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Côte occidentale de l'Asie Mineure et îles de l'Archipel

— Dans une grande partie de la Lycie méridionale, depuis le haut massif calcaire duMassikytos (Ak-Dagh), en passant par le Souzouz- Dagh, jusqu'à la côte, près de File de Kekova, Tietze a vu régner partout la direction E.N.E. ou N.E. (entre hora 3 ou surtout 4 et hora 5). Peut-être se produit-il, du côté de la rive ouest du Golfe d'Adalia, un relèvement de cette direction vers le Nord. Dans cette partie de la Lycie, des dépôts de Tage du Schlier ou du deuxième étage méditerranéen ont été portés à une altitude de plus de 4000pieds[1200m.] \

La Lycie méridionale doit donc être attribuée à Tare occidental ou arc dinarique (égéen), et c'est au même arc que nous devons également rattacher, d'après les observations de Bukowski, Tile de Rhodes (fig. 69) *. Les calcaires crétacés passent de la Crète à Kasos^ et atteignent avec la direction N.E. la partie occidentale de Rhodes. Cette direction se maintient jusqu'à THagion Elias, sommet situé vers le milieu de la moitié septentrionale de Rhodes, puis passe à TE. et enfin au S.E. pour aboutir à la côte orientale, au milieu de couches très bouleversées. 11 semble donc qu'un fragment taurique vienne réellement s'intercaler ici en se rebroussant; mais au Nord de l'Hagion Elias, un chaînon d'allure dinarique se prolonge dans la direction du continent vers l'Asie Mineure.

D'après cela, le golfe qui sépare la côte de Lycie de l'île de Rhodes coïnciderait avec une cassure transverse de l'arc dinarique extrême; le fond de la mer s'y abaisse brusquement à de grandes profondeurs et atteint, à 38 kilomètres de la côte de Rhodes et à une distance de la côte d'Asie Mineure qui n'est guère plus grande,

— 3 865 mètres \

1. E. Tietze» Beiträge zur Geologie von Lykien (Jahrb. k. k. Geol. Rcichsanst. XXXV, 1885, p. 283-386, pl. VI : carte).

2. G. Bukowski, Grundzüge des geologischen Baues der Insel Rhodus (Sitrongsbcr. k.Akad. Wis9. Wien, Mathem.-naturw. Gl., XCVIII, Abth. I, 1889, p. 208-272, carte: notamment p. 220); et Geologische Uebersichtskartc der Insel Rhodus (Jahrb. k. k. Geol. Reichsanst., XLVIII, 1898, p. 517-688, pl. XIII : carte).

3. G. Bukowski, Der geologische Bau der Insel Kasos (Sitzungsber. k. Akad. WisÄ. Wien, Mathem.-naturw. Cl., XCVIII, Abth. I, 1889, p. 653-669, carte).

4. J. Luksch und J. Wolf, Berichte der Commission zur Erforschung des östlichen

LES TAÜRIDES ET LES DINARIDES.

En Cariey il faut d'abord mentionner les deuxchaînes gneissiques dirigées N.W. que Paton a décrites. La première forme la plus

Lmdos

B Ki ^ ■■ ES] rn ■

FiG. 69. — Carte géologique de l'île de Rhodes, d'après G. von Bukowtkî (Jahrb. k. k. Geol. Reichsanstalt, XL VIII, 1898, pi. XIII).

1. Calcaires crdtacés et éocènes ; 2. Flysch éocëne ot oligocène; 3. Grès et conglomérats de Thari (Néogène indéterminé) ; 4. Couches lacustres à Paludines, et 5. Graviers floviatiles (Étage levantin); 6. Pliocène supérieur marin; 7. Alluvions; 8. Roches eruptives (Serpentine, Diabase, Porphyrito). — Échelle de 1 : 600 000.

grande partie de la presqu'île de Myndos (Halicarnasse) ; des roches analogues se trouvent vers le Nord-Ouest, dans l'île de Patmos, et

MitielmeereSf lïl (Denkschr. k. Akad. Wiss. Wien, Mathem.-naturw. Cl., LXI, 1894, p. 92 et suiv., carte).

vi»rM lo, Sii(l-K*it, dans la partie orientale de la presqu^ile de Cnide, et Hont rcfçardceH comme le prolongement de cette chaîne. La seconde chaîne gncîiHsique forme les Monts Latmos (Bechparmak*Dagh) ; elle est parallftle à la première, commence dans la basse vallée du Méandre et forme au Sud la ligne de partage des eaux jusque vcîrH Moughla. A TOuest de ces chaînes de gneiss, Paton signale du calcaire au Nord de Leros, à Kalymnos, à Kos, dans une partie de la prenqulhî de Cnide et dans Tlle de Symi *.

A rintérieur d(».s terres, cette même direction du Nord-Ouest domine alors sur de grandes étendues, d'après les observations de Hukowski, dans lu structure des montagnes, depuis le Baba-Dagh |Cadmus| prî'sde Dcnizli, où affleurent des micaschistes grenatifères, jusqu'au long anticlinal de phyllades qui sous le nom de Soullan- Dagh forme avec ses prolongements au Sud-Est, à partir d'Akcheher, le bord occidental des plaines de Lycaonic. Des calcaires de différents Ages constituent la plus grande partie de cette région ; au Nord du Bouldour (îœl, on a trouvé dans les dépôts éocènes des cailloux (le calcaire à Fusulines ^

En allant de la Carie vers la mer, on voit naître à Nisyros Tare volcanique qui se prolonge par Santorin dans la direction d'Égine.

Dans la partie sud-est de Tîle de Äo.s, Neumayr a trouvé un lambeau de phyllades et de marbres, dominant de haut les calcaires erélacés ; d'après sa direction il parait amorcer un arc s'ouvrant vers le Svul ; toutefois, cet affleurement est beaucoup trop restreint pour qu'il soit permis d'en tirer des conclusions '.

A Samos, on voit au contraire le prolongement des montagnes de Carie. Des micaschistes grenatifères associés à des marbres blancs s'alignent au N,\V., d'après les observations de Nasse, dans rimposanle chaîne médiane de TAmpelos, et des roches analogues, associées à des serpentines, à des diabases et à des porphyres, forment k rOuest le chaînon de Kerki, ainsi que la partie orientale de rtle, qui est moins accidentée \

I, \\\ R» pAlou ami J, L« Myivs, Kesearckrs w Karia Gooirr. Journ.. IX, i897. \\. HS-Ci4» CArtc; on iviruculi^r p. 44 et 5i)« Tchihaicheff a èg;Uement traversé la baode «le jirnois« «l<^ la ch.-^ùio l«ainùquc.

2» O. R«kow5Kù knrstr Vot^richi mb^r rff> Ergebnisse der tu dem JahiTn 1S90 und 4^9^ im iiiHdH>rsfiickrm kteinnsien 'im'vhgrftihrien geologischen rN/(»r,«^vr^Kfi9ifii (Silzung5- Wi\ k. AK^a. Wis«, Wion. Xlaihenu-naUinr. CK/ C, Abih, I, IS9I, p. dlS-aOQ: Ott |\ar«Knihor, |>, 586 .

:^. M. N«nn«,t>r, i'rher dm gr^.^fts Jacken Bttn der Insel Kos Denkschr, k. Akad. \V»s^. \\ ù^«, M,ti*w^m.«nAittrw, CK, XL, ISS«, p, äl^U. carte .

4, R^ Xa^so, ITi^» Ans^ug n^i^h S*h» v* /eii<rhr, Oos. fur Rrdkunde, Berlin. X. 1875. p i*i^:5\ pl, V : oarto' : voir a««à Spratt, Rem^rks on tke ti^shogy ofthe himnd af .

LES TAÜRIDES ET LES DINARIDES. 427

A partir de là, la direction tourne au Nord. Le rapprochement des observations anciennes de Strickland et de Spratt sur le Golfe de Smyme avec celles que Teller a recueillies dans le petit groupe des îles Spalmadori et à Cliio conduit aux résultats suivants :

Au Mont Tmolus, à rE.S.E. de Smyrne, se présentent des micaschistes argileux, auxquels succèdent vers l'Ouest, au Mont Corax, des schistes foncés bruns ou verdàtres et des grès. Un calcaire gris, dirigé N. -S., forme la masse principale du promontoire de Karabouroun, et à l'Ouest la série des couches du Corax reparaît, formant une large zone avec pendage à l'Est. Le groupe des îles Spalmadori appartient à l'axe d'un anticlinal de micaschistes argileux, qui court parallèlement au méridien entre le continent et l'île de Chio. A Chio, on trouve d'abord la moitié ouest de cet anticlinal, et ensuite un plissement dirigé N.-S. ou N.N.E. Les roches des Spalmadori correspondent probablement à celles du Tmolus; une série inférieure, à Chio, est l'équivalent de celle du Corax et de la côte occidentale de Karabouroun, et les calcaires supérieurs de Chio répondent à ceux du sommet de Karabouroun. Dans Tun des termes inférieurs de la série de Chio, à un niveau qui doit correspondre aux parties supérieures dos couches du Corax, Teller a trouvé un calcaire à Fusulines et à Crinoïdes*.

Il y a donc deux anticlinaux, l'un qui se dirige N.N.E. et se montre au Tmolus, près de Smyrne, et l'autre orienté N.-S. qui passe par les Spalmadori. A ces anticlinaux se rattachent les plissements subordonnés de Chio. Dans les couches de recouvrement, on connaît jusqu'à présent le Carbonifère supérieur et le terrain Crétacé.

Mételin a été décrit par De Launay. Des schistes micacés et chloriteux^ associés à des marbres, s'alignent N. 15*» E. dans la partie orientale de l'île; c'est évidemment le prolongement vers le N. des roches dont nous venons de parler, mais bordé à l'Est et à l'Ouest par deux traînées de péridotite et de serpentine — peut-être celle de l'Est représente-t-elle le prolongement d'une serpentine qui affleure au Nord de Karabouroun. La partie occidentale de l'île

(Quart. Journ. Geol.Soc, III, 1847, p. 65-67, pi. 11,111 : cartes), etC.deStefani, C. J. Forsyth-Major et W. Barbey, Samos. Étude gèologiqiUf paléontologique et botanique, In-4", Lausanne, 1892 : Aperçu géologique ^ par C. de Stefani, p. 71-81.

1. H. E. Strickland, On the Geology of the Neighhourhood of Snv/rna (Trans. Oeol. Soc, 2* Ser., V, 1840, p. 393-408, pi. XXXII : carte); T. Spratt, Observations on the Geology of the Southern Part of the Gulf of Smyma and the Promontory of Karabournou (Quart. Journ. Geol. Soc, I, 1843, p. 136-162, carte) ; F. Teller, Geologische Beob^ achtungen auf der Insel Chios (Denkschr. k. Akad. Wiss. Wien, Mathem.-naturw. Cl., XL. 1880, p. 340-336. cartel.

est occupée par des roches volcaniques récentes, mais au-dessous, on aperçoit jusqu'à la rive extrême, à TOuest*, les traces des schistes anciens dirigés N.N.E.

La description du Sud de la Troade donnée par Diller montre que les formations volcaniques de FOuest de Mételin traversent le golfe d'Adramyti et occupent tout le Sud-Ouest de la Troade. Plus au Nord vient, du côté du Scamandre, le Kara-Dagh, formé de terrains stratifiés- Sur son versant septentrional, près de Bounarbachi, Philippson a trouvé des calcaires blancs plus ou moins cristallins, orientés N. 5® E. et formant la bordure nord du massif, du côté de la plaine de Troie *.

La structure des côtes occidentales de l'Asie Mineure est donc, en résumé, la suivante :

De nie de Crète, un arc se dirige au Nord-Est, par Kasos, vers Rhodes, où il rencontre un court tronçon de direction N.W.

L'arc volcanique s'étend de Santorin à Nisyros.

Dans toute la partie sud-ouest du continent, la direction N.W. règne jusqu'à la côte de Carie et à Samos ; c'est l'aile occidentale de l'arc taurique, qui entoure la plaine de Lycaonie.

Entre Smyrne et Chio apparaît la direction N. ou N.N.E. , qui persiste par les Spalmadori et Mételin jusqu'à la plaine de Troie.

Tandis que l'aile occidentale du Taurus se suit avec une certitude suffisante jusqu'à Samos, il n'est pas sûr que les chaînons orientés N. et N.N.E. doivent être rapportés au même système. Cette appartenance est d'autant plus douteuse que les recherches de Bukowski aux environs de Balia-Maaden, en Mysie, semblent indiquer qu'il y existe une bande de dépôts carbonifères s'orientant N.E. ou N.N.E ^ La question de savoir si cette bande s'étend jusqu'à Panderma, sur la Mer de Marmara, n'est pas résolue. Sur le continent d'Europe, les croupes schisteuses du Tékir-Dagh et du

1 . L. de Launay, Description géologique des îles de Mételin et de Thasos {Archives des Missions scientif. et litt., 3» sér., XVI, 1890, 48 p., 2 pi. dont 1 CB,Tie) ; Études yéoUjgigues sur la Mer Egée. La géologie des îles de Mételin {Lesbos), Lemnos et Thasos (Annales des Mines, 9* sér., XIII, 1898, p. 157-319, pi. MV : cartes).

2. J. S. Diller, Notes on the Geology of the Troad (Quart. Journ. Geol. Soc, XXXIX, 1883, p. 627-636, carte de la p. 628); A. Philippson, Geologisch-Geographische Heiseakizzen aus dem Orient (Sitzungsber. Niederrhein. Ges. f. Natur- u. Heilk., Bonn, 1896-97, p. 41).

3. O. V. Bukowski, Die geologischen Verhältnisse der Umgebung von Balia Maaden im nof*dwestlichen Kleinasien (Sitzungsber. k. Akad. Wiss. Wien, Mathem.-naturw. Gl., Gl, Abth. I, 1892, p. 214-235, 2 pl.dont 1 carte); H. Goquand, Notice géologique sur les environs de Panderma, Asie Mineure (Bull. Soc. GéoL de Fr., 3« sér., VI, 1877-78, p. 347-357). Dans cet affleurement, qui no parait pas être très étendu, Goquand a toutefois observé la direction N.W.

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Kourou-Dagh, des deux côtés de la plaine qui aboutit au Golfe de Saros, affectent la direction du S.W., et nous savons par Hoernes que nie de Samothrace est un prolongement de ces chaînons et que Ton y retrouve la même direction S.W.*. Mais à Lemnos, d'après De Launay, la direction des plis tourne à E.-W., avec de légères déviations à E.N.E.-W.S.W. \

Ces tronçons montagneux n'appartiennent donc plus à Faile occidentale des Taurides, mais à Faile orientale du groupe dinarique.

De fait, un rebroussement se produit au voisinage de la côte occidentale de F Asie Mineure.

La direction N.E. ou E.N.E. règne sur le continent d'Europe (Tékir-Dagh, Kourou-Dagh) et jusqu'à Samothrace, et peut-être aussi dans la bande carbonifère de Balia-Maaden. Au Sud, cette direction est représentée par la ligne volcanique jusqu'à Nisyros, puis par l'alignement Crète-Kasos-Rhodes et les hautes montagnes de la Lycie méridionale. Nous attribuons tout ce domaine aux extrémités orientales des faisceaux de l'arc dinarique.

On rencontre la direction N.-S. ou N.N.E. sur le bord méridional de la plaine de Troie, à Mételin, à Chio, aux Spalmadori,dans la presqu'île de Karabouroun et jusque vers Smyrne. Il est possible que ces divers tronçons répondent encore en partie à l'arc dinarique et en partie à la région du rebroussement.

La direction N. W. apparaît dans la vallée du Sakaria, aux environs de l'Olympe de Brousse, puis dans le Sud-Ouest de l'Asie Mineure jusqu'à Samos, jusqu'à la côte de Carie et dans une faible partie de Tile de Rhodes. C'est là que se trouvent les extrémités occidentales des arcs tauriques.

Mais cette énumération présente des lacunes considérables ; en Mysie, notamment, omnanque d'observations continues. Les deux directions N.E. et N. W. ne s'en laissent pas moins nettement distinguer. L'on constate qu'au Sud, les lignes dinariques débordent vers l'Est. En outre, on voit que les effondrements égéens sont situés à l'intérieur des Dinarides et qu'ils n'empiètent guère sur le domaine des lignes tauriques.

3. Le golfe tertiaire de l'Albanie. — Les recherches de Neumayr, Bittner, Teller et Burgerstein ont montré que les faisceaux de plis dinariques, en traversant la Thessalie à partir du N.N.W.,

1. R. Hoernes, Geologischer Bau der Insel Samolhrake (Dcnkschr. k. Akad. Wis«. Wien, Mathem.-naturw. Gl., XXXIII, 1874, 2. Abth., p. 1-12, carte, 1 pl.).

2. De Launay, Études géologiques sur la Mer Egée, p. 45-74, pl. III : carie géol.

subissent une déviation complète vers FEst et tournent, dans les îles de la Mer Egée et en Crète, vers l'Asie Mineure (I, p. 660). De Launay a publié une carte géologique générale de l'Archipel*, et Philippson, on s'appuyant sur un grand nombre d'observations nouvelles, a nettement indiqué Tallure curviligne des lignes directrices, de rÉpire jusqu'à l'Asie Mineure^.

En même temps, les vues de Spratt et de Neumayr sur l'âge récent des effondrements égéens (I, p. 439) ont reçu une confirmation complète. Les dépôts de l'étage levantin, formés dans l'eau douce, se montrent sur le bord des effondrements; les dépôts du troisième et du quatrième étage méditerranéen garnissent les côtes de la rangée des îles méridionales et du Péloponnèse, et pénètrent dans quelques baies du continent. Philippson et Oppenheim ont montré que les conglomérats si puissants qui excitaient autrefois l'étonnement des premiers observateurs, Boblaye et Virlet, sont plus récents qu'une partie des sédiments levantins'; et Bukowski a décrit les masses épaisses de graviers fluviatiles d'âge levantin, provenant incontestablement de l'Asie Mineure, qu'on trouve dans l'île de Rhodes*.

Tandis qu'on ne connaît ainsi, dans un domaine très vaste, que des dépôts marins ou d'eau douce dont Tage ne remonte guère au delà du troisième étage méditerranéen, nous apprenons par les travaux de Hilber et de Penecke qu'il existe en plein faisceau dinarique, dans la Macédoine et la Thessalie, un bassin allongé dont la nature est tout à fait différente ^

1. L. de Launay, Géologie des iles de Mételin^ J..emnos et Thaaos, pi. I.

2. A. Philippson, Die griechischen Inseln des Àguischen Meeres (Verhandl. Ges. f. Erdkunde, Berlin, XXIV, 1891, p. 264-280, pi. 6 : carte j; et La tectonique de CÉgéide (Annales de Géogr., VII, 1898, p. 112-141, pi. III : carte tectonique).

3. P. Oppenheim, Beitrüge zur Kenntniss des Neogen in Griechenland^ mit einer geologischen Einleitung von A. Philippson (Zcitschr. Deutsch. Geol. Ges., XLIII, 1891, p. 421-487, pl. XXVI-XXVIII).

4. Bukowski, Grtmdzüge des geologischen Baues der Insel Rhodus, p. 235 et suiv.

5. V. Hilber, Geologische Reise in Nordgriechenland und in Macédonien i89,i (Sitzungsber. k. Akad. Wiss. Wien, Mathem.-naturw. C\., CHI, 1894, Abt.I, p. 575-601 ; notamment p. 596 et suiv.); K. A. Penecke, Marine Tertiär-Fossilien aus Nordgriechenland und dessen türkischen Grenzländern (Denkschr. k. Akad. Wiss. Wien, Mathem.-naturw. Ol., LXIV, 1897, p. 41-66, 3 pl.). Boue mentionne déjà les dépôts tertiaires do Trikkala, sans y indiquer toutefois de fossiles; A. Boue, La Turquie d'Europe^ éd. allemande, I, p. 195. En 1892, Dreger a décrit la Natica crassatina et d'autres espèces des environs de Koritza, d'après des échantillons qui lui avaient été adressés; en 1893, Hilber s'est avancé en Macédoine jusqu'à Koritza; en 1894, Philippson et Oppenheim ont montré qu'il existait sur la frontière de Macédoine, au Nord de Trikkala, des couches à Ccrithium margaritaceum et ont fait connaître une Area provenant do Koritza ; Philippson und Oppenheim, Tertiär und Tertiär fossilien in Nord-Griechenland sowie in Albanien und bei Patras im Peloponnes (Zeitschr. Deutsch. Geol. Ges., XLVf,

LES TAURIDES ET LES DINARIDES. 43i

D'après les découvertes faites jusqu'à présent par Hilber, ce bassin s'étend de la région située au Sud des lacs d'Okhrida et de Presba et en particulier des environs de Koritza (Giortcha) vers le S.S.E., par Lapsista, Grevena et Kastoria, jusqu'à la dépression de Trikkala*. Les sédiments commencent avec l'horizon oligocène supérieur de Cas tel Gomberto (Natica crassatina, Isastrœa af finis) \ près de Koritza, ces couches recouvrent des lignites qui reposent sur des collines de serpentine, plus au Sud, le long du bord oriental du bassin, au Nord de Trikkala et ailleurs, sur des schistes anciens. Des dépôts aquitaniens leur succèdent, et c'est à ce niveau qu'appartiennent les rochers de conglomérat des couvents des Météores. Au-dessus, on voit des dépôts marins du premier étage méditerranéen et des traces du Schlier à Peclen denudatiis, et au Nord-Ouest de Kastoria on retrouve encore les Glypéastres du « Leithakalk » du deuxième étage méditerranéen. En fait de dépôts tertiaires plus récents, on ne rencontre que les conglomérats à Elephas meridionalis et Equus Stenonis que Gorceix a signalés à Lapsista.

D'après la configuration du pays, on pourrait croire que ce bassin allongé devait communiquer avec la mer au Sud-Est. Mais on suivant cette direction, on aboutit au domaine égéen, où l'on ne connaît aucune trace de sédiments de ce genre. A l'Ouest et à l'Est, le bassin est bordé de hautes chaînes de montagnes. Au contraire l'ancienne jonction est indiquée, auNord-Ouest, par les dépôts du premier et du deuxième étage méditerranéen qui ont été signalés par Boue et M. Hoernes dans la dépression de l'Albanie, entre Durazzo et Tirana et près de Kroya''*, et dont Tietze a retrouvé les prolongements près de Dulcigno'.

Ainsi, tandis qu'on est conduit à admettre que vers le milieu de l'ère tertiaire, jusqu'à l'époque du deuxième étage méditerranéen, un golfe marin s'allongeant au N.W. venait déboucher au Sud de Dulcigno, on ne connaît jusqu'à présent plus au Sud que des

1894, p. 800-822). Gorceix, qui a signalé le premier le gisement de Mammifères do Lapsista, supposait que les dépôts tertiaires se prolongent vers le Nord.

[4. Voir la feuille 39 (D VI) do la Carte géologique internationale de l'Europe à 1 H 500 000, Berlin, 1898.]

2. A. Boue, Der albanesische Drin und die Geologie Albaniens, besonders seines tertiären Beckens, suivi d'un Verzeichniss nordalbanesischer tertiären Petrefacten, par M. Hôrnes (Sitzungsber. k. Akad. Wiss. Wien, Mathem.-naturw. Cl., XLIX, Abth. 1, 1864, p. 119-193). Cette liste comprend des espèces du premier étage méditerranéen (Mytilus Haidingeri, Pecten solarium) et des espèces du deuxième étage méditerranéen; les matériaux examinés proviennent de deux localités, le Mont Gradetz entre Durazzo et Tirana et le Mont Sörel (Zurcl) entre Tirana et le pays de Mat (p. 184).

3. £. Tietze, Geologische Uebersicht von Montenegro (Jahrb. k. k. Geol. Reichsanst., XXXIY, 1884, p. 1-110, pi. I : carte; notamment p. 66 et 88).

4a2 LA FACE DE LA TERRE.

dépôts marins du troisième étage méditerranéen. D'après les indications de Baldacci et Simonelli, on voit s'adosser au versant nordest des hauteurs qui atteignent la mer près de Valona des couches pétrolifères épaisses, qui renferment en abondance, à côté d'un grand nombre d'espèces marines pliocènes, une espèce sarmatique, le Cerithium pictum. Coquand avait déjà reconnu l'existence de ce bassin, qui s'étend dans la direction de Bérat*.

4. Traits principaux des Dinarides. — Dans le Sud de la Macédoine et en Thessalie, nos connaissances sur la structure de la péninsule des Balkans ont réalisé de notables progrès grâce aux travaux de Hilber, de même qu'en Thessalie et en Grèce grâce aux études de Philippson*. D'autres savants de mérite ont été à l'œuvre plus au Nord; M. le professeur Cvijic, de Belgrade, a bien voulu m'adresser d'importantes communications inédites \ En dépit de toutes les lacunes qui subsistent encore, à l'heure actuelle, deux résultats généraux sont désormais acquis.

Le premier est le fait que sur le continent, malgré tous les changements qui surviennent dans la configuration extérieure du sol, la direction des roches, depuis la Macédoine et la Thessalie jusqu'à la frontière septentrionale de la Bosnie et à l'istrie, s'aligne avec une grande régularité au N.N.W. ou auN.W. Le puissant massif montagneux du Char (Lioubeten, 2 510 m.) court sur toute sa longueur, de Divra à Katchanik, au N.E., mais M. Cvijic me dit que d'un bout de la chaîne à l'autre, les terrains s'y orientent N.N.W. , à angle droit sur sa direction. Les Alpes du Nord de T Albanie s'étendent au Nord d'Ipek vers le N.E.; mais, ici encore, il résulte des observations d'Oestreich que du calcaire et du Flysch traversent perpen-

1. V. SimoQelli, Le saùbie fossilifeiH di Selcnitza in Albania (Boll. Soc. Geol. Ital., XII, 1893, p. 532-558) ; parmi les travaux antérieurs, voir H. Coquand, Descnptton géologique des gisements bituminißres et pétrolifères de Sélenitza dans l* Albanie et de Chieri dans File de Zanle (Bull. Soc. Gêol. de Fr., 2* sér., XXV, 1867-68, p. 20-14). Pour le prolongement de ces dépôts à Corfou, voir Th. Fuchs, Die Pliocänbildungen von Zante und Corfu (SiUungsber. k. Akad. Wiss.Wicn,Mathem.-naturw. Cl., LXXV, 1877, Abth. I, p. 309-320, 1 pi.).

2. Les nombreux mémoires de Phiiippson sur ce sujet ont paru dans les derniers volumes de la Zeitschrift det^ Gesellschaft für EMkunde zu Berlin [réunis en 1 vol. sous le titre de Thessalien und Epirtis. Reisen und Forschungen im nördlichen Griechenland, in-S«", x-422 p., 8 pl. Berlin, 1897] et de la Zeitschrift der Deutschen Geologischen Gesellschaft; ceux de Hilber se trouvent dans les Sitzungsberichte et les Denkschriften de l'Académie des Sciences de Vienne.

[3. Voir J. Cvijiô, Die tektonischen Vorgänge in der Rhodope-Masse (Sitzungsber. k.Akad. Wiss. Wien, Mathem.-naturw. CL, CX, Abth. I, 1901, p. 409-432, 1 carte, 1 pl.); et Die dinariich-albanesische Scharung (Ibid., p* 437-478, 1 carte).]

LES TAURIDES ET LES DINARIDES. 433

diculairement les montagnes*. De même la haute crête qui sert de ceinture au bassin du Karasou Noir (affluent du Vardar), au Sud-Est, affecte également la direction N.E.; mais, d'après Raf. Hofmann, elle est formée de trachyte^

Toutefois, du côté de l'Adriatique, se manifeste la tendance à dévier du N.W. à TW.N.W. ou même à TW. C'est ce qu'on constate dans l'alignement Corfou-Salmastraki-Othonous^dans le promontoire des Monts Acrocérauniens prolongé par l'île Saseno, puis avec plus de netteté encore, au Nord du Golfe d'Albanie dans certaines des îles dalmates. Toute la côte orientale de l'Adriatique acquiert ainsi une structure en coulisses qui est très frappante sur la carte. Vers le Nord, ces coulisses s'avancent de plus en plus et finissent par atteindre Flstrie.

Le second résultat est que ces chaînes dinariques s'étalent, vers la terre, sur une très grande largeur. Les environs de Seres, peutêtre même ceux de Doïran, paraissent appartenir encore au massif du Rhodope, mais toute la vallée du Vardar jusqu'à Salonique,ou du moins jusqu'au®! 5' de lat.N., fait partie des Dinarides. Raf . Hofmann montre que dans cette vallée, au Sud du bassin tertiaire d'Uskub,des schistes probablement paléozoïques,dcs calcaires cristallins, des serpentines, puis des dolomies appartenant au Trias, à ce qu'il semble, se succèdent orientés N.W. jusqu'à la cuvette de Flysch de Negotin, limitée vers l'aval par de nouveaux affleurements de dolomies du même genre. L'on arrive ensuite à la chaîne trachytique déjà mentionnée au Sud-Est du Karasou Noir, et encore au Sud de ce cours d'eau R. Hofmann a trouvé quelques traces de fossiles mésozoïques.

Le cours même du Karasou Noir, débouchant de Monastir dans le Vardar, est établi en grande partie sur des calcaires qui appartiennent déjà sans doute à la vaste région calcaire observée par Roué entre Siatista et Niaousta ou Ostrovo, par Verria, et où il a trouvé des Rudistes *.

A l'Ouest de ce massif calcaire se présente une série de pointements granitiques. Quoiqu'on y signale également des mi-

1. K. Oestreich, Reiseeindrûcke au» dem Vilajet Kosovo (Abhandl. k. k. Geogr. Oos. Wien, 1, 1899, p. 331-372, carte; en particulier p. 338 et suiv.).

2. R. Hofmann, i4n<imon- und Arsen-Erzbergbau " Allchar'' in Macédonien (Oesterr. Zeitschr. f. Berg- und Hüttenwesen, XXXIX, 1891, Nr. 16; pi. VI : carte).

3. J. Partsch, Die Insel Korfu (Petermanns Mitteil., Erganzungsheft Nr. 88, 1887, 97 p., cartes).

4. A. Boue, La Turquie d'Europe, éd. allemande, Wien, 1899, I, p. 178 ; Rudistes et Polypiers entre ÔarcÙilar et Ostrovo.

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