‹ La face de la terreChapitre 64 sur 137 · III · texte numérisé non relu

III

caschistes, il reste à déterminer si Ton est bien en présence de roches archéennes ou s'il ne s'agirait pas plutôt d*intrusions dans les schistes paléozoïques. Le Péris teri, près de Monastir, consiste dans ses parties culminantes, d'après Edm. Naumann, en granité; au Sud de ce massif, le versant oriental de la Neritchka Planina ^ près de Florina, est formé de syénite,et plus au Sud encore des montagnes de protogine, rocheuses et escarpées, se dressent au Nord- Est du lac de Kastoria*.

Jusqu'à présent, on ne connaît de prolongements à ces formations ni au Nord, ni au Sud. Au Nord, au-dessus d'Uskub, dans le massif du Char, le Lioubelen a été gravi par Grisebach, Neumayr et Burgerstein, Zujovic*, Cvijic et Oestreich. Là, de même que dans les montagnes situées au Nord d'Uskub en général, la série des terrains comprend des phyllades, puis un peu de quartzite et une série très épaisse de calcaires cristallins, formant le sommet du Lioubeten et que Zujovic compare aux calcaires de l'Athos et de TOlympe ; on trouve enfin, vers l'Est, des schistes calcaires et des grès analogues au Flysch, avec de puissantes traînées de serpentine.

Plus à l'Ouest également, dans le haut massif du Gia/i7cA(Jaliè), près du confluent du Drin Noir et du Drin Blanc, au Sud-Ouest de Prizrend, Boue signale des marbres et des phyllades, et de là, d'après Cvijic, ces terrains, orientés S.S.E., traversent les Monts du Char, suivent la rive E. du Drin Noir et forment les hauteurs qui séparent le lac dOkhrida du lac de Presba. Ces deux lacs correspondent à des fosses ouvertes dans la direction du méridien, et la rive orientale du lac d'Okhrida, notamment, est une fente pourvue de solfatares et déroches eruptives récentes '.A partir delà, comme me le fait connaître M. Cvijic, cette bande se dirige vers Kastoria, longe la rive E. de la haute Vistritza, et finit par atteindre, à peine déviée vers l'Est, le massif montagneux qui domine Trikkala et dont elle forme le bord externe*.

Sur une fraction notable de ce long parcours, il y a coïncidence

1. Edm. Naumann, Macédonien und seine neue Eisenbahn Salonik-Monaslyr, Ein Reisebericht f in-8", 58 p. München und Leipzig, 1894; voir notamment p. 46.

2. J. M. Zujovié, Contribution à l'étude géologique de l'ancienne Serbie (Annales Géol. de la Péninsule Balkanique, HI, 1891, p. 124-135).

3. J. Cvijirt, Die macedonischen See'n; ein vorläufiger Bericht (Mittheil. Ungar. Geogr. Ges. Budapest (Földr. Közlem.), XXVIII^ 1900, p. 113-124; en particulier p. 10 [et Researchea in Macedonia aud Southern Albania (Geogr. Journ., XVI, 1900, p. 215- 219)] ; et communications orales à l'auteur.

4. A. Philippson, Reisen und Forschungen in Nord-Griechenland^ III (Zoitschr.d. Ges. für Erdkunde, Berlin, XXX, 1895, p. 487) ; pour une carte géologiquei voir même Reëueil, XXXI, 1896^ pi. 9 [Thessalien und Bpirust p. 163 et pi. 6].

LES TAURIDES ET LES DlNAftlDES. 43&

avec le bord oriental du golfe tertiaire de l'Albanie, dont la largeur, en amont de Trikkala, est de 20 à 25 kilomètres.

C'est là que commence l'inflexion vers l'Est. Les schistes anciens entrent dans la constitution de VOthrys, traversent à angle droit la partie méridionale du Golfe de Volo, se suivent par Skyatos et Skopelos, puis embrassent tout le domaine que Philippson désigne sous le nom de massif cristallin de l'Égéide septentrionale *, et qui, du Sud, s'étend jusqu'à Samothrace et aux bandes de phyllades du Kourou-Dagh et du Tékir-Dagh, sur les bords du Golfe de Saros.

Au Nord-Ouest du lac d'Okhrida, près du village de RodaMa, Cvijic a trouvé du calcaire jurassique à Phylloceras, Au delà se dresse une longue et haute chaîne de serpentine, qui s'étend à travers toute la Macédoine. D'après Boue, les massifs de serpentine qui se font jour entre Prizrend et Skutari comptent parmi les plus étendus de la Turquie; j'ignore s'ils se prolongent vers le Sud. Le bord ouest du lac d'Okhrida est suivi, d'après Cvijic, par des serpentines et des calcaires à Rudistes; les montagnes courent du N. au S.; la direction des couches est N.N.W. Cette même traînée de serpentine croise le golfe tertiaire; Hilber l'a retrouvée entre Kolonia et Koritza et dans toute la haute chaîne, jusqu'au groupe de la Smolitza(2 574m.) et jusqu'au col du Zygos, près de Metsovo, à l'E.N.E. de Ianina^

Ce col du Zygos répond à un point remarquable de la chaîne. Dans la direction de la grande traînée de serpentine, cette roche disparait et les hautes crêtes calcaires du Pinde de Thessalie en continuent à peu près l'alignement. Une chaîne calcaire remplace brusquement un massif de serpentine. D'après l'interprétation de Philippson, les terrains calcaires s'enfonceraient en profondeur sous la serpentine, le long d'une flexure de grande amplitude; Hilber semble croire qu'il y a plutôt déviation des calcaires vers l'Ouest.

Cette chaîne calcaire, le Piwrf^, correspond au plus important des arcs dinariques. Il ne s'infléchit pas à l'Est vers l'Othrys. Orienté d'abord à peu près S.S.E., cet arc prend ensuite la direction N. -S., et atteint, en formant les Alpes calcaires de l'Étolie, le Golfe de Corinthe. En ce lieu, il paraît avoir subi un léger rejet vers l'Est, le long d'une ligne de dislocation transversale qui, naissant à rOuest de la baie de Salona, court à l'W.N.W. vers le lac d'Ambra-

Page 1