‹ La face de la terreChapitre 67 sur 137 · SS.W · texte numérisé non relu

SS.W

FiG. 73 . — Versant gauche du Val Camonica en amont du Lac d*Iseo, d'après A. Baltzer.

ir, Porphyre quartsifèro ; p, Permion (grès, schistes et coDglomérats) ; f , Grès bi|?arré ; s, Conches de Werfen (< Servino »); r, Cargnoules; g, Gypses et marnes; m, Muschelkalk. — Échelle (longnenrs et baatenrs) 1 : 100 000 environ.

vies d'une zone de micaschistes argileux et de schistes gneissiques, auxquels succèdent des porphyres, des tufs porphyriques, des brèches et des grès rouges, puis le Trias, qui présente la même allure tabulaire ou massive que dans les montagnes calcaires de l'Est, et est sillonné de flexures, de plis et de failles.

En venant de TOuest, on voit à partir du bord méridional du lac Majeur, puis autour de Mendrisio, de Lecco et sur le lac d*Iseo les larges massifs triasiques et jurassiques qu'on regarde souvent comme le début de la prétendue « zone calcaire méridionale des Alpes ». Dans la haute Brianza, dit C. Schmidt, la structure est « le résultat d'une poussée tangentielle dirigée du N. au S., et combi-

1 . A BcIIano» sur le lac de Cômc, une bande granitique de ce genre arrive tout près de la limite ; E. W. Benecke, Erläuterungen zu einer geologischen Karte des Grigna-Gebirges (Neues Jahrb. f. Min., III. Beilage-Bd., 1884, p. 171-261, pl. IMII dont 1 carte, aTec description du granité par Cohen); T. Taramelli, Osservaxioni stratigraftche nella VaUassina e nella Valtorta (Rendic. Ist. Lombardo di Sc. e Lett., ser. II, XXV, i892, p. 563-578). On trouve de nombreuses observations relatives à ce territoire, par Spreafico, Parona, Galderini, Taramelli, Porro, Artini et Riva» dans les derniers volumes des Hendiconti ht, Lombardo (Milano) et des Atli Soc, liai, 9c* Nat. (MUano)«

née avec Taffaissement des massifs montagneux du Sud » *. Cette même structure règne dans les Monts de la Grigna et plus à TEst jusqu'au lac de Garde, où se fait sentir Tavancée des accidents de TAdige. Mais au delà du faisceau de TAdige, la formule de G. Schmidt peut également s'appliquer à tout le domaine périadriatique.

Il en va tout autrement à l'Ouest de Biella. Là règne partout un plissement énergique et très serré. Des années d'effort et de travail assidu se sont écoulées avant que Tage mésozoïque des « Piètre verdi » ait été établi par les heureuses découvertes de Franchi. G est aux Alpes qu'il faut attribuer déjà la grande bande d'amphibolite qui, venant du Nord du lac Majeur, atteint la plaine près d'Ivrée. Le contraste entre l'allure tranquille du Trias, sur les lacs de la Haute Italie, et les plis serrés qui commencent aux environs de Biella est exactement celui que nous retrouverons près de Bruneck, entre le Sud et le Nord du Pusterthal.

Rasetti a décrit l'affaissement du Trias sur les bords de la Sesia '.

La granitite, du Monte Orfano et des carrières bien connues de Baveno, sur le lac Majeur, s'étend au Sud-Ouest par Omegna, au Nord du lac d'Orta, vers Gellio et Valduggia, est CQupée par la Sesia en amont de Borgosesia, puis se prolonge au delà du Monte Tovo dans la direction de Biella. Les schistes anciens n'apparaissent pas à rOuest de la Sesia. Une large zone de porphyre et de grès rouge succède directement à la granitite. Sur cette zone repose, à TEst de la Sesia, la masse du Monte Fenera (899 m.), parfois affaissée dans ce soubassement le long des cassures, mais, dans Tensemble, inclinée au Nord-Est. A la base on trouve un calcaire foncé, puis 300 mètres de dolomies âDiplopores, et au sommet une plate-forme de Lias. Un petit lambeau isolé de dolomie se voit beaucoup plus bas, vers Grignasco (348 m.), près du bord sud de la zone des porphyres. Il existe aussi à l'Ouest de la Sesia, au Sud-Ouest de Borgosesia, un petit lambeau dolomitique du même genre, pincé entre la granitite et la zone des porphyres.

1. C. Schmidt, Zur Geologie der Alla Brianza (Congrès Qéol. Internat., 6' sess., Suisse, 1894, Comptes rendus, p. 503-518, pi. III); E. W. Benecke, Mém. cité; voir en outre E. Philippi, Beitrag zur Kenntniss des Aufbauesund der Schichtenfolge im Grignagebirgt (Zeitschp. Deutsch. Gool. Ges., XLVII, 1895, p. 665-734, pl. XIX-XXI : carte et coupes), et Geologie der Umgegend von Lecco und des Resegone- Massivs (Ibid., XLIX, 1897, p. 318-367, pl. XIII-XIV, dont 1 carte); H. Becker, Lecco und die Grigiia (Ibid., XLIX, 1897, p. 690-692, etc.).

2. G. E. Rasetti, Il Monte Fenera di Valsesia (Boll. Soc. Geol. Ital., XVl, 1897, p. 141-175, pl. VII : cariée).

LES TAÜRIDES ET LES DINARIDES. 449

C'est là que se termine, du côté de l'Ouest, le Trias de la région des lacs.

Mais revenons au Tyrol.

Dès 1855, Emmrich reconnaissait que les terrains calcaires des environs de Lienz ressemblent plus à ceux du Nord des Alpes, malgré la distance, qu'aux formations des montagnes avoisinantes du Tyrol méridional*. Les observations faites depuis ont confirmé cette remarque. Les calcaires marins à Bellerophon qui, dans le Sud, surmontent le grès de Gröden, manquent au Nord de la limite qui s'étend du Brenner au Bacher. Au Nord, on voit les couches de Bleiberg à Pinacoceras floridum, au Sud Içs couches de Raibl à Myophoria Kefersteini; et bien que, tout récemment, on ait trouvé certains indices d'un rapprochement entre les deux faciès : présence dans la région méridionale du genre Tropites, qu'on ne connaissait jusqu'ici que dans le Nord; découverte des roches oolithiques du Nord dans le Cadore, etc., — la série des CQuches, de part et d'autre do la grande zone de dislocation, n'en reste pas moins caractérisée par un grand nombre do particularités distinctives^.

La partie de la ligne de dislocation comprise entre le Brenner et le Bâcher, sur environ 300 kilomètres^ n'est pas seulement jalonnée par de longues cassures et des intrusions de tonalité, elle forme en outre la limite des faciès pour plusieurs étages du Permien et du Trias .

Par opposition avec l'Ouest, où TAdamello, Tlffinger, puis même le Rieser-Ferner atteignent une altitude respectable, la limite est souvent jalonnée à l'Est par des vallées ou des dépressions. Audessus de ces vallées s'élèvent au Nord et au Sud les blanches murailles du Trias. On n'y trouve aucun indice de la proximité d'un rivage. Les roches tonalitiques qui les séparent sont postérieures au Trias. Cependant le faciès de certains étages du Trias, au Nord et au Sud, est différent. '

Le faciès méridional règne vers l'Ouest et le Sud-Ouest jusqu'à la ligne de la Giudicaria, et plus loin au Sud, à travers la région des lacs. Dans cette partie occidentale, aucune occasion ne se présente de le comparer avec le faciès septentrional. Le terrain crétacé, par exemple dans les montagnes du « golfe » de l'Adige, affecte déjà des

1. H. Emmrich, Notiz über den Alpenkalk der Hemer Gegend (Jahrb. k. k. Geol. Reichsanst., VI, 1855, p. 449).

2. G. Geyer, Veber die Verbreitung und stratigrapfiische Stellung der schwarzen Tropites-Kalke bei San Stefano in Cadore (Verhandl. k. k. Geol. Reichsanst., 1900, p. 353-370). Sur la présence dans la coupe de Raibl d'un faciès rappelant les couches de Bleyberg, voir Jahrb. k. k. Geol. Reichsanst., XVII, 1867, p. 580.

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