CHAPITRE IX
1. La ligne de partage des eaux entre l'Aral et l'irghiz. — 2. Rapports de l'Oural et du Caucase. — 3. Oufa. — 4. Faisceaux de plis entre Oufa et la Mer Glaciale. — 5. La plate-forme précambrienne. — 6. L*Estdu bouclier baltique. — 7. Le Centre et l'Ouest du bouclier baltique. — 8. Russie méridionale. — 9. Résumé. — 10. Les lignes calê- , doniennes. — H. Le chevauchement Scandinave. — 12. Rapports entre la Scandinavie et rÉcosse. — 13. Conséquences.
Je me propose, dans ce chapitre, d'examiner si les lignes directrices de TEurope septentrionale sont en continuité avec celles de TAsie. La région à considérer comprend trois parties : TOural, la plate-forme russe et la zone de dislocation calédonienne-scandinave. Certaines de ces parties ont déjà été décrites ; tel est le cas, notamment, pour rOural (I, p. 665) ; mais les recherches faites depuis lors ont modifié le tableau dans plusieurs de ses traits essentiels, et à cette époque, les relations de TOural avec Tensemble de TEurasio n'avaient pas pu être discutées. Jusqu'à présent, il n'a guère encore été question du soubassement archéen de la plate-forme russe. Quant aux phénomènes tectoniques de la Scandinavie occidentale, des questions importantes ont dû être laissées ouvertes (II, p. 80), auxquelles il est maintenant possible de répondre d'une façon plus précise.
De ces trois parties, la seconde, la plate-forme archéenne, est la plus ancienne. A l'un de ses compartiments correspond le bouclier baltique, la « Fennoscandic » des géologues finlandais S et le glint qui en forme le pourtour montre que ses plis étaient déjà rasés à l'époque précambrienne, exactement comme nous l'avons constaté
[1. W. Ramsay, Ueber die geologische Entwicklung der Halbinsel^ Kola in der Quarfärzeit (Fennia, XVI, n« 7, 1898, p. 3-4).]
loin à TEst, sur les bords du Baïkal. Cette plate-forme primitive se décompose dans la Russie méridionale en fragments, dans Tintervalle desquels les accidents décrits par Karpinsky courent à TW.N.W. (I, p. 6H, fig. 89, m m)\ plus à TOuest, elle s'affaisse sous les Carpathes (I, p. 243), puis elle est masquée par des sédiments plus récents, et ses relations avec la bordure externe de l'arc varisquo ne sont pas visible&. Mais la plate-forme est sans doute également antérieure à cette bordure, et elle s'enfonce au Nord-Ouest sous les ridements pré-dévoniens de la Scandinavie occidentale. La direction des plissements, sauf dans le tronçon calédonien de TEcosse, converge de toutes parts vers cette antique plate-forme. On ignore d'ailleurs jusqu'où ladite plate-forme, qui est connue jusqu'à Bornholm, s'étend sous les atterrissements récents, du côté de la Belgique. En même temps, les terrains précambriens qui la constituent demeurent soustraits à l'influence des mouvements qui se sont fait sentir plus tard sur presque tout son pourtour.
Peu saillante au point de vue orographique, cette ancienne plate-forme occupe une partie de la surface de l'Europe plus étendue qu aucun autre élément tectonique.