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Traversée delà Mer Adriatique

Des environs d*Elbassan à Dulcigno, en passant par Krouya, court d'après Boue une longue muraille rocheuse. Elle forme le bord du golfe tertiaire de l'Albanie. Près de Dulcigno, au Nord-Est d un liséré de dépôts tertiaires plus récents, Tietze a trouvé du Flysch qui, au Nord-Ouest, disparaît dans la mer*. A Tintérieur, c'est-à-dire au Nord-Est, s'élève une longue chaîne escarpée de montagnes calcaires, représentant peut-être le prolongement de la muraille rocheuse signalée par Boue. Cette chaîne forme près de Scutari le bord sud du lac de Scutari, atteint la mer k Spizza, où elle domine des falaises abruptes, et se prolonge au Nord- Ouest bien au delà de Cattaro. Bukowski montre que cette chaîne, de Spizza jusque par delà Budua, est découpée en une sé-

1. A. Philippson und G. Stciomann, Ueöer das Auftreten von Lias in Eptrus (Zeitschr. Deutsch. Ocol. Ges., XL VI, 1894, p. 116-125, pl. XI).

2. E. Tietze, Jahrb. k.k. Geol.Reichsan8t.,XXXIV, 1884, p. 59-69.

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rie d'écaillés, comprenant toute la série des couches du Trias inférieur à la base du Tertiaire inclusivement, et poussées les unes par-dessus les autres dans la direction du Sud-Ouest, c'est-à-dire vers la mer*. Dans le Trias est en outre intercalé un banc épais de porphyre noritique, associé h des tufs verts et à des grès tufacés. Ce sont les « couches de Dsurmani » de Bukowski ; elles renferment les fossiles de Wengen et de St. Gassian *.

En 1862 et en 1867, F. v. Hauer a décrit une roche eruptive provenant de rUe Lissa et de quelques récifs voisins ; bien que Tîle consiste en calcaire crétacé, F. v. Hauer fit remarquer qu'il y existe également du gypse et des tufs ; dès cette époque, il comparait ces gisements avec un pointement reconnu dans le Trias en Dalmatie, sur le continent, au Sud de Knin, et sa Carte géologique de la Monarchie autrichienne indique raffleurement du Trias à Lissa. Tschermak a désigné cette roche sous le nom de diallagite. Plus récemment, C. V. Foullon a décrit sous le nom de diorite augi tique des roches provenant d'un îlot voisin, Scoglio Pomo\

Viola et Cassetti ont montré que le Monte Gargano est un anticlinal indépendant de l'Apennin, orienté N. W. , et dont l'axe est formé par le Jurassique supérieur*.

Les Piètre Nere, sur le Lac de Lésina, au Nord-Ouest du Gargano, sont constituées par une roche eruptive. Viola et Di Stefano ont constaté que cette roche forme un filon orienté N. 25**E., cVst-à-dire dans la direction de Lissa ; ce filon est associé à un lambeau de calcaire triasique dont la faune correspond à celle de St. Gassian ou à celle de Raibl. Il y a aussi du gypse dans le voisinage. La roche,

1. G. T. Bukowski, Ueber den geologischen Bau des nördlichen Theiles von Spizza in Sûddalmaiien (Verhandl. k. k. Gcol. Reichsanst., 1896, p. 93-119); et Neue Ergebnisse der geologischen Durchforschung von Suddalmntien (Ibid., 1899, p. 68-17).

2. G. ▼. ßukowski, Zur Stratigraphie der Suddalmatinischen Trias (Verhandl. k. k. Gcol. Reichsanst., 1896, p. 379-385). La régularité de direction des montagnes situées dans Fintërieur des terres (N.W.-S.E.) ressort de la petite carte géologique du Monténégro publiée par K. Hassert (Petermanns Mitteil., Ergänzungsbeft Nr. 115, 1895, pi. I). Près de Trcbinje, en Herzégovine, il existe d'après Bittner de la houille dans les couches do Raibl (Verhandl. k. k. Gcol. Reichsanst., 1900, p. 145-148).

3.F.V. Hauer, Verhandl. k.k.Geol. Reichsanst., 1862 (Jahrb., XII), p. 257; Prehnitvon Comisa auf der Insel Lissa und Eruptivgesteine aus Dalmatien (Ibid., 1867, p. 89-91); Der Scoglio Brusnik bei St. -Andrea in Dalmatien (Ibid., 1882, p. 75-77); H.v. Foullon, Der Augitdiorit des Scoglio Porno in Dalmatien (Ibid., 1883, p. 283-286). F. von Hauer insistait dès 1882 sur les Piètre Nero, décrites par Tchihatcheff.

4. C. Viola c M. Casctti, Contributo alla geologia del Gargano (BoU. R. Com. Geol. d'Itolia, XXIV, 1893, p. 101-129, pi. IIMV, dont 1 carte). La question do savoir si les Murgie doivent être considérées également comme faisant partie de la Dalmatie est discutée en détail dans F. Virgilio, Geomorfogenia delta Provincia di Bari (estr. dal vol. in dell'op. La Tetra di Bari, delib. dal Consiglio Prov. per l'Esposizione di Parigi del 1900), in-folio, 148 p„ 3 pi. dont 1 carte tectonique, Trani, 1900.

désignée sous le nom de « Garganite », est attribuée aux lamprophyres*.

Nous nous retrouvons ici en face d'une question souvent débattue, celle de savoir s'il n'a pas existé pendant une partie des temps tertiaires, sur remplacement actuel de l'Adriatique, des terres émergées (I, p. 347). Un grand nombre de faits sont venus confirmer l'hypothèse depuis longtemps avancée par Stäche, voyant dans Tîle Pelagosa un fragment d'une ancienne ligne de côtes qui se serait étendue de Stagno (dans la presqu'île de Sabbioncello) à Lagosta, puis à Pelagosa et aux Tremiti, et dont un affaissement n'aurait laissé subsister que des'débris ^.

Au Nord de cette ligne, on ne connaît d'ailleurs aujourd'hui aucune trace de dépôts marins miocènes ou d'âge postérieur jusque vers Goritz et Udine. D'après les observations de Tellini, des dépôts du second et peut-être aussi du premier étage méditerranéen recouvrent directement, aux îles Tremiti, les calcaires crétacés et éocènes \ Les formations marines récentes qui ont été signalées à Pelagosa paraissent correspondre seulement à la base du troisième étage méditerranéen. Néanmoins, il semble qu'on doive étendre l'hypothèse de Stäche. Je considère l'ancienne ligne de côtes Stagno- Pelagosa-Tremiti comme un prolongement de la ligne de côtes dont il a déjà été question plus haut et qui, venant du Sud-Est , atteint le

i. C. Viola c G. Di Stefano, La Punla deUe Piètre Nei*e pressa il Lago dî LesÎTia in provincia diFoggia (Boll. R. Corn. Geol. dltalia, XXIV, 1893, p. 129-143); C. Viola,!,«? roccie eruUive délia Punta di Piètre Nei*e(lhid,, XXV, 1894, p. 391-405, pi. IV: carte) ; G.Di Stefano, Lo scislo marnoso con « Myophoria vesiita » délia Punta di Piètre Nere (Ibid., XXVI, 1895, p. 4-51, pi. I-II). Ajoutons queBittnerla découvert sur la Narenta, dans le Trias, un massif étendu de diorite augitique, de gabbro et de diorite ; A. Bittner, Geologische Mittheilungen aus der Werfener Schiefer- und Tertiärer- Gebiete von Konjica und Jahlanica a. d. Narenta (Jahrb. k. k. Gcol. Reichsanst., XXXVIIl, 1888, p. 321-342, notamment p. 334) ; C. V. John, Ueber die Gesteine des Eruptivstockes von Jablanica an der Narenta (Ibid., p. 343-354). — Traverso et Nicoli ont cru pouvoir conclure delà composition du sable, aux environs d'Ancône, de Pesaro et de Ravenne, à la présence de roches eruptives submergées (Atti Soc. ligust. Se. nat. e geogr., Genova, VII, 1896, p. 139-141); Artini a combattu cette manière de Yoir, dans les Rendic. Istit. lombardo Se. elctt., Milano, XXIX, 1897, p. 800.

2. Stäche, Geologische Notizen über die Intel Pelagosa (Verhandl. k. k. Qeol. Reichsanst., 1876, p. 123-427); M. Groller v. Mildensee, 7o;70^rapAûc^-<7tfo/o^i9cAe Skizze der Inselgruppe Pelagosai^MUheih sl, d. Jahrb. k.ungar. Geol. Anst., yil,1885, p. 133-152, pl. IX-XI, dontl carte; voir aussi le t. I du présent ouyr., p. 346, note l).Sur TAdriatide en général, voir aussi E. Cortese et M. Canavarî, Nuovi appunti geologicke sut Gargano (Boll. R. Com. Geol. dltalia, XV, 1884, p. 225-240 et 289-304, pl. V) ; M.Canavâri, Osservazioni intomo all' esistenza di una terraferma nelV attuale bacino adriatico (Proc. verb. Soc. Tosc. Se. Nat., Pisa, IV, 1885, p. 151-157); Th. Fischer, Grundzûge der Bodenplastik Italiens (Verhandl. X. Deutsch. Geogr.-tages in Stuttgart, 1893, p. .39-53).

3. A. Tellini, Osservazioni geologiche suite Isole Tremiti e sulV Isola Pianosa nelT Adriatico (Boll. R. Com. Geol." d'ItaUa, XXI, 1890, p. 442-514, pl. XI-XII : cartes).

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rivage actuel près de Dulcigno. Or cette ligne de côtes répond à la rive septentrionale du golfe d'Albanie, qui s'étendait jadis, comme nous Tavons vu, à travers la Macédoine et jusqu'au delà de Trikkala. L'on arrive ainsi à reconstituer, pour les dernières subdivisions des temps tertiaires ou même pour une époque plus tardive encore, un dessin de l'Adriatique absolument différent de ses contours actuels.

La direction des îles dalmates tourne alors complètement do W.N.W. à E.-W. Cette direction règne à Lésina; Sohle l'a retrouvée à Brazza, de même que Kerner sur la partie du continent située au Nord-Ouest de Brazza, près de Trau, et là, les plis orientés E.-W. sont en grande partie renversés vers le Sud *.

Plus au Nord, il est vrai, la direction normale N.W. reparaît sur toute la largeur des montagnes et des îles adjacentes ; mais on reconnaît cependant qu'une notable partie des plis dinariques (Meleda, Curzola, Lissa, Brazza, Trau) s'avance bien davantage vers le milieu de l'Adriatique. En outre, de même que le Gargano, absolument distinct de l'Apennin, court au N.W., le Monte Conero, près d'Ancône, forme aussi, d'après Bonarelli, un anticlinal crétacé s'orientant N.W. *.

Quelques-uns des plis dalmates dont nous avons parlé n'atteignent certainement pas l'Istrie, et il est manifeste au contraire quiinc grande partie du Golfe de Venise est située à rintérieur des Dinarides.

En même temps, tous les chaînons dinariques situés plus au Nord, sur une grande largeur, viennent se fondre dans la vaste contrée montagneuse, formée surtout de calcaire, qui s'étend jusqu'au delà du lac de Garde, et dont la structure a été si profondément influencée par les lignes périadriatiques (I, p. 309). En s'infléchissant, ces chaînons montrent vers l'Ouest du terrain crétacé et du FI} sch tertiaire, et vers l'Est surtout des calcaires triasiques avec un substratum qui paraît être paléozoïque.Là encore, les chevfiuchements vers l'Adriatique, que nous venons de signaler aux environs de Budua et de Trau, demeurent caractéristiques. Le fait a déjà été indiqué auprès de Fiume. Dans la région où s'opère la déviation, près d'Idria, on peut voir dans les mines de mercure,

i. U. Sohle, Verhandl. k. k. Geol. Reichsanst., 1899, p. 319-325, et 1900, p. 185-187; F. Kerner, Geologische Beschreibung der Küste südlich von Sebenico (Ibid., 1898, p. 364- 387). Pour Trau et Bua, voir F. v. Kerner, Ibid., 1899, p. 236-240, 298-317, 329-348.

2. Bonarelli, Carla geologica del M, Conero presso Ancona (Boll. Soc. Geol. Ital., XIII, 1894, p. 171).

d'après Kossmat, des écailles de schistes paléozoïques poussées vers le Sud-Ouest par dessus le Trias (fig 72). Là encore, on retrouve les roches eruptives et les tufs qui sont si caractéristiques du Trias dans tout le domaine dinarique*.

6. La zone tonalitique. — Dans Tespace où nous pénétrons maintenant, une tâche pleine d'intérêt s'offre à la géologie comparée.

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Vflr.

Fig. 72. — Chevauchements des mines d'Idria, d'après F. Kossmat (Jahrb. k. k. Geol. Rcichsanst., XLIX, 1899, pi. XI),

1. Schistes paléozoïques ; 2. Couches de Worfon; 3. Brèche dolomitique {Silberschiefer); 4. Couches do Wengen {Lagenchiefer) ; 5. Lambeaux de schistes écrasés dans la brècho dolomitique ; 6. Terrain crétacé; II-XII. Galeries d'exploitation. — Échelle (longueurs et hauteurs) 1 : 15 000.

Les Dinfirides, où les mouvements prédominants ont été dirigés vers le Sud, et qui présentent dans leur ensemble les traits propres aux arcs de la bordure méridionale de TEurasie, viennent s'y rapprocher des Alpes, où les mouvements ont été dirigés avec une prépondérance non moins marquée vers le Nord, mais qui s'infléchissent dans la direction de TApennin.

En ce lieu, la nature réserve au géologue une surprise : le do-

1. F. Kossmat, Ueber die geologischen Verhältnisse des Bergbmigebieles von ïdria (Jahrb. k. k. Geol. Rcichsanst., XLIX, 1899, p. 239-286, pi. X-XI : carte et coupes); et Das Gebirge zwischen îdria und Tribuàa (Vorhandl. k. k. Geol. Rcichsanst., 1900, p. 65-78, 1 carte dans le texte). On trouve également dans cette région des traces d'un mouvement négatif ou d'une topographie irrégulière avant le dépôt des couches de Raibl,

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matne dinarique demeure séparé des Alpes par une bande profondément disloquée^ continue surplus de 400 kilomètres y et caractérisée dans maintes de ses parties par des intrusions homogènes de tonalité. Sur les cartes topographiques, cette bande ne se traduit avec quelque netteté que par deux alignements, la direction de la vallée de la Giudicaria et celle de la vallée du Gail. La continuité tectonique de cette grande cicatrice n'a été reconnue que pas à pas, comme résultat d'un grand nombre de travaux de détail, et il serait difficile de dire à qui revient le mérite de la synthèse. Le tronçon situé au N.N.E. de TAdamello, ainsi que le coude de Meran et ses prolongements, reconnus au delà du Brenner par Teller, ont pu déjà être signalés dans le présent ouvrage (I. p, 320) et suivis du lac d'Idro au Penser Joch (encore à TOuest du Brenner), sur une distance de 128 kilomètres. Dès cette époque [1885], les travaux de Teller nous permettaient en outre d'annoncer que la ligne séparative, au delà de Bruneck, atteint Sillian, ce qui donnait 21 0 kilomètres. En 1893, Frcch y ajoutait les 110 kilomètres de la faille du GaiP, et la longueur totale arrivait à 330 kilomètres. La même année, Lowl publiait ses observations sur la bande de tonalité du Rieser-Ferner, et Becke put enfin, en s'appuyant sur les observations de Lowl, sur celles de Geyer dans le Gailthal et de Teller plus à TEst, mettre en lumière l'unité de l'arc, du lac d'idro par Meran jusqu'au Bacher-Gebirge, c'est-à-dire sur une distance de 420 kilomètres^. Cette unité a été, depuis, l'objet de nouvelles considérations, notamment de la part de W. Salomon^ Je dois ajouter que les descriptions magistrales de Teller et de Geyer m'ont aussi été d'un très grand secours, en essayant de jeter un coup d'œil d'ensemble sur ce phénomène *.

1. F. Frech, Die Tribulaungruppe am Brenner in ihrer Bedeutung für den Gebirgs*bau (v. Richthofen-Festschrift, in-8», Berlin, 1893, p. 100, carte).

2. F. Löwl, Die Tonaliikerne der Bieser ferner in Tirol (Petermanns Mitteil., XXXIX, 1893, p. 73-82 et 112-116, pl. 6 : carte); F. Becke, Petrographische Studien am Tonalit der Rieser ferner (Tschermak, Mineralog.-petrogr. Mittheil., XIII, 1892, p. 379- 430, 433-464, pl. XII-XIII, en particulier p. 462).

3. W. Salomon, lieber Alter ^ Lagerungsform und Entstehungsai^t der periadrialisehen granitisch-kömigen Massen (Tschermak, Mineralog.-petrogr. Mittheil., XVII, 1898, p. 109-284, carte). Pour l'Ifânger, indépendamment des travaux antérieurs, voir U. Grubcnmano, Ueber den Tonalitkeim des Iffinger bei Meran (Vierteijahrsschr. d. Naturf. Ges. Zürich, XLI, 1896, p. 340-353, pl. 4), et Ueber einige Ganggesteine aus der Gefolgschaft der Tonalité (Tschermak, Mineralog.-Petrogr. Mittheil., Neue Folge, XVI, 1897, p. 185^196) ; £. Künzli, Die Contactzone um die UUen-Iffingermasse bei Meran (Ibid., XVIII, 1899, p. 412-442, pl. XI-XII : carte et coupes). Künzli ne voit de phénomènes de contact qu'au bord nord-ouest, et conjecture au bord sud et sud-ouest un affaissement postérieur.

4. Voir en particulier F. Teller, Erläuterungen zur Geologischen Karte der im

On peut se demander si ce grand accident s'arrête réellement au lac d'Idro.

A Textrémité méridionale de TAdamello, on constate un fait remarquable : les couches du Trias sont inclinées de telle façon que les plus récentes d'entre elles s'enfoncent sous le massif éruptif, tandis que les plus anciennes se montrent vers l'extérieur (I, p. 315). En outre, au cœur même du massif éruptif, Salomon a découvert des lambeaux de calcaire triasique*. Plus au Sud, vers Bagolino, affleurent sous le Trias des grès permiens, du porphyre quartzifère et enfin des phyllades anciens, et ces terrains se prolongent dans la direction de l'Ouest, vers le haut Val Trompia. Là, on doit à Bittner d'importantes observations. D'après ce géologue, la faille de la Giudicaria court réellement en ligne droite vers le lac d'Idro. Sa direction est S. S.W. Mais à l'Est de cette faille, on voil quelques cassures qui recoupent en biais les terrains triasiques du « golfe » de l'Adige (Monte Gaverdina), suivant une direction plus voisine de S.W.-N.E. Une de ces cassures descend par le Val Ampola, atteint au voisinage de Storo la ligne de la Giudicaria et se prolonge au Sud de TAdamello par le haut Val Trompia ^

Ce n'est pas sans raison que Bittner indique la partie occidentale de cette cassure comme étant l'équivalent tectonique de la faille de la Giudicaria. Mais elle s'aligne si bien dans le prolongement de la faille du Val Sugana qu'on pourrait y voir une réapparition de cet accident. De même qu'au Sud du Val Sugana, d'autres flexures, en partie renversées, se succèdent également au Sud du haut Val Trompia.

Plus à l'Ouest, dans le Val Gamonica, le Trias s'avance davantage

Reichsrathe vertretenen Königreiche und Länder der Oesterr.-ungar. Monarchie. SW-GruppeNr, 83, Eisenkappel und Kanker; SW-Gruppe Nr. Si, Prassberg a. d. Sann; in-8% Wien, K. k.Geol. Reichsanstalt, 1898.

4 . W. Salomon, Neue Beobachtungen aus den Gebieten des Adamello und des St.- Gotthard (Sitzangst3er. k. Akad. Wiss. Berlin, 1899, I, p. 27-41, en particulier p. 36).

2. A. Bittner, lieber die geologischen Aufnahmen in Judicarien und Val Sabbia [Jahrb. k. k. Geol. Reichsanst.^ XXXI, 1881, p. 219-370, pl. IV-VI : carte et coupes; voir notamment p. 220, 233, 360 et suiv.; et même Recueil, XXXIII, 1883, p. 426). Le contact vertical du Val Trompia est figuré dans mon mémoire : Ueber das Rothliegende in Val Trompia (Sitzungsber. k. Akad. Wiss. Wien, Mathem.-naturw. Cl., LIX, Abth. 1, 1869, pl. I). [Au Nord du Val Trompia, entre Bagolino et le lac d'Isco (Val Camonica), un grand chevauchement dirigé du N. an S. ramène les gneiss et les phyllades sur les grès du Permien et du Trias inférieur (fig. 73). Cet accident, qu'on a pu suivre sur une longueur de 15 kilomètres et une largeur de 6 à 7^ paraît être en rapport avec la présence da massif résistant de T Adamello vers le Nord; A. Baltzer, Geologie der Umgebung des Iseosees. In-4«, 48 p., 1 carte, Jena, 1901 (Geol. und Palaeontol. Abhandl., hersgb. v. F. Koken, Neue Folge, V, Heft 2); voir aussi A. Tornqnist, A. Baltzer und C. Porro, Geologischer Führer durch Ober-Italien, I, Das Gebirge der ober-italienischen Seen. in-8% Berlin, 1902.]

LES TAURIDES ET LES DINARIDES.

vers le Nord, mais je n'ai aucun renseignement qui me permette de me prononcer sur la structure de sa limite septentrionale. D'une façon générale, il n y a aucun doute que la zone mésozoïque qui s'étend le long du bord sud des montagnes, jusqu'au lac d'Orta, ne soit le prolongement direct de celle du « golfe » do l'Adige et du Tyrol méridional. Une traînée d'affleurements plus ou moins continus de granité, de granitite et de diorite quartzifère se suit au loin vers l'Ouest et le Sud-Ouest, jusqu'au voisinage même de Biella. On ne peut guère décider actuellement d'une manière positive si c'est un prolongement de la cicatrice marginale, bien que la situation en soit analogue*. Vers le Sud, ces roches sont sui-

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