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Mouchkétor, Le Turkeslan, l, p

3. Ivanov, Aperçu, etc., p. 27) et suiv. ; voir aussi les cartes de Hassenstein, dressées principalement d'après les indications de Regel, Petermanns Mitteil., XXX, 188i^ pl. ( et 13; et Lipsky, Otchct Soc. Imp. Russe de Géogr. pour 1899, p. 15 et 16.

versant nord de grands escarpements, dominant le Mouk-Sou" et certaines parties du Vakhch.

Des dépôts mésozoïques, et notamment un calcaire considéré comme jurassique, lui succèdent, puis des argiles et des grès bigarrés tertiaires avec sel et gypse. Ces couches tertiaires forment en amont de Gàrm un liséré bordant les montagnes le long du versant méridional du Vakhch et du Mouk-Sou, et en plusieurs endroits, fort loin même à TEst, au col de Ters-Agar (Altin-Mazar, 72^15' de long. E., d'après la carte de Curzon), dans le Pamir, on y exploite du sel. L'escarpement du versant nord est encore signalé dans la vallée de Kandi.

Dirigeons-nous maintenant vers TOuest. Encore assez loin du confluent du Kyzyl-Sou, Ivanov mentionne de très hautes cimes Souganaki, environ 5400 m.). A partir de là, Tescarpement nord s'élargit et diminue de hauteur. Lorsque Ivanov, plus à l'Ouest encore, en partant de Garni, traversa la chaîne, il la trouva déjà recouverte sur toute sa largeur par des grès et des conglomérats crétacés ou tertiaires, au-dessous desquels les calcaires paléozoïques n'affleurent que sur un petit nombre de points.

Ainsi, dans la Chaîne de Pierre le Grand, tous les terrains précrétacés disparaissent encore plus rapidement que dans les Monts du Darvaz, et pour ainsi dire au coude même. La chaîne, devenue beaucoup plus basse et incurvée vers le Sud-Ouest, est franchie en aval de Garm par le Khoulass (Khingaou inférieur), et l'anticlinal crétacé que KraflFt signale entre Baldjouan et le Vakhch remplace désormais cette puissante rangée de montagnes.

Il ressort de ce qui précède, comme résultat général, que le Mouk-Sou et le Vakhch-Sourkhab (sauf au coude local situé au Sud de Faïzabad) représentent une vraie directrice tectonique, enveloppant tous les faisceaux de plis qui sortent du Pamir au Sud du Grand Kara-Koul ; et il est probable que toutes les vallées qui descendent du Pamir vers l'Ouest, en aval d'Ichkachim, sont de vraies vallées longitudinales, que le Pandj recoupe jusqu'à ce qu'il suive lui-même sur une certaine distance en aval de Kala-i-Khoumb une dépression du même genre. Toutefois ce tronçon du Pandj ne coïncide pas, comme la plupart ou la totalité des autres vallées, avec un synclinal, mais avec un anticlinal.

D'après la carte de Mouchkétov, il est probable qu'au Nord de Garm, les Montagnes du Karatégin décrivent une courbe analogue à celles du Darvaz et des Monts Pierre le Grand et se dirigent vers Faïzabad. Il ne me paraît guère douteux non plus que le grand

alignement Transalaï — Hissar — Khazreti'SuHan (I, p. 6H, fig. 89, n® 7), assimilé jusqu'ici à Tune des branches de la virgation du Tien-Chan, ne dévie en réalité vers le Sud-Ouest. KrafFt, en partant deKaratagh, a gravi le Khazreti-Sultan et y a trouvé une succession différente de terrains. Au Sud du col de Moura (3730 m.), du porphyre et du granité succèdent directement à TÉocène et au Crétacé à Acanthoceras Milletianumy et plus en amont, on retrouve encore des lambeaux de la transgression crétacée pinces dans des failles. Au delà du col, sur les bords de TIskander-Koul, il y a du calcaire corallien d'âge dévonien moyen, surmonté de dolomies très épaisses appartenant au Dévonien supérieur ou au Carbonifère (ToursuU, 5000 m.)*. A une grande distance au Sud-Ouest de cette localité, au Nord de la petite ville de Baïsoun, on voit surgir d'une mer de plis crétacés et éocènes le chaînon du Tchouldaïr, dans lequel Krafft a trouvé des grès à plantes rhétiennes et des calcaires noirs, probablement jurassiques. Ce chaînon tourne en s'allongeant au S. S.W. et forme la gorge des Portes de Fer près de Derbent, où il est également recouvert en discordance par le Crétacé; Mouchkétov y voit le prolongement direct des hautes montagnes de Hissar*. Plus loin dans cette même direction du S.W. se trouve Khatak, où Nikitin a signalé des fossiles calloviens en plein territoire plissé, crétacé ou éocène', et une longue arête, dont fait partie Tanticlinal crétacé du Koukaïtyn-Taou , s'aligne au S.W. Mouchkétov en a décrit le panorama : au loin s'étale la vallée de l'Oxus ; à l'horizon du Sud apparaissent les hautes montagnes de l'Afghanistan. Mais plus près, à gauche, on aperçoit un second anticlinal, courant parallèlement vers le S.W. Il a reçu le nom d'Itym-Tagh ou Djity- Tagh, c'est-à-dire « les Sept Collines », parce qu'il se résout au Sud- Ouest en un groupe d'éminences isolées ; l'une d'elles s'avance dans l'Oxus et porte la ville de Kélif . Ce chaînon traverse le fleuve en donnant lieu à une série de rapides, et il forme sur le versant sud la double crête rocheuse du Kham-Tagh. C'est là, dans des couches redressées, que Griesbach a recueilli des fossiles méditerranéens. Là, en vue des avant-monts de l'Hindou-Kouch, ce long faisceau de

1. A. Y. Krafft, Geologische Ergebnisse, etc., p. 53. La direction des lambeaux crétacés affaissés du col de Moura est S.W; s'il s'agissait de plis, on pourrait considérer la déviation comme certaine.

2. Mouchkétov, Le Turkestan, I, p. 560. On a également rapporté du granité et des schistes anciens d'un point intermédiaire, le Sengri-Dagh.

3. S. Nikitin, Notes sur les dépôts jurassiques de Himalaya et de F Asie centrale^ r. f. (Bull. Comité Gëol., VIII, 1889, p. 83 et suiv.). Ce point est à 7 verstes au Nord-Ouest de Khatak.

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plis, qui représente selon toute probabilité le prolongement de la chaîne puissante du Transalaï, s'abaisse et disparait sous la plaine.

La direction des contreforts a tourné graduellement de S.S.W. h S.W. ; entre le Vakhch et Kélif, c'est-à-dire entre les Monts Pierre le Grand et la ligne Transalaï-Khazreti Sultan, sont venus s'intercaler des plis secondaires. Au delà de Kélif, leur écartement progressif est encore plus net, et sur le bord oriental, du côté de Gouzar et de Karch, ce sont des plissements de plus en plus atténués qui forment les collines. Quelques chaînons atteignent encore TAmou-Daria. Mouchkétov décrit un anticlinal crétacé, TAggs-Taou, qui traverse rOxus près de Khodja-Salar, en aval de Kélif; un autre est le Felizidan-Taou; la direction tourne à TW.S.W., les plis deviennent plus rectilignes et moins accusés ; c'est à Kerki que Mouchkétov a trouvé les dernières traces de plissement sur l'Amou-Daria*.

Gardons les yeux fixés sur la ligne Mouk Sou- Vakhch, convexe au Nord-Ouest, et sur la courbe probablement parallèle à la précédente passant par la col de Moura, les Portes de Fer et Kélif. Les autres courbes s'aplanissent vers l'Ouest, et les dépôts tertiaires salifères prennent une part plus importante à leur constitution, mais sur le Karch il se forme un angle rentrant. Au Nord de ce coude se présentent des chaînes qui affectent la direction intermédiaire E.-W., mais où il n'y a que du granité, des schistes anciens et des calcaires paléozoïques, Obroutchev les a décrites *.

La plus septentrionale de ces chaînes, le Kara-Tiotibé, au Sud de Samarkand, dépasse 2 000 mètres ; elle s'abaisse du côté de cette ville et domine la grande vallée longitudinale de la rivière Zaravchany et au Nord de cette vallée s'étend vers le N.W. la chaîne du Noura-Taou (Kara-Taou), accompagnée de chaînes secondaires. De nombreux pointements isolés indiquent ensuite que cette chaîne se prolonge au-dessous du désert.

La vallée du Zaravchan, qui s'étend en droite ligne de l'Est à l'Ouest, bordée au Sud par le Kara-Tioubé et les Monts du Zaravchan et au Nord par les Monts du Turkestan, et qui s'encaisse si profondément entre ces hautes chaînes, d'où descendent, à l'Est, de nombreux glaciers, — cette vallée constitue l'un des traits les plus remar-

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