlinal du Darvaz, après s'être abaissé près de Kala-i-Khoumb dans la vallée du Pandj, continue à descendre rapidement vers le Sud. Mais il est possible que le sel appartienne au synclinal suivant, du côté de l'Ouest. Le prolongement de ce synclinal est représenté par le synclinal éocène ou crétacé du haut Khingaou, qui sépare vers le Nord, en décrivant un arc de cercle, les Monts du Darvaz des Monts Pierre le Grand {PiTïok), dont la constitution est analogue.

Ivanov donne des renseignements sur cette nouvelle chaîne. Avant de la considérer, rappelons que la grande vallée de l'Alaï est un ancien bassin lacustre, entouré sur certains points de terrasses, et qui a été vidé par la gorge qu'a creusée le Kyzyl-Sou dans la direction du Sud-Ouest, à travers le Transalaï. Il en résulte que le Kyzyl-Sou ne répond pas à la véritable tête du Vakhch : ce rôle appartient bien plutôt au Mouk-Sou, qui vient du Pamir et court parallèlement au haut Khingaou. C'est entre ces deux derniers cours d'eau que se dresse la chaîne des Monts Pierre le Grand*.

D'après Ivanov, cette chaîne doit l'aspect sauvage et dentelé de sa crête à un calcaire noir, renfermant parfois des Fusulines, dont la puissance atteint plusieurs milliers de pieds et qui forme sur le

1. A. Karpiasky, Ein Hinweis auf das Vollkommen von permo-carboniscken Schick» ten in Darwaz (Verhandl. Russisch-k. Mineralog. Ges., 2. Ser., XVIII, 1883,p. 212-220).

2. A. Bittner, lieber von Dr. A, v. Krafft aus Bokhara milgebrachte jungpalaeo-* zoiache und alUriadisehe Versteinerungen (Jahrb. k. k. Gcol. Rcichsanst., XLYIII, i898, p. 700-718, pl. XIV-XV).

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